‹ Les confréries de pénitents de TulleChapitre 6 sur 8 · SUR LA · texte numérisé non relu

SUR LA

DansTépître dédicatoire qu'il a mise en tête de son Rituel des pénitents blancs ^^^, J. Rivière rappelle à Tévêque de Tulle ^^^ que cette compagnie tient le rang de ses aisnez. Il est fier de ce titre et se plait à le répéter : « vous laisserez à vos successeurs, écrit-il à Pévêque, ce que vous avez reçeu en beaucoup meilleur estât avec un accroissement de cinq célèbres monastères et deux compagnies de Penitens, qui vous doivent leur naissance ; mais personne ne nous conteste que nous ne soyons les premiers nais. Ce sont donc, Monseigneur, vos aysnez, vos très humbles et très obeyssants fils et serviteurs qui vous offrent ce Rituel de prières. »

Fondée en 1590 alors que les pénitents gris ne remontent qu'à 1601, la confrérie des pénitents

(1) Rituel des prières que les confrères penitans blancs de la ville de Tulle recitent et psalmodient annueilement dans leur Eglise, avec leurs autres exercices spirituels, le tout dressé par J.Riyièro prestrede ladite ville et dédié à l'Illustrissime evesgue d'icelle par les susdits confrères. A Tulle, par Fran. Alvitre, 1642. Un vol. in-16 de XXIV et 614 p.

(2) Jean de Gourdon de Genouillacde Vaillac.

blancs est donc la plus ancienne des deux corn nagnies de pénitents de Tulle. Il eût été logique Se nous occuper d'elle tout d'abord Mais la découverte des documents ne procède pas toujours suivant l'ordre chronologique ; nous avions achevé le dépouillement des archives de la contrérie des pénitents gris, avant d'avoir trouve ks registres de la confrérie des péni ents blancs. De là provient cette inversion de l'ordre que nous aurions dû suivre ; inversion sans conséquence puisque nous consacrons une étude distincte à chaaue compagnie, et qui nous a permis de com- Scer par l notice la' plus complète, ce le pour laquelle nous avons réum les documents les plus anciens et les plus abondants .

Sne délibération du 23 juin 1779 nous apprend „ nue l'armoire contenant les papiers et archives deTa cimpagnie avoit été espillée, «ans.doute par la négligence du secrétaire à garder précieusement PS clefs . Tous les actes constitutifs de la société, les bulles des papes, les statuts, les premiers rentres ont dispa\-u. Pour la période antérieure a fa Révolution, nous n'avons comme source de renseignements que le Rituel imprimé de 1642 et un seul registre de 124 feuillets, couvert en parchemin, é?rit des deux côtés portant s^r 1 un des S cette mention : Catalogue des Pemtens, et C l'autre : Nomination, Admission, Messieurs l^Inmciers Ce registre contient les listes des SnfrfesTes, Tes pro'cès-verbaux de réceptions et d'é"ections,et les délibérations de l'^.f^n^blée générale depuis 1745 jusqu'au 15 avril 1792. Pour lo X X« siècle nous avons eu recours au registre des délibérations, écrit aussi des deux cMés avec ce double titre sur les premiers feuillets CMomede la Confrérie des Pênitens blancs de la mile Te Tulle, anL 1807, et Réceptions de Messieurs

les Pénitens blancs, anno 1807. La, dernière délibération est datée du 23 août 1874^^\

Les documents antérieurs à 1745 manquant presque totalement, nous tâcherons de combler cette lacune en faisant des emprunts au Rituel du prêtre Rivière. Ce manuel de prières nous prouve au surplus, que si chacune des deux compagnies de Tulle s'était mise sous le patronage d'un saint différent, les confrères de saint Jérôme et ceux de saint Jean-Baptiste suivaient à peu près la même règle, visaient au même but et conformaient leur vie selon le même modèle. Les deux associations sont écloses. Tune et Tautre, à peu d^années de distance, sous le souffle religieux qui fît sortir de notre terre limousine tant d'oratoires et de congrégations. Elles ont eu des périodes de prospérité et des périodes de déclin qu'on doit attribuer à des causes similaires. Leur histoire se ressemblant dans les lignes principales, nous allons, pour éviter les redites, ne nous attacher qu'aux particularités les plus saillantes .

Les habitants de la ville^ bourgeois et artisans, formaient le gros de la compagnie. Elle se recrutait aussi dans la banlieue et même dans les paroisses environnantes ; Favars^ Chameyrat et Chanac lui fournissaient un petit contingent .

Nous nous rappelons avoir vu, dans les dernières processions de péniteuts blancs, des enfants revêtus du sac^ coiffés du capuchon, ceints de la corde, et portant de la main droite une croix de bois faite pour leur taille ; d'autres^ pareillement costumés, tenaient les cordons de la grande croix

(1) Ces registres sont conservés dans la sacristie de l'église paroissiale de Saint-Jean-Baptiste, ancienne chapelle des pénitenls blancs, et nous ont été obligeamment communiqués par M. le curé de cette paroisse.

processionnelle. Ces pupilles faisaient partie de la confrérie au même titre que les hommes mûrs.

