LA STATUE DE SAINT JEAN
courts , les mains trop grandes , les pieds trop petits et trop épais ; la tête elle-même est trop forte. Mais la physionomie ne manque pas d'expression; les traits, la bouche surtout sont d'un dessin correct ; le geste est agréable et le corps bien posé.
A quelle époque remonte cette statue ? La ré-
f)onse n'est pas facile à défaut de dpcuments, car 'œuvre n'accuse aucun style bien caractérisé. Elle est en mauvais état ; rinscri(»tion se lit à peine; la peinture et la dorure ont disparu en maints endroits, et le bois vermoulu tombe en poussière. UAgnus Dec a été recouvert d'une plaque de fer blanc qui cache l'image primitive. Nulle date, nulle signature, nul monogram.me. On en est réduit à se prononcer d'après l'aspect général, et à indiquer comme époque probable la fin du xvi® ou la première moitié du xvn® siècle.
Dans la première moitié du xvn® siècle deux familles de sculpteurs travaillaient à Tulle, les Mouret et les Duhamel. Les œuvres des Mouret .sont assez rares, celles des Duhamel plus communes. Les unes et les autres, surtout celles des Duhamel, ont un réel mérite. On peut attribuer à Fun des membres de ces familles la statue de saint Jean-Baptiste ^^K
Le 23 juin, les pénitents blancs allaient prendre la statue de leur patron dans l'église Cathédrale où elle restait exposée pendant toute l'année sur un autel consacré au Précurseur, et faisaient, avec la foule qui se pressait autour du saint, la procession de la Lunade. Ils participaient à la
(l) Sur les Duhamel et les Mouret, voir La Vie à Tulle, p. 293 et s. Le premier des Duhamel connu par ses sculptures est né en 1618. Les Mouret n'ont commencé à sculpter que peu d'années avant le milieu du xviio siècle.
fête générale^ comme le faisait la population entière. Mais le lendemain, à cinq heures du matin, revêtus de leur costume, précédés par leur grande croix où pend une écharpe brodée, tenant à la main leurs bâtons ou leurs croix de bois, sur deux rangs, ils reprennent le même chemin que la veille, et font^ eux seuls, suivant le rite propre à leur compagnie, le tour de la Lunade.
Ils étaient ' réunis dès quatre heures du matin dans leur église où ils ont entendu la messe. Après l'exposition du Saint-Sacrement et la récitation des litanies, ils vont à la Cathédrale devant la chapelle de leur patron, et chantent l'antienne : Iste puer qui natus est^ etc. Cette prière achevée, ils sortent par la grande porte de la Cathédrale^ et rangés et alignés, au rythme des versets des litanies que disent les choristes, ils commencent leur procession par la pente raide du faubourg d'Alverge. Au milieu de la côte ils s'arrêtent devant la chapelle de la Présentation de la Vierge Marie pour réciter le Salve Regina ; puis la confrérie repart et va, par le chemin suivi depuis plusieurs siècles, de station à station, disant des oraisons et psalmodiant les litanies de la Vierge, de saint Jean et des saints. Vers huit heures du matin^ elle rentre dans son église par le faubourg du Lion d'Or, la place de l'Aubarède et le faubourg de la Barrière. Alors les pénitents prennent leur place habituelle dans la tribune et dans le chœur et, avant de se séparer, disent tous les offices du jour.
Rien n'est à signaler en ce qui concerne les devoirs des confrères envers les malades et les défunts. Nous les avons fait connaître quand nous avons parlé des pénitents bleus. Les Rituels des deux compagnies son% pour ainsi dire, copiés l'un sur Tautre.
En se plaçant sous la direction de Tévêaue constitutionnel Brival, le26 juin 1791, la conirérie des pénitents blancs avait fait une claire adhésion aux idées nouvelles. Par cet acte d'obéissance aux lois, elle espérait se mettre à Tabri de toute tracasserie et s'assurer la protection des gouvernants. Cette concession ne devait pas prolonger son existence. Les congrégations et les confréries, toutes les institutions religieuses, TEglise constitutionnelle elle-même avaient des jours limités, allaient bientôt disparaître les unes après les autres dans la tourmente révolutionnaire.
Dès le mois d'avril 1792, les pénitents blancs purent prévoir le sort qui les attendait. Sous la menace d'une suppression prochaine que devaientils faire? aller au-devani de la loi, partager les maigres biens de la société et se dissoudre ? ou, au contraire, ne disposer dans l'intérêt public que des objets de quelque valeur, conserver les autres, continuer de vivre, et laisser aux événements le soin de décider? C'est à ce dernier parti que s'ar-. ratèrent les pénitents dans l'assemblée générale dont le procès-verbal suit :
Aujourd'huy 15*^ avril 1792, dans la salle des pènitens blancs de la ville de Tulle et dans une assemblée annoncée au son de la grande cloche, en présence des confrères sous signés et d'autres qui n'ont pas scu signer, un membre a exposé que les confréries étant menacées d'être supprimées, il faloit partager entre tous les confrères ce qui appartenoit à ladite confrairie. Un autre a dit que vu la pauvreté de la commune il seroit mieux de faire un don à la municipalité des effets les plus précieux et de faire vendre le reste pour secourir les confrères qui sont dans l'indigeance. La motion du dernier membre a été adoptée^ et on a délibéré d'une voix unanime qu'on donnoit à la commune de la ville de Tulle deux encensoirs avec une navette en argent, un soleil d'argent, un ciboire d'argent, un calice avec sa patène d'argent, quatre chandeliers
d*argent, une écharpe de satin gris garnie d'étoiles en or et de crapines en argent, quarante trois livres de cire blanche, uno chasuple de damas rouge garnie d'un galon d'or avec ses accessoires (1), et que les autres effets seroient vendus lors (le la suppression de lad. confrérie pour en distribuer le produit aux confrères indigents.
