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ASSOCIATIONS DE COMBAT

D'après la définition que la loi donne des Trade Unions, ce sont des sociétés de défense et de restriction. Ce sont, pa r conséquent, des associations de combat, placées en face des industriels.

Comment les Trade Unions ont-elles compris et comprennent-elles leur rôle?

Les Trade Unions avaient été formées par des ouvriers de métier (skilled) *.

Le succès de la grève des dockers en 1889 entraîna vers les Trade Unions un grand nombre à'Unskilled labourers, de manœuvres. On évalue à 200.000 le nombre d'ouvriers qui, auparavant laissés en dehors, comme incapables d'organisation, fondèrent des Tj^ade Unions, Elles avaient des cotisations d'un taux très bas. Elles apportaient un esprit combattif qui se manifestait dans des résolutions comme celle qui fut adoptée au Congrès du General Railway Workers'UnionlQ 16 novembre 1890 : « L'union restera une association de combat et ne s'embarrassera pas de réserves pour la maladie ou les accidents. »

Le mouvement que provoqua cette irruption des hommes moins instruits et plus passionnés que les anciens membres des Trade Unions s'appela le nouveau Tràde Unionism,

Le Congrès de Liverpool adopta 60 résolutions dont 45, dit John Burns avec satisfaction, étaient des appels directs à l'État ou aux municipalités afin de faire pour l'ouvrier ce que le « trade unionisme » ancien ou nouveau s'était montré incapable de faire.

Les nouveaux unionistes engagèrent les Trade Unions dans le socialisme. En 1892, par 137 voix contre 97, le Congrès des^ Trade Unions de Belfast, sur la proposition de Ben Tillett, résolut qu'il ne soutiendrait que les candidats qui adhéreraient « au principe de la propriété collective de la terre et de tous les moyens de production et d'échange ».

En 1894, à Norwich, M. Rudge proposa une résolu-

i. History of trade Unionism by M. and Mrs Sydney Webb. Nos citations sont empruntées à Tédition anglaise.

tiori,,ameiKlée par M. Keir Hardie^ demandant la mainmise de TÉlat « sur tous les moyens de production, de commerce et d'échange ». Elle fut soutenue par M. John Burns et adoptée par 219 voix contre 61.

Les Trade Unions dérivaient vers le socialisme, M. Keir Hardie leur avait soufflé des ambitions politiques.

Le 4 août 1892, jour de la première séance de la' Chambre des communes nouvellement élue, un char à bancs attirait, dans les rues de Londres, Fatteûtion des passants qui, toujours affairés, n'ont rien de commun avec les badauds parisiens. Mais ce char à bancs, outre le cocher, contenait un homme de quarante ans, à casquette à oreillettes, vêtu d'un veston à carreaux, ayant un gros brûle-gueule à la bouche, et, derrière, debout, déchirant l'air de couacs stridents, un individu jouait du cornet à piston. L'équipage arriva à la grille de Westminster. Le policeman de garde Tarréta,

— Je suis Keir Hardie M. P. pour South- West Ham, dit Thomme au brûle-gueule.

Le policeman l'invita à descendre et à laisser son cornet à piston à la porte avec son char à bancs. M. Keir Hardie obtempéra, et il pénétra dans le palais du Parlement.

C'est de cette manière pittoresque que le chef du parti ouvrier, de VIndependent Labor party, annonça aux populations qu'un facteur nouveau venait de se superposer aux vieilles traditions des partis parlenientaires anglais.

Dans le numéro de janvier 1892 de la Nineteentk Century^ M. Keir Hardie traça, du The Labor independent party l'histoire, le programme et la politique. Il disait :

« Le parti ouvrier s'appelle « indépendant » parce

LA POLITIQUE DES TRADE UNIONS n

qu'il entend ne faire aucune alliance, ni avec les libéraux ni avec les tories. »

11 avait la franchise de déclarer qu' « il était fortement antilibéral », Il entendait être le maître de la prochaine Chambre en portant son poids tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, quand bon lui semblerait.

11 divisa les électeurs en deux classes : d*un côté, les propriétaires et les défenseurs de la propriété ; de l'autre, ses adversaires : les antisocialHstes et les socialistes. Et M. Keir Hardie prédit que les radicaux seraient contraints de se laisser absorber par ces dernier» ou de disparaître.

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