Il n'est pas rare, au xvm® siècle, de trouver mentionnées sur les registres des réceptions d'enfants âgés de quatre ans, trois ans et même deux ans. Les parents faisaient la présentation de leurs fils, s'engageaient pour eux à suivre les statuts et à payer le droit d'admission et le devoir annuel. Les procès -verbaux de réceptions relatent assez souvent le consentement donné par le père ou la mère d'enfants âgés de huit ans et plus.

Dans les sorties solennelles des pénitents, un jeune enfant, drapé de laine blanche, marchait derrière la croix, conduisant en laisse un agneau ; il représentait saint Jean le patron de la confrérie. C'était, le plus souvent^ le fils d'un pénitent-, un futur pénitent lui-même. Il pouvait être admis dans la société sans payer le droit de réception. Le 23 juin 1769, Guillaume Chastang et Joseph Laval sont exemptés des droits, « ayant fait saint Jean pendant quatre ans » ; il en est de même, le 21 juin 1778, pour François Laval qui a servi pendant trois ans « à mener l'agneau » .

Le Rituel de 1642 nous fait connaître le cérémonial adopté pour la réception d'un nouveau confrère. Il diffère peu de celui qui était en usage dans la compagnie des, pénitents bleus. Après s'être enquîs des « vie et mœurs » du postulant et avoir pris l'avis de l'assemblée générale, le conseil charge le secrétaire de donner lecture au novice des statuts auxquels il devra se. soumettre, et des bulles d'indulgences accordées par les Saints- Pères. Au jour fixé pour sa réception, le postulant se présente pieds nus dans la tribune, devant les pénitents assemblés ; se met à genoux, les mains jointes, pendant que les confrères chantent le

Miserere y proteste de son dévouement à la compagnie et de son obéissance aux commandements de Dieu ;, promet sur k la croix, missel et teigitur » d^oberver les statuts^ et adresse une fervente oraison à saint Jean-Baptiste, le suppliant de l'agréer pour son « perpétuel serviteur ». Le

{trieur bénit ensuite le sac et le rosaire. Dès que e nouveau pénitent a revêtu son costume, le prieur lui adresse une « remonstrance » ; il lui met enfin une croix à la main et le mène donner un baiser de paix à ses confrères.

Chaque année, à la date du 23 juin veille de la fête de saint Jean-Baptiste, la compagnie nommait les membres de son conseil. En nous reportant au livre du prêtre Rivière, nous pouvons nous rendre un compte exact du cérémonial d'une élection.

Manibrb de PROCEDER annuellement à nouvelle élection dCun Prieur, Soubsprieur et autres q/fleiers.

Les susdits confraires ayant ouy la messe que l'hebdomadier dict du S. Sprit le susdict jour à six heures du matin, invoquent premièrement l'assistance du mesme S. Sprit par les prières qui s'ensuivent : Veni Creator, etc. Puis s'estans assis dans la sale, le prieur leur fait une briesve remonstrance touchant les conditions requises et nécessaires pour procéder à une bonne élection, telle que la suivante ou autre semblable.

(Dans cette exhortation le prieur développe ce thème que, pour faire un bon choix, trois conditions sont requises : 1^ y procéder mûrement et avec discrétion, 2^ donner son suffrage à des hommes de bonne vie et de bon exemple, 3^ se décider librement, sans passion et sans envie.)

La susdicte remontrance ou exhortation estant finie le secrétaire de ladicte frairie, après avoir préalablement faict lecture des statuts d'icelle, ensemble du sommaire des indulgen-

ces à elle concédées par nos Saints Pères les papes Grégoire XIV, Clément VIII, Paul V et Urbain VIII, se retire dans l'autre chambre pour coUiger les voix, et ladicte collection faicte rapporter au milieu de l'assemblée ceux qui par pluralité de voix ont esté choisis et esleuspour Prieur et Soubsprieur de ladicte frairie pour une année advenir. Et s'il arrive que les voix soyent myparties, on retourne donner sa voix et son suffrage, l'un après l'autre et par rang de réception comme dessus, à Tun de ceux qui ont esté choisis et nouveaux nommés.

Cela faict, ceux qui sont créés pour Prieur et Soubsprieur, après avoir promis à Dieu et à tous les confraires, en présence des Prieurs et Soubsprieurs. jadis, de bien et deuement à rhonneur de Dieu, de la Vierge Marie et de S. Jean-Baptiste leur patron, gouverner et régir ladicte confrairie et icelle augmenter, et de tout leur pouvoir garder et faire garder les statuts et ordonnances d'icelle, se retirent dans la susdicte chambre avec ledit secrétaire pour faire nomination de douze confraires, quatre d'église ethuict séculiers, des plus prudents assidus et plus zélés à ladicte frairie, pour conformément aux statuts d'icelle décider et résoudre avec eux et par leur conseil toutes les affaires qui arrivent pendant leur charge, sauf où ils jugent en devoir communiquer à tout le corps d'icelle. Avec lesquels aussi après toutefois les avoir présentez à tous les confraires pour estre par eux approuvés et trouvés bons, ils font nomination de trois scindics, l'un d'église et les autres deux séculiers, ou de moins, ainsi qu'ils le jugent n^,cessaire, et après les avoir ainsi présentez auxdicts confraires, pour la raison que dessus on chantera le Te Deum laudamus à la fin duquel le Prieur dict l'Oraison suivante : Oremus, elementisaime pater, etc.