Dont et de tout quoy a été dressé acte de la présente deli beration pour être exécuté suivant sa forme et teneur, led. jour, mois et an que dessus.
Signé : Brival prieur, Pechaorb, Pineaud^ Laval, Beral, Floucauo cadet, Marvit, Maturibr, Vérone, BodliI.
La délibération ne nous apprend pas le nom du confrère dont l'avis prévalut. Brival pourrait bien être Tauteur de la proposition accueillie en définitive par l'unanimité de l'assemblée. Il était évêque et prieur ecclésiastique de la confrérie, double cause d'influence. L'ambition n'avait pas éteint en lui la foi et les sentiments religieux. Il pouvait croire que le don patriotique de quelques ornements d'église lui concilierait les bonnes grâces de l'administration municipale et gagnerait en même temps à la confrérie des pénitents blancs la bienveillance et la sympathie des clubs.
Illusions vite dissipées. La confrérie ne devait plus se réunir ; elle avait tenu le 15 avril 1792, sa dernière assemblée. La délibération qu'elle prit ce jour-là et qu'on vient de lire, — sorte de testament, — est tout à son honneur.
(1) Manchier, secrétaire de la municipalité, a consigné sur le registre des pénitents la renîise à la commune des objets énumérés ans la délibération.
Dans la dernière partie de Pétude consacrée à la confrérie des pénitents bleus nous avons exposé les circonstances qui marquèrent, au commencement du XIX® siècle, la réorganisation des congrégations et confréries religieuses en Limousin et notamment des deux compagnies de pénitents de Tulle. En s'y reportant, le lecteur trouvera le résumé des instructions ministérielles et les règlements émanant de Févêque et du préfet, auxquels était obligée de se soumettre toute confrérie qui voulait se former. Cette partie de notre mémoire est commune aux pénitents blancs et aux pénitents bleus ; nous n'avons ici rien de particulier à ajouter.
Les renseignements qui suivent ont été pris dans le dernier registre de la compagnie, écrit des deux côtés comme les précédents, portant sur la couverture en parchemin cette mention : « Registre des délibérations », et, dans Tintérieur, ce double titre, d'un côté : « Catalogue de la confrérie des pénitents blancs de la ville de Tulle, anno 1807 »^ de l'autre : « Réception de MM. les pénitents blancs, anno 1807 ».
La confrérie des pénitents blancs s'était reconstituée dès les premières années du régime impérial. Elle comptait d'assez nombreux adhérents et avait élu un prieur, des syndics et des conseillers, lorsque furent publiés le mandement de Tévêque de Limoges et l'arrêté du préfet de la Corrèze réglementant les congrégations et les confréries. Elle comprit que son existence serait précaire sans une autorisation, et, pour se mettre
en règle avec les autorités^ adressa au maire la lettre suivante :
t Le 28 mai 1807.
» Monsieur le Maire,
» Pour répondre à ta confiance que m'ont témoignée plusieurs citoyens qui désirent d'être autorisés à créer à Tulle une compagnie de pénitents blancs dans l'annexe de la paroisse Notre-Dame, pour me conformer à l'article 7 de Tarrété de M. le général Préfet du département, je vous demande en leur nom votre agrément pour l'organisation de cette compagnie et vous prions de vouloir faire parvenir notre demande à M. le général Préfet, afin que d'après son consentement la compagnie des pénitents blancs soit autorisée à assister aux processions et aux autres cérémonies religieuses en s'y conformant exactement tant au mandement de Mgr l'évéque de Limoges portant règlement pour les compagnies des pénitens qu'à l'arrêté de M. le général préfet. J'ai, en conséquence, l'honneur de vous adresser la liste nominative des citoyens qui jusqu'à ce jour se sont fait inscrire comme membres de celte compagnie
> Signé : Roux, prieur ; Croizy syndic ; Viallb,
syndic ; Guirandb aîné, conseiller; Pourchbt,
conseiller (1). >
Le 30 mai 1807, M. Duval, maire de Tulle, donna l'autorisation demandée, permettant à la compagnie « d'assister dès ce jour et à l'avenir aux processions et aux cérémonies religieuses . d Quelques semaines plus tard les pénitents obtenaient de M. Brival, curé de Notre-Dame et vicaire général, le droit de « faire donner la béné-
(1) Sur le registre de la confrérie la copie de cette lettre porte la date du 28 avril 1807. Il faut lire 28 mai , puisque cette lettre vise Tarrêté du préfet en date du 8 mai.
diction du Saint-Sacrement dans leur église tous les seconds dimanches de chaque mois. »
Reconnue par Tautorité et par l'administration diocésaine, la confrérie prit possession de son ancienne chapelle et établit l'inventaire que nous transcrivons :
Inventaire que nous avons fait dans l'église, le 5 juillet 1807 en présence des sieurs Roux prieur, Croizy et Vialle syndics, et les sieurs Piaubert et Lafon sacristain :
Un ornement noir, neuf, complet.
