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L'ORGANISATION COMMERCIALE DU TRAVAIL

Autre question :

Des ouvriers membres de la société ont envie de se retirer soit par raison de santé, d'âge ou tout autres motifs, sont-ils tenus de vendre leurs actions ou de rester membres de la société ?

Toujours question de statuts, car chaque société peut donner une solution différente.

Elle peut stipuler que lorsqu'un de ses membres se retire de la société, il devra transférer sa part.

Elle peut stipuler, au contraire, qu'il aura le droit de conserver sa part et de la transmettre à ses héritiers comme tout autre bien.

Un correspondant me dit :

Cette action n'aurait plus grande valeur entre ses mains, et il ne trouverait pas, comme pour les actions des sociétés ordinaires, un marché pour s'en défaire.

Pourquoi cette hypothèse? Si la société était prospère, cette action pourrait avoir une valeur considérable et être l'objet de nombreuses demandes.

Le marché des actions des Sociétés commerciales de travail se constituerait tout naturellement dans les Bourses de travail qui, aujourd'hui, répondent si peu à la conception qu'en avait eue leur initiateur, M. G. de Molinari.

Le même correspondant ajoute :

Si la société était anonyme, qui empêcherait le premier politicien venu, ouvrier ou non, de l'acquérir pour s'insinuer

dans la place, pour y tenir l'emploi d'entrepreneur de grèves politiques ?

J'ai répondu d'avance à cette objection en citant Tarticle 50 de la loi de 1867.

Si la société se place sous le régime des sociétés à capital variable, les actions ou coupons des actions restent nominatifs même après leur entière libération, et les statuts peuvent donner, soit au Conseil d'administration, soit à l'assemblée générale, le droit de s'opposer au transfert.

On voit donc que la loi donne toute possibilité à une société de se prémunir contre le danger signalé par mon correspondant.

J'ajoute que si ce danger peut exister dans les Sociétés commerciales de travail, il est bien plus considérable dans les syndicats où tout se passe dans « le mystère et dont l'obje! est l'étude et la défense des intérêts économiques, industriels, commerciaux et agricoles ». La défensive devient toujours offensive à un moment donné.

Il n'en est pas de même avec les Sociétés com,mer* claies de travail qui ont un but nettement déterminé: — le gain!

Je suis convaincu que si des hommes du genre de ceux que me signale mon correspondant parviennent à s'introduire dans une société prospère, ils en seront vite éliminés.

S'ils s'introduisent dans une société précaire, ils achèveront de la désagréger et de la ruiner, et alors leur action ne pourra présenter d'inconvénients que pour leurs propres associés.

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