Journal des Economistes^ mai 1897, p
2. EngeL Neioe Zeit., XIV, vol. I. Devenir social, nov. 4895.
3. W. Sombart. Le Socialisme et le mouvement social^ p, 92, éd. fr.
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le tout tournant autour d'une seule idée, fausse d'ailleurs, e{^ exprimée avec une métaphore : « Le capital vampire s'engraisse de travail non payé. » Avec ses airs de prophète, Karl Marx en impose aux naïfs qui aiment mieux croire que de vérifier. Ses métaphores lui donnent un aspect terrible. Il affirme quil représente le socialisme scientifique et en même temps il prédit aux foules la catastrophe qui, éclatant à bref délai, leur donnera tous les pouvoirs et tous les biens. En attendant, iî se fait opportuniste et il réclame des mesures qui assureront aux salariés un minimum de salaire et un maximum d'heures de travail à la condition qu'ils aident ses disciples à la conquête des pouvoirs publics. Il flatte la paresse des uns et l'ambition des autres. C'est là ce qui explique son succès.
Depuis i86â, depuis la fondation de Tlnternationale, tout le socialisme est imprégné de marxisme, malgré l'opposition 4e Bakounipe. Liebnecht et Babel y avaient converti l'Allemagne à partir de 1864. En 1875, le Congrès de Gotha effectua la fusion des derniers Lassàlliens et des Marxistes ; et il affirma que « le travail est la source de toute richesse et de toute civilisation ; et comme un travail profitable à tous n'est possible que par la société, c'est à la société que doit appartenir le produit général du travail ». En attendant, on chargea l'État de diminuer les heures de travail. En 1891, le Congrès d'Erfurt accentua le programme en précisant la nécessité de la lutte de classes.
« Le combat de la classe ouvrière contre la classe capitaliste est nécessairement un combat politique. Elle ne peut réaliser la transition des moyens de production en propriété collective sans avoir pris possession de la puissance politique. » Mais les congressistes de Gotha et d'Erfurt ne s'apercevaient pas que cette
propriété collective trouvera d'autant plus d'adversaires que Taugmentation de la richesse publique sera plus rapide et répartie entre plus de personnes.
Le jour où, dans un pays quelconque, à la suite d'une catastrophe ou d'une élection, des marxistes convaincus essaieraient d'appliquer les principes des programmes de Gotha et d'Erfurt, ils trouveraient parmi les premiers adversaires, non seulement « ces idéologues bourgeois* » qui, ayant propriétés immobilières et mobilières, font de la révolution sociale à l'usage des salons ou d'électeurs naïfs, mais tout possesseur d'une obligation de chemins dé fer.
Karl Marx, avec une incroyable illusion, avait écrit en 1850, dans les Luttes des classes :
Le crédit public et le crédit privé sont le thermomètre économique indiquant l'intensité d'une révolution. A mesure qu'ils baissent, l'ardeur et les facultés génératrices de la Révolution augmentent.
S'il avait observé les faits autour de lui, il aurait dû écrire « Réaction » au lieu de Révolution. En admettant qu'un jour, par suite de confusions des idées, d'aberrations d'électeurs ignorant la portée de leurs votes, des marxistes puissent arriver, dans un pays quelconque, à la conquête des pouvoirs publics, s'ils faisaient une révolution de quelques semaines, ils aboutiraient à une réaction de plusieurs années.
La France a été écrasée pendant vingt ans, sous le souvenir du 15 mai et des journées de juin ; la Commune est encore exploitée aujourd'hui contre la République et la démocratie. Avec son congrès de 1889, sa conférence de Berlin de 1890, l'institution de la journée