Un idem noir, demi usô.
Un idem noir, manquant de Tétoie et la bourse. Un idem fond blanc avec fleurs violettes et vertes. Un idem avec la croix blanche et violette.
Un idem de toutes couleurs.
Un idem rouge, complet.
Un idem, complet, de toutes couleurs.
Deux missels parisiens, dont un couvert de rouge l'autre en gris.
Un cahier de missel pour les morts.
Une bourse.
Deux ètoles usées.
Vingt-quatre purificatoires usés.
Quatorze lavabos.
Trois amies.
Une toilette de dentelle commune.
Une idem, garnie de mousseline usée.
Deux toilettes pour le tronc.
Une lampe en cuivre.
Quatre chandeliers en cuivre.
Quatre chandeliers en fer blanc.
Six idem en bois.
Deux croix de cuivre dont une argentée.
Six lustres en boia. Huit mauvais fauteuils.
Un mauvais prie-Dieu.
Un mauvais tapis pour Tautel.
L'action de grâce.
Uoe pelotte pour mettre les épingles.
Quatre petites cloches bonnes ou mauvaises.
De là sommes entrés dans une des chambres que nous avons trouvée avec un très mauvais plancher et un mauvais lambris auquel il manque beaucoup de planches. Nous avons trouvé dans ladite chambre un mauvais horelogé manquant de plusieurs pièces ; il y a trois poids en pierre.
Nous sommes entrés dans la salle d'assemblée où nous avons trouvé une grande croix avec son Christ ; Deux placards sans limandes ni serrures ; Manquant dans ladite nalle de bancs, deux contrevents et de plusieurs carreaux de vitres, et des planches au plafond.
Dans la tribune il manque plusieurs planches au plafond, cinq contrevents, et les croisées manquantde toutes ses vitres; il manque un côté de croisée. Les murs ayant besoin de recrépir, et un torchis en plusieurs endroits tout le tour de la tribune.
De là nous sommes entrés dans la chambre du Courrier, laquelle nous avons trouvée en fort mauvais état, ayant besoin de faire élever la cheminée, faire recrépir le tour des murs ; la croisée sans contrevents n'étant fermée que par une grille en bois ; le mur de Tescalier décrépit ; la croisée de l'escalier qui donne sur l'autel manquant de plusieurs carreaux de vitres.
La toiture ayant besoin de grandes réparations ainsi que le clocher, pleuvant dans beaucoup d'endroits.
Il y a une petite cloche qui est fêlée, pesant environ un quintal.
Il manque dans la sacristrie, à la porte où l'on met la fontaine, un parevent et des crampons et une serrure^ des limandes à Tarmoire, gonds et serrures, et un crépissage tout le tour du mur.
De tout quoi avons clos ledit inventaire en présence des soussignés, le jour, mois et an que d'autre part.
Roux, prieur ; Crout, syndic ; Vialle, syndic ; Guirande aine et Pourchbt, conseillers.
Il résulte de cet inventaire que la confrérie était rentrée en possession de quelques uns des objets mobiliers qui lui appartenaient avant la Révolution et qu'elle avait remplacé les ornements religieux et les vases sacrésdonnés à la commune le 15 avril 1792. Mais Téglise et ses dépendances étaient en mauvais état ; la toiture laissait passer Teau ; les fenêtres n'avaient ni vitres ni contrevents; la cloche était féjée. Des réparations étaient urgentes, il fallait donc se procurer tout de suite des ressources.
Dans sa première réunion, le 9 août 1807^ la confrérie élabore un règlement intérieur qui vient s'ajouter au règlement général de Tévèque. Elle se montre inexorable pour le pénitent qui ne paye pas exactement le droit de réception ; un simple retard de six mois le fait considérer comme démissionnaire, et la compagnie n^assiste pas à ses obsèques. Elle imagine un droit de réception in extaemis qui pourra donner quelques profits à la caisse ; un postulant pourra être agrégé à son lit de mort^ et la compagnie sortira pour son enterrement moyennant un droit de réception de trente francs payable le jour même de la cérémonie.
L'année suivante elle fixe à soixante francs pour la première classe, et à trente francs^ pour les autres classes, le droit d'assistance aux funérailles des personnes qui n'appartiennent pas à la confrérie.
