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APPEL AUX MEMBRES SÉRIEUX DES JRADE UNIONS ET SYNDICATS

Pour substituer à rorganisation politique du travail son organisation économique, j'en appelle à tous les hommes sérieux engagés dans les Trade Unions et les Syndicats.

M. et M"** Sydney Webb, en présentant les TradQ Unions anglaises au public, désavouent les procédés de boycottage, de « picketing », d'exclusivisme, de limitation de l'apprentissage, de restriction de production. Quelques-unes des Trade Unions se défendent de les pratiquer.

Les filateurs dans leur grande grève de 1893, les mineurs en 1894, n'ont pas employé le « picketing ». Dans les discours tenus au congrès de Leicester par MM. Edmund Urownes, R. Bell, Shakleton, on trouve le désaveu des actes illégaux. Le dernier a demandé qu'on réglât entre ouvriers et industriels la question du « picketing ».

La vigueur avec laquelle les Trade Unions anglaises se sont dégagées en 1895 du courant socialiste, dans lequel elles avaient été entraînées de 1892 à 1894, prouve les efforts dont elles sont capables.

XVI INTRODUCTION

Contenant plus d'hommes ayant des notions économiques sérieuses que les organisations du même type qui existent dans les autres pays, possédant des ressources considérables on peut espérer que certaines d'entre elles sentiront la nécessité de détourner leur activité de procédés tels que .leurs apologistes sont obligés de les désavouer.

J'espère aussi qu'en France certains syndicats étudieront la question et en comprendront l'importance. Mais l'organisation économique du travail est indépendante de la loi de 1884. Elle ne relève que des lois de 1867 et de 1893 sur les sociétés commerciales; elle peut fonctionner sans aucune modification de la législation.

Cette facilité d'adaptation est un inconvénient au point de vue de la propagande de Tidée. S'il était nécessaire de changer une loi, si la solution dépendait des pouvoirs publics, on pourrait faire une campagne politique, agiter les électeurs, soulever des polémiques, créer un mouvement; mais la solution ne dépend que de la libre initiative des individus, de l'étude à faire par des industriels et des ouvriers; que d'un effort de bonne volonté réciproque pour vaincre certains préjugés, certaines routines et des méfiances qui obscurcissent toutes les réalités.

J'ai trouvé des adhésions importantes parmi des industriels comme de la part de certains socialistes belges.

J'espère que les partisans des Sociétés coopéra-tives de production comprendront que, loin de

INTRODUCTION

combattre les Sociétés coopératiues de travail^ ils doivent les appuyer. Le champ de l'activité économique est trop grand pour que les Sociétés de production veuillent en avoir le monopole.

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