‹ Les conflits du travail et leur solutionChapitre 60 sur 262 · MÉPRIS DE LA CONCURRENCE ÉTRANGÈRE · texte numérisé non relu

MÉPRIS DE LA CONCURRENCE ÉTRANGÈRE

Ils ont rimprudence, cependant, dans leurs réclamalions, de ne pas tenir compte de la concurrence étrangère. Les Trade unionistes ont à un tel degré l'orgueil de la puissance et de Thabilelé des chefs, de Tindustrie, qu'ils pensent n'avoir pas besoin de les ménager.

A propos de la grève des mécaniciens, John Burns, dans un Mémorial, disait aux ouvriers :

Tenez ferme : qu'avez-vous à redouter? La Grande-Bretagne a construit en 1896 1.397.967 tonnes de navires, 200.000 tonnes de plus qu'en 1895, tandis que tous les autres pays du globe n*en ont construit ensemble que 365.000 pour lesquelles FAllemagoe entre pour 8i.000 tonnes, c'est-à-dire juste ce qu'a construit la même année la maison Harland et Wolff. Et cela malgré les droits protecteurs, malgré les primes données par les gouvernements continentaux, malgré les réductions de tarif de chemins de fer en Allemagne.

De 1876 à 1896, le prix de revient par tonne a baissé sur la Tyne et la Clyde de 12 livres à 6 livres par tonne (de 300 à 150 francs), tandis que les salaires ont augmenté de 30 ou 4P p. 100.

Un croiseur des États-Unis de 8.500 tonnes à New- York a coûté deux ans de construction et 92 livres (2.300 francs) par tonne. Sur la Clyde, le Diadème, de 11.000 tonnes, de 16.500 chevaux, a coûté 40 livres par tonne (1.000 francs) et a été construit en huit mois.

Sept canonnières ont été construites sur la Clyde en trois mois, une en quarante-cinq jours, tandis que des bateaux semblables en Amérique et en Allemagne ont exigé douze et dix-huit mois.

L'exportation de nos machines était en 1876 de 7.200.000 liv.

st. (180 millions de francs) ; elle a été en 1896 de 17 millions de liv. st. (440 millions de francs).

Devant une pareille puissance de production, vous n'avez donc pas à vous gêner. Vous pouvez demander huit heures de travail et des payements supplémentaires pour les heures en plus.

Herbert Spencer a défini fort bien le» résultats économiques de la tactique des Trade Unions, « Appliquée jusqu'au bout, elle a pour effet de surtaxer toutes les catégories de salariés au profit de chaque autre catégorie de salariés * ».

Dans les grôres qui ont eu lieu dans ces dernières années, les résultats de l'action des Trade Unions peuvent se caractériser ainsi :

1° Prétention des Trade Unions de prendre la direction du travail dans les ateliers ;

2° Résistance des chefs d'industrie qui, ayant la responsabilité de l'entreprise, entendent en conserver la direction ;

3° Les coalitions de syndicats des salariants répondant à l'action des Trade Unions engageant la grève par le -renvoi des affiliés aux syndidats de grève.

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