En même temps qu'elle crée des ressources, elle complète son organisation. Il lui faut un courrier pour convoquer les confrères qui doivent assister aux assemblées générales et aux enterrements ; elle lui alloue, eu outre du logement, dix écus de gage et cinq sols à la réception de
chaque confrère et confréresse ^^\ Elle décide que l'élection des officiers aura lieu tous les ans le 26 juin ; que les syndics sortants rendront compte de leur gestion le 2 juillet en présence de l'ancien et du nouveau prieurs ; qu'aux enterrements des confrères et confréresses assistera une délégation de trente pénitents ; qu'il sera nommé quatre visiteurs cnargés d'assister les malades et les pauvres honteux de la compagnie ; qu'enfin il ne sera engagé aucune dépense extraordinaire sans l'agrément des syndics et a si le cas l'exige » sans une délibération de l'assemblée ^^K Le 8 mai 1808, elle désigne quatre visiteurs et six préfets de modestie ; ces derniers, choisis parmi les membres les plus dévoués de la compagnie, doivent donner l'exemple de l'exactitude, de la piété, et stimuler le zèle de leurs confrères .
C'est que le zèle et l'exactitude n'étaient pas des vertus communément pratiquées par les pénitents. Le 26 juin 1808, ils se rendirent en si petit nombre à l'assemblée générale que l'élection des dignitaires ne pût avoir lieu. Plusieurs autres réunions furent vainement annoncées ; enfin, le 4 septembre suivant^ l'assemblée se constitua et nomma son Conseil.
Furent élus :
Prieur, M. Roux ;
Auditeurs des comptes : MM. Seguy aîné et Ménager ;
Syndics, MM. Bancaud et Jolibert ;
Conseillers, MM. Albier père. Goujon, Ménager, Seguy aîné, Monteil père, Chastang père, Vialle, Reignac et Lagarde ;
Secrétaire, M. Ménager ;
(1) Délibération du 9 août 1807.
(2) Délibération du 6 septembre 1807
Sacristains, MM. Puyaubert, Bonnefond, Chastang père.
M. Roux avait prié ses confrères de ne pas le maintenir à leur tête. Il s'inclina devant leur volonté. Depuis la reconstitution de la confrérie^ il avait assumé toutes les charges, toutes les responsabilités. C'est lui qui avait dirigé les réparations faites à Téglise, acheté le mobilier indispensable. C'est lui qui remplissait la tâche des syndics, faisait rentrer les fonds et payait les dépenses. Le compte de sa gestion, rendu le 25 juin 1809, établit un total de recettes de deux mille cinq cent trente -six francs douze sous, et un total de dépenses de deux mille six cent trente-six francs sept sous.
De longtemps la confrérie ne pouvait espérer des recettes aussi importantes. Lors de sa réorganisation^ en effets chaque adhérent avait payé un droit d'entrée. Dans les années suivantes ce droit ne serait payé que par les membres, beaucoup moins nombreux, qui se feraient affilier. Les réceptions, qui avaient été au début la principale source de revenu, allaient devenir, dans la suite, un produit aléatoire sur lequel il ne faudrait pas trop compter. En 1808^ les réceptions des hommes donnèrent sept cent soixante- quatorze francs, et celles des femmes deux cent seize francs. En 1899 déjà nous ne trouvons plus que soixante-cinq francs pour les premiers et trenteun francs dix sous pour les secondes. Le devoir ou cotisation annuelle avait produit soixante et onze francs en 1808 ; il donna en 1809, pour les hommes cinquante-six francs quatorze sous, et pour les femmes trente-un francs quatre sous.
L'ancienne cloche fêlée avait été remplacée par une nouvelle, plus grande, qui avait coûté cinq cent quatre-vingt-douze francs d'achat et
soixante-sept francs de montage. Les cadeaux du parrain et de la marraine^ une souscription et des quêtes avaient permis de payer la moitié de cette dépense exceptionnelle.
La caisse était alimentée par des dons, par le produit du tronc, par le droit d'assistance aux enterrements et le droit de porter la croix et le dais.
Dans les articles de dépense nous voyons figurer la fête de la compagnie célébrée le 11 juin 1809. La note, s'élevant à soixante et onze francs neuf sous, comprend notamment un déjeûner pour les chantres et les abbés, le tir des boîtes, le son de la grand'cloche, et « la garde d'honneur de la compagnie de la réserve. »
L'administration de M. Roux avait été profitable à la compagnie ; aussi, dans Tasssemblée générale du 3 septembre 1809, M. Pabbé Graviche, chanoine honoraire, lui adressa dé justes éloges, et ses confrères le maintinrent encore une fois dans les fonctions de prieur laïque.
M. Graviche était le délégué de Tabbé Brival^ vicaire général, et présidait les réunions de la confrérie en qualité de prieur ecclésiastique. C'est lui qui fit voter par l'assemblée, le 17 septembre 1809, la construction d'une chaire pour l'église des pénitents blancs, <f de mêmes proportions que celle de l'église paroissiale de Notre-Dame ». Deux menuisiers, membres de la confrérie, se chargèrent de ce travail moyennant la somme de deux cents francs.
