‹ Les conflits du travail et leur solutionChapitre 206 sur 262 · ÊTRE MAITRE CHEZ SOI · texte numérisé non relu

ÊTRE MAITRE CHEZ SOI

Le propriétaire d'esclaves était « maître chez lui ^ Il avait le droit de vie et de mort sur ses esclaves. L'expérience universelle a prouvé que, de tous les excitants au travail, les coups de fouet étaient le plus inefficace.

Il n'y a qu'un excitant réel pour le travail libre : c'est le gain.

Est-ce qu'un directeur d'usine va troubler et tracasser ses ouvriers au moment de leur travail dans le but de leur prouver qu'il est « maître chez lui » ?

Est-ce qu'au moment où ils font une opération industrielle, il va aller substituer sa responsabilité à la leur 1

Il s'en garde bien.

Par être « maître cliez lui », entend-il n'engager qur des ouvriers qui lui soient dévoués personnellement? Dès que le nombre de ses ouvriers dépasse quelques dizaines, je l'en défie bien : et même au-dessous, il n'y parviendra pas.

Plus les ouvriers sont habiles et plus ils sont indépendants. A juste raison, ils ne se considèrent tenus qu'à une chose : livrer le produit qu'ils se sont engagét4 à donner pour un prix convenu.

Par cette locution : « être maître chez lui », le « patron » entend-il obliger ses ouvriers, une fois leur besogne professionnelle accomplie, à partager ses oi>inions politiques et religieuses? Se considère-t-ilcomnic un chef de clan ayant le droit d'exiger le service personnel ?

Nul aujourd'hui n'oserait formuler ouvertement de

semblables prétentions. Ceux qui ne se résignent pas à y renoncer franchement arrivent à un résultat absolument opposé à celui qu'ils voulaient atteindre.

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