‹ Les confessions: souvenirs d'un demi-siècle, 1830-1880 (volume 3)Chapitre 1 sur 21 · A ARSÈNE HOUSSAYE · texte numérisé non relu

A ARSÈNE HOUSSAYE

Mon cher Ami,

Vous me demandez si vous devez continuer la publication de vos Mémoires ou plutôt de vos Confessions, Us détails intimes, caractères et portraits^ auxquels vous avez de temps en temps initié vos lecteurs, vous autorisant à rééditer ce titre que vous empruntez à Jean-Jacques comme Jean-Jacques lavait emprunté à Saint-Augustin, Je serais bien maladroit et bien ingrat si je ne vous conseillais pas de continuer. D'abord fai pris le plus grand plaisir à la lecture de ces volumes, ensuite fy ai trouvé, maintes fois, le nom de mon père et le mien escortés des considérations les plus amicales et les plusjlatleusés. Il est vrai que vous appartenez, parmi les cadets, à cette grande génération dite de iSjo, à qui les fées d'alors, bien fatiguées aujourd'hui, avaient accordé avec la persistante jeunesse du corps réternelle jeunesse des sentiments. Vous aviez l enthousiasme, la foi, Vamour de Vidéal, ce qui n'excluait pas les robustes amours de la réalité. Enjin vous aviez par excellence, les uns pour les autresy ce qui devient de plus en plus rare, l'amitié. Plus l'un de vous s'élevait, plus les autres l'aimaient et chantaient ses louanges. L'émulation y gagnait, la rivalité n'avait rien à y voir. La génération suivante, dont V a

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