Son nom reste attaché à une œuvre plus considérable. La Révolution avait détruit la croix en fer forgé, élevée par les pénitents sur le Champ de Mars ; l'abbé Graviche fut le promoteur de l'érection d'une nouvelle croix sur le même emplacement. Le procès-verbal de la séance du 29
avril 1810 relate, en ces termes, sa proposition :
Aujourd'hui vingt neuf avril mil huit cent dix, sur la demande de plusieurs confrères de la compagnie de MM. les pénitents blancs, tendant à faire convoquer une assemblée extraordinaire pour délibérer sur divers objets qui intéressent la compagnie ; MM. les prieurs et syndics pour se conformer à rfiirrétô de M. le préfet du Département de ta Corrèze, ont prévenu M. le maire de la ville de Tulle du dessein où ils étaient d'assembler la compagnie et l'ont prié de vouloir bien se rendre à leur assemblée indiquée pour ce jourd'hui à une heure après midi dans la salle ordinaire de leurs assemblées. M. le Maire, prévenu des sujets sur lesquels la compagnie avait à délibérer, a répondu qu'il ne pourrait pas se rendre à l'assemblée indiquée, qu'il était convaincu que tout «'y passerait dans l'ordre et la décence convenables. MM. les prieurs et syndics ont fait invitation à lous les confrères, par le ministère du courrier de la compagnie et au son de la cloche, de se rendre à ladite assemblée à l'heure indiquée et dans le lieu désigné pour cela.
M. Graviche, prêtre, prieur ecclésiastique de la compagnie et tenant la place de M. le curé de Notre-Dame, accompagné de MM. Roux, prieur laïque, Bancaud, syndic et Seguy aîné trésorier, et de plusieurs autres confrères, s'est rendu dans la salle des assemblées et à l'heure désignée, et après avoir iii;roqué les lumières du Saint-Esprit par une courte prière, il a,, invité tous messieurs les confrères à prendre place et a présenté que la fureur révolutionnaire ayant fait disparaître la belle croix en fer doré que l'ancienne compagnie des pénitents blancs avait fait ériger comme un monument de sa piété et où la compagnie allait faire son adoration publique le vendredi saint de chaque année et le jour de l'exaltation de sainte Croix le 14 septembre, plusieurs confrères zélés avaient manifesté un grand désir de voir rétablir ce monument religieux.
Ainsi présentée, la proposition de M. Graviche
fut acceptée à l'unanimité. L'assemblée décida en outre l'acquisition de « six bâtons .surmontés d'un couronnement pour servir aux processions »», de six grands flambeaux pour la décoration de l'autel^ enfin d'un costume « brillant » pour le courrier. L'exécution de ces projets fut confiée à douze confrères zélés, MM. Borie aîné, Borie jeune, Chastang père, Borie garde-magasin, Vauzanges cadet, Jarrige huissier, Neuville propriétaire, Ferrières, Vialle, Baluze^ Champ et Cluzan fils. On se procura les premières ressources au moyen d'une souscription à laquelle prirent part tous les confrères présents.
Le travail dura près de deux ans. Il fallut recourir plus d'une fois à la générosité des confrères et des personnes pieuses. L'abbé Graviche exhorta « les fidèles à faire des sacrifices selon leurs facultés pour fournir aux dépenses nécessaires dans lesquelles la compagnie était engagée » ; il leur faisait entrevoir a la pieuse satisfaction d'avoir érigé à la gloire de la religion un monument qui attestera leur zèle et leur piété ^^^ ». La plantation de la croix eut lieu solennellement le 22 mars 1812. A cette occasion l'évêque de Limoges accorda des indulgences à ceux qui auront contribué par des offrandes à 3on érection ou qui assisteront à sa bénédiction ou enfin qui feront quelques prières à genoux devant elle.
Pendant trois quarts de siècle la croix des pénitents blancs, monument de fer artistement forgé, œuvre d'habiles ouvriers de Tulle, est restée debout à l'entrée du Champ de Mars, au bas de la rampe qui conduit à l'ancienne chapelle de la confrérie. Les processions passaient devant elle.
(1) Procès-verbal de la réunion du 7 octobre 1810. Voir aussi les délibérations de 1812 à 1813.
et les bataillons évoluaient autour. Sous le prétexte qu'elle gênait la circulation publique ou la liberté de penser, une municipalité a ordonné son enlèvement. Elle a été transférée dans le cimetière, au point culminant du Puy-Saint- Clair, d'où elle domine la ville.
La confrérie avait péniblement fait face à ses engagements ; elle était obérée. Son conseil s'appliqua alors à relever ses finances, prit des mesures rigoureuses contre les membres qui ne payaient pas leurs cotisations, fit rentrer des devoirs arriérés, reçût quelques dons. En 1818 la situation était assez améliorée pour que la société pût se lancer dans une dépense nouvelle. Elle commanda au sculpteur Roche une croix pr*océssionnelle, et à la dame Brun une écharpe en point de Tulle pour orner cette croix. Un procès-verbal nous fait connaître les conditions dé ce double marché :
Aujourd'hui vingt septembre mil huit cent dix huit, le conseil légalement convoqué et sous la présidence de M. Chastang, vicaire à Notre-Dame, qui a de suite mis sous les yeux des membres dudit conseil le but de leur convocation, consistant, 1** à se procurer une écharpe pour la croix, 2* à acheter 6 sacs pour donner aux confrères qui n'en sont pas nantis, lesdits sacs devant toujours rester en dépôt dans la salle du conseil et sous la surveillance de MM. les syndics ; 3® enfin d*avoir une croix assortissant à ladite écharpe.
