CHAPITRE IV
La Confrérie du Saint- Sacrement (1)
(Sources manuscrites: Archives de ta ville de Riom ; Archives de la Fabrique de Saint -Amable.J
La Confrérie la plus puissante de la ville de Riom, et à la fois une de celles dont l'histoiie remonte aux origines les plus anciennes et dont les biens ont été le plus considéra-
it) II ne faut pas confondre les Confréries du Saint -Sacrement du type de celle que nous allons étudier avec la Compagnie du Saint- Sacrement^ fondée en 1629 par Henri de Lévis, duc de Ventadour, lieutenant-général du Roi en Languedoc. Cette dernière association, qui groupa un très grand nombre de gens du peuple autour de grands seigneurs, de doctes laïques, de diplomates et de magistrats, et qui compta notamment parmi ses membres le Père de Condren et saint Vincent de Paul, M. Olier et Bossuet, le prince de Gonti et le premier président de Lamoignon, cette association fut surtout « un comité d'action catholique », qui rendit les plus grands services à la cause religieuse au xvii* siècle. Ses Annales, rédigées par le comte René de Voyer d'Ar^enson, ont été découvertes, il y a une vingtaine d'années, au cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale, par le P. Le Lasseur. Analysées en 1888, 1889, dans les Etudes des RR. PP. Jésuites, puis, en 1899, dans la Revue Historique, elles ont été entièrement publiées par D. Bauchet-Billeau, religieux bénédictin, et commentées par M. Raoul Allier, professeur à la Faculté de théologie protestante de l'Université de Paris. Celui-ci a fait de l'étude de ces Annales le sujet d'une thèse présentée à cette Faculté sous le titre de « La Compagnie du très Saint-Sacrement de l'Autel; la Cabale des dévots (1627-1666 » (Paris, Colin, 1902). M. Alfred Rébelliau a consacré, de son côté, à l'histoire de cette Compagnie plusieurs articles parus récemment dans la Revue des Deux-Mondes [n°^ des l^"^ juillet, 1<^^ août, 1®'' septembre 1903), et intitulés: Un épisode de l'histoire religieuse du xvii® siècle: la Compagnie du Saint-Sacrement. Ce dernier auteur reproche vivement à celte association son attitude envers les protestants, qu'il qualifie « d'inexcusable historiquement » et d'« inutile injustice ». Il n'entre pas dans notre sujet de montrer combien ce reproche est injustifié à l'adresse d'une Compagnie qui, d'après l'écrivain lui-même, dota notre patrie d'un grand nombre d'institutions bienfaisantes et fut a la collaboratrice de M. Vincent, ou bien son inspiratrice ». Nous devons nous restreindre ici à faire nos réserves les plus expresses en faveur de cette association, dont la devise était « d'empêcher tout le mal et de procurer tout le bien », et qui y est restée fidèle. Bornons-nous à
blés, est sans conteste possible, <i la frérie du Saint-Sacrement, ou de corpore Christi, dite du Pavillon )> (1).
Dans ses recherches sur la Marguillerie de Riom, le docte Courtin déclare qu'on ne connaît point Tannée de son institution. (( Mais, ajoute-t-il, il est évident qu'elle estoit considérable en 1401, oij elle commença de fonder une messe basse en l'honneur du Saint-Sacrement ou du corps de Jésus- Christ. ï> Cette institution doit être reportée sans aucune hésitation à un siècle au moins en arrière. Courtin rapporte lui-même, dans son chapitre des « terrier, lièves et autres tiltres concernant les cens et rentes en directe y> de la Marguillerie, le sommaire d'une « directe sentence de M. l'Offîcial de Clermont», rendue, « le mardi après la fête saint Gerald 1320, entre les bailes de la frérie de la Fête-Dieu et Etienne Pilos, de la paroisse de Cellule, et portant reconnaissance d'une émine froment de cens en directe sur une terre à la Moucheyras, alias de las Perousas, ladite émine faisant moitié d'un septier, vendu auxdits bailes tant sur ladite terre que sur une vigne au terroir de l'Arbre de Saunât ». Cette indication prouve que, dès le commencement du xiv® siècle, la Confrérie, non seulement était établie et fonctionnait régulièrement à Riom, mais y était déjà l'objet de pieuses libéralités. Elle avait donc dû s'y organiser dès l'époque même où avait été instituée une fête en l'honneur du Saint-Sacrement. On sait, en effet, que c'est en 1264 que le Pape Urbain IV
constater qu'aucune relation n'existe et n'a existé, malgré la similitude de noms, entre cette illustre Compagnie et les Confréries de pure dévotion envers le Saint-Sacrement. M. Alfred Rébelliau l'indique lui-même dans cette phrase : « On ne leur (aux membres delà Compagnie du Saint- Sacrement) demandera pas, comme en ces Confréries^ où les hommes du monde viennent exprès pour dépouiller l'homme du monde, d'oublier leur situation temporelle, mais au contraire de s'en souvenir et de s'en servir. «
(1) On appelle pavillon dans la langue liturgique le « tour d'étoffe dont on couvre le tabernacle », et celui « qu'on met sur le saint ciboire ». (LiTTRÉ, Dictionnaire). — On donne aussi ce nom à la tente ou dais sous lequel est porté le Saint-Sacrement ; et nous sommes porté à croire que c'est surtout de ce dernier objet que la Confrérie tirait la dénomination K du Pavillon ».
ordonna la célébration de la a Fête-Dieu » dans toute TEglise, et que cette célébration eut lieu pour la première fois à Liège en 1246, et dans toutes les églises d'Occident sous le règne de Jean XXII (1316-1324).
Dès ses débuts, la Confrérie, qui avait pour armes un calice (1), devint florissante: associés et libéralités y affluèrent, et Courtin constate que « ses revenus augmentèrent beaucoup par les dons et les legs pieux 5). Il cite une vente faite à la frérie en janvier 1355, et une autre du 12 juillet 1396, qui témoignent de la vitalité de l'association à cette date reculée. Le premier de ces titres porte cette indication curieuse que la frérie se célébrait (1355) « le dimanche d'après la Toussaint )i, ce qui montre que la célébration de la Fête-Dieu dans l'année liturgique n'était pas encore à ce moment-là définitivement fixée dans toutes les paroisses.
Oi^i était établi, dans cette première période de son existence, le siège de la Confrérie ? L^obscurité qui règne sur les origines de celle-ci ne permet guère d'émettre une assertion positive sur ce point. Il est cependant à présumer que ce siège fut érigé, comme il convenait à une société fondée « en l'honneur de la Fête-Dieu et Sainte-Eucharistie », en l'église paroissiale de Saint-Amiable, desservie par les religieux de l'abbaye de ce nom. L'autel de paroisse dans cette église s'appelait d'ailleurs « de Corpore Christi », et devait certainement être entretenu par l'association. Aussi bien, jusqu'à la fin du xvi^ siècle, les chefs de la Confrérie occupèrent une place distinguée dans l'église, et veillèrent avec un soin jaloux à la pompe et à la décence du culte et des cérémonies dans le temple, où ils faisaient même jadis, assure-t-on, c: office de marguillerie ». Ces détails ne permettent guère de douter que les principaux exercices de piété des confrères ne se déroulassent dans son enceinte.
Mais la vieille métropole riomoise n'était pas le seul lieu
(l) Mention d'un livre de comptes de la frérie pour l'année 1523.
où les associés se plussent à manifester leur dévotion. En ces temps de foi vive, le peuple chrétien aimait à adorer Dieu en public et en dehors de ses églises. C'est en plein air, dans les rues mêmes de la cité, qu'il tenait à porter à son Créateur le tribut de ses hommages. D'ailleurs, supposition que nous ne jugeons pas téméraire, la puissante frérie devait être quelque peu glorieuse de s'affranchir par ce moyen de tout contrôle de l'abbé et des chanoines de Saint-Amable, de célébrer ses solennités en dehors d'eux et en toute indépendance, et enfin de dérouler à travers la ville les anneaux de la longue théorie de ses membres.
Un acte du 16 mai 1617, passé devant M'' Desgranges, notaire, entre « Jacques Aurière et Jean Ranvier, chanoines et bailes de Saint-Amable, représentants du Chapitre, et Balthasar du Verdier, avocat en la Sénéchaussée, Bernard Brujas de la Maison Blanche, Amable Robert, procureur, et Antoine Mercier, greffier aux criées, bailes de l'Association du Saint-Sacrement », nous apprend que « la cérémonie » de la frérie « se célèbre en l'autel qui est au-dessus la porte de la ville appelée de Layat ». Cet acte nous explique que « les confrères et autres personnes dévotes, qui assistent durant l'octave de la Fête-Dieu au salut qui se dit en l'autel de la porte de Layat, reçoivent de grandes incommodités en ce qu'étant au bas de ladite porte sont à découvert dans la grand'rue à genoux et en dévotion, bien souvent dans la boue et à la pluie, qui diminue de beaucoup la piété et dévotion qu'ils ont envers ledit Saint-Sacrement, tellement que, pour y pourvoir et afin que la dévotion soit plus grande, et le culte et service divin mieux fait à l'avenir, et aussi plus grande affluence de peuple », ils prient le Chapitre a: de vouloir dorénavant dire et célébrer en l'église Saint-Amable et dans le chœur d'icelle, chacun jour durant l'octave, un salut en l'honneur du Saint-Sacrement » (1).
(1) L'inventaire des Archives de Riom par M. Boyer signale parmi divers titres, datés de 1343 à 1387 {GG. 126), un acte qui indique qu'à cette époque reculée la frérie se faisait « chaque année au lieu dit Four-
Qu'était cet autel de la porte de Layat ? Simple niche encastrée dans un mur? Reposoir portatif? ou chapelle, véritable construction indépendante? Nous ne saurions dire. Nous inclinons toutefois à croire qu'il ne s'agit que d'une niche, plus profonde et plus large peut-être, mais analogue à celles qui s'observen t encore de nos jours aux diverses entrées de la ville, et en particulier à celle de Layat. L'autel était « au-dessus de la porte i» : il n'était donc pas renfermé dans un monument isolé, et cette situation exclut toute idée d'édifice. Au surplus, le 17 octobre 1668, « Louise Léonard, veuve de Guillaume Brun, procureur à la Sénéchaussée d'Auvergne, Françoise Soullier, femme de Gérard Biozat, huissier, Marie Mouton, femme de Michel Legay, maître boulanger, et Gervaise Aymard, veuve de Jean Gaty, laboureur d, exposent à M^'' l'évêque de Clermont « qu'au-dessus de l'une des portes de la ville, appelée la porte de Layat, on a, de temps immémorial, érigé une chapelle dans laquelle anciennement on chantoit l'hymne Pange lingua pendant l'octave du Saint- Sacrement de chaque année, et autres prières pendant le cours de l'année, ce qui servoit à la gloire de Dieu et à l'édification du peuple. Mais, depuis plusieurs années, par la négligence de ceux à qui le soin de ladite chapelle avoit été commis, on avoit désisté à faire lesdites prières. Les parements de l'autel et ornements ont été perdus, la chapelle a été fermée. Les requérantes veulent la rétablir et y mettre une image de la Sainte Vierge, et en son honneur ériger une Confrérie dans l'église de Saint-Amable, le jour de Notre- Dame-des-Neiges, le 5 août, où elles feront dire un service solennel tous les ans dans Téglise de Saint-Amable » (1). Cette permission leur ayant été accordée, « l'image » en l'honneur de la Vierge fut érigée à la porte de Layat. Or, il
Lapeyre «. Nous ne savons où est situé cet emplacement. Un autre titre de la même période parie d'une « Confrérie des torches du Christ de la Bade ». Enfin, ces actes donnent à la Confrérie les noms de « Confrérie des torches du Christ », ou de « la chandelle ou roue du Saint Sacrement ».
(1) Archives de la Préfecture^ Fonds du Chapitre de Saint-Amable, liasse U, G., 986-995.
paraît bien constant que, malgré le terme ambitieux do ff chapelle » employé dans, cette requête, il n'a jamais existé à cette porte comme aux autres qu'une niche ornée d'une statue de la Madone. Il est donc vraisemblable que « l'autel » entretenu à la porte de Layat par la Confrérie du Saint- Sacrement était renfermé dans une excavation de même nature : toutefois, l'on peut croire que son ornementation devait être plus riche et ses décors plus fastueux (1).