Le procès-verbal de rélection était aussitôt rédigé par le secrétaire du conseil et transcrit sur le registre delà confrérie. Nous donnons ici, pour montrer la teneur liabituelle de ces comptes rendus, celui du 24 juin 1770 ; la fête de saint Jean avait été remise, cette année là au 25 juin.

Âujourd'huy vingt-quatre juin mil sept cent soixante dix, a l'issue de vêpres, en présence de M''*les prieur, et sous-prieur et autres délégués et confrères assemblés au son de la cloche, a été procédé a la nomination de M''*' les prieur, sous-prieur et autres officiers, ainsi que suit :

Ont été nommés,

pour Prieur, M"* Jean Soleilhet père, docteur en médecine, pour sous-prieur^ Messire Jacques de Bardoulat de Lissac^ chanoine de l'église cathédrale de Tulle,

pour scindicqs prêtres, M*" Puyaubert prêtre. M** Fès prêtre,

pour scindicqs laïqres, M' Floucaud fils, M** Brossard cadet,

pour secrétaires, M'' Pauphile ancien juge et M"* son fils.

Délégués M^^ Darlucthéolo||iI, Lagarde chanoine, Dumyrat

curé de Saint-Julien, Fraysse chanoine, Darche D'Embrugeat

Bardoulat de Lasalvanie, Desfarges ancien maire, du Chas-

saing, Rabanide avocat, Bouzonie.

Les autres officiers continués. A Tulle ledit jour, mois et an que dessus.

Et pour auditeurs du compte du sieur Villeneuve scindic, avec les nouveaux scindics, ont été nommés M**^ Bouzonie et Desfarge.

A été en outre délibéré qu'à la diligenne de M*** les scindicqs nouvellement nommés, que la compagnie authorise a cet effet, seront autborisés a rechercher la reddition de compte à tous les anciens scindicqs leurs prédécesseurs depuis vingt ans de la gestion et administration qu'ils ont faite des revenus devoirs et autres qui sa percevoient par les scindicqs, desquelles poursuites M"** les scindicqs sont priés de rendre compte a la compagnie le jour de la Toussaint ; a ces fins ils auront la bonté de prévenir tous M'^ les anciens scindicqs. Suivent les signatures.

Les officiers pouvaient être réélus ou maintenus pendant plusieurs années. Voici la liste des prieurs qui se sont succédés depuis 1771 jusqu'à la Révolution :

1771. François de Gain de Montagnac, vicaire général de Tarchevéché de Keims.

1773. Jean Goudelou, curé de Bassignac.

1775. De Loyac de la Bachellerie.

1776. Jean-Martin La Selve de Saint- Avid, doyen de l'église cathédrale.

1777. De Bardoulatde la Salvanie.

1778. Nicolas Béronie, prêtre, professeur au collège.

1779. Jean-Léonard Reignac^ avocat.

1780. Parjadis^ curé d'Espagnac.

1781. Floucaud, docteur en médecine.

1783. Villeneuve avocat.

En 1784 et 1785, il n'y eut pas d'élections. Les pénitents furent convoqués pour le 29 mai 1785 à l'effet de nommer leurs officiers ; le procès-verbal nous apprend que « il n'a rien été décidé faute de votants » . Une nouvelle convocation fut faite pour le 1 7 avril 1786. Les conf Itères, cette fois,étant en nombre suffisant, l'un deux exposa « que depuis quelques années la compagnie se trouvoit dénuée de prieur ; c'est pourquoy il étoitessentielde pourvoir à la nomination des officiers dont les places vacantes avoient été jusqu'à présent exercées par des anciens « . L'assemblée élut comme prieur le chanoine Graviche qui resta en fonctions jusqu'au 23 juin suivant, date fixée par les statuts pour le renouvellement annuel des officiers. Il fut alors remplacé par Lruis Alexis Laborderie de Vernéjoux.

Depuis quelques années la compagnie souffrait de l'indifférence et de l'inexactitude de ses membres. Il était temps de réagir, de resserer les liens qui unissaient les confrères, de les obliger à suivre plus fidèlement leurs .statuts. C'est dans ce but qu'à la date du 16 juillet 1786 l'assemblée générale élabora le règlement suivant :

L'assemblée de Messieurs les Pénitents blancs ayant été convoquée en la forme ordinaire le seize Dimanche de Juillet de l'an 1786, il a été statué ce qui suit :

l"" Que toutes les années on procéderait a Télection desnou-

veaux prieurs et scindicqs le 23 juin, veille de la Saint Jean^environ les neuf heures du matin, et que rassemblée seroit convoquée à cet effet, et que dans le cas que Messieurs les prieurs qui seroient nommes eussent des raisons légitimes de ne pas accepter on procederoit à une nouvelle élection le lendemain ou le jour indiqué par Messieurs les prieurs qui sortiroient de charge.