Après avoir discuté sur le premier chef, il a été arrêté qu'il serait fait une écharpe en réseau point de Tulle par la dame Brun, qui a acquiescé aux conditions détaillées ciaprès. Ladite dame s'oblige et s'engage de faire ladite écharpe d'ici au jeudi saint prochain, de lui donner la longueur de six aunes et demi et la largeur de demi-aune et de la confectionner suivant le modèle qui lui a été délivré, pour le ['rix et somme de 16U francs.
Sur le second chef il a été reconnu, d'après de longs débats.
qu'il serait incessamment acheté 6 sacs aux frais et dépens de la confrérie et que lesdits seraient mis à la disposition seulement de MM. les syndics.
Enfin la discussion s'est élevée sur le troisième chef, et le conseil, après avoir mûrement pesé les observations de plusieurs membres, a délibéré qu^il serait fait une croix dont les dimensions et proportions seront relatées dans le prix-fait passé entre le sieur Roche ei ledit conseil qui a stipulé au nom et pour ladite confrérie, moyennant la somme totale de 90 frs qui sera comptée audit Roche lors de la confection et après avoir été agréée par les commissaires nommés à cet effet Sont nommés commissaires MM. Champ, PJantade, Vialle et Maturier.
Dîins une précédente étude ^^^ nous avons donné la description de Técharpe en point de Tulle commandée par les pénitents blancs. La confrérie la gardait soigneusement^ comme un tissu précieux et ne retendait sur la croix que pour les processions solennelles. Supportée par trois baguettes, dont l'une était placée au haut de la croix et les deux autres à l'extrémité de chaque bras, elle formait, une sorte d'auvent ^u - dessus du Christ, et retombait à droite et à gauche presque jusqu'à terre. La partie flottante de la bande est la plus richement brodée : des fleurons, des rinceaux, l'image de saint Jean, le nom des deux dentelières qui ont collaboré à cet ouvrage, la dame Fage veuve Brun et la demoiselle Brun, sa fille, enfin la date, 1818.
Cette importante pièce de dentelle, seul échantillon connu du point de Tulle, est encore en bon état ; quelques mailles à reprendre, quelques
(H Le Point de Tulle. Tulle, Crauffon, 1882. Voir SL\i?si Bulletin de la Société des Lettres^ Sciences et Arts de la Corrèze, 1882, p. 115 et s.
ai
accrocs à réparer, et elle semblerait neuve. Elle a été faite à une époque où la tradition des ateliers du XVII® et xviii^ siècles n'était pas encore perdue, où Ton pouvait encore se procurer des réseaux anciens et en suivre la façon. Nous pouvons donc la considérer comme une reproduction exacte du point de Tulle qui eut son moment de vogue à la cour de Louis XIV, et à ce titre un véritable intérêt s'attache à sa conservation.
Un inventaire du 27 septembre 1822 nous prouve que la confrérie possédait à cette époque plusieurs pièces en point de Tulle. Nous y relevons, en effet, les trois articles suivants :
« Un dais, avec sa garniture complète en broderie, dentelle, réseau^ plumet et trône, le tout coûtant six cent soixante quatorze francs.
» Trois écharpes, dont une en réseau et l'autre en mousseline brodée et une pour les morts en crêpç, cent quatre-vingt dix francs.
» Un tour de dais en réseau brodé (quatre aunes), cent cinquante francs. »
Peut-être pourrait-on retrouver encore, dans les cartons et les armoires où sont entassées pêle-mêle les défroques de la confrérie, les deux garnitures du dais en point de Tulle.
De 1807 à 1830 la confrérie des pénitents blancs, malgré quelques périodes difficiles, suivit régulièrement sa voie, sut éviter tous démêlés avec les autorités civiles et religieuses, n'eût sa quiétude troublée par aucun incident fâcheux.
Elle dispai'aît pendant le gouvernement de Juillet. Du 12 juillet 1830 au 24 septembre 1848, le registre ne mentionne ni réunion ni acte quelconque. \ it-on aux processions ou aux enterrements les sacs blancs des pénitents ? Nous n'a-
vons pu nous en assurer ; mais administrativement elle était comme morte, sans prieur et sans conseil.
Le 24 septembre 1848, la confrérie se réunit sous la présidence du curé de Notre-Dame. Son conseil est ainsi composé :
Prieur laïque, M. Jarrige de Lamazorie ;
Sous-prieur, M. Maturier ;
Caissier, M. Plantade ;
Sous-caissier, M. Pinardel ;
Syndics, MM. Vidal père, Charissou, Laforêt et Laporte.
