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LES ÉLÉMENTS DE LA SOLUTION

Naturellement, si des améliorations peuvent être faites en Angleterre dans les Acts de 1871 et de 1876 sur les Trade Unions, en France à la loi de 1884 sur les syndicats professionnels, il ne peut être question de supprimer ces associations. Nous ne reviendrons jamais, en France, aux articles 291- 29i du Code pénal.

Je suis même convaincu que c'est avec le concours

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des Trade Unions et des syndicats que la solution quo je propose peut entrer en pratique.

Ma solution, cest la transformation des sociétés tk combat , à caractère indéte?*minéy en sociétés cornuwraales ayant le gain pour objet.

Je dois la conbeption de ce système à Tarticle |)ublié en 1842 par M. G. de Molinari, sur l'Avenir dt's chemins de fer. Il y prévoyait que le travail devrait se déplacer suivant la loi de l'offre et de la demande, qu'il devrait se commercialiser, qu'il devrait s'acheter et se vendre en gros. C'est lui qui a i^mis le premier l'idée des Bourses de travail si étrangement détournées de leur objet, parce qu'elles sont administrées et fréquentées par des représentantis de syndicats et non par des représentants de sociétés commerciales.

11 m'a été inspiré par le système qu'ont préscntf^ les deux célèbres industriels belges, MM. Baudoiix et Henry Lambert, au moment de la discusïsion, en Belgique, de la loi sur les Unions professionnelles.

Il tait mettre en pratique par des sociétés con;inierciales les deux articles du Code civil qui visaient surtout des artisans isolés.

Art, 1710. — Le louage d'ouvrage est un contrat pni" hjquel Tune des parties s'engage à faire quelque cliOiit? pour Tautre moyennant un prix convenu entre elleB.

AiiT. 1787. — Lorsqu'on charge quelqu'un de faire un ouvrage, on peut convenir qu'il fournira seulement son iravail ou son industrie...

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Ma solution, c'est la substitution du louage (T ouvrage au louage de services.

Cest r organisation du travail aux pièces en gros.

C'est la généralisation du marchandage contracté par des Sociétés anonymes de travail à capital variable.

Ces sociétés n'auront pas, comme les Sociétés de production, de capital important à trouver et à administrer, pas de matières premières à acheter, pas d'outillage à monter.

Des expériences plus ou moins conscientes ont prouvé qu'elles étaient viables.

Depuis 1881, le service de la composition, de l'impression et de la distribution des Journaux officiels est fait par une Société anonyme de travail dont je publie les statuts. On verra plus loin diverses expériences non moins frappantes, entre autres celle de M. Gouttes, faite en 1878, à Tusine Mourraille à Toulon.

Ces sociétés, au lieu d'avoir pour objet la politique dépressive, la restriction pratiquée par les Trade Unions et les syndicats de tous les pays, pratiqueront une politique expansive, puisqii elles auront le gain pour objets et que leur gain sera en raison de refficacité de leur production.

Je n'ai pas la prétention de supprimer Tesprit d'exclusivisme dans les Sociétés commerciales de travail; mais l'expérience nous enseigne que ce qu'on peut appeler l'esprit rapace n'est pas le môme chez un guerrier que chez un industriel, n'est pas le même dans une congrégation religieuse que

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dans une société financière ou commerciale. Dans celle-ci, l'esprit de spoliation deyient l'esprit de concurrence. On ne songe plus seulement à s'emparer de dépouilles, on échange des utilités ou des servicof;. On n'a plus seulement pour but d'empêcher lek autres de faire ou de s'emparer de ce qu'ils ont fait. On tâche de faire mieux ou autrement qu'eux.

Je n'ai pas la prétention de supprimer les conflits d'intérêts entre salariants et salariés, mais je dis qu'il faut les transformer.

Aujourd'hui les ouvriers travaillent à tant l'heure pour un établissement industriel dont ils ne comprennent pas les aflaires. 11 leur est étranger. Plus ils ou tireront de profit et mieux cela vaudra. Ils considèrent que les avantages gagnés sont autant rie pris sur l'ennemi.

Dans une Société commerciale de travail, ils travaillent pour eux, pour la société dont ils sont membres, dont ils connaissent l'objet. Ils ont un intért'^fc direct à ce qu'ils font.

Ils livrent les produits de leur travail à l'établissement avec lequel ils ont contracté : ils ne s'occupent pas de ce qu'il en fera; mais en quoi leur situntion est-elle différente des fournisseurs de houille ou de minerai qui ont livré à cet établissement ses matières premières et qui ne s'inquiètent pas do la manière dont il les emploiera, des produits qu'il en aura obtenus?

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