‹ Les Confidences: Confidential DisclosuresChapitre 1 sur 4 · CHANT · texte numérisé non relu

CHANT

'< II est nuits sur les monts. L'avalanche ébranlée

** Glisse par intervalle aux flancs de la vallée.

'* Sur les sentiers perdus sa poudre se répand ;

" Le pied d'acier du cerf à ce bruit se suspend.

** Prêtant l'oreille au chien qui le poursuit en rôve»

^ Il attend pour s'enfuir que le croissant se lève.

** L'arbre au bord du ravin, noir et déraciné,

** Se penche comme un mai sous la vague incliné.

** La corneille qui dort sur une branche nue,

*' S'éveille et pousse un cri qui se perd dans la nue ;

** EUe fait dans son vol pleuveir k'Ûocooa blancs

** La neige qui chargeait ses ailes sur ses flancs.

<' Les nuages chassés par les brises humides

*< S'empilent sur les monts ea sombres pyramides,

« Ou comme des vaisseaux sur le golfe écumant

<< Labourent de sillons le bleu du &mament.

** Le vent transi d'Erin qui nivelle la plaine

" Sur la lèvre en glaçons coupe et raidit l'halaine ;

** Et le lac où languit de balea« renversé

<' N'est qu'un champ de frimas par l'ouragan heni.

** Un toit blanchi de chaume où la toarbe aUmié» « Fait ramper sur le ciel une pâle finmée ; ** La voix du chien hurlant, en triste aboiement ser*. « Seul vestige de vie au sein de cette mort !

" Quel est an sein des nuits ce jeune homme, eu e lév^ « Qui de PétaBg i^kcé» flwt à grandi pas I» giève»

*' Gravit l'âpre colline, une arme dans la main,

'< Rencontre le chevreuil sans changer son chemin,

*' Redescend des hauteurs dans la gorge profonde

'* Où la tour des vieux chefs chancelle au hord de l'cmie;

*' Son noir lévrier quête et hurle dans les bois,

** Et la brise glacée est pleine d*une voix.

CHANT DU OHASBBUR.

<< Lève-toi ! lève-toi î sur las coDines sombres,

'* Biche aux cornes d'argent que poursuivent les ombres !

" O lune ! sur ces murs épands tes blancs reflets !

" Des songes de mon front ces murs sont le palais !

" Des rayons vaporeax de ta chaste lumière

« A mes yeux fîisemés fnk briller chaque pierre ;

« Ruisselle sur l'ardoise, et jusque dans mon cœur

« Rejaillis, 6 mon astre, en torrens de langueur !

** Aux fentes des créneaux la giroflée est morte.

** Le lierre an coups du Nord frisonne sur la porte

** Comme un manteau neigeux dont le pâtre, au retour,

" Secoue avant d'entrer les frimas dans la cour.

'* Le mur épais s'entr'ouvre à l'épaisse fenêtre ....

" Lune ! avec ton rayon mon regard y pénètre !

" J'y vois, à la lueor du large et haut foyer,

*< Dans l'&tre au reflet ronge un irène flamboyer.

Ll OHASSBUB.

" Astre indiscret des nuits, que vois-^u dans la salle t

LA uanm.

<< Les chiens du fier chasseur qoi dorment sur la dafle.

Ll OHASSCVft.

** Que m'importent les chiens, le chevreuil et le cor? ** Astre indiscret des nuits, regarde et dis êncof.

LA LUNE

** Sons l'ombre d'un pilier la nourrice dévide " La toison des agneaux sur le rouet rapide.

" Ses yeux sous le sommeil se ferment à demi ; " Sur son épaule enfin son front penche endormi ; " Oubliant le duvet dont la quenouille est pleine, " Dans la cendre à ses pieds glisse et roule la laine.

ut OHASSKUK.

" Que me fait la nourrioe aux doigts chargés de jours f *' Astre éclatant des nuits, regarde et dis toujours !

LA LUNE

*' Entre l'àtre et le mur, la blanche jeune fiUe, " Laissant sur ses genoux sa toile et son aiguiUei " Sur la taUe aoc^déa . . . •

•86 APPEVDIX.

Ut CHAMEUK.

" Astre indiscret des nuits !

** Arrête toi sur elle ! et regarde et poiusub !

LA LUNE

" Sur la table de chêne, accoudée et pensive, ** Elle suit du regard la forme fugitive *' De l'ombre et des lueun qui flottent sur le mur, ** Comme des moucherons sur un ruisseau d'azur. ** On dirait que ses yeux fixés sur des mystères '< Cherchent un sens caché dans ces vains charactÀi«% '* Et qu'elle voit d'avance entrer dans cette tour " L'ombre aux traits indécis de son futur amour. " Non, jamais un amant qu'à sa couche j'enlève, " Dans ses bras assoupis n'enlaça plus beau rêve ! «< Vois-tu ses noirs cheveux, de ses charmes jaloux, " Rouler comme une nuit jusque sur ses genoux ?

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