‹ Les conflits du travail et leur solutionChapitre 39 sur 262 · POLITIQUE ACTUELLE · texte numérisé non relu

POLITIQUE ACTUELLE

A la suite de cette déroute, YOld unionism^ le vieil unionisme, décida de s'affranchir du Neio unionism et il fit cette opération au Congrès de Cardiff tenu au mois de septembre 1895.

- KKV

Le comité parlementaire décida Texclusion de tous les membres qui ne travaillaient pas à leur métier ou qui n'étaient pas des employés payés des Trade Unions ; cette formule visait Keir Hardie, Ben Tillett et d'autres membres de VIndependent Labor party. De plus, il substitua au vote piar mains levées le vote par bulletins, chaque membre ayant droit à autant de votes qu'il représentait de milliers de Trade Unionistes.

La réforme faite par le comité parlementaire donna 166 voix aux^ délégués des mineurs, 77 aux six délégués des mécaniciens, 83 voix aux tisseurs. En y ajoutant les voix des délégués des 41,565 membres de rUnion des employés de chemins de fer, quatre sociétés arrivaient à avoir 367 voix, chiffre suffisant pour écraser toute opposition.

John Burns avait été Fauteur de cette mesure qui pouvait être assimilée à un coup d'État. A un reporter qui le lui faisait observer, il répondit :

En religion, en politique, partout la Providence

est du côté des gros bataillons. Pourquoi ne gouverneraient-ils pas ici ?

— Mais les minorités ont leurs droits! reprend Tinterviewer.

— Les majorités sont miséricordieuses.

Les Trade Unions ont renoncé aux visées collectivistes : elles n'ont joué aucun rôle dans les élections de 1900. Mais aux Congrès de Swansea en 1901, au Congrès de Londres en 1902, elles ont affirmé le rôle politique quelles entendent jouer dans les prochaines élections.

Plusieurs membres déclarèrent qu'il fallait soutenir les Labor candidates, qu'ils fussent libéraux, conservateurs ou socialistes.

Le Congrès décida l'organisation d'un Labor repre-

sentation committee qui se réunit à Newcastle au mois de février 1903. Nous y retrouvons Keir Hardie et Ben Tillelt.

L'énuméipalion des résolutions votées au Congrès indique leur programme :

Limitation de la durée du travail à 8 heures pour les mineurs en particulier et pour les ouvriers en général; réglementation de^heures de travail dans les magasins ; élévation à quinze ans de Fâge auquel les enfants pourront être employés ; amendement au Mines Régulation Act ; extension des Factory Acts; renforcement de la résolution de la Chambre des communes sur les salaires et les autres conditions de travail fourni au gouvernement ; amendement à la loi sur les accidents; retraites pour les personnes âgées; amendement aux lois concernant les Trade Unions et les conflits de travail; la question des carrières Penrhyn; amélioration des moyens de logement et de transport des ouvriers; conditions de travail des employés des postes; secours pour les aveugles indigents ; administration des docks et du port de Londres; trusts; responsabilité des armateurs étrangers pour les accidents arrivés sur leurs navires; obligation de pesage et de mesurage du travail quand il est fait au poids ou sur mesure.

Une résolution en faveur de l'arbitrage obligatoire fut repoussée par 361.000 voix contre 303.000.

Le Congrès de Leicester a voté» le 8 septembre 1903, une résolution affirmant de nouveau la nécessité d'une représentation directe du travail. Les Bînck layers ont proposé un amendement appliquant aux membres du Labor représentation committee les dispositions adoptées au Congrès de Cardiff. Cet amendement a été repoussé à une majorité de 156 voix, par 209 contre 59, ce qui prouve que Fesprit du New unionism n'a pas disparu.

Les Trade Unions s'occupent de tout, touchent à tout; et elles ont forcément une tendance à demander une intervention de plus en plus grande de TÉtat.

Comme toutes les guildes^ les corporations du passé, les Trade Unions sont animées de ce que Buckle appelait TespHt protecteur, ou de ce qu'on peut appeler l'esprit exclusif et protectionniste.

Quand M. Chamberlain a lancé son programme, il comptait sur l'esprit protectionniste des ouvriers anglais.

Logiquement, s'ils entendent imposer un maximum d'heures de travail, de salaires, ils doivent admettre que l'industriel soit j)rotégé contre les produits du dehorsJ^

Les protectionnistes américains ont l'argument des hauts salaires payés aux ouvriers. Ils leur disent que le tarif a pour but de les protéger contre la concurrence de produits fabriqués par des ouvriers qui se contentent de salaires inférieurs. Si ces produits pouvaient venir faire concurrence aux leurs, il en résulterait une baisse de salaires.

Les Trade Unionists anglais ont repoussé le 8 septembre, au Congrès de Leicester, le programme Chamberlain à l'unanimité moins deux voix : ils veulent la liberté du commerce et la réglementation du travail.

Ils admettent que l'industriel ait le droit d'acheter à qui bon lui semble, mais ils n'admettent pas qu'il ait le droit d'employer qui bon lui semble. Ils lui laissent la liberté du choix de ses matières premières, mais non la liberté du choix de ses fournisseurs de travail.

Ils entendent se protéger, mais non le protéger.

CQAPITRE III

I. L'opinion de M. et M™» Sydney Webb. — Discussions dans les Trade Unions. — Conduites par une minorité. — IL Dangers que courent les fonctionnaires des Trade Unions. — Ul. L'envie qu'ils excitent. — La grève et la discussion.

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