‹ Les conflits du travail et leur solutionChapitre 166 sur 262 · LA RÉPARTITION · texte numérisé non relu

LA RÉPARTITION

M. Crée raille ceux qui disent que « la distribution est le grand problème; et qui cherchent des procédés de distribution ou de répartition ». Autant vaudrait chercher des procédés pour établir le niveau de Teau dans des vases communiquants. Cette besogne serait grotesque. De même, il est insensé de chercher à faire une distribution factice quand elle se fait automatiquement. Elle est déterminée exactement par la loi de TofiFre et de la 'demande au cours de la production. Produire est le premier et le dernier mot de l'économie de l'industrie. Rien ne peut empêcher que chacun n'obtienne sa part dans la production. ^

« La loi de l'offre et de la demande, dit M. Crée, est omnisciente, rien ne lui échappe; elle est omnipotente, rien ne peut lui résister. »

l'opinion publique et les SALAIRKS

M. J.-S. Crée cite un exemple de l'intervention de gens bien intentionnés, mais incompétents, dans la question des salaires. Des sociétés comme The Chrisiiqn Social Union, the Women's Proteclive League^ the Scottisli Council for Women's Traders dénoncent les salariants. Elles ignorent que c'est le marché qui fixe le laux du salaire, etqu*un salariant ne peut payer plus cher et qu'il ne pourrait trouver d'ouvriers s'il payait moins. Elles anathématisent la concurrence; elles pré-

TÇ»^

LES SVNDlCATf^ ET LE TAUX DES SALAIRES 2U

tendent que tout nouvel établissement est une cause d'abaissement de salaire — ce qui paraît devoir être plutôt le contraire ; elles demandent que les femmes soient toujours payées au même taux que les hommes ; elles pensent que des hommes payés 40 sh. par semaine devraient faire l'ouvrage que peuvent faire des femmes ou des enfants pour 10 sh.

M. Crée prend l'exemple de deux villages écossais auxcjuels il donne les noms de Stonefield et Milton.

La Womens Protectioe League fut convaincue que les femmes à Stonefield étaient payées trop peu, tandis que le Glascow Traders Council apprenait qu'à Milton les hommes avaient un salaire trop faible. La Ladies Socxety envoya une délégation à Stonefield pour grouper les femmes dans le but de demander des salaires plus élevés et le Traders Council Union dénonça les industriels de Milton.

Les salaires des femmes étaient bas à Stonefield parce que c'est un district minier. Les hommes y ont des salaires élevés ; les femmes y trouvent peu d'occupation. A. Milton, au contraire, il y a une grande manufacture qui donne des salaires élevés aux femmes, tandis que leur3 maris et leurs frères trouvent peu de travail. 11 était impossible que les salaires des femmes à Stonefield et ceux des hommes à Milton fussent élevés. The Women's Prolective League et The Glascow Traders Council ne dirent point un mot des avantages qui faisaient que des familles s'établissaient dans les deux endroits. Rien n'empêcherait qu'une manufacture s'installât à Stonefield pour trouver de la main-d'œuvre féminine à bon marché et qu'une usine s'installât à Milton pour trouver de la main-d'œuvre masculine à bas prix. Ce serait le seul moyen d'élever les salaires dans les deux localités.

Les récriminatioDS des sociétés qui interviennent ne peuvent avoir qu'un résultat : empêcher l'établissenaent de cette manufa«:ture à Stonefield et de cette usine à Milton, puisqu'elles risquent de provoquer des crises qui détruiraient l'avantage du bon marché de la maind'œuvie dans chacune de ces localités.

Si l'opinion publique pouvait agir sur yélévation des salaires, elle provoquerait une abondance d'offre de travail; mais en même temps elle diminuerait L'awgmentation de la demande de travail, parce qu'elle deviendrait une taxe très lourde sur l'induslrie, dont elle pourrait occasionner la ruine, ,

Page 1