CHAPITRE II
I. L'élude de M.J.-S. Crée. — Le contrat collectif surtout avantageux pour l'employeur. — Le préjugé de la concentration. — 11. Fixation du salaire. — Les ouvriers nécessaires fixent le salaire. — Vendre de suite. — III. La répartition. — Le niveau de l'eau dans les vases communiquants. .—- IV. L'opinion publique et les salaires. — Erreurs des amateurs interventionnistes. — V. Tirade Unions et salaires. — VI. Variations de salaires. — Baisse des salaires des mineurs en 1901 et 1902. — Stabilité des salaires. — Grèves et salaires. — Hausse des salaires des femmes. — VIL Les salaires et les syndicats à Paris. — Hausses avant et après 1884. — Progression des salaires des mineurs comparée à la progression de la production de la houille. — VIll. Préjugés aristocratiques et anti-économiques. — Égalité et variété des salaires. — IX. Le Sliding wage est basé sur la consommation. — Elle doit être la préoccupation du salariant et du salarié.
l'Étude de m. a. -s. crée
Dans la pratique, les Trade Unions anglaises et américaines ont essayé par tous les moyens de démentir la prédiction du Manifeste communiste de Karl Marx.
Elles se sont préoccupées constamment de relever le taux des salaires, et leur prétention est de lui avoir donné un taux artificiel.
M. J.-S. Crée, important négociant de Glascow, s'esl attiré beaucoup de colères en faisant une étude contre le Collective bargaining and Trade Unions^,
M. J.-S. Crée affirme que la loi de Toffre et de la demande exisle toujours; et elle prouve son existence, comme toutes les lois naturelles, en agissant automatiquement et en frappant, comme la loi de la pesanteur, d'une sanction immédiate ceux qui la nient.
M. J.-S. Crée rappelle que le prix est fixé par Taclion et la réaction de Toffre et de la demande, par la concurrence des vendeurs et des acheteurs; qu'il n'y a pas de combinaison d'un côté ou de l'autre qui puisse détruire longtemps l'équilibre auquel elle aboutit; qu'un avantage temporaire obtenu par des coalitions est contrebalancé par des désavantages ultérieurs.
M. Crée examine un certain nombre des allégations du professeur Marshall, relativement aux effets de l'offre et de la demande sur les salaires.
M. Marshall croit que les Trade Unions présentent un grand avantage pour les ouvriers parce qu'elles constituent une unité plus grande que l'ouvrier isolé.
L'avantage, selon moi, est surtout dans ce cas pour l'industriel qui, au lieu d'avoir à traiter avec des dizaines, des centaines ou des milliers d'unités, n'a à traiter qu'avec une.
Un négociant aime mieux acheter en gros qu'en détail. Mais ce n'est pas pour l'avantage de ses vendeurs, c'est pour le sien.
M. Crée prend l'exemple d'un marchand de fromages
d. J'en ai publié une traduction dans le SiécZe,19 septembre 1901.
qui achète à dix fermiiers et vend à trois cents clients : le prix du fromage monte et descend selon la loi de Toffre et de la demande.
M. Crée dit qu'il ne croit pas à la concentration des industries en peu de mains. Les plus larges usines Bont obligées d'acheter leurs matières premières de toutes sortes de sources et elles ne peuvent écraser leurs vendeurs.
Il en est de même pour le travail. Nulle part il n'est une quantité fixe. Pour des raisons multiples, les uns le quittent, d'autres prennent leur place. C'est un va-etvient perpétuel.
Admettons qu'il n'y ait qu'un seul employeur. Si la main-d'œuvre se raréfie, il sera obligé d'augmenter ses prix. Si les affaires ne vont pas, les salaires peuvent subir une réduction. Les ouvriers n'ont pas besoin de se mettre en grève. Si la réduction n'est pas justifiée par les faits, l'offre de la main-d'œuvre diminuera et l'industriel se.ra obligé d'élever les salaires.