‹ Les conflits du travail et leur solutionChapitre 4 sur 262 · ORGANISATIONS DE COMBAT · texte numérisé non relu

ORGANISATIONS DE COMBAT

Il est curieux de voir encore continuer le roman des Trade Unions que, depuis le livre du Comte de Paris, les défenseurs des « saines doctrines », de l'ordre et de la propriété, ont Thabilude d'offrir au public français, en négligeant d'indiquer les conditions légales qui les obligent, en Angleterre, à fonclionner au grand jour, et qui entraînent pour elles la responsabilité des actes de leurs agents.

Cependant, les Trade Unions anglaises organisées pour la lutte ont poursuivi deux objets : une ingérence de plus en plus grande des pouvoirs publics dans le contrat de travail ; la conquête du monopole du travail pour les ouvriers en fonction par la limitation du nombre des apprentis et Texclusion des non-unionistes; en dépit des dénégations qu'a soulevées l'enquête du Times de 1901, intitulée Crisis in British Industry^ une politique de dépression économique ; et M. et M""* Sydney Webb, les auteurs de YHistory of Trade unionism etdel'/ndustrial democracy reconnaissent que l'organisation môme des Trade Unions anglaises les conduit à la lutte.

Les résolutions qui ont été prises au congrès de Leicester du 8 au 12 septembre 1903 indiquent le caractère de leur politique.

IV INTRODUCTION

Dans le cas du Taff Wale^ la chambre des Lords a déclaré qu'une Trade Union^ jouissant de la personnalité civile, était responsable des actes de ses agents et Ta frappée de dommages-intérêts qui, avec les frais, se sont élevés à 42.000 liv. st. (1.050.000 francs).

Au congrès de Leicester, M, Ben Cooper a présenté un amendement déclarant que « l'arrêt de la chambre des Lords n'était pas conforme aux intentions du législateur des Trade Unions acts de 1871 et de 1876 » et demandant au « Parlementiary Committes de déposer des bills garantissant les fonds, des Trade Unions contre toutes poursuites pour dommages ».

Un des membres du parlement du Labor party^ M. R. Bell, a fait observer que, dans un congrès, on pouvait prononcer des discours qu'on ne pourrait pas faire à la chambre des Communes. Il a demandé comment les Trade Unions justifieraient leur prétention de se placer en dehors de la loi civile. Ils réclament que les employers soient responsables pour tous les accidents ; et ils réclament en même temps l'immunité des Trade Unions pour les agissements de leurs agents. Ce n'est pas logique.

M. Shakleton, autre membre du parlement, qui a déposé et défendu un bill pour atténuer la décision du Taff Wale dit : « Vous ne pouvez pas avoir l'espoir de faire passer un bill qui signifierait que les Trade Unions obéiraient à la loi, mais qu'elles pourraient donner à leurs agents le droit de la violer. C'est une positiqn absurde. »

INTRODUCTION v

Malgré ces observations, le congrès a adopté à Funanimité la résolution, impliquant pour tous les futurs candidats soutenus par les Trade Unions l'obligation d'y adhérer; mais en nommant toutefois M. R. Bell, président, ses membres ont prouvé qu'alors même qu'ils ne tenaient pas compte d'observations justes, du moins ils ne traitaient pas en ennemis ceux d'entre-eux qui les avaient fait entendre.

Les Trade Unions réclament en même temps une intervention de plus en plus grande de l'État dans le contrat de travail. A une énorme majorité, le congrès de Leicester a voté une résolution en faveur de la limitation légale du travail à huit heures, malgré les sérieuses objections faites par quelques membres. Il a voté également le principe de retraites de 5 sh. par semaine pour « toutes les personnes âgées de soixante ans ».

Le même congrès a rejeté, par les représentants de 889.000 voix contre 251.000, l'arbitrage obligatoire et à l'unanimité le programme Chamberlain.

LA GRÉVE-ESCOPETTE

Aux États-Unis, les Labor Unions ont résolu la question de responsabilité en refusant pour la plupart de profifer des lois qui leur permettent de se faire enregistrer. Elles considèrent qu'elles

VI INTRODUCTION

ont droit au boycottage contre les non-unionistes et contre les salariants qui n'acceptent pas leurs conditions.

Le procès de Sam Parks, « Walking delegate »

(délégué ambulant) de la House Smiths and Bridgemen's Union ^ vient de montrer les dessous mystérieux de la conduite de certains de leurs agents. Investi du droit de déclarer la grève partout et quand il le jugeait bon, Sam Parks demandait, selon les circonstances, 1.000 ou 10.000 dollars pour ne pas user de ce droit. Condamné dans le courant du mois d'août à la prison par le recorder de New- York, il a été mis en liberté par une des Cours de FEtat, et le 7 septembre, il a parcouru les rues de New- York à la tête d'une manifestation ; puis il a été admis comme délégué de New- York à la convention de V International Association of bridge and structural iron Workers^ à Kansas. Il est revenu à New-York plein de menaces, et du moment que les ouvriers se solidarisent avec lui, c'est la suspension de l'industrie du bâtiment*.

Page 1