LA SOIF DU CŒUR
Ma belle Léonie, allons au fond des bois. Là, nous nous coucherons sous la fraîche ramée, Sur la mousse moufflue et sur Vherbe embaumée : Tu connais les sentiers de la forêt dWrbois?
Bien loin, vers les rochers oii le cerf aux abois Se cache poursuivi par la meute affamée; Plus loin, plus loin encor, ma belle bien-aimée : Ne te souviens-tu pas de la source où tu bois ?
Et quand nous serons seuls sous le ciel, sur la terre, Je te dirai tout haut que la soif qui m'altère Cest la soif de l'amour ! Ne Fas-tu donc pas, toi?
Je te dirai tout bas que ma fontaine, à moi,
Cest la bouche de pourpre aux lèvres framboisées.
Viens, f ai soif. Je veux boire à tes fraîches rosées.