Bull, of Départ, çf Labor, july
préoccupés de garantir les droits des ouvriers unionistes, dans aucun État on ne trouve de loi contre la proscription des ouvriers non-unionistes, quoiqu'ils soient en majorité.
J'ai rappelé dans la Tyrannie socialiste (p. 189) quelques-unes des grandes grèves des États-Unis, entre autres celle de Cœur d'Alêne, dans l'État d'Idaho, en 1893, Il y en a eu une autre en 1897 qui est racontée de la manière suivante dans le tome XII des rapports de VIndustrial Commission.
Là Bunker Hill and Sullivan mining C^ à Wardner n'avait pas voulu d'unionistes; graduellement plusieurs de ses ouvriers devinrent unionistes. Ils firent de la propagande, de sorte que la Compagnie voulut les renvoyer. Les membres de l'Union de Wardner firent les 23, 24 et 25 avril 1897 des visites menaçantes, puisqu'ils étaient en armes. La Compagnie refusa de revenir sur ses décisions, mais consentit à porter les salaires de 3 dollars à 3 dollars 50, tarif de l'Union, quoiqu'il fût trop élevé pour cette mine.
Le 29 avril les mineurs s'emparèrent d'un train à Burke; à Gem, d'autres mineurs se joignirent à eux après avoir pillé un dépôt de poudre. Ils forcèrent le mécanicien â se rendre à la jonction près Wardner.
Ils étaient de 800 à 1.200, dont 200 armés, presque tous masqués. Ils tuèrent deux hommes, détruisirent les bâtiments, puis repartirent.
L'état de siège fut proclamé, les troupes fédérales requises; le shérif, qui était dans le train et ne fit rien, fut révoqué ainsi que plusieurs fonctionnaires; 500 ou 600 personnes furent arrêtées. Le gouverneur fit établir le permit. Tout mineur devait se présenter devant le shérif, s'engager à ne plus faire partie de l'Union et, en échange, il obtenait une autorisation de travailler.
Alors se posa la question de la responsabilité de rUnion. Les Chevaliers du Travail ont une formule répétée toujours en pareil cas : — Nous avons ordonné la grève, mais non les violences.
Cependant l'enquête du coroner prouva que tous les mineurs de Canyon Creek avaient pris part à Témeate et que tous étaient membres de l'Union.
Les Labor Unions veulent bien reconnaître que jusqu'en 1892 elles ont eu des responsabilités dans des actes criminels, mais elles déclarent qu'elles n'en ont plus depuis cette date.
Cette déclaration prouve qu'il y a certainement un progrès dans les intentions, et les intentions précèdent et commandent les actes.
Cependant la commission qui a mis fin à la grève de l'anthracite déclare que « personne ne doit refuser remploi ou donner une préférence à un ouvrier parce qu'il est ou parce qu'il n'est pas membre d'une Union ».
Au mois de juillet, le président Roosevelt vient d affirmer qu'un ouvrier non-unioniste ou expulsé d'une Union n'avait pas perdu le droit de travailler.
M. Miller, contremaître chez Palmer, imprimeur du gouvernement, donne à un membre du Congrès quelques informations sur les économies possibles qui entraînaient la suppression de quelques ouvriers.
La Washington Union of the International Brotherkood of Bookbinders décida son exclusion pour ce motif, exigea son renvoi de M. Palmer. Celui-ci y consentit. Mais le 21 juillet 1903, le président Roosevelt ordonna au secrétaire d'État M. Cortelyon de le réintégrer, par une lettre dans laquelle il disait : « Il n'y a pas d'objection à employer des ouvriers appartenant à uAe Union, tant que les règlements et l'action de cette Union ne sont pas contraires aux lois des États-Unis, mais leur
emploi ne doit pas motiver Texclusion des ouvriers non-unionistes. » C'était retourner la question telle que la posent habituellement les Trade Unions et les syndicats ouvriers.
l! Union, le 22 juillet, demanda de nouveau à M. Palmer de renvoyer Miller, en vertu de cette règle qu'aucun membre de TUnion ne peut travailler avec un « nonunioniste .».
M, Palnrer refusa. L'Union adressa une pétition à M. Rooseveil, mais son président déclara en même temps que, si Miller entrait dans l'atelier, tous les membres de l'Union quitteraient le travail.
Le Président Roosevelt ne céda pas et une dépêche du 26 juillet annonça que la Bookbinders Union de Washington avait décidé de permettre à ses membres de travailler avec le « maudit non unionist Miller, par déférence pour le Président ».
L'intervention de M. Roosevelt a été d'autant plus décisive qu'il s'élait montré plus sympathique aux unions ouvrières lors de la grève de l'anthracite.
Les hommes politiques considèrent qu'il avait besoin de cet acte pour se réconcilier avec les industriels que son altitude avait alarmés.
Presque tous les États ont adopté une loi permettant aux membres des Trade Unions ou d'autres associations d'adopter une étiquette [Union label) pour désigner les produits des membres de leur union ou des unions associées. Les produits qui ne les portent pas doivent être boycottés.
Dans le Nevada depuis 1895, et le Montana depuis 1897, toutes les impressions de l'État doivent porter des Union labels.