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LA PREMIÈRE OBJECTION

La première, je l'ai entendue émettre autrefois en Bretagne par des propriétaires qui ne voulaient pas consentir des baux à longs termes. Ils prétendaient rester maîtres chez eux en ne louant leurs terres qu'à titre précaire. Ils avaient des fermiers également précaires qui ne s'occupaient pas le moins du monde d'améliorer la terre et qui, au moment de l'expiration du bail, s'arrangeaient pour la laisser aussi épuisée que possible. Quant aux propriétaires qui répétaient cette formule, ils étaient maîtres de récriminer contre ces fermiers, de se plaindre de leur ignorance et de leur négligence et de renouveler fréquemment leurs baux! C'étaient là les seuls profits nets de leur prétention: « Nous voulons être maîtres chez nous. »

En réalité, le propriétaire qui loue une terre à un fermier n'est qu'un commanditaire qui, moyennant redevance, met à sa disposition un instrument de travail.

Le jour où le propriétaire le confie au fermier, il en a fait abandon à ce fermier qui l'explpite à ses risques et périls.

Actuellement, l'industriel pourrait faire exactement à l'égard de ses ouvriers ce que fait lé propriétaire à l'égard de ce fermier; il pourrait leur donner comme commandite un outillage, il y joindrait en plus la matière première.

L'industriel livrerait sa commandite d'outillage et de matière première en échange de produits qui lui seraient remis à un prix fixé par contrat.

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