‹ Les conflits du travail et leur solutionChapitre 165 sur 262 · FIXATION DU SALAIRE · texte numérisé non relu

FIXATION DU SALAIRE

Le véritable salaire économique est celui qui est nécessaire pour attirer le nombre suffisant d'ouvriers pour faire convenablement le travail : 3.000 hommes sont nécessaires pour faire tel travail : 2.000 sont disponibles à 25 sh., ^.200 à 26 sh. et ainsi de suite jusqu'à la dernière fournée qui demande 30 sh. Le salaire dans cette industrie sera de 30 sh.

Le salaire est fixé par le prix exigé par la dernière fournée des ouvriers nécessaires.

Ces ouvriers sont les plus forts dans l'industrie. Ils sont dans une forte position pour marchander, et pratiquement ils marchandent pour l'industrie tout entière. Toute tentative pour écraser les hommes les plus faibles et réduire les salaires aboutirait à un déficit d'hommes et, par cojaséquent, à un relèvement de salaires pour le ramener.

M. Crée remarque qu'en réalité, dans un grand et libre marché, on marchande très peu : le prix est offert, accepté ou refusé.

M. Marshall a parlé du désavantage des ouvriers qui, n'ayant pas de réserve, sont obligés de vendre immédiatement leur travail. C'est une des considérations qu'invoquent les socialistes et tous ceux^qui demandent l'inlervention de TEtat dans le contrat de travail.

M. Crée répond qu'ils ne sont pas les seuls qui soient obligés de vendre immédiatement leurs marchandises : les fruitiers et les poissonniers sont dans ce cas. Parce qu'en fAnglelerre ils doivent vendre à n'importe quel prix le samedi, ils vendent plus cher le reste de la semaine. Y a-t-il une « combinaison » qui puisse permettre au poissonnier de faire des réserves de marchandise?

La concurrence règle le salaire comme le prix du poisson. Ce n'est point l'aisance ou la pauvreté de l'ouvrier qui règle le taux du salaire, c'est le nombre des concurrents.

La formule que l'homme doit accepter le salaire oflfert sous peine de mourir de faim est fausse, car le plus souvent, l'homme qui prend un nouvel engagement n'est pas un sans travail, il ne fait que changer d'emploi ou d'atelier.

Si le salarié a besoin du salariant, celui-ci n'en a pas moins besoin : car le chômage de son usine, c'est la ruine.

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