‹ Les conflits du travail et leur solutionChapitre 130 sur 262 · UNE TYRANNIE RÉGULARISÉE · texte numérisé non relu

UNE TYRANNIE RÉGULARISÉE

En 1848, on s'est battu avec acharnement pour savoir si le droit au travail serait inscrit ou non dans la Constitution. Les socialistes le réclamaient avec passion : et aujourd'hui ce qu'a proposé leur représentant au ministère, c'est le droit à un certain nombre de votants d'enlever à d'autres travailleurs leur droit au travail!

On me dit que le fait se produit déjà actuellement, que la grève peut même n'être pas déclarée par les intéressés. Est-ce qu'en 1893, 47 cabaretiers réunis à

Lens, ne totèfent pas la continuation de la grève des mineurs du Pas-de-Calais? et les mineurs se conformèrent au vote. Avec le système du projet Millerand, le vote ne sera émis que par les intéressés. Il y sera procédé régulièrement. Le secret du vote sera assuré. Le vote doit être renouvelé tous les sept jours* Le travail est repris si là grève n'est pas votée à nouveau.

Je suis convaincu que M. Millerand n'a pas voulu favoriser la déclaration de la grève en la subordonnant à cette procédure dont l'équivalent avait déjà fait, en 1894, l'objet d'une proposition de loi de MM. Jules Guesde, Chauvin, Jaurès, etc.

Mais une tyrannie régularisée ne constitue pas une liberté.

Jules Gliesde présentait sa proposition de 1894 comme opposée « â l'anarchisme de M. Yves Guyot ».

M. Millerand, reprenant la proposition Jules Guesde, établit un marteau-pilon qui écrasera le chef d'industrie avec régularité et à coup sûr. Au lieu du broyage accidentel, ce sera le broyage régulier. Un indi-vidu est écrasé par un fiacre, c'est un malheur pour l'écrasé, mais il n'est venu à personne le droit de régulariser l'écrasement. Or, c'est ce que fait le projet de loi actuel.

Mais le projet de loi ne le régularise que dans un sens.

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