Nouvelle interruption dans la tenue du registre et peut-être aussi dans le fonctionnement de la société. Mais à partir du 13 mars 1851 les séances ont lieu régulièrement et les procès-verbaux plus détaillés, donnent des renseignements sur les divers actes de la confrérie, sur la communion pascale qui est faite en corps à la Cathédrale, sur la visite des églises le jour du Jeudi saint.
Le 27 avril 1851, le conseil prend deux déterminations importantes : il soumet à un postulat de quelque durée ceux qui voudront être admis dans la confrérie « afin qu'en soient dorénavant éloignés ceux qui ne voudraient point respecter les statuts et satisfaire à la communion annuelle prescrite par FEglise. » De plufe il offre aux confrères et anciens confrères qui ne se rendent pas aux réunions parce quils sont en retard dans Tacquittement de leur devoir « une amnistie par laquelle ils peuvent rentrer gratis à condition toutefois qu'ils se montreront zélés à assister aux processions ou enterrements auxquels ils seront convoqués. »
Il fait de la propagande, cherche à attirer de nouveaux membres, à recruter des confréresses.Il décide, le 3 octobre 1852, « que dorénavant les
confréresses qui auront payé leurs devoirs annuels, auront part, comme les confrères, à Particle XV® du règlement, c'est-à-dire qu'on fera pour elles un service le premier jour de libre après leur décès. »
Tous les trois ans la confrérie procède à l'élection de ses officiers. M . de Lamazorie^ qui est maintenu prieur, et M. Gorse, avocat, qui est nommé sous-prieur, donnent à Tœuvre un véritable élan. En 1856 la caisse commune, grossie il est vrai par des dons et quelque emprunt, peut payer la réfection du pavé de Téglise dont le coût s'élève à onze cent douze francs.
Au cours de cette période prospère un événement se produisit qui détermina une véritable révolution dans la confrérie. M. Lalitte, vicaire général, jouissant des bonnes grâces de Mgr Berteaud, prêtre plein de zèle et très dévoué aux œuvres, établit ou restaura en 1857 une congrégation de filles dans la chapelle des pénitents blancs. Cette chapelle, qui allait être érigée. Tannée suivante, en église paroissiale sous la dédicace de Saint-Jean -Baptiste, avait été considérée jusqu'alors comme la propriété des pénitents. Après l'avoir réparée et meublée, ils y célébraient leurs offices, y tenaient leurs assemblées, y logeaient leur courrier. M. Lalitte voulut la rendre commune à la confrérie des pénitents blancs et à la nouvelle congrégation des filles. Il fit déplacer des bancs, établir un devis des travaux nécessaires, et réglementa la contribution des deux compagnies aux frais d'entretien de la chapelle.
L^'entreprise du vicaire général causa le plus vif émoi dans la confrérie. Une assemblée de tous
les membres immédiatement réunie^ arrête la délibération suivante :
Art. l•^ — La confrérie rejette toutes réparations proposées par M. Lalitte, sont regardées comme inutiles à notre chapelle. Il sera fait opposition si on veut intervenir d'après la décision qui vient d'avoir lieu.
Art. 2* La salle reste libre, et ne s'ouvrira qu'aux besoins de la confrérie.
Art. 3^ — Les dépenses des messes ou cérémonies de la semaine sont à la charge des congréganistes. Les pénitents se retirent de toutes dépenses et s'engagent qu'à fournir l'huile pour la lampe; ils se réservent les dimanches et jours de fête à leur profit.
Art. A"" — Tous les meubles ou immeubles appartenant à la confrérie ne serviront qu'aux besoins de ladite confrérie.
Art. 5® — Pour les droits des chaises il reste entièrement à la confrérie.
Art. 6* — Notre fabrique soit en enterrement, devoirs, quêtes et chaises, ne doit sortir de la confrérie.
Art. 7" — Le banc des filles du chœur de cantiques sera déplacé et replacé à un endroit indiqué par le conseil.
Art. 8^ -- Les deux bancs des syndics seront replacés dans le chœur.
Art. 9" — Le courrier, étant content de lui pour son bon zèle et devoir, reste dans les logements qui lui sont indiqués.
Fait, le 3 avril 1859. Ont signé tous les pénitents, séance tenante, et ceux qui ne savent pas signer déclarent faire une croix.
Cette décision ne fut pas prise sans un débat animé. Les partisans d'une conciliation possible furent en minorité. Il résulte, en eftet^ de la forme incorrecte du procès-verbal que les dignitaires, les scribes qui rédigeaient d'ordinaire les délibérations, ont refusé de s'associer à celle du 3 avril ; ils se sont retirés après avoir protesté. Tous les
autres^ comme pour donner plus de fermeté à leur attitude, ont apposé leur signature ou une croix sur le registre.
Qu'allait faire Tautorité épiscopale devant cette levée de boucliers ? M. Lalitte, qui se savait soutenu par Tévêque^ demanda à Mgr Berteaud, dans un rapport du 4 juillet 1859, la dissolution de la confrérie. Dès le lendemain Tévêque fît droit à sa demande, annula la délibération du 3 avril et chargea le vicaire général de l'exécution de son ordonnance.
