CONFLITS ENTRE UNE LECITIMITE ET UNE LECITIMATION
C’est immédiatement après l’examen des confits entre une légitimité et une paternité naturelle que nous devons étudier les conflits entre une légitimité et une légitimation, bien qu’il s'agisse finalement de choisir entre deux filiations légitimes. Ce n’est pas en effet, sauf exception, leur nature définitive qui détermine le caractère profond des filiations : c’est leur nature originelle.
Dans son éssence, la légitimation ne se distingue pas de la filiation naturelle proprement dite, et ce fait sera irréfutablement constaté lorsque nous étudierons les conflits pouvant surgir entre une légitimation et une paternité naturelle : nous verrons que la légitimation ne saurait bénéficier d’aucune primauté.
Toutefois, à l’égard d’une légitimité, la légitimation ne S'assimile pas complètement à la filiation naturelle proprement dite : la loi et la jurisprudence tendent parfois à la favoriser, d'autant plus qu’en général le véritable père de l’enfant n’est pas le mari de la femme adultère, mais son amant avec qui elle s’est remariée, et l'intérêt de l'enfant conduit le plus souvent à le rattacher à l’auteur de ses jours qui devient, notons-le bien, son père légitime.
Mais on conçoit que le caractère immoral que prend l’Institution en incitant l’épouse adultère à briser le mariage où elle est engagée pour épouser son amant, provoque une vive résistance de la part des défenseurs orthodoxes
SRE.
de la famille légitime qui s’efforcent de limiter à l’extrême les possibilités de légitimation des enfants adultérins.
Pour étudier les conflits entre une légitimité et une légitimation, nous suivrons le même plan que celui que nous avons adopté pour l'examen dés conflits entre une légitimité et une paternité naturelle : nous pourrons ainsi vérifier la correspondance des hypothèses et les différences de solutions.
Dans une première partie, nous supposerons donc que la filiation légitime est établie avant la paternité naturelle suivie de légitimation. .
Dans une deuxième partie, nous étudierons l’hypothèse contraire, celle où la paternité naturelle suivie de légitimation est établie avant la légitimité.