‹ Les confessions; souvenirs d'un demisiècle, 1830-1880Chapitre 6 sur 20 · LA SOIF DU CŒUR · texte numérisé non relu

LA SOIF DU CŒUR

Ma belle Léonie, allons au fond des bois. Là, nous nous coucherons sous la fraîche ramée, Sur la mousse moufflue et sur Vherbe embaumée : Tu connais les sentiers de la forêt dWrbois?

Bien loin, vers les rochers oii le cerf aux abois Se cache poursuivi par la meute affamée; Plus loin, plus loin encor, ma belle bien-aimée : Ne te souviens-tu pas de la source où tu bois ?

Et quand nous serons seuls sous le ciel, sur la terre, Je te dirai tout haut que la soif qui m'altère Cest la soif de l'amour ! Ne Fas-tu donc pas, toi?

Je te dirai tout bas que ma fontaine, à moi,

Cest la bouche de pourpre aux lèvres framboisées.

Viens, f ai soif. Je veux boire à tes fraîches rosées.

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