Une commission composée de MM.Tabbé Mary, de Lamazorie, Gorse, Fargearel, Eyrolle, Laval et Jaucent, fut instituée, le 10 juillet^ pour jeter les bases d'une confrérie nouvelle et recruter des adhérents. Quelques pénitents se firent inscrire aussitôt. Avant la fin de Tannée la confrérie comptait soixante-cinq membres.
On était à peine sorti de cette crise, lorsque la paroisse de Saint-Jean-Baptiste fut conj^tituée. La chapelle des pénitents étant devenue Téglise paroissiale, Tautel de Saint-Jean, situé dans le bascôté de gauche, servit d'autel à la confrérie. Les curés successifs remplirent les fonctions de prieur ecclésiastique. MM. Gorse et Dufour furent nommés prieur et sous-prieur laïques . Il semble résulter d'une délibération en date du 12 septembre 1867 que les officiers majeurs, prieur, sous-prieur assistant, trésorier et sous trésorier, étaient désignés par Tévèque^ et les syndics élus par l'assemblée générale.
Le recrutement de la société se fit comme par le passé ; les personnes pieuses des deux sexes y étaient reçues. Une décision du 19 avril 1863 autorisa l'admission des enfants qui auraient fait leur première communion. En 1868 et 1869
les procès-verbaux constatent l'admission de quelques confréresses .
Pendant cette dernière période de l'existence de la confrérie un seul fait est à signaler. M. Tabbé Pallier^curé de la paroisse et prieur ecclésiastique, ayant obtenu une parcelle du crâne de Saint- Jean- Baptiste, Tostension de cette relique fut l'occasion d'une imposante cérémonie religieuse. Le 27 août 1865^ la confrérie des pénitents blancs, la congrégation des Enfants de Marie, le clergé et les fidèles assistèrent à une procession à la suite de laquelle la relique fut placée au-dessus du tabernacle de Tautel de la confrérie. Le soir, après les vêpres, Mgr Berteaud monta en chaire et prononça un sermon dont M. Pallier nous a laissé le résumé suivant :
Mgr rendit d'abord hommage à ta sainte relique, portion de cette tète tombée sous la hache pour avoir gardé intact le dépôt des vérités dont elle était le sanctuaire, véritable citadelle qu'on pouvait abattre mais qu'on ne pouvait surprendre tant qu'elle restait debout. Il proclame l'authenticité de cette petite portion du grand précurseur, recherchée jusqu'au delà des mers par un prêtre pieux, recueillie avec zèle et apportée avec amour pour sa chère paroisse par M. le curé. Le nom de Jean, dit-il, signifie grâce. C'est qu'en effet Jean-Baptiste fût gracieux dans sa conception miraculeuse, gracieux à travers la cloison de chair où il tressaillit, gracieux en sa nativité, gracieux au désert ou il prêchait la pénitence, gracieux sur les bords du Jourdain où il montrait l'agneau de Dieu, gracieux en sa vie, surtout gracieux en sa mort.
Après quelques passages de l'évangile du jour qui était le 12^ dimanche après la Pentecôte, appropriés à la circonstance en forme d'homélie, Mgr félicite Téglise de SaintJean-Baptiste de la gloire nouvelle qu'elle acquérait, et s'adressant aux membres des deux confréries qui s'y réunissent, il mêle les éloges et les conseils.
Aux confrères pénitents il montre le Christ crucifié comme
leur véritable bannière, Tagneau divin qu'avait montré leur saint patron. Il leur explique le symbole de leur sac de pénitent et du voile qui couvre leur tète, en se servant des paroles de Tertullien et rappelant l'usage des premiers chrétiens qui revêtaient de blanc, de la tête aux pieds, les nouveaux baptisés, pour leur indiquer la pureté et la siniplicité de la vie chrétienne.
Aux filles pieuses de la congrégation de Marie, qu'un saint et célèbre prédicateur du dernier siècle fonda et établit dans cette église, il représente les motifs d'une dévotion particulière à saint Jean-Baptiste qui avait été honoré, dés le commencement de son existence, des visites de la très-sainte Vierge, sa parente, sur les genoux de laquelle il était permis de supposer qu'il avait été bercé bien des fois.
Enfin Mgr souhaite que l'Agneau de Dieu, Notre-seigneur Jésus Christ, soit beaucoup connu, aimé par dessus tout dans la paroisse du prophète qui le montra du doigt aux juifs rassemblés, et qui, par son intervention incessante, continue à le prêcher dans les âmes et à le montrer pour ainsi dire. »
La confrérie des pénitents blancs eut encore une dizaine d'années d'activité. Elle rentra en possession de son ancien droit d'élire ses officiers. Son dernier conseil fut composé de :
MM. Tabbé Bourgeade, prieur honoraire ; Gôrse, avocat, prieur ; Dufour, sous-prieur ; Feix, premier assistant ; Laval, trésorier; Bru, vice-trésorier.
Le registre des délibérations s'arrête au 23 août 1874.