Ce n'est donc que depuis 1617 que toutes les cérémonies de notre Association se célébrèrent dans l'église de Saint- Amable. Du reste, à partir de cette époque, l'indépendance de la Confrérie envers la paroisse n'eût pu se soutenir qu'avec peine, car la fin du siècle précédent avait marqué une diminution notable dans ses forces et ses ressources.
La sécularisation de l'abbaye de Saint-Amable avait donné lieu, entre l'abbé et les religieux, d'une part, et les consuls et députés de la ville, de l'autre, à de nombreuses difficultés que toutes les parties avaient réglées d'un commun accord par une transaction du 8 avril 1553. L'un des points principaux de cet accord portait sur la création de quatre marguilliers, « gens laïcs à la nomination de la ville, » chargés dorénavant d'administrer le temporel de l'église et de pourvoir aux dépenses du culte. Lourde charge î Comment y pourvoir? « Les grands biens de la frérie du Saint-Sacrement, raconte mélancoliquement Courtin, portèrent les habitants de la ville de Riom à en dépouiller les bailes pour en former une marguillerie en 1570, le 6 avril, un peu avant la sentence et fulmination du 23 mai de ladite année de la bulle de sécularisation des chanoines réguliers de Saint-Augustin qui occupaient alors l'église Saint-Amable, qui est du
(1) L'existence de l'autel de la porte de Layat, de?servi par la Confrérie du Saint-Sacrement jusqu'en 1617, est attestée par divers autres documents. Elle est mentionnée sur le verso de la couverture du « registre des nominations des bayles et des délibérations », daté de L747 et déposé aux archives de la Ville. Cette mention se retrouve encore dans « l'inventaire des papiers, ornements, et autres choses appartenant à l'archiconfrérie du Saint-Sacrement », daté de 1770 et déposé, lui aussi, aux mêmes Archives.
14 aousL 1545, après la transaction qui fut passée entre Tabbé et les religieux de Saint-Amable et les consuls et députez de la ville de Rioni, le 8 avril 1553, homologuée en Parlement à Paris, le 18 décembre 1554, qui contient un règlement général des droits et fonctions du Chapitre et de la Marguillerie. »
Cruelle expropriation ! Elle se justifiait par le souci du bien public, par l'intérêt général, et par la continuation de l'affectation des biens de la Confrérie à leur but essentiel, qui était de glorifier Dieu : la mesure n'en restait pas moins douloureuse pour la Confrérie. Aussi conçoit-on sans peine que, lorsqu'en vertu d'une délibération de la ville (6 avril 1570), les premiers marguilliers, « Jacques Dubourg, président et lieutenant général civil en la Sénéchaussée, Gabriel Amy, bourgeois, Jean Boyer, procureur, et Antoine Dubois, marchand », se présentèrent à l'église pour se faire installer, et voulurent se placer dans le banc des bailes de la frérie du Saint-Sacrement, désormais leur propriété, les bailes, € Jean Reynaud, prêtre, Gilbert Normand, Pierre Bordas et Antoine Rose d, résistèrent avec énergie et ne se décidèrent à quitter leur banc « qu'après plusieurs condamnations et comminations d'amendes, et pour éviter la voie de fait y> (1), mais sans consentir à signer le procès- verbal de leur dépossession (2).
Depuis lors, la Confrérie fut reléguée au second plan dans l'église et se trouva éclipsée par la Marguillerie qui, par une conséquence nécessaire de son éviction, prit à sa charge la plupart des d()penses supportées jusque-là par l'Association pour la pompe du culte.
(1) Un des premiers actes de la nouvelle Marguillerie fut de vendre une vigne provenant de la Confrérie et d'en employer le prix à la fonte d'une cloche dont les parrains furent le président Dubourg et le doyen de Menât, et les marraines M^^es j^ggin gt Courtes. {Archives de'Riom, BB, 9, 1573- 1574).
(2) Ce procès-verbal du 9 avril 1570, dit le registre de la Marguillerie, ne fut pas signé, « mais aprouvé par les comptes tant desd. bailes que marguilliers ».
Son importance n'en demeura pas moins réelle. Le 15 mai 1621, à la suite d'une ordonnance de M^"" l'Evêque de Clermont du 26 mai 1620, elle était affiliée à l'Archiconfrérie du Saint-Sacrement établie à Sainte-Marie-sur-Minerve de Rome, à la demande notamment de « Pierre Faydit, fils d'autre Pierre » (l). La bulle d'agrégation lui était délivrée sur parchemin richement enluminé, que les bailes conservèrent précieusement « dans une boette en fer blanc », et qui existe encore aux Archives de la ville. M^"" d'Estaing approuvait l'affiliation le 19 avril 1622, et l'Association prit, dans la suite, le titre plus pompeux a d'Archiconfrérie ».
De nombreuses indulgences étaient concédées par la bulle aux confrères : indulgences plénières, le jour de leur réception, après confession et communion ; le jour de la procession que l'Archiconfrérie avait coutume de faire célébrer tous les ans à l'octave de la Fête-Dieu, à charge de s'approcher des Sacrements, d'assister à cette procession, sauf empêchement, et de faire à Dieu de ferventes prières pour la concorde des princes chrétiens, pour l'extirpation des hérésies c^t l'exaltation de la sainte Eglise ; à l'article de la mort ; puis, indulgences de 7 ans et 40 jours à ceux qui communieraient le jour de la Fête-Dieu ou qui assisteraient à la procession du troisième dimanche du mois ; de cent jours à ceux qui assisteraient aux offices de la Confrérie et à ses processions ; de Sans et 40 jours à ceux qui accompagneraient le Saint-Sacrement chez les malades, ou partout ailleurs et en quelque temps que ce fût, qu'ils eussent ou non un flambeau ; de cent jours à ceux qui, ne pouvant l'accompagner, diraient dévotement rOraison dominicale et la Salutation angélique, et prieraient pour le malade (2).
Ces richesses spirituelles attirèrent de nombreux adeptes dans le sein de la Confrérie durant le cours des xvii® et
(1) Petrus, alterius Petri filius, gallus Faydit.
(2) Archives de la Ville, registre des nominations des bailes et des délibérations commencé le 7 juin 1787.
xviii® siècles, et les libéralilés lui arrivèrent à nouveau. Mais, aux approches de la Révolution, l'ardeur et la générosité des fidèles s'étaient singulièrement refroidies. r]n 1787, les bailes, « Messieurs Farradesche de Gromond, conseiller à la Sénéchaussée, Mandet, avocat, Groizier et Goste, procureurs », se lamentent sur la situation de leur Archiconfrérie. « Elle a existé de tout temps dans la ville de Riom, s'exclament-ils. Mais la charité des confrères s'est ralentie depuis plusieurs années, et la recette n'est plus en balance avec la dépense. Il y a tout lieu de craindre l'extinction prochaine d'une Gonfrérie dont l'institution est si louable et si pieuse. 3> Ge ralentissement provient, d'après eux, de ce que les confrères ne connaissent ni la bulle de 1621 ni les grâces et indulgences attachées à l'association. Ils prient donc l'Evèque d'approuver les statuts de la Société, de confirmer à nouveau la Gonfrérie, d'ordonner que, chaque année, à la messe paroissiale du dimanche qui précédera la Fête-Dieu, on publie la bulle d'agrégation et les statuts, et de défendre l'érection de toute autre Gonfrérie du Saint-Sacrement dans la ville. L'Evêque partage leurs sentiments et accueille leur requête : <L Nous ne craignons pas d'avouer, déclare-t-il dans son ordonnance, que c'est surtout dans ce malheureux siècle où la plus détestable impiété semble chaque jour accroître ses triomphes sur la religion sainte, qu'il appartient aux vrais chrétiens de ranimer leur zèle pour les pratiques religieuses. Nous nous flattons de voir s'accroître, par le rétablissement d'une société si respectable aux yeux de la foi, cette admirable ferveur qui distingua toujours les habitants d'une ville qui fait la joie et la consolation de son premier pasteur, comme elle est l'objet de son aff'ection particulière » (1).
La Révolution ne permit pas à ces louables efforts d'aboutir.
Quels avaient été, du xiv^ au xix" siècle, les statuts de la
(1) Ordonnance donnée au château de Beaure^ard, le ler mai 1787.
Confrérie? Nous n'avons pas le texte de la règle originaire. Celui qui est parvenu jusqu'à nous est dû à la révision des bailes de 1787. Ces derniers affirment, à la vérité, qu'ils se sont contentés de renouveler leurs anciens statuts et de n'y apporter que quelques modifications, « soit pour remédier aux abus qui s'étoient introduits^ soit pour attirer de nouveaux confrères ». Ces statuts peuvent donc être considérés comme l'expression de l'antique règle de la Confrérie, d'autant qu'avant de les publier, les réformateurs de 1787 avaient eu le soin de convoquer une assemblée générale des confrères pour que celle-ci donnât au besoin son avis sur les changements opérés. Personne ne s'étant présenté, les bailes regardèrent « cette absence générale comme un acquiescement unanime à tout ce qui seroit par eux fait et arrêté î> (1). Voici la teneur de ce document :
Statuts de l' Archiconfrérie du Saint-Sacrement^ établie sous Vautorité de M^^ Joac/iim d'Estaing, lors évêque de Clermont, par son ordonnance du 26 mai 4620^ en l'église de Saint -Amahle de la ville de Riom, agrégée à V Archiconfrérie érigée de Vautorité des Souverains Pontifes en Véglise de Sainte-Marie de Ronie^ suivant la bulle d''agrégation du i5 mai 1621 , laquelle agrégation a été approuvée par autre ordonnance du même évêque de Clermont, du 19 avril 1622. (Statuts approuvés par M^'" de Bonal, évêque de Glermont, en son château de Beauregard, le l^i* mai 1787).
î x\rt. 1. — Tous les fidèles qui voudront participer aux grâces et indulgences accordées à Tarchiconfrérie du Saint Sacrement par la bulle d'agrégation et s'y associer, seront tenus de s'y faire enregistrer à cet effet dans le registre tenu par Messieurs les bayles et administrateurs d'icelle, sans que lesdits bailes et administrateurs puissent faire exception de personne, si ce n'est de celles qui seroient notées dans l'ordre de la religion ou des mœurs.
D Art. 2. — A la réception et enregistrement de chacun desd. confrères qu'on renouvellera tous les ans, il leur sera délivré, et sans rien exiger, un billet qu'un des bayles
(1) Délibération du 20 mai 1787.
signera et remplira du nom de celui auquel il sera remis, et contiendia un abrégé des devoirs de piété que les confrères auront à remplir. On délivrera de plus à ceux qui en demanderont un livret, s'ils n'en ont pas reçu les années précédentes, lequel contiendra : 1® la bulle d'agrégation pour connaître les grâces et indulgences attachées à TArchiconfrérie et pouvoir observer ce qui est prescrit pour les gagner ; 2^ les présents statuts; 3° l'ordonnance d'approbation et confirmation de M^^'' l'Evêque (1).
» Art. 3. — L'enregistrement à chaque réception des confrères et la délivrance des billets et livrets ne pourront être faits que par un de Messieuis les bailes, qui écrira en même temps sur chaque billet et livret qu'il donnera le nom du confrère auquel ils sont délivrés, et ce pour obvier aux abus qu'on pourroit en faire.
)) Art. 4. — Il ne sera rien exigé d'aucun des confrères pour leur association, enregistrement, réception et délivrance des billets et livrets; MM. les bayles et administrateurs seront tenus de s'en rapporter à leurs pieuses libéralités.
ï) On observe cependant que les charges annuelles de l'Archiconfrérie s'élèvent à une somme d'environ 500 livres, et les revenus fixes à celle de 27 livres. L'Archiconfrérie ne pourroit se soutenir sans la charité des confrères, à la piété desquels on laisse le soin de la perpétuer en lui fournissant les ressources suffisantes.
« Art. 5. — Les confrères sont invités, autant qu'ils le pourront, pour honorer le très auguste Sacrement de l'autel, auquel ils doivent être plus particulièrement affectionnés, de remplir tous les devoirs de piété prescrits par la bulle d'agrégation, ainsi et de la manière qu'ils y sont énoncés, pour pouvoir participer aux grâces et indulgences accordées par icelle.
y> Art. 6. — Sont en conséquence lesdits confrères, et
(1) Ces livrets se payaient « 4 livres 10 sols le cent » d'après une note inscrite sur les premiers feuillets du dernier registre de la Confrérie, conservé aux Archives de la Ville.
parliculièrement les bayles de rArchiconfrérie, invités d'assister, et dans les intentions portées et prescrites par la bulle, aux processions qui se feront durant l'année en Thonneur du Saint-Sacrement, et notamment à celle de la Fête- Dieu et de l'Octave, à celle du Jeudy-Saint, de chaque dimanche à l'issue de vêpres, ou au moins à l'une d'icelles par chaque mois, et surtout à celle du troisième dimanche du mois, qui est autorisée et permise par ordonnance de MM. les vicaires-généraux, le siège épiscopal lors vacant, en date du 19 juin 1688, auxquelles processions les bayles assisteront avec leurs flambeaux et robes ou habits décents selon leur état, et y prendront leur rang accoutumé.