2^ Que le second dimanche de juillet de chaque année les anciens scindics rendroint un compte exact de leur administration, le tout par quittance en présence de Messieurs les anciens et nouveaux prieurs, et que la même reddition de compte se feroit également le deux dimanche de janvier de chaque année en présence de Messieurs les prieurs et autres auditeurs de compte qui seront nommés si le cas le requiert.

3® Que les vases sacrés, ornements, linges, quantité de cire sera mise es mains des nouveanx scindics à chaque mutation de scindic en présence de Messieurs les prieurs, et qu'il en sera fait un état signé tant des anciens que des nouveaux scindics, dont un double sera inséré sur les registres de la confrairie et l'autre demeurera entre les mains des scindics, lequel état sera approuvé de messieurs les prieurs et de M*"" les auditeurs de compte s'il est nécessaire.

4° Que la confrérie de M*** les pénitens ne sortira pour aucun enterrement que pour les confrères et les confreresses, et qu'ils fairont en sorte d'être toujours au nombre de trente pénitens qui seront nommés à leur tour le second dimanche de chaque mois jour de bénédiction. M*^" les scindics auront la bonté d'en faire le catalogue à cet effet afin qu'aucun n'en prétende cause d'ignorance, et dans le cas que quelque pénitent ne put pas assister auxdits enterrements pendant le mois qui luy sera désigné, il en préviendra M**^ les scindics afin qu'ils puissent le remplacer par un autre pour le mois seulement ; et dans le cas que lesd. pénitens ne seront pas sortis dans le mois pour lequel ils seront nommés, on les continuera pour le suivant ; ceux qui ont été dans les charges ou qui peuvent y aspirer seront exempts.

5^ Si la confrérie de M*^^ les penitens blancs assiste a un enterrement pour tout autre que pour les confrères, il sera payé au scindic douze livres sans qu*il luy soit permis de faire aucun rabais.

6^ M'" les scindics tiendront un ôcat exact de tous les enterrements auquels M*^ les penitens auront assisté durant le cours de Tannée et ils auront soin de faire payer exactement Les arrérages par les héritiers des défunts et les avertiront en même temps du jour qui sera fixé pour faire le service du défunt conformément aux usages.

7. Les visiteurs des malades, il en sera nommé deux qui seront chargés en même temps de faire la quête pour les pauvres honteux delà confrérie,auront soin de les visiter pendant leur maladie et leur distribueront les aumônes dont ils seront chargés. Et dans la supposition qu'ils viennent à mourir on n'exigera pas ce qui sera du s'ils sont véritablement pauvres et qu'ils aient été assidus.

8° Il ne se fera aucune dépense extraordinaire sans que M'* les sindics en ayent conféré avec M""^ les prieurs qui convoqueront l'assemblée slls le jugent à propos.

9^ Pour les processions et les enterrements le nombre des bâtons sera fixé à six grands bâtons s'il y a 30 penitens, à 10 s'il y en a 50, sans y comprendre les bâtons qu'on distribue aux enfants qui précèdent la croix. Dans la distribution des bâtons on préférera toujours les chantres, les personnes distinguées et ceux qui savent ranger une procession ; afin qu'il n'y aye pas de confusiou ou aura soin de les faire marcher a douze pieds de distance ou environ, et qu'on ne se dévoile pas pendant les exercices, prendre garde qu'on ne parle pas, ni qu'on amené des enfants par la main ou par le cordon, et afin que tout inspire la dévotion et la décence on recommandera la propreté.

10. M""** les sindics auront soin de faire aquitter exactement les messes et autres fondations dont la compagnie est chargée.

Malgré les prescriptions de ce nouveau régie -

ment, les élections des années suivantes n'eurent pas lieu à la date statutaire. Le conseil, renouvelé le 13 juillet 1788, comprenait les dignitaires dont les noms suivent :

Prieur ecclésiastique : Pierre Ignace Graviche, chanoine.

Prieur laïque : Gabriel Darche de Puy de Val, chevaux léger delà garde du roi, baron de Puy de Val.

Prieur honoraire ecclésiastique : Jean Joseph Gaspard Mas, prieur curé de Bussière Galand.

Prieur honoraire laïque à perpétuité : Alexis de la Borderie de Vernéjoux, chevalier, seigneur baron de la Roche et de la Rochette.

Secrétaire : Jean Léonard Ludière, avocat en parlement.

Trésorier : Martial Floucaud, seigneur de la Pénardille, conseiller du roi, receveur de la chancellerie présidiale de Tulle.

Syndic prêtre : Guillaume Calvet, prêtre.

Syndics en exercice : Martial Pauphile, marchand aubergiste, rue du Lion d'or, et Jean Joseph Laval, marchand.

Syndics honoraires : Pierre Floucaud vieux, procureur au présidial de Tulle, et Jean Baptiste Baudry, notaire royal.

Auditeurs de comptes : Reignac, avocat; Villeneuve, avocat ; Floucaud, médecin ; Rominhac, M** en chirurgie.

Et les anciens syndics de la sacristie continués.

Le 12 septembre 1790, furent nommés :

Prieur ecclésiastique : Jean-Baptiste Machat, curé deChanac.

Prieur laïque : Rabanide, avocat.

Enfin le 26 juin 1791, l'assemblée générale mit à la tête de la confrérie, en qualité de prieur ec-

clésiastique, Brîval, évêque constitutionnel de la Corrèze. Le conseil se composait, en outre^ des officiers suivants :

Prieur laïque perpétuel : Borderîe Vernéjoux.

Sous-Prieur : Reignac, avocat.

Secrétaire : Léonard Ludière avocat.

Trésorier : Lagier, du Chapeau-rouge.

Syndics prêtres : Deschamps, vicaire de la paroisse Saint-Martin de Tulle, et Borie^ aumônier de rhôpital.

Syndics en exercice : Pineaud aîné, et Béral aîné.

Syndic perpétuel : Laval cadet.

Auditeurs de comptes : Baudry, notaire, et Floucaud vieux, procureur.

Cette élection devait être la dernière du xviii® siècle.

Nous n'avons parlé, jusau'à présent, que de l'élément masculin de la confrérie. Elle se recrutait aussi parmi les femmes. Le plus ancien catalogue de confréresses que nous ayons consulté a été établi en 1744-1745 ; il contient cent cinquante neuf noms. En tête sont inscrites : demoiselles Marie -Anne Teyssier, deServières, prieure; Marianne Floucaud, secrétairesse ; Marie Taillandier, conseillère.

En 1749, nouveau catalogue^ mis à jour jusqu'en 1751. On y relève cent quarante noms. Le nombre des pénitentes est réduit à 118 sur le catalogue de 1752.

D'autres listes ont été dressées en 1763 et 1766, mais elle ne contiennent que les noms des confréresses en retard pour le paiement de leur droit de réception ou de leur devoir annuel. Quelques-unes doivent leurs cotisations de cinq, huit, dix et quinze ans. Le droit de réception était de six livres pour

les femmes comme pour les hommes ; on le réduisait souvent à trois livres. Les procès-verbaux de réceptions se terminent quelquefois par cette mention : « n'a rien payé » .

Sur ces listes ou catalogues les noms de certaines confréresses sont suivis du titre de « grande pénitente ». Nous y voyons, par exemple, «Jeanne Cipière, femme Pascal, grande pénitfente » ; « Isabeau Laurençon, femme à Bernard, marchand sargetier, grande pénitente, doit de reste de sa réception ou devoir 3^ 16^ » ; « Françoise Riou, veufve de Jean Rigaudie M® tailleur, pénitente blanche grande, reste de réception ou devoir, 4^ 12® ». Y avait-il deux catégories de pénitentes, ou bien le titre de grande désignait- il la confréresse qui avait atteint sa majorité ? Nous ne pouvons admettre cette seconde hypothèse, car la qualification de grande est assez rare sur les catalogues qui contiennent un grand nombre de femmes mariées et de veuves.

La confrérie était ouverte à toutes les classes sociales Femmes de bourgeois titrés, de simples bourgeois et d'artisans s'y rencontraient à côté de servantes et de paysannes . Nous y avons même trouvé une carmélite qui ne pouvait pas certainement, à raison de sa clôture, suivre les exercices de la compagnie et se rendre à ses assemblées.

On y admettait comme pour les hommes, des

Personnes de tout âge ; nous constatons que les lies au-dessous de quinze ans étaient beaucoup moins nombreuses que les jeunes garçons.

La cérémonie de réception d'une pénitente est réglée en détail dans le Rituel du prêtre Rivière. Nous y trouvons aussi Ténumération des engagements que prend la nouvelle confréresse en entrant dans la compagnie :

Celles qui désirent s'aggrèger et faire recevoir en la susdite

confrairie s'adressent a celle qui a été choisie le susdict jour (22 juin) directrice et supérieure des autres confreresses, laquelle prend leurs volontés et les rapporte à icelle et après s'estre enquise avec elle de leurs vie et mœurs et du tout donné advis par le scindicde ladite confrairie au Prieur, Soubsprieur conseilleurs ou délégués (car lesdites confreresses ne peuvent admettre, renvoyer ni rien résoudre d'important que par dépendance et de Tadvis des supérieurs de ladite confrairie) s'il n'y a lieu de renvoi, elle leur fait entendre qu*en s'aggreggant en icelle elles s'obligent :

1** de dire chaque matin cinq fois le Pater nosier et cinq fois VAve Maria en l'honneur des cinq plaies de nostre Seigneur,

2^ de faire tous les soirs l'examen de conscience, et rendre grâces à Dieu des bienfaicts reçeues en la façon et manière mises cy après dans l'exercice quotidien,

3® de se trouver et rendre dans l'église de ladite confrairie les jours auxquels les confrères d'icelle y recitent et psalmodient les susdicts offices, et ainsi que sera dict cy-apres,

4? d'assister aux processions et enterrements des confrères et confreresses qni décéderont,

5^ de se confesser et communier (outre le jour de Pasques) les jours qui s'en suivent, scavoir le premier dimanche de l'Advent et de Carême, le lundi-saint, le dimanche de la Pentecôte, le premier dimanche après la Feste-Dieu, le jour de s. Jean Baptiste patron de ladite confrérie, le jour de l'Assomption de la Vierge Marie, le jour de la Décollation dudict S. Jean Baptiste et le jour et fête de Toussaint,

6° de visiterles pauvres et les prisonniers non seulement les susdicts jours mais toutefois et quantes que par la supérieure de ladite confrérie ou autre de sa part leur sera prescrit et commandé, et de se trouver aux assemblées ordinaires et extraordinaires qui leur seront indiquées.

Et finalement ladite supérieure leur fait entendre que pour estre receues en ladite confrérie avec fruict et comme il faut, elles doivent faire confession générale et communier le jour qu'elle leur prescrira pour estre reçeues, ce que ce fait en

carême un jour de vendredi et en autre temps un jour de dimanche ou d*autre fête solennelle et d'assemblée pour lesdicts confrères et confreressBs, et ledict jour arrivé, ladicte réception se fait comme cy après.

Les susdites confreresses s'estants Iç jour prescrit par la supérieure assemblées dans ladite confrérie immédiatement après midy, et celle qui doit estre reçeue s*estant mise à genoux pieds nus et les mains joinctes devant le balustre de l'autel de ladite église, le prestre scindic après avoir dict à voix basse le psalme Miserere, se retournant vers elle lu'idict : Que demandez-vous ? — Elle répond : La miséricorde de Dieu et la paix de celte compagnie. — Le susdict scindic poursuit et diit : Nous vous prions que vous gardiez les commandements de Dieu et les statuts de nostre confrairie, et vous en recevrez grande consolation. — Toutes les confreresses répondent : Dieu luy en face la grâce.

Et après avoir promis sur la Croix, Missel^ Teigitur, de garder les susdicts statuts moyennant la grâce de Dieu, elle dict Toraison suivante, et si ne sçait lire la dict conjoinctement avec le susdict scindic. (l'ôraison est la même que pour la réception d'un confrère).

Après quelques autres oraisons la nouvelle pénitente, conduite par lasupérieure, donne le baiser de paix à ses confreresses. Le syndic la fait enregistrer sur le livre de la confrérie et inscrit son nom sur le catalogue. Puis chacun se retire.

Si l'on se réfère au Rituel des pénitents blancs de 1642, on voit que l'assemblée générale des confreresses devait se tenir, chaque année, Tavant veille de la fête de Saint-Jean, 22 juin^ à midi, dans la chapelle de la confrérie pour élire une supérieure et trois syndiques. La procédure de Télection et la cérémonie de l'installation de la supérieure sont absolument les mêmes que pour les pénitentes bleues . Ces dignitaires ont des fonctions déterminées et restreintes qui laissent

radministration tout entière de la confrairie au prieur et à son conseil. La supérieure à le rôle d'une surveillante générale ; deux des syndiques s'occupent du linge des autels, et la troisième veille à la distributions des cierges. Nous avons vu une organisation îdentioue dans la confrérie des pénitents bleus ; les règlements des deux compagnies étaient faits sur le même modèle.

Avec le temps,les pénitentes blanches donnèrent à leur conseil une tout autre importance. Le nombre* des dignitaires fut augmenté ; elles eurent des officières dont les titres furent exactement copiés sur ceux des pénitents. Dès 1744 la qualification de supérieure était abandonnée ; Marie- Anne Teyssier, de Servière, avait le titre de prieure ; une sécrétai resse et une conseillère ras.sistaient .

Voici, d'après le procès-verbal de l'élection de Tannée suivante, la composition du conseil des pénitentes :

Aujourd'huy dixiesme Juiiliet mil sept cent quarante cinq, les confreresses de St-Jôan-Baptiste assemblées au son de la grand cloche et adTerties par la mandataraisse pour procéder suivant les statuts et en la manière accoutumée a la nomination des nouvelles officières de la ditte compagnie, après avoir invoqué le S' Esprit par le Veni Creator chanté dans la tribune par M^' les sousprieur et scindics prêtres qui ont droit a la ditte assemblée, les confreresses se sont retirées dans la chambre du conseil, et après une mure délibération ont nommé pour leur prieure demoiselle Marie Anne Teyssier de Servieres, pour leur sous prieure demoiselle Marie Anne Floucaud, pour secreteraisses Mi^*^*^ Antoine Lafon et Marie Talandier femme de Graviche, pour conseillères dame Marie deLaprad*) de Lissât, dame Marie Balat de Jolibert, demoiselles Anne Floucaud, Marguerite Dufaure femme au sieur Dupont, Marie Jeanne Pastrie veusve a Delbos, Marie Dumond fille, et Marie

Lagier, et pour sindiques Magdeleine Laval femme a Dominique Soustre, et Louise Lacombe femme au sieur Daubes procureur, et pour la confrérie de Notre-Dame Demoiselle Anne Moulin fille.

Signé : Delbos, sous-prieur.

A la suite du procès verbal de nomination qu'on vient de lire, écrit de la main du sous- prieur des pénitents, on trouve la délibération suivante :

Ce jourd'hui vingt-deux juillet 1747, la compagnie assemblée, a été délibéré d'une commune voix que les demoiselles cy dessus continueront les mêmes fonctions pour l'année commencée le vingt-quatre juin 1747.

Signé : YEDRESESOua-prieur^ Malaurie, Dblbyval» Reignac, Bouzonie.

Le 30 juin 1748, nouvelles élections par l'assemblée générale des pénitentes, sont élues :

Prieure, Marie Anne Floucaud, femme à Pierre Floucaud ,

bourgeois, sous-prieure, Louise Lacombe, femme Daubés procureur, secreteresse, Marie Taillandier, femme à Graviche, et

Madeleine Laval épouse Soustre.

conseillères, Anne Floucaud, Marguerite Dufaure, Marie Dumond, Marie Lagier, Marie-Jeanne Pastrie, Anne Moulin, syndiques, Anne Plantade épouse Pauquinot, et Marie

Anne Mesnager.

scindique de Notre Dame, Anne Moulin.

Mandateraisse, Toinette Féz, épouse Brunerie. (Le procés-verbal est signé par la prieure, la sous-prieure, la secreleraisse, la syndique de Notre Dame, et par le prieur, le sous-prieur, le secrétaire et le syndic des pénitents.

Les mêmes officières furent réélues le 6 juillet 1749. Après cette date nous ne trouvons sur le

registre de la confrérie aucun autre procès-verbal d'élection par l'assemblée générale des pénitentes. Il est probable que les confréresses cessèrent de revendiquer le droit de nommer un conseil et qu'elles laissèrent au conseil élu par les hommes le soin de les administrer. Le titre et les fonctions de prieure furent maintenus ; mais il est à croire que la prieure n'eut pas des pouvoirs plus étnndus et une initiative plus grande que la supérieure du xvn® siècle. Un procès- verbal endatedu26juin 1775 nous prouve qu'à cette époque elle était nommée ar rassemblée générale des pénitents, sans que es confréresses fussent appelées à prendre part au vote ou à donner leur avis :

le

Et tout de suite ayant été délibéré qu'on procederoît a la nomination d'une prieure des confréresses de la compagnie, il a été unanimement accordé entre les confrères qu*on nommoit dame Marie de Faye de Villeautrech épouse de M*^ Jean Charles Joseph de Lasalvanie, chevalier seigneur de la Salvanie, et qu'a ces tins M** de la Bachellerie prieur et M'' Tabbè de La Salvanie sous-prieur honoraire seroient invités de la prier d'accepter cette place.

La dame de la Salvanie accepta le titre de prieure et fut réélue le 23 juin 1776 par l'assemblée générale des hommes qui^ dans la même séance, avait nommé son prieur, son sous-prieur et ses autres officiers. Elle est la dernière dignitaire figurant dans les procès-verbaux d^élections. Nous avons dit déjà que la confrérie avait procédé assez régulièrement jusqu'en 1791 au renouvellement de son conseil ; mais dans la liste des officiers élus par l'assemblée ou nommés par le conseil, on ne voit jamais, après 1776, le nom d'une supérieure ou d'une prieure.

Nous avons appris, par le Rituel de 1642, quel était le rôle des syndiques. Leurs attribtitions ne

furent pas modifiées pendant la période où elles durent leur élection à rassemblée générale des pénitentes. Elles percevaient les cotisations annuelles, les droits de réception et encaissaient le produit des quêtes faites par leurs confréresses. Les quêtes à la porte de la chapelle, les jours de fête et d'exposition du Saint-Sacrement, donnaient en moyenne deux livres et quelques sous. Les syndiques payaient certaines dépenses d'entretien de l'autel de la Vierge, ainsi que le blanchissage du linge.

Chaque année,devant le prieur et le sous-prieur, elles rendaient compte de leur gestion et remettaient à celles qui les remplaçaient les objets qu'elles avaient en charge. Le 2 août 1745, Anne Plantade, syndique sortante, remet à Anne Moulin, syndique nouvelle <f cinq robes, plus trois coiffes, plus une toilette, plus une couronne d'argent plus deux tours de perles, plus quatre colliers, plus dix-huit rubans de différentes couleurs demi usés, plus cinq livres dix sols d'argent, plus trois devants d'autel en soye garnis en dentelle d'argent faux de différentes couleurs,plus un plat d'étain. » Ces différents objets servaient à l'ornement de l'autel de la Vierge connue sous le nom de Notre- Dame des pénitents blancs .

Dès sa constitution, la confrérie avait obtenu des papes Grégoire XIV et Clément VIII des bulles d'indulgences (9 février 1591), que Paul V et Urbain VIII avaient confirmées (13 août 1614 et 15 février 1634). Les originaux de ces bulles, pas plus que les registres sur lesquels elles avaient été transcrites, n'ont été conservés ; mais , nous en avons l'analyse dans le Rituel de 1642. Les confrères et les confréresses pouvaient gagner une indulgence plénière par leur entrée dans la com-

pagnie, par la communion et la visite dans leur église au jour de la Nativité de saint Jean, de la Pentecôte, de la Toussaint, du premier dimanche de TA vent et du dimanche après la Fête-Dieu. L'assistance aux cérémonies, Texact accomplissement de tous leurs devoirs de pénitents, certaines pratiques religieuses ou charitables leur donnaient droit à des remises de soixante jours de pénitence.

Le 22 juillet 1770, la confrérie assemblée décida de se pourvoir en Cour de Rome pour obtenir trois indulgences plénières, Tune le jour de la Nativité de saint Jean- Baptiste, la seconde le jour de la décolationde son saint patron, la troisième le dimanche de l'octave de la Fête-Dieu. Elle jouissait îi perpétuité de la première et de la troisième depuis 1591 ; pourquoi les demander de nouveau? Le registre de nous fait pas connaître le résultat de la démarche.

Les cérémonies qui motivaient la réunion des confrères dans la chapelle étaient assez fréquentes ; les unes revenaient à dates fixes, les autres étaient indiquées par le prieur. Nous connaissons les jours de réunions obligatoires, ce sont : les premiers dimanches de l'avent et du carême, les six premiers vendredis de carême, le mercredisaint, le jeudi-saint^ le vendredi- saint^ Pâques, la veille de la Pentecôte, le premier dimanche après la Fête-Dieu, la veille delà Saint-Jean, le jour de la Saint-Jean, la veille et le jour de l'Assomption, le jour de la décolation de saint Jean^ la veille et le jour de la Toussaint, le jour des Morts.

Sur le mandement du prieur^ la compagnie s^assemblait encore pour assister aux enterrements des confrères et des confréresses, pour demander la guérison des pénitents malades^ pom^

discuter les affaires concernant les intérêts matériels et moraux de la communauté.

Les îissemblées étaient annoncées au son de la cloche et par le mandataire de la confrérie. On observait, dans toutes les circonstances, la cérémonial prescrit par le règlement. Voici, par exemple, le programme de la visite des églises le soir du Jeudis saint :

Les susdicts confraires s'ostant finalleraent cejourd'huy à six heures du soir assemblez, et mis à genoux dans leur chapelle pourrevestus de leur sac et habit, une chandelle allumée en main, et pieds nus (si commodément faire se peut) aller en procession, visiter et adorer le S. Sacrement dans les autres églises ou chapelles de la ville ainsi qu'ils ont accoustumè de faire, celui qui porte la Croix diot la Leçon suyvante : Fratres eamus, et quœramus ete. Tous les confraires respondent : Deo gratias.

Puis les cfioristes entonnent les litanies du S. Sacrement mises cy-apros à la fin du présent livre, disants Kyrie eleison et les confraires respondent et disent Kyrie eleiason, et ainsi continuent jusques à la fin desdites litanies, verset après verset qu'ils recommencent et répètent pendant la susdite par fois si besoin est.

S'estans placez dans les églises qu'ils visitent et mis à genoux devant le S. Sacrement l'estation de ladiete procession se fait comme s'ensuit.

EsTATioN POUR LA SUSDICTS PROCESSION. Lcs choristcs ayant cessé les versets des litanies, le Prieur dict : Chrisius /aetuaeat... Pater noater^ etc. que tous disent à voix basse.

Puis les choristes commencent le psalme. Miserere rr.ei, quUls poursuivent verset après verset jusques à la fin alternativement avec lesdits confraires, après lequel le Prieur dit sans Oremus l'oraison suivante : Respiée quossu/nus Domine, etc., mais à voix un peu plus basse, et la susdicte Oraison parachevée les choristes reprennent les versets des litanies, et tout iùcontinant les autres confraires vont à l'adoration deux à deux et en chantant et respondant aux versets desdites litanif^s suy vent la Croix et se retirent.

Dans la procession de la Lunade, qui était célébrée à Tulle le 23 juin de six à neuf heures du soir, les pénitents blancs avaient le privilège de porter la statue de leur patron ; ils constituaient son escorte.

Dès le matin, la statue était descendue de son autel et placée sur un brancard orné de draperies. Le saint^ revêtu d une aube blanche et d'un manteau de velours pourpre bordé de franges d'or, la tète couverte d'une couronne, tenait à la main un bouquet de fleurs naturelles que liait un nœud de rubaijs. C'est dans ce riche costume qu^il faisait^ tous les ans, le Tour de la Lunade, porté sur les épaules de quatre pénitents.

Le vieux saint Jean, sculpté en plein bois, sans trace de raccord même pour 1 avant-bras qui est tendu en avant, pouvait se passer, à Torigine, des vêtements dont on l'affuble aujourd'hui/ L'artiste, en effet, avait fouillé soigneusement les plis de sa robe, détaché ses bras, ciselé sur sa poitrine un Agnus Dec que supporte la main gauche. La figure, les mains et les pieds nus sont peints en carnation ; la robe dorée est ornée à l'encolure et au bas d'une brillante broderie de carmin ; les manches, doublées de carmin, sont brodées de la même façon. Une longue barbe noire^ taillée en pointe^ descend jusqu'à r/4^nïis Dei. Les cheveux noirs retombent sur les épaules. Le socle porte cette inscription : S. Joannes Baptista. La peinture n'a pas été faite directement sur le bois ; un tissu en fil, des plus légers, avait été collé au préalable sur la statue, afin de donner à la couleur plus d'adhérence et de finesse.

Ainsi paré par le sculpteur et par le peintre, le saint ne faisait pas mauvaise figure. L'œuvre assurément n est pas d'un maître. On peut y relever des fautes grossières : les bras sont trop

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