» Art. 7. — Assisteront pareillement aux saluts et prières qui se feront en ladite église de Saint-Amable en l'honneur du Saint-Sacrement tous les soirs pendant l'Octave de la Fête- Dieu , commençant aux premières vêpres de ladite fête et finissant le jour de l'Octave après la procession ; et seront tenus de visiter et adorer le Saint-Sacrement pendant le temps de l'année auquel il sera exposé, et y faire des prières en l'intention prescrite par la bulle. Les bayles y assisteront avec leurs flambeaux en robes ou habits décents selon leur état et y prendront leur rang ordinaire.
» Art. 8. — Sont également invités, autant que leurs occupations peuvent le leur permettre, d'accompagner le Saint- Sacrement lorsqu'on le portera aux malades. Si le malade est de rArchiconfrérie, ses parents auront le soin de le faire savoir au bedeau pour qu'il avertisse aussitôt les bayles qui tâcheront de s'y trouver, et s'ils ne le peuvent ils feront les prières prescrites par la bulle.
D Art. 9. — Au décès d'un des confrères, les parents le feront savoir au bedeau. Celui-ci avertira les bayles et les autres confrères qui seront tenus d'assister à l'enterrement. Ceux qui ne pourront s'y trouver feront en particulier des prières pour le repos de l'âme du défunt. Les bayles tâcheront aussi d'y assister; ils y seront avec leurs flambeaux et prendront le rang qu'ils ont accoutumé d'y prendre.
» Ain\ 10. — Les bayles et confrères sont aussi invités d'assister à la messe que rAi'chiconfrérie fait célébrer en l'église de Saint-Amable tous les jeudis de Tannée, ou à celle du Saint-Sacrement du môme jour après matines, ainsi qu'à la grand'messe du Saint-Sacrement que TArchiconfrérie fait également célébrer tous les ans, dans le mois de janvier, après avoir été annoncée le dimanche précédente la messe de paroisse, et qui est connue sous le nom de Saint-Polycarpe. Sont aussi invités d'assister aux messes fondées par lessieiurs Heginde Palerne et Notaire, qui sont célébrées tous les ans, les 7 février et 1^'" septembre de chaque année, à la chars^e et aux frais de i'Archiconfrérie.
» Art. 11. — Les bayles assisteront, pendant POctave de la Fête-Dieu et le reste de Tannée, aux offices auxquels ils sont en usage d'assister, et ce conformément à ce qui a été pratiqué jusqu'à ce jour. Ils auront aussi le soin de se trouver au banc de Tœuvre, soit avant, soit après les offices, pour recevoir et enregistrer ceux des fidèles qui voudront s'associer à I'Archiconfrérie, leur délivrer des billets et livrets, et recevoir leurs pieuses libéralités.
» Art. 12. — Lorsqu'un des confrères sera agonisant, on en sera averti par cinq coups de la grosse cloche, et on sera tenu de prier Dieu pour lui. Le sonneur ne pourra rien exiger d'aucun des confrères, si ce n'est la somme de cinq sols, et sonnera l'agonie sur la représentation du billet de l'agonisant.
» Art. 13. — Lorsque les fonds de I'Archiconfrérie le permettront, on fera célébrer une messe de mort le lendemain du décès d'un des confrères, à laquelle on est invité d'assister sur l'avertissement du bedeau ; les parents du défunt y seront aussi invités.
TD Art. 14. — Les femmes des bayles et les quêteuses pourront assister à la procession de la Fête-Dieu et à celle de l'Octave, et y prendront leur rang accoutumé.
» Art. 15. — Les bayles qui seront toujours, suivant
Tusage, au nombre de quatre, auront l'administration de
tout ce qui appartient à TArchiconfrérie, et un d'eux sera chargé de la recette et de la dépense, des papiers, registres, meubles et ornements, suivant Tinvenlaire qui en aura été fait en sa présence.
» Art. 16. — Il sera procédé tous les ans, et le troisième dimanche de juillet de chaque année, à la nomination de deux nouveaux bailes, de manière qu'il y en ait toujours deux anciens et deux nouveaux, sauf les raisons particulières qu'on auroit de continuer les anciens. A l'effet de quoi, l'assemblée des confrères sera convoquée en la chapelle du Saint-Esprit, dans ladite église de Saint-Amable, par publication à la messe de paroisse en la manière ordinaire, pour délibérer et donner leurs avis sur les changements et nominations à faire. Même assemblée sera convoquée lorsque, par des circonstances particulières et des raisons imprévues, il sera nécessaire de procéder dans le cours de Tannée à la nomination d'un nouveau bayle, laquelle assemblée ne pourra cependant avoir lieu que le troisième dimanche du mois. Les bayles qui sortiront de charge rendront leur compte sans délai.
j) Art. 17. — Les bayles seront tenus d'avoir un registre en forme pour y enregistrer les noms des confrères, lequel contiendra en même temps et par ordre de date la recette des libéralités d'un chacun. Le montant de cette recette sera arrêté tous les ans, en y ajoutant celle des revenus fixes de l'Archiconfrérie.
» Art. 18. — Seront pareillement tenus d'avoir un registre de la dépense annuelle qui sera détaillée, article par article, et également arrêté tous les ans.
» Art. 19. — Les registres de recette et dépense seront toujours entre les mains des bayles, sans pouvoir être confiés à d'autres sous quelque prétexte que ce soit. Celui des bayles qui en sera chargé sera tenu de le porter au banc de l'œuvre les jours auxquels on est en usage de s'y rendre pour recevoir et enregistrer les libéralités d'un chacun. Aucun autre que les bayles en charge ne pourra faire ledit eni'egistrement.
D Art. 20. — Si après les dépenses annuelles il se trouve un excédent, il sera employé à des choses pies, ornements, et réparations d'église, et notamment à sçavoir un serriion à la messe de paroisse du dimanche dans Toctave de la Fête- Dieu.
ï> Art. 21. — Quoique l'usage ait été jusqu'à présent de fournir quatre cierges lorsqu'on porte le Saint Sacrement aux malades, confrères ou non, néanmoins, attendu l'insuffisance des fonds constatée par les comptes des bayles, desquels il résulte que les dépenses sont prises depuis plusieurs années sur le principal d'un contrat de rente qui avoit été remboursé, et attendu d'ailleurs que ce ne doit point être une charge d'une Confrérie qui n'a aucun engagement avec les paroissiens, demeure arrêté qu'à l'avenir l'Archiconfrérie ne fournira les cierges que lorsqu'on portera le Saint-Sacrement à un confrère et sur la représentation de son billet. Quant aux autres, on les leur fournira en payant trois sols par cierge.
D Art. 22. — Le sonneur sera tenu de sonner les agonies des conirères malades sur la représentation du billet de l'Archiconfrérie et sans exigei' aucune autre rétribution que celle de cinq sols; et quant aux autres agonies, il prendra quinze sols, sur lesquels quinze sols il rendra compte de dix sols au bayle receveur au fur et à mesure.
j> Art. 23. — Le bedeau de l'Archiconfrérie sera tenu de se conformer aux instructions que les bayles lui donneront, de les accompagner en robe à toutes les cérémonies et à tous les offices et processions auxquels ils sont en usage d'assister, ï)
Comme suite à ces statuts, il est bon de donner le texte du billet annuel qui était délivré à chaque confrère (1) :
oi M. . . ., confrère de l'Archiconfrérie du Saint-Sacrement établie en l'église paroissiale de Saint-Amable de la ville de
(1) Ce billet était imprimé. En tête se trouve une vignette représentant un autel sur lequel repose un ostensoir, entouré de deux flambeaux.
Riom, est averti que, pour pouvoir gagner les grâces et indulgences accordées à4'Archiconfrérie, il est obligé de remplir les devoirs de piété portés par la Bulle qui autorise l'Archiconfrérie, et qu'on aura soin de faire publier, tous les ans, à la messe de paroisse, le dimanche qui précédera le jour de la Fête-Dieu.
» Il est prié particulièrement de visiter et adorer le Saint- Sacrement pendant les temps de l'année auxquels il sera exposé ;
» D'assister aux processions qui se font en l'honneur du Saint-Sacrement en ladite église tous les dimanches après complies, et surtout à celles du troisième dimanche du mois, poui' pouvoir participer aux indulgences qui y sont attachées ; •)) D'assister aux processions du Jeudi-Saint, du jour de la Fête-Dieu et de l'Oclave, et aux saluts, offices et prières qui se font en ladite église pendant l'Octave;
» D'accompagner le Saint- Sacrement lors(|u'on le porte aux malades, ou, s'il ne le peut, de faire les prières prescrites par la Bulle ;
» D'assister à l'enterrement des confrères décédés, ou, s'il ne le peut, de prier Dieu pour lui ;
» D'assister à la messe que l'Archiconfrérie fait célébrer tous les jeudis, après la grand'messe du Saint-Sacrement, en ladite église ;
» D'assister pareillement à la messe du Saint-Sacrement, connue sous le nom de messe de Saint-Polycarpe, que l'Archiconfrérie fait célébrer tous les ans dans le mois de janvier, après avoir été annoncée le dimanche précédent à la messe de paroisse ;
» De prier Dieu pour tous les malades agonisants, lorsqu'on sonnera leur agonie.
» Nota. — Le présent billet ne servira que pour un an » (1).
(i) Voici le texte non moins intéressant d'un autre livret; il diffère sensiblement de celui qu'on vient de lire. Il est adressé à « madame Soubrnny )i (la mère du Conventionnel], et porte en marge, écrite à l'encre.
Ces stahiLs, on le voit, se bornent blrictement aux prescriptions relatives aux intérêts spirituels des confrères ou à l'aclniinistration des biens de l'association. On n'y retrouve plus trace de ces préoccupations d'ordre social qui avaient donné jadis aux Confréries une physionomie spéciale, et qui certainement avaient du y figurer à l'origine. Dans sa belle Monographie d\ine paroisse, M. le chanoine Fouilhoux nous a donné les statuts primitifs de la Confrérie du Saint-Sacrement de Vic-le-Comle, qui remontent d'après lui à la première moitié du xiv° siècle. Nous en extrayons les dispositions suivantes, qui vraisemblablement devaient se rencontrer dans la règle antique de toutes les Confréries de même dévotion:
la date de 1779. Au-dessous d'une image repré?entant la Gène et du nom de la destinataire sont imprimées les lignes suivantes:
« Est prié de visiter le très Saint-Sacrement à Saint-Amable, et de faire telle prière que sa dévotion lui inspirera, le '/0° jour de chaque mois de l'année 1779 depuis l'heure de 9 jusqu'à l'heure de iO suivante ;
)) Et d'assister au convoi du Très Saint-Sacrement aux malades pendant le mois de mars et aotist ;
» Comme aussi de visiter le Très Saint-Sacrement, qui sera exposé à Saint-Amable, le Z juin, jour de la Fête-Dieu, depuis l'heure de / jusqu'à l'heure de 2 suivante, et d'aller aux Saluts pendant l'Octave;
» D'assister à la procession du Très Saint-Sacrement, qui se fera le troisième dimanche du mois, immédiatement après les Compiles, dont on sera averti par la grosse cloche qu'on sonnera après Vêpres.
» On sera pareillement averti, par cinq coups de grosse cloche, qu'un des confrères est agonisant, et de prier pour lui.
» MM. les balles de l'Archiconfrérie assisteront avec leurs flambeaux et le bedeau à l'enterrement de chaque confrère, et que le lendemain à dix heures on dira une messe de mort à l'autel de la paroisse pour le salut de son âme.
» Que tous les jeudis on dira aussi à l'autel de paroisse, après la grand' messe du Saint-Sacrement, une messe basse pour implorer la miséricorde de Dieu sur tous les confrèrt^s.
» Que le vendredi après TOctave de la Fête-Dieu, on dira une grand' messe de mort dans le chœur, pour le repos des âmes de tous les confrères.
» Et que Ton dira, le 30 janvier, fête de saint Polycarpe, une grand' messe dans le chœur, en mémoire du miracle arrivé en l'église de Saint- Amable, au sujet de la Très Sainte Eucharistie.
» On recommande la Confrairie à vos libéralités, laquelle pour tous revenus n'a que sept livres dix sols, et de charge pour cinq à six cents livres. »
(Les mots et chiffres en italique sont manuscrits sur ce billet, dont nous devons la communication à l'obligeance de M. Robert du Corail).
« Si aulcun des confrères étoit en sanlance d'excommunication el n'avoit de quoy en sortir, et ses l)iens ne pouvoient abonder à le sortir de ladite santance, chacun desdits confrères sera tenu luy ayder jusques à dix deniers si plus ne peuvent ou veulent.
» De plus, sei'ont tenus lesdits confraires s'aymer Tun l'aultre et santretenir comme bons amys et ne porter haine ni rancune lun envers laultre, et si avoient débat ou procès entre eulx, lesdits baisles ensemble une partye desdits confraires ce doibvent parforcer les accorder pour entretenir paix et union entre eulx.
» Et le jour et feste du Corps de Dieu mangeront ensemble tous lesdits confrères, si bon leur semble, et lesdits baisles administreront leur despance et l'ordonneront ainsi qu'il est accoustumé. Item lesdits confrères hors ladite paroisse, s'ils sont malades, pourront envoyer quérir pourtion là oià lesdits confrères mangeront et seront tenus payer comme les aultres. »
L'usage du repas annuel avait, dans tous les cas, certainement existé autrefois dans la Confrérie riomoise ; il s'y était même longtemps maintenu. Les registres des bailes, antérieurs à 1570 et mentionnés par Courtin dans son Inventaire de la Marguillerie de Saint-Amable, le démontrent péremptoirement. « Un livre, couvert de basane jaune, contenant les bayles et confrères de ladite Confrérie, commençant en l'année 1510 et continuant sans interruption jusqu'en 1559 ï), mentionnait, dit-il, « les sommes que chacun d'eux payoit annuellement pour la frérie selon l'estimation qui en étoit faite; ensemble, certaines délibérations prises entre les confières es années lesquelles ils ne faisoient frérie, c'est-àdire festin ». Et il note avec soin les indications suivantes :
D 1517. N'avons fait frérie en cette année, à cause que nous avons baillé 35 livres pour les réparations du clochier de l'église Saint-Amable, paroissiale de la ville.
» 1523. Nulle frérie pour avoir baillé à xMessieurs les consuls 40 livres pour employer à une pièce d'artillerie, oii
sont les armes de la frérie, qui sont un calice, et celles de la Ville.
i> 1528. Y a eu frérie estimée à 41 sols, et néantmoins a été fait le calice de la messe de paroisse, le coffre neuf du Sainl- Esprit, et baillé 40 livres pour l'horloge.
j 1529. Délibération par Messieurs les consuls, appelé le Parlement de ville, qu'il ne se feroit aucune Confrérie dans la ville, à cause que le bled estoit cher.
» 1547-1548. Compte rendu par le baile Antoine Romeuf, boursier de la frérie. 11 rend compte de 59 septiers de blé dus à la frérie, de la dépense du dîner et autres.
D 1553-1554. Compte rendu par Amable Moreau, marchand, baile. 11 y a la dépense des vendanges, celles du festin et du chaumenger donné aux bienfaiteurs de la frérie.
D 1558-1559. On achète pour employer au chaumenger 3 livres de poivre (3 livres 2 sols), 3 livres de gimgembre (9 sols), une livre et demie de cannelle (3 livres 15 sols), un carteron de muscades (12 sols 6 deniers). »
De même, les distributions du blé et du vin aux pauvres devaient être imposées par la règle primitive : la réserve que se font les bailes, dans un échange de la fin du xiv^ siècle (1387), de placer leur arche et d'entrer à leur gré dans le cellier, objet de l'échange, c pour vendre leur blé », la location qu'ils contractent de la maison du Saint-Esprit « pour avoir l'usage des vases et lieu pour tenir bled et vin », dont il est parlé dans un titre du 8 juin 1425 (1), enfin la confection par eux « du coffre neuf du Saint-Esprit » que mentionne le compte de 1528, ne s'expliqueraient sans cette coutume.
En revanche, dans les statuts nouveaux comme dans les anciens, les devoirs de charité envers les confrères agonisants ou décédés continuaient à être imposés avec la même rigueur. Jamais la règle n'avait fléchi sur ce point. Ainsi, dès le 24 septembre 1560, nous voyons les bailes et confrères s'as-
(1) Voir supra, p. 31.
sembler par devant M^ Matussières, notaire, et arrêter d'un commun accord que « sera baillé, aux dépens de la Irérie, un habillement en courtibaud de satin et une clochette à un homme pour advertir par la ville les confrères de la mort de ceux qui trépasseront. Les bailes ou, en leur absence, leurs prédécesseurs, assisteront aux sépultures avec leurs grandes torches ayant les armes de la frérie, se tiendront autour de la bière sans incommoder ceux qui portent le drap. Tous les confrères tiendront en leurs maisons une torche de demilivre, marquée d'une double croix de cire rouge, les porteront ou feront porter aux enterrements, à peine d'une livre de cire pour chacun défaillant, les porteront aussy ou feront porter à la procession du Saint-Sacrement, et marcheront deux à deux selon que les bailes ou leurs députés les rangeront chacun à l'égal de sa qualité » (1).
Un siècle plus tard, le 16 juin 1685, une délibération du conseil ordinaire de la ville décide également qu'on sonnera (T cinq coups de la grosse cloche lorsque les confrères de l'Archiconfrérie seront agonisants, pour avertir les autres confrères de prier Dieu pour le salut de leurs âmes et la santé de leurs corps », et que les bailes paieront vingt sols par sonnerie.
Le règlement de 1787 contenait, on vient de le voir, des dispositions à peu près identiques.
Les chefs de la Confrérie, ou bailes, étaient au nombre de quatre. Avant la réunion des biens de l'association à la Marguillerie, l'un des bailes était toujours prêtre, et c'est lui qui était chargé de la célébration des cérémonies religieuses organisées par la frérie. Depuis cette époque, ou tout au moins depuis 1633, tous les bailes furent pris parmi les laïques. C'était un grand honneur, même après l'expropriation de 1570, que d'être préposé à la tête de la Confrérie. Les fonctions de bailes étaient ambitionnées presque à l'égal
(1) Archives de la Fabrique de Saint- Amable.
de celles de marguilliers; du reste, on ne devenait en général marguillier qu'après avoir été baile du Saint-Sacrement. On retrouve les mômes noms sur les listes des chefs de l'une et de l'autre institutions, et ce sont ceux des personnages les plus marquants de la cité (1). Les quatre bailes étaient pris pai'mi les divers corps de la ville, et se trouvaient être le plus ordinairement un magistrat, un avocat ou un bourgeois, un procureur, un marchand.
Ils étaient nommés pour deux ans, mais renouvelables par moitié chaque année. A rassemblée générale convoquée pour l'élection, le premier baile proposait « plusieurs sujets. Messieurs les bailes donnoient leurs voix les premiers, ensuite messieurs les marguilliei's, et les autres habitants suivant Tordre des corps » (2). Des affiches étaient au préalable apposées et des publications laites pour annoncer la réunion (3). Après l'assemblée, les bailes se rendaient chez les nouveaux élus pour leur annoncer leur élection.
Les bailes avaient une place d'honneur à l'église. En compensation du banc dont elle les avait dépossédés lors de son installation, la Marguillerie leur donne, en 1622, « le grand banc, avec le coffre étant près le banc, sur lequel on distribue le pain bénit )). Puis, elle leur concède, le 20 juin 1655, € une place au-devant du banc de Messieurs du Chapitre pour y placer un banc à quatre places ». Mais de cet endroit les bailes n'entendent pas les prédications. Ils se font fabriquer « un banc porlatif » qu'ils transportent dans l'église à leur gvé. Les marguilliers sont touchés de pilié : ils les placent « proche le banc de Messieurs du Présidial, du côté du pilier du clocher, joignant au banc des officiers des eaux et forêts qui est aussi un banc portatif, du consentement du Chapitre, parce que ces places sont des dépendances du vieux
(1) Voir infra les noms des bailes du Saint-Sacrement.
(2) Archives de la Ville, Registre de 1747, délibération du 8 septembre
(3) /6ic/., Délib. des 48 juillet 1755, 20 juillet 1760, etc.
chœur. Et parce que la place occupée par le banc des bailes frustre de la rétribution, de quatre places le sacristain qui est l'homme du Chapitre, il lui est accordé cinq places aux dépens des loueuses de chaises et de bancs dans la nef. » (4 mars 1703.)
Par actes reçu Royer, notaire, les 16 et 19 mars 1684, les bailes avaient acquis « un droit de tombeau » pour eux dans l'église.
Leur charge était loin de constituer une sinécure. Jusqu'au xvni° siècle surtout, leurs occupations étaient à la fois multiples et absorbantes, vu le nombre des confrères et l'importance des ressources de l'Association. C'est qu'en dehors des oblii?alions communes à tous les autres bailes, ils avaient à veiller à la célébration des fréquentes solennités que la piété des confrères avait instituées dans la suite des âges en l'honneur du Saint-Sacrement. A cette œuvre, ils se consacraient avec toute l'ardeur qu'on pouvait attendre de leur foi, et il est permis de croire que, grâce à leur zèle, nulle part ailleurs dans la province, le Saint-Sacrement n'était adoré dans des cérémonies plus répétées ni avec plus de pompe et de splendeur.
C'était d'abord le service des messes, processions et saluts institués en son honneur, chaque semaine ou chaque mois, qu'il fallait assurer exactement.
Dès 1401, la Confrérie avait fondé une messe basse qui devait être dite à l'autel de paroisse ou du Corps du Christ, le jeudi de chaque semaine, par le prêtre qui était balle de l'association. Comme rémunération, la Confrérie lui devait payer annuellement, à la fête de saint Julien, quatre septiers de froment, mesure de Riom.
Le texte de cette fondation, vu son ancienneté, sera certainement lu avec intérêt.
A tous ceux qui verront et ouï- Universis présentes litteras ins-
ront les présentes, Jean Bohe- pecturis et audituris, Johannes
ris, clerc tenant le sceau de très Boheris, clericus tenens sigillum
excellent prince messire Jean, excellentissimi principis domini
Johcinnis, régis Franciœ filii, BituiisQ et Arverniae ducis ac comitis piclavensis, in Arvornia conslilulum, salutem in Domino.
Noveritis quod in ciiria Riomi personnaliter constiluti Dominus Michael Gardon, presbiter, Durandus Gouhet, Imberlus Aiguepersse, alias Chaussier, et Stephanus Boulon, bajuli seu administratores hac presenli annata Confralrise, quœ fit anno quolibet in villa Riomi ad honorem Corporis Chrisli, vocalse del Pavil- Ihon, habentes Deum prœ oculis, non immemores suae salutis, ad honorem et reverentiam Eucharistise, domina) beatae et gloriosse Virginis Marise totiusque curise celestiae, et ut Corpus Domini nostri Jesu Christi honorificenlius et ceiebrius honorificetur et glorifîcetur, et ut ipsi et sui successores bajuli et confratrcs, qui nunc sunt et pro tempore erunt confratres diclao Confratrise, sint participes omnium missarum , orationum et aliorum sufragiorum, quae de cetero fient ac dicentur infra monasterium Sancti Amabilis Riomi, in altari Corporis Christi, pro promissis et consideratione promissorum de voluntate, licentia et consensu Pétri Andreœ .lohannis Fornerii, alias Bourdon, Bernardi Esmui, Jacobi Chavaroux, Huguonis Chaulerii, Pétri Vezi, Johannis Penelli, Stephani Graverii, duorum Johannis BuranC; Johannis Conort, Johannis (>iherneti, Stephani Detuelli, Pétri Simonis, Pétri Danduris(?),
fils du roi de France, duc de Berry et d'Auvergne et comte de Poitiers, établi en Auvergne, salut dans le Seigneur. Sachez que, dans la cour de Riom, personnellement établis Messire Michel Gardon, prêtre, Durand Couhet, Imbert Aiguepersse, alias Chaussier, et Etienne Boulon, bailes ou administrateurs pour la présente année de la Confrérie qui se fait chaque année dans la ville de Riom à l'honneur du Corps du Christ, appelée du Pavillon, ayant Dieu devant les yeuXv se souvenant de leur salut, pour l'honneur et le respect de l'Eucharistie, de la bienheureuse et glorieuse Vierge Marie notre Dame et de toute la cour céleste, et afin que le Corps de Notre- Seis^neur Jésus-Christ soit honoré et glorifié d'une façon plus éclatante et plus magnifique, et pour qu'eux-mêmes et les bailct^, leurs successeurs, et leurs confrères qui vivent maintenant et ceux qui plus tard entreront dans ladite Confrérie, participent à toutes les messes, prières et autres suffrages qui dans la suite se feront et diront dans le monastère de Saint-Amable de Riom, à l'autel du Corps du Christ, en conformité et considération des promesses faites volontairement et d'un plein consentement par Pierre André Jean Fornier, alias Bourdon, Bernard Esmus, Jacques Chavaroux, Hugues Chaulier, Pierre Vèze, Jean Penelle, Etienne Gravier, deux
Jean Buranc, Jean Conort, Jean Cihernet, Etienne Deluel, Pierre Simon, Pierre Dandur, Hugues de Gimentière le jeune, Pierre de Saint-Avit, prêtres, confrères de ladite Confrérie, qui ont consenti à tout ce qui est écrit plus haut et plus bas dans les présentes et y ont donné leur adhésion, ont voulu et réglé, lesdits bailes, que le prêtre, baile de la Confrérie, ou qui plus tard sera baile de cette Confrérie, soit tenu et obligé de célébrer ou faire célébrer une messe audit autel du Corps du Christ, chaque jeudi de chaque semaine à perpétuité, immédiatement après la première messe, et prier et supplier Dieu pour tous les bailes et leurs successeurs et confrères de ladite Confrérie. Eu égard aux promesses précitées et en compensation, lesdits bailes de ladite Confrérie qui existent à présent et ceux qui le seront dans l'avenir, devront et seront tenus de payer et porter au même prêtre sur les biens de ladite Confrérie, chaque année, à la fêle de saint Julien, tant qu'il sera baile de ladite Confrérie, quatre sepliers de froment, mesure de Riom. Après sa déposition de la bailie, l'autre prêtre qui sera baile de la Confrérie devra et sera tenu de célébrer ou faire célébrer ladite messe comme dessus, tant qu'il sera baile de ladite Confrérie. Et au cas où le pretre-baile ne voudrait pas ou ne pourrait pas célébrer ladite messe, il devra et sera
junioris Huguonis de Cimenterio, Pétri de Sancto Avico, presbiterorum, confratrium dictae Confra- Irige, ad haec indicta omnia presenlia et omnia et singula infra scripla volentium, et in eisdem confltentium, volucrunt et ordinaverunt ipsi bajuli quod unus presbiter bajulus diclae Confratriae, qui pro lempore fuerit combajulus dictae Confratriae, teneatur et debeat celebrare seu celebrari facere unam missam in dicto altari Corporis Christi, qualibet die jovis et cujuslibet septimanae in perpetuum, immédiate post primam missam, et Deum orare et deprecari pro totis bajulis et successoribus, suis bajulis et confratribus diclae Confratrise, quse, pro promissis et in recompensatione eorumdem,dicti bajuli dictse Confratriae qui sunt ad presens et qui pro tempore fuerunt, teneantur et debeant solvere et reddere eidem presbilero, de bonis dicfae Confratrise, quolibet anno, in festo beati Juliani, quamdiu erit bajulus dictse Confralria:, quatuor sextaria fromenti ad mensuram Riomi, et ipso deposito de bajulo, alter presbiter qui erit bajulus dictse Confratrise teneatur et debeat celebrare seu celebrari facere dictam missam prout supra, quamdiu erit bajulus dictse Confratrise.
Et in casu quo ipse presbiter bajuius nollet aut non posset celebrare dictam missam, quod ipse teneatur et debeat facere celebrari dictam missam per alium presbiterum, seu alii bajuli laici fa-
ciant celebrare dictam missain per alium presl)yterum, el deducere dicto bajulo prosbylero de dictis quatuor sexlaiiis fiomenti quod juslum Cuil secundum tempus quo ipso defficiat de celebrando seu celebrari faciendo dictam niissam. Et in casu quo presbiter bajulus quando voluerit se exire de bajulo, seu de dicta Confratria, vellet eligere alium presbiterum in bajulum qui non placeret aliis tribus bajulis laïcis, qui ipsi très laici possint et sibi liceat eligere alium presbiterum idoneum in bajulum dictœ Gonfratrise, absque licentia dicti prcsbiteri bajuli, ad eorum electionem, qui leneatur et debeat celebrare seu celebrari t'acere dictam missam qualibet die jovis cujuslibet septimanse, quamdiu erit bajulus dictse Gonfratriœ, et alii très bajuli laïci teneantur et debeant sibi solvere et deliberare dicta quatuor fromenti sextaria, quolibet anno, de bonis dictse Confratrise, et celebrabit seu celebrare faciet dictam missam. Et promisserunt dicti bajuli sub obligationem omnium bonorum dicta?
Gonfratriae, et juraverunt supra sancta Dei Evangelia, se predicta et infra scripta omnia et singula altendere, tenere, el contra eadem de cetero non facere, dicere nec tenere, se quoque non fecisse, dixisse, nec facturum nec dicturum amodo esse aliquid quominus contenta in presentibus litteris habeant et obtineant perpetuam fîrmitatem, seque etiam dicti ba-
tenu de faire célébrer ladite messe par un autre prêtre; ou les autres bailes laïques feront célébrer ladite messe par un autre prêtre, et déduiront audit baileprêlre sur lesdits quatre septiers de froment ce qui sera juste selon le temps où il aura manqué de célébrer ou faire célébrer ladite messe. Et au cas où le prêtre-baile^ quand il voudra sortir de la bailie ou de la Gonfrérie, voudrait choisir un autre prêtre pour baile qui ne plairait pas aux autres trois bailes laïques, ces derniers pourront et auront [le droit de choisir à l'élection un autre prêtre convenable pour baile de la Gonfrérie, sans la permission dudit prêlre-baile, et ce prêtre sera tenu de célébrer ou faire célébrer ladite messe chaque jeudi de chaque semaine, tant qu'il sera baile de la Gonfrérie, et les trois autres bailes laïquesdevront et seront tenus de lu) payer et délivrer lesdits quatre septiers de froment, chaque année, sur les biens de la Gonfrérie, et le prêtre célébrera ou fera célébrer ladite messe. Et ont promis lesdits bailes en obligeant tous les biens de la Gonfrérie, et ils ont juré sur les saints Evangiles de Dieu, de veiller à l'accomplissement de tout ce qui est dit ci-dessus et plus bas, de ne rien faire, dire ni tenir de contraire à ce dans la suite, de n'avoir rien fait ni dit, et de ne rien faire ni dire plus tard pour empêcher que le contenu des présentes ne soit con- ,
firme à perpétuité. Lesdits bailes ont aussi promis et juré de payer et porter dans la suite audit Baile prêtre quatre septiers de froment, sur les biens de la Confrérie, tant qu'il sera baile et célébrera ladite messe comme il est dit ci-dessus. A ce faire, lesdits bailes ont renoncé avec serment à toute exception, etc
En témoignage de quoi, sur la prière desdits bailes, nous avons apposé le sceau que nous tenons aux présentes, et de notre volonté à leur expédition.
Ont été témoins et présents religieux hommes messires Pierre Moriat, recteur dudit monastère, Etienne Gay, Durand Aymonis, chanoines dudit monastère, messire Bernard Chayli, prêtre.
Et donné l'avant-dernier jour de la lune du mois de mai de l'an du Seigneur 1401. Et au bas, signé Vitalis, ainsi délivré auxdits bailes. Et à l'autre expédition de lad. fondation aussi signé Vitalis, ainsi délivré aux bailes de la Confrérie de Saint-Nicolas pour l'exposition du Corps du Christ (1).
(1) Collation a été faite sur roriginal par M» Annet Rastoilh, nptaire royal soussigné de la ville de Riom, sur les instances de Messieurs les marguilliers pour la présente année de la Basilique de Saint-Amable de ladite ville, ledit original tiré par eux pour cette cause des archives de ladite Marguillerip, dans lesquelles il a été ensuite replacé. Donné à Riom, au Secrétariat de lailite Basilique (Bureau de la Marguillerie), le second jour du moi):; de janvier, l'an du Seigneur 1629. (Signé) Combes, Courtin, Viallard, Dujohannet, Rastoilh, notaire royal.
juli solvere et reddere de cetero quolibet anno dicto bajulo presbitero dicta quatuor sextaria fromenti de bonis dictse Confratriae, quandiu erit baiulus dictae Confratriae et celebrabit diclam missam prout supra dictum est, et renunciaverunt dicti baiuli in hoc facto cum iuramentis suis exceptioni...
In quorum testimonium ad rogatum dictorum baiulorum his presentibus litleris de voluntate eorumdem duplicationum dictum quod tenemus sigillum duximus aponendum actum. Testibus his presentibus religiosis viris dominis Petro Moriat, rectore dicti monasterii, Stephano Gay, Durando Aymonis, canonicis dicti monasterii , domino Bernardo Chayli, presbitero. Et datum die lunse penultimae, die mensis maii, anno Domini millesimo quatercentesimo primo. Et au bas, signé Vitalis, ita recepta dictis baiulis. Et à l'autre expédition de lad. fondation aussy signé Vitalis, ita recepta baiulis Confratriae beati Nicolai ad expositionem Corporis Christi (1).
(1) CoUatione facla ad originale per M« AnneLum Rastoilh, notarium regium infra scriptum urbis Riomi, instantibus dominis matriculariis Œconomise praesenti anno basilicae Sancti Amabilis prsefatae urhi?, dicto originali ab iisdem ob eamd. causam prolato de scriniis praedicli Œconomi, in quiijus post modum repositum fuit. Datum Riomi in ipso eiusdem basilicaî scriniario, die secunda mensis januarii, anno Domini millesimo sexcentesimo vigesimo nono.
(Signé) Courtin, Combes, Viallard, Dujohannet, Rastoilh, notarius regius."'
Au siècle suivant, les ressources de la Confrérie ont augmenté. Une messe basse ne suffit plus à la piété des associés : il leur faut, à sa place, une messe chantée, avec diacre et sous-diacre, annoncée au son de la grosse cloche une demiheure avant sa célébration, et dile avec le plus de solennité possible, notamment avec accompagnement de l'orgue : en outre, à l'Elévation, on devra sonner cinq coups de la grosse cloche « en l'honneur et rembrance des cinq playes de Jésus i> (1). A cet effet, une rente annuelle de 37 livres 10 sous sera payée au Chapitre de Saint-Amable. C'est ce que décident les confrères assemblés le 1^" mars 1555, et c'est ce que consacre formellement le traité, passé « le mardy pénultiesme jour du mois de juillet 1555 » entre les bailes et le Chapitre :
<r A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Jean Apchier, conseiller du Roy nostre Sire en son siège présidial d'Auvergne estably en la ville de Riom et garde du scel estably es contracts aud. Riom par led. sieur, salut. Comme vénérable personne M*"*^ Amable Groslier, prestre, et honorables hommes Amable Moreau, Pierre Bourdige et Jean Fournet, marchans de lad. ville de Riom, bailes de la frérie du précieux Corps de Dieu, alias du Pavillon, qui se faict en l'esglise M' Sainct Amable aud. Riom, par l'advis et délibération des confrères de lad. frérie, meus de dévotion, ayent de piété advisé et délibéré de faire dire et célébrer en lad. esglise M'' S^ Amable, à l'autel où la messe de paroisse se dit et célèbre, une messe alla voce à diacre et sous diacre, qu'ils vouloient estre dite et célébrée à chaque jour de jeudy à perpétuel temps, par l'un des religieux et chanoines réguliers y assistans, comme l'on a accoustumé de faire en la messe de paroisse, en l'honneur et louange du prétieux Corps de Dieu, et auparavant qu'icelle dire et célébrer avoient voulu que lad. messe fust sonnée à la grand cloche une demy heure,
(1) A l'église de Saint-Amable, il est toujours d'usage de sonner la cloche à l'Elévation de la messe de paroisse, les dimanches et jours de fêtes solennelles.
qui commenceroit de sonner à six heures du malin et qui tient demy heure à sonner, afin que le peuple Touist et entendist pour venir à la célébration de lad. messe. Et outre vouloient que lad. cloche frapast cinq coups quant et Teslévation de Corpus Domini se faisoit en remembrance des cinq playes de Nostre Seigneur. Et seroit advenu que depuis led. advis et délibération, lesd. Moreau et Fournet se seroient sortis de lad. charge de bailes, mis et subrogé en leur lieu honorables hommes Laurent Rougier et Amable Luquet, marchans de Riom, lesquels avec lesd. Groslier et Bourdige avoient, par l'advis et conseils des confrères de lad. f'rérie, advisé de faire lad. fonction, et outre de faire dire après lad. messe célébrée un Libéra me avec les psaumes et suffrages accoustumés estre ditz pour la remembrance des âmes desd. bailes, confrères et bienfaiteurs de lad. Irérie vivans et trespassez. Et lad. volonté et advis telle que dessus avoient remonstré à messieurs les chanoines et chapitre de lad. esglise Saint Amable, qui avoient déclaré Tavoir agréable et acceptable. Suivant quoy aujourd'hui scavoir faisons que, audit Riom, pardevant Blaize Deschamis, notaire royal, ont esté présens et personnellement establis led. M'° Amable Groslier, prêtre, Pierre Bourdige, baile bourcier, Laurent Rougier et Amable Luquet, tous quatre bailes de lad. frérie du précieux Corps de Dieu, alias du Pavilhon, qui se faict en lad. ville de Riom, pour eux aud. nom de bailes de lad. frérie et leurs futurs successeurs bailes et confrères d'icelle, et main prenant pour eux de leur faire avoir agréable le contenu en ces présentes, suivant led. advis et délibération jà faicte et délibérée par lesd. bailes et confrères, et mesme dud. Amable Moreau iadis baile a esté présent, d'une part, et vénérables personnes Messires Antoine Bernard, prieur clostrai de lad. église M'' S^ Amable aud. Riom, Pierre Chabanne infirmier, Jean Debeauffort, chambrier, Blaize de Rauchaussade, Claude de la Roche cererier et baile, Simon Girard, Jean Amy, Gaspard Daniel, Gabriel Mareschat, Gabriel Mosnier et François Mazuer, tousprestres et chanoines réguliers de lad. esglise, assemblez et congregez
dans le chapitre d'icelle au son de la campane en la manière accouslumée, faisant la plus grande et saine partie des religieux de lad. esglise et représentans le chapitre d'icelle, faisans pour eux et pour les autres absans et leurs futurs successeurs à perpétuel, d'autre partie. Lesquelles parties, es noms et qualitez susd., de leur bon gré et libre volonté, ont cogneu et confessé avoir faict et font par ces présentes, suivant l'advis et délibération susd., les fondations et obligations l'un à l'autre telles qui s'ensuivent:
» C'est assavoir que lesd. bailes dessus nommez, pour eux aud. nom et les confrères présens et à venir de lad. frérie, ont voulu et ordonné d'estre dict et célébré en lad. esglise Monsieur S^ Amable aud. Riom, et à l'autel où la messe de paroisse a accoustumé estre célébrée, une messe en l'honneur ,du précieux Corps de Dieu qui sera dicte à haute voix en diacre et sous diacre par l'un des religieux et chanoines réguliers de lad. esglise, à laquelle célébration les autres religieux assisteront, et sera célébrée à chacun jour de jeudy à perpétuel temps, commençant la première d'icelle le jour de jeudy prochain, premier jour du mois d'aoust, et auparavant la célébration d'icelle messe sera la grande cloche sonnée à l'heure de six heures du matin et continuée jusques à une demy heure après, et ainsi sera continuée depuis la feste de Pasques jusques à la feste de Nostre Dame de Septembre, et depuis lad. feste de Nostre Dame de Septembre jusques à lad. feste de Pasques sera commencée de sonner à sept heures du matin seulement, afin que chacun en aye la cognoissance et advertissement de venir à lad. messe. Et après lad. demy heure passée, lad. messe sera dite et célébrée le plus solennellement que faire se pourra. Et seront tenus lesd. bailes de bailler et fournir la lumière nécessaire comme cy fairont tous les ornemens de l'esglise à ce requis et nécessaires. Et venant à l'eslévation de Corpus Domini sera sonné cinq coups de lad. grand cloche en l'honneur et remembrance des cinq playes de Jésus. Et lad. messe célébrée, sera dict un Libéra me avec pseaumes et suffrages
accoLislumez de dire pour la remembrance des trespassez. El pour la dotation et fondation dud. divin service, lesd. bailes ont voulu, ordonné et promis de paier la somme de trente-sept livres dix sols tz (sic) pour chacun an, qui seront paiables à quatre termes et esgales portions. Et au moyen de ce sera la messe basse, accouslumée de dire et célébrer led. jour de jeudy par le preslre estant baile de lad. frérie, esteinte, et n'en sera dicte autre messe que la susd. Aussy seront esteincts au proffit de lad. frérie les quatre septicrs bled que le prestre baile de lad. frérie prenoit pour la célébration de lad. messe basse sur lesd. bailes et confrères: desquels quatre sestiers bled led. Groslier, à présent viquaire et baile, pour luy aud. nom et ses successeurs bailes et viquaires, en a quitté et quitte lesd. bailes et confrères. Et oîi il se trouvera à l'avenir que led. jour de jeudy fust férié, et qu'au moyen de lad. férié convinst célébrer messe de paroisse, et qu'au moyen de ce lad. esglise fust chargée de services, en ce cas lad. messe à présent fondée sera célébrée le jour devant ou le jour après non férié ou autres jours subséquans non feriez. Lequel service dessus déclaré et en la foi^me et qualité cy-devant déclarée et spéciffiée lesd. religieux chanoines cy-dessus nommés, pour eux et leurs futurs successeui's, ont promis et promettent, par ces présentes, de faire dire et célébrer par l'un d'eux à la manière cy-devant déclarée, et autrement en la j)lus grande dévotion et solennité que faire pourront (1), led. jour de jeudy à perpétuel temps, sous lad. convenance que où led. jour seroit férié, et qu'au moyen de lad. férié ils fussent empeschés à faire autre service requis en lad. esglise, en ce cas lad. messe sera célébrée le jour devant ou le jour après non férié au choix desd. bailes. Aussy seront tenus lesd. chanoines de faire faire par led.
(1) En marge, on lit: « Par ces mots, l'orgue est sous-entendu, de mesmes que la musique de laquelle il fait partie en la célébration de cette messe. »
secrcLain la sonnerie cy-dessus déclarée à leurs frais et despens.
» Et à ce faire perpétuellement. . . . , etc. . . . * Faict et passé en la ville de Rioni ez présence et à ce et par tesmoins appeliez honorables hommes maîtres Bernard Moreau, licenlié ez droiLz, advocat au siège présidial d'Auvergne, et Jean Barghaud, procureur praticien aud. siège, vénérables personnes, messires Jean Roux, Antoine Plazauvet et Rougier Ducros, prêtres en lad. Eglise, le mardy pénuUiesme jour du mois de juillet 1555. Et signé Deschamis, notaire royal » (1).
La première messe haute fut célébrée, d'après les indications d'un livre de comptes de 1554-1555, le jour de la fête de Saint-Pierre d'aoiàt 1555. Pour cette solennité qui marquait une date dans les fastes de la frérie, il fut acheté « une chasuble en courtibaux de velours », poui' laquelle le baileboursier Pierre Bourdige paya 48 livres 13 sols 6 deniers.
Après la réunion des biens de la Confrérie à ceux de la Marguillerie, les marguillers se considérant comme les successeurs des anciens bailes revendiquèrent l'honneur de veiller à l'exécution de la fondation et d'acquitter le paiement de la rente annuelle. L'un des trois derniers marguillers, à tour de rôle, assistait à cette messe du jeudi au banc de la Marguillerie, dans la nef. Et tel était le respect inspiré par les fondations faites en l'honneur du Saint-Sacrement, qu'en 1702 la Marguillerie, cherchant les moyens de remédier à l'extrême pénurie de finances dont elle souffrait, et songeant à obtenir de l'autorité compétente la réduction des charges
(1) « Expédié auxd. sieurs marguilliers par moy, notaire royal soussigné. L'original à cet effet exibé par Dame Mag"® Arnaud, vesve de feu M. Achar Micliel, et de paravant de feu M'' Claude Groulle, vivant notaire royal, tabellion et garde-notte héréditaire en cette ville, icelluy original estant dans le registre des nottes dud. feu Deschamis et au feuillet 364. Lequel original, lad. expédition faicte, a esté rendu à lad. Arnaud, et n'a peu signer à cause de son infirmité. Faict le 15^ janvier 1629, présens noble homme Antoine Gourtin, conseiller du Roy esleu pour le Roy en l'esleclion du Bas-Auvergne à Clermont, l'un des marguillers lad. présente année. (Signé; Gourtin, Rollet, notaire, Dujohannet.
des fondations qui pesaient sur elle, indiqua expressément qu'elle « n'entendoit pas comprendre dans ces réductions d'offices et de rétributions les anciennes fondations de la messe du Saint-Sacrement, celle de l'Octave ni les saluts de cette fête ».
La messe était suivie du chant de l'hymne Pange lingua et de la bénédiction du Saint-Sacrement. A cet effet, une nouvelle rente de douze livres dix sols était payée à « Messieurs de Saint-Amable d. En 1629, d'après Courtin, le contrat de cette fondation n'existait plus, « ni à la Marguillerie, ni au trésor du Chapitre, ni chez les notaires royaux de la ville de Riom». On n'en connaît donc pas la date, dit-il, mais l'usage de cette cérémonie remonte à une époque reculée, car « l'un des comptes de l'ancienne frérie du précieux Corps de Dieu, rendu par Antoine Dubois, baile bourssier pour Tannée 1558, finissant en 1559, clos le 7° septembre 1559 », relate le paiement de cette seconde rente.
Tous les dimanches, après compiles, une procession se faisait dans l'église en l'honneur du Saint-Sacrement. Mais le troisième dimanche du mois était spécialement consacré à son adoration. Une procession solennelle se déroulait également ce jour-là dans le temple. Elle avait lieu « immédiatement après vêpres », et elle était annoncée par la grosse cloche, en vertu d'une autorisation simultanée du conseil ordinaire de la ville et des marguilliers, du 16 juin 1685. Il en coûtait à la Confrérie une rente annuelle de 12 livres. Trois ans plus tard, les bailes amortissaient cette rente jusqu'à concurrence d'un capital de trois cents livres, et réduisaient ainsi la dette à sept livres de rente.
Les bailes, du consentement des marguilliers, assistaient à ces processions, à charge de quitter le cortège pour laisser la place aux marguilliers a lorsqu'il faudroit conduire le Saint-Sacrement du maître autel à celui de paroisse » (1). Ils a exposoient » aussi « leur bassin à leur banc » ces jours-
(1) Délibération de la Marguillerie du 19 mars 1673.
là pour recevoir les offrandes des fidèles ; si le troisième dimanche se rencontrait un jour de fête solennelle, ils devaient céder la place aux marguilliers (1).
Le Jeudi-Saint, la Confrérie organisait encore une procession ; mais c'étaient les marguilliers qui paraient l'autel oi^i devait reposer le Saint-Sacrement, et qui mettaient « un banc ou table pour recevoir les dons du peuple » (2). Leurs comptes indiquent qu'ils dépensaient « douze livres pour douze cierges de trois quarts, le jeudi et vendredi saints, pour mettre sur l'autel, et quatre sur les tables des reliques, et deux livres pour vendre à ceux qui suivront la procession des cierges de six à la livre ».
A cette procession du Jeudi-Saint, la Confrérie suivait un itinéraire particulier et récitait des prières spéciales. Le fait nous est révélé par une curieuse brochure, provenue de la collection de M. François Boyer, que M. Albert Ojardias a bien voulu nous communiquer. Cette brochure est intitulée: Litanies et prières pour la procession qui se fait le Jeudi-Saint par les confrères de V Archiconfrérie du très Auguste et très Saint-Sacrement de V Autel, érigée en Véglise paroissiale de Saint-Amable de cette ville de Riom (3). Avant de se mettre en procession, les confrères récitaient à l'église de Saint- Amable les litanies de la vie et Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ; puis le cortège s'ébranlait et rendait visite aux reposoirs dressés dans les principaux sanctuaires de la ville. La première station avait lieu « à l'hôpital de Saint-Jean des Abandonnés t> (4) ; on y disait le répons : a Emendemus in melius ». La seconde station était l'Hôtel- Dieu (5), où l'on chantait la moitié du Stahat. La troisième se faisait à Notre-Dame du Marthuret, oi^i s'achevait le chant du
(1) Délîb. du 4 mars 1680.
(2) Registre de la Marguillerie, ch. iv.
(3) Riom, Gonin, 1754, imprimé de 20 pages.
(4) Actuellement Bureau de bienfaisance, desservi par les Filles de Saint- Vincent de Paul.
(8) Actuellement caserne Lafajette,
Stabat. A la quatrième on allait à VOratoire, et l'on récitait le Miserere. La cinquième était à la Sainte-Chapelle: le psaume 19, Exaudiat te Domimos, et des prières pour le Roi s'y chantaient. Pour la sixième, on se rendait à l'église du Refuge (1), et l'on disait le répons: Domine, peccavimiis. Enfin, à la septième et dernière, l'église des Gordeliers (2), on chantait le Vexilla Begis (3).
Comme complément aux fondations de notre Confrérie, rappelons qu'elle faisait encore célébrer le lundi de chaque semaine une messe de Requiem pour ses membres défunts, et chaque année, au mois de janvier^ une messe du Saint- Sacrement, connue sous le nom de messe de Saint-Polycarpe, qui était annoncée le dimanche précédent, à la messe de paroisse. Cette dernière messe, d'après le billet imprimé de 1779 de M'"^ Soubrany (4), était dite <r en mémoire du miracle arrivé en l'église de Saint-Amable au sujet de la Très Sainte-Eucharistie d. Quel est ce miracle? Quelles circonstances l'ont accompagné? A quelle date s'est-il produit? Autant d'interrogations sans réponse pour nous. Nulle part nos registres ne font mention d'un événement aussi considérable. Ce silence nous porte à croire que le fait n'a du survenir que postérieurement à l'époque où le dernier des Courtin a mis au courant les livres de la Marguillerie (5), car il eût certainement consacré au moins quelques lignes à un acte aussi mémorable, soit dans le corps de ses registres, soit dans les états mensuels des fondations de messes acquittées à l'église de Saint Amable.
(1) Le Refuge était tout proche du Palais, sur remplacement actuel de la rue Jean de Berri.
(2] Aujourd'hui, maison Centrale.
(3) H est ainsi facile de reconstituer le parcours de cette procession, qui suivait les rues portant aujourd'hui les noms de rues de la Charité, de l'Horloge, du Commerce, du Collège, de la Comédie, Saint-Louis, de la Maison Central^.
[k) Supra, p. 68, 69, note.
(5) Supra, p. 2^i-26.
C'est surtout la célébration de la Fête-Dieu qui attirait l'attention et excitait le zèle des bailes et des confrères. La cité tout entière, à vrai dire, partageait leur ardeur, et en son nom les marguilliers leur disputaient l'honneur de rendre plus éclatante la solennité.
Le jour de la fête, « le parement du maître-autel dans le chœur étoit à la charge des bailes, aussi bien que la fourniture de la cire », mais les marguilliers devaient donner la cire de l'autel de paroisse. De même, si la fête de saint Amable se rencontrait la veille ou le jour de l'octave de la Fête- Dieu, ils devaient fournir la lumière a depuis les premières vêpres jusqu'aux secondes, qu'elle est fournie par moitié avec les bailes i). Au reste, les marguilliers réclamaient la première place à la cérémonie; ils allaient à l'oiïrande « avec leurs flambeaux (du poids de deux livres) allumés et escuçonnés de la figure du Saint-Sacrement, immédiatement après le clergé et avant les bailes, magistrats et consuls » (1). Aussitôt après la messe de paroisse, se disait une grand'messe pour la Confrérie (2). Puis, une procession solennelle parcourait la ville, dont les rues étaient jonchées de fleursetde verdure et les murs tapissés de tentures blanches. Les marguilliers y assistaient avec leurs flambeaux et se tenaient « aux quatre coins du poêle sous lequel est porté le Saint-Sacrement ». Après eux, venaient les bailes et « leur roi », puis les femmes des bailes, chacune avec un flambeau à la main, enfin celles des marguilliers sans flambeaux.
Chaque jour de l'Octave, un salut solennel, donné autrefois à la porte de Layat, se célébrait (depuis 1617) dans l'église. C'est en vertu d'une délibération du 15 juin 1616 que cette décision avait été prise. Dans l'acte du 16 mai 1617, passé
(1) Registre des délibérations^ chap. IV. — Le 29 mai 162H « a esté résolu que, le jour rie la Fête-Dieu, les marguilliers iront les premiers à Toffrande à la grand'messe avec les flambeaux et écu<=;sons du Saint- Sacrement, selon la coutume, pour marquer qu'ils en sont les vrais et anciens bailes. »
(2) Registre des délih. de la Confrérie, ÏIHS. — Archives de la Ville.
devant Desgranges, notaire, le Chapitre de Saint-Amable avait accepté de donner ces saluts moyennant une rente annuelle de vingt livres à la charge des bailes du Saint- Sacrement, qui devaient, en outre, payer « la cire et la cloche D. D'après l'acte de fondation, les saluts devaient être « en orgue et musique, à la discrétion du Chapitre », mais « avec la même solennité qu'il fait au salut du jour de Pâques d. Les bailes promettaient d'augmenter <r par cyaprès la rente selon les bienfaits et dévotion des confrères, et jusqu'à ce que la frérie eût fonds suffisans pour fonder ladite rente de 20 livres ». Cette rente ne comprenait pas, d'ailleurs, les cinq livres que la frérie donnait au Chapitre pour le service de morts qui se célébrait le lendemain de l'Octave, ni les autres cinq livres qu'elle payait pour la sonnerie des saluts, laquelle sonnerie devait, à son tour, être aussi solennelle que celle du salut de Pâques. Pendant cette Octave, les bailes pouvaient se servir du banc des marguilliers, lorsque ceux-ci n'en usaient pas, pour recevoir <r les fréries et bienfaits». Plus tard, ils préférèrent se faire confectionner, à leur service exclusif, un banc qui était placé a à l'opposé de celui des marguilliers », et ils se rédimèrent des trente livres de rente qu'ils devaient à raison de ces diverses cérémonies en payant aux marguilliers 600 livres, le 4 mai 1633 (acte Rollet, notaire).
Le jour de l'Octave, une nouvelle procession solennelle se faisait « après vêpres, à 6 h. du soir » (1), dans la ville, puis dans l'église et le cloître. « Pour cet effet », le dimanche précédent, aussitôt après vêpres, les chantres et les bailes parcouraient les rues de la cité, et faisaient avertir « par le bedeau les particuliers devant chez lesquels devoit passer la procession le jeudy, clôture de la Fête-Dieu, afin qu'ils eussent à tapisser». Ils désignaient les endroits des reposoirs, et invitaient « les particuliers voisins à vouloir les faire » (2). La fête venue, les marguilliers, à leur
(1) Délib. du 25 juin 1699.
(2) DéUb. de 1788. — Archives de la Ville.
tour, paraient Tautel de paroisse, y mettaient six cierges blancs et une cassolette pour brûler l'encens pendant la procession. Ils faisaient tapisser de feuillages les murailles du cloître et le côté des piliers ; dressaient deux tables pour y poser des reliques, et à chacune un réchaud avec encens ; faisaient ouvrir Tarmoire de la châsse de saint Amable, et mettre au-devant sur une table un tapis avec deux gros cierges blancs et une cassolette ; et parsemaient le tout d'herbes et de fleurs. Le bureau de la Marguillerie était luimême tapissé pendant vêpres a tant pour y recevoir les fréries que pour s'y tenir. Et pour tendre les tapisseries ou acheter les herbes et feuillages, il en coûtait d'ordinaire 40 sols » (1). La dernière station de la procession avait lieu devant un autel « dressé proche et à droite en sortant de la grande porte de l'église, d'où tout le peuple recevait la bénédiction du Saint-Sacrement » (2). Cette procession, dite de la petite Fête-Dieu, paraît même, par les détails qui précèdent, avoir été entourée de plus d'éclat que celle du jour de la Fête. Les magistrats y assistaient en grande pompe, en particulier ceux de la Sénéchaussée « en robes rouges » (3), Aussi bien, un document achève de nous fixer à cet égard. Le l^"" juin 1717, les bailes font une sommation à M. Sauvageon prêtre et chantre du Chapitre, et à M. Moranges, chanoine et baile du même Chapitre. Ils les requièrent de convenir avec eux de la marche de la procession qui doit se faire le jeudi suivant, « dernier jour de l'octave de la Fête- Dieu, et des rues dans lesquelles elle doit passer, afin que les sieurs bailes aient à faire avertir les companies et corps
(1) Registre des délib., chap. ii.
(2) Délib. du 7 juin 1703. — Une délibération des bailes du 25 juin 1753 indique que ce reposoir était dressé par les soins du bedeau de la frérie, qui recevait à cet effet une somme de six livres. Une autre délibération du 20 mai 1787 montre que ce reposoir était toujours dressé à la même place, à la veille de la Révolution.
(3) Voir notre Sénéchaussée d'Auvergne, p. 349. Dans le tableau des cérémonies de l'église où assiste le présidial, figure cette mention : « Octave (de la Fête-Dieu). Procession, 5 h. du soir. Robes rouges. »
qui ont accoutumé d'assister à la procession, et de faire avertir par leur bedot les particuliers qui ont des naaisons dans les rues où la proce&sion va passer, pour tapisser et orner le plus décemment qu'il sera possible. » Le chantre du Chapitre répond qu'il a indiqué aux bailes, « avant que d'en parler à tous autres, le tour que la procession doit faire ». ïl leur répète a que la procession passera au sortir de l'église dans la rue Mercière, puis dans la grand'rue des Taules jusqu'à la fontaine des Lignes, et de là dans la rue Nette et dans celle du Collège jusqu'au grand portail de la maison des Pères de l'Oratoire, et de là dans la rue Chazeron, dans la grande rue du Palais, pour revenir en droiture dans l'église » (1). Le Chapitre, ajoute-t-il, « a réglé ce tour pour cette année suivant le droit. . . qu'il a exercé tous les ans depuis l'établissement de la procession s>. Les bailes de réclamer contre ce dire et de répliquer « que les choses ne se sont pas passées comme du temps de leurs prédécesseurs, qu'on ne leur a fait aucune sorte d'honnêteté, et qu'on ne leur a pas conmiuniqué la résolution » (2). Quoi qu'il en soit de ces dissentiments, l'itinéraire de la procession est ainsi nettement déterminé, et le soin avec lequel se préparait cette solennité apparaît avec non moins d'évidence.
Puur exciter les fidèles à suivre avec empressement ces pieuses cérémonies, un orateur spécial était chargé de donner une série d'homélies dans l'église de Saint-Amable durant toute l'Octave. La sollicitude apportée à sa désignation, les prescriptions minutieuses établies à cet égard, démontrent quel prix la Confrérie, et avec elle toute la société riomoise, attachait à ces prédications. Les marguilliers, par suite de leur prétention, d'être les vrais successeurs des anciens bailes du Saint-Sacrement, s'étaient expressément réservé le
(1) En donnant aux rues leurs dénominations actuelles, l'itinéraire était donc le suivant : Rues de Saint-Amable, du Commerce, du Collège, Chabrol, de l'Hôtel-de-Ville, de Saint-Amable.
(2) Archives de la Préfecture^ Fonds de Saint-Amable, liasse 5, G. (986-995).
choix du prédicateur. Telle était, aux yeux de tous, Timportance de cette nomination qu'elle devait être faite dès Tins tant de l'élection des marguiliers, laquelle avait lieu le premier jour de Tannée. Autant que faire se pouvait, est-il besoin de le dire? on choisissait un orateur éloquent et renommé.
Tantôt c'était un des religieux de la ville, — Cordelier, Oratorien, Capucin, — ou un chanoine de Saint-Amable, dont la parole avait le don de séduire d'ordinaire la foule. Et si un enfant de Riom s'était acquis au loin une réputation de prédicateur, influences de parenté et d'amitié étaient mises en mouvement pour s'assurer son concours. Par exemple, M. Faydit, docteur en théologie, étant à Riom, reçoit à cet effet la visite de MM. Chabre et Dubois, marguillicrs, le 6 janvier 1674, et accepte aimablement la fonction. Parfois, il est vrai, les démarches, en pareil cas, n'amenaient pas un semblable succès : ainsi, par délibération du 2 janvier 1682, le célèbre P. Soanen, de l'Oi'atoire, est nommé prédicateur ; mais, malgré les instances de ses compatriotes, il s'excuse et se fait remplacer par le P. Azan, oraloi'ien et théologal de la Cathédrale. On revient à la charge auprès de lui le 9 janvier 1684 ; il se dérobe de nouveau et est suppléé par le P. Sulpice, Récollet.
Tantôt, c'était un prêtre ou un religieux de la province, — Oralorien de Clermont, Jésuite de cette ville ou de Rillom, Récollet de Maringues ou de Montferrand, Jacobin de Saint- Flour, Carme de Chantoing, — qui était prié de s'acquitter de la mission.
Tantôt, enfin, on recourait aux contrées éloignées, Amiens, Dijon, Lyon, pour en obtenir des prédicateurs fameux. Le P. Arnoux, riomois et confesseur de Louis XIII, étant venu dans sa ville natale prêcher l'Avent et le Carême, les marguilliers vont prendre congé de lui, et le prient de a leur donner un prédicateur pour l'octave du Saint-Sacrement ». Le célèbre Jésuite accueille leur requête, et leur envoie le P. Lissene en mai 1635, et le P. Jean Raillard en 1636, tous les deux de son Ordre.
Cette exigence dans le choix des orateurs avait donné du prix aux prédications de'l'Octave : aussi l'honneur d'en être chargé était-il vivement ambitionné, et était même de temps à autres l'occasion de discordes entre Congrégations rivales. Le 10 janvier 1666 les marguilliers sont obligés de différer la nomination du prédicateur « à cause du grand nombre des compétitions ». De même en 1668. a Le choix pour l'Octave est accordé, le 2 mars, 1681, aux Révérends Pères Capucins de Riom, et le P. Gardien est prié de donner un bon prédicateur », car, dit une note, « c'est par sort, attendu le partage des suffrages, que son couvent a obtenu cette faveur ». Les Capucins la sollicitent encore pour l'Octave 1704 : on la leur accorde a en désignant le sujet ». Pour rester véridique, ajoutons qu'en 1695 l'enthousiasme paraît s'être refroidi : les marguilliers se plaignent « de la difficulté de trouver des prédicateurs », et arrêtent de faire leur choix avant le 30 décembre de chaque année.
Le droit de concéder un honneur qui suscitait tant d'ambitions était à son tour ardemment convoité. Le Curé do Saint-Amable eût fort désiré en devenir le dispensateur, mais les marguilliers défendaient jalousement leur prérogative. Ils avertissaient assurément le Curé de leur choix, « mais par civilité seulement, et non par devoir ». En 1699 le curé Fouet, — c'était, il est vrai, un plaideur émérite, s'il en faut croire la légende, — s'avisa de prétendre au droit d'être présent à la nomination du prédicateur, « disant que M. le conseiller Aymard lui a dit que cela s'étoit pratiqué ainsi autrefois ». Aussitôt les marguilliers de protester. Ils consultent les titres, et s'assurent que la réclamation est sans fondement. Immédiatement, ils consignent le fait sur leur registre avec cet avertissement solennel : « Ainsi nos successeurs se tiendront sur leurs gardes contre de pareilles prétentions et citations pour se conserver dans leurs droits et privilèges. »
Un prédicateur, nommé au prix de tant de peine et de difficultés, méritait d'être traité avec honneur. La Marguil-
— galerie est aux petits soins pour lui. Elle le « nourrit, commençant au souper de la veille du jour de la Fête-Dieu et finissant au jeudy suivant, iceluy compris, si le prédicateur est de la ville. Mais s'il est étranger, on pourvoit à l'aller quérir et ramener, et par môme à sa nourriture et à son logement durant son séjour. Si le prédicateur est de la ville, outre sa nourriture, il lui faut une chambre proche l'église, dans laquelle il puisse se colliger avant le sermon et s'y reposer après. La coutume est de lui donner la veille de l'Octave environ deux livres ou une livre et demie de confitures. Quant à ses peines, cela n'est pas toujours égal, mais peut aller à 36 livres, outre toutes les autres dépenses ci-dessus » (1). Plus tard, la dépense augmenta. « Au commencement, continue Courlin, on le défrayoit de sa dépense de voyage, de sa nourriture et logement. On régla ensuite ces dépenses à 90 ou 100 livres, suivant la distance; puis, on l'a mise à 60 livres, sauf exception, lorsque les sujets et les égards y portent, d
C'était une lourde charge pour les finances, souvent épuisées, la coutume remonte loin ! de la Fabrique riomoise (2). De généreux donateurs venaient parfois à son secours. En 1623, le P. Théron, jésuite, ayant été choisi, « Madame de Frétât offrit de le loger et nourrir pour décharger la Marguillerie de cette dépense, ce qui fut accepté, et ladite dame remerciée. » D'autres fois, le prédicateur renonçait à tout ou partie de ses honoraires. Le 16 juin 1761, « dom Ghamoux, prieur du prieuré de Sauxillanges, ordre de Cluny, qui a prêché l'octave du Saint-Sacrement et le panégyrique de saint Amable l'année présente, ayant été informé des besoins de la Confrérie et du peu de revenus qu'elle a, a bien voulu la gratifier de la somme de 48 livres provenant de partie de
(1) Registre des délibérations de la Margulllerie, p. 89.
(2) « En 1764, on supprima les sermons de l'Octave de la Fête-Dieu sous prétexte que Messieurs les marguilliers n'étoient pas en état de payer les 60 livres pour l'honoraire du prédicateur. » (Journal d'Antoine Messeix, p. 160, L'Auvergne historique, Riom, Jouvet, 1905).
ses honoraires. Un présent de celle espèce, dit le narrateur, mérite de la reconnaissance. M. Archon de la Roche est prié de vouloir faire au nom de la frérie les remerciements convenables à un pareil bienfait. » Un siècle auparavant, en 1662, M. Courtin, doyen de Saint-Amable, avait refusé d'accepter ses 60 livres d'honoraires. « Après plusieurs contestations de civilités, M. le doyen porta ledit jour, 18 juin, les 60 livres dans le bassin, et y ajouta 11 livres du sien pour contribuer de sa part à la réparation que la Marguillerie vouloit faire dans le cloître pour en prévenir la ruine d (1).
Non moins grande que pour le choix du prédicateur était la sollicitude de la Confrérie pour les désignations des gentilshommes qui devaient accompagner le Saint-Sacrement aux processions extérieures, de la reine de la fête, et enfin des quêteuses chargées de recueillir les offrandes des fidèles.
L'avanl-veille de la Fête-Dieu, les bailes se réunissaient (( chez l'un d'eux pour convenir des quatre gentilshommes qu'on éloit en usage de choisir tous les ans pour porter les cordons du dais aux deux processions des premier et dernier jour de fOctave ». Le choix fait, ils allaient à domicile en aviser les bénéficiaires. Les gentilshommes élus se faisaient un devoir d'accepter : cet honneur leur tenait même au cœur, car souvent ils portaient le cordon plusieurs années consécutives. Chacun d'eux offrait en général 6 livres à la Confrérie ; les plus généreux allaient à 9 et 12 livres (2).
En même temps que « les porte-cordons », les bailes désignaient avec le même cérémonial les a demoiselles » qui devaient faire la quête le jour de la Fêle-Dieu. Nous ne savons si cet usage remontait à une date ancienne. Nous le voyons signalé pour la première fois en 1748. A la procession, les quêteuses marchaient à la suite des bailes, en com-
(1) On trouvera à la fin du chapitre les noms des prédicateurs de l'Octave que nous avons pu relever.
(2) Voir à la fin du chapitre les noms des a porte-cordons » que nous avons rencontrés.
pagnie des femmes de ces dernieis. Le produit de leurs queles était assez variable. Voici le résultat des dernières années du xviii*^ siècle :
1748, h\ livres 3 sols; 1750, 31 livres 19 sols 6 deniers;
1751, 30 livres 16 sols; 1752, 33 livres 2 sols ; 1755, 43 livres 9 sols ; 1757, 94 livres 1 sol; 1759, 75 livres 4 sols ; 1760, 89 livres ; 1779, 24 livres 2 sols 6 deniers ; 1780, 50 livres 16 sols 9 deniers; 1781, 48 livres 5 sols; 1782, 41 livres 9 sols; 1783, 40 livres 7 sols 9 deniers; 1784, 61 livres 18 sols ; 1785, 46 livres 11 sols ; 1786, 39 livres 2 sols ; 1789, 36 livres 19 sols 3 deniers ; 1790, 33 livres 3 sols 3 deniers ; 1791, 31 livres 14 deniers (1).
Enfin, comme dans toutes les Confréries, on mettait en adjudication le « reinage » de la fêle. La plus ancienne mention que nos documents fassent de ce reinage remonte à 1667. De cette date il faut descendre à 1744 pour en retrouver la trace, a Le 4 juin, veille de la Fête-Dieu, dit le registre de la Confrérie, l'adjudication du reinage du très Saint-Sacrement de l'autel a été faite à Madame Maubet de Rioux, épouse de M. Lenormand, receveur des tailles, à la somme de 12 livres, en fournissant aussi son cierge. » Le chiiïie modique des enchères prouve que le reinage était déjà à cette époque peu recherché. Nous voyons effectivement Madame Lenormand demeurer reine les années suivantes, probablement faute de concurrentes. Elle Tétait encore en
1752. Elle eut vraisemblablement pour successeur Madame Chabre, dont nous trouvons le nom pour le reinage en 1758 et 1759; et celle-ci fut sans doute remplacée par l'infortunée Madame Rollet d'Avaux, femme du président au Présidial, qui devait être exécutée avec son mari sous la Terreur. Madame d'Avaux est reine en 1761, et le reste jusqu'en 1790. Elle donnait 18 et plus souvent 24 livres pour son reinage. Aux cérémonies de la Fête-Dieu, et pendant toute l'Octave, la reine précédait les bailes et avait à l'église une place
(1) Voir à la fin du chapitre les noms des quêteuses du Saint-Sacrement.
d'honneur dans le chœur, à côlé d'eux, « à la droite du bas stale, place ordinaire des oiarguilliers, laquelle place, durant cette Octave, est dévolue aux bailes, alors que d'ordinaire les bailes sont à gauche. » Ainsi, le 11 juin 1789, jour de la Fête-Dieu^ nous racontent lesmarguilliers, « Madame d'Avaux et les bailes vont à l'offrande immédiatement après les prêtres et les marguilliers, qui sont partis de leur banc qui est au bas de leur nef. d La dernière reine de l'Archiconfrérie avant la Révolution fut Madame de Soubrany. A la fête, elle se plaça au chœur avec les bailes, a. à gauche, contre l'usage », et offrit également 24 livres à l'Association (1).
La Confrérie employait la majeure partie de ses ressources à rehausser la pompe des cérémonies par la magnificence des vases sacrés et des ornements qui y étaient produits.
« Un grand ciboire d'argent doré faict en carré, enrichi de pierreries en haut d'un crucifix et des images de la Vierge et de saint Jean, et sur le pied, d'un écusson à trois fleurs de lis, dans lequel ciboire est entre deux cristaux l'Hostie sacrée du Corps du Fils de Dieu, Jésus-Christ nostre Sauveur », servait « pour porter solennellement en la procession qui se fait par la ville le jour de la Feste-
(1) Nous pensons que cette dame de Soubrany était la mère du Conventionnel, puisque nous savons [supra, p, 68, 69, note) qu'elle était une associée fervente de l'Archiconfrérie. — Marguerite-Amable Dubois de Macholles, fille de Jean-Baptiste, trésorier de France au Bureau des finances de Riom, et de Françoise Vernaison, épousa, le 3 novembre 1751, Amable Soubrany de Verrières, trésorier de France au même Bureau ; c'est de ce mariage que naquit à Riom, le 17 septembre 17o2, Pierre-Amable Soubrany, d'abord « seigneur de Macholles, Le Puy, Saint-Bonnet, La Tour-Serviat, officier au régiment royal-dragons », puis exalté montagnard. Soubrany fut baptisé à Saint- Jean de Riom, le 18 septembre 1752; il eut pour parrain Pierre-Amable Dubois de Macholles, écuyer, seigneur de Besseix, chevalier de Saint-Louis, capitaine dans le régiment du mestre-de-camp général dragons, son oncle maternel ; et pour marraine, Hélène Bigotteau, veuve de François-Amable Soubrany, à la fois conseiller à la Sénéchaussée et trésorier de France à Riom, son aïeule paternelle. (Voir notre Bureau des Finances^ p. 428, 573. — Renseignements de M. Robert du Corail).
Dieu, à celle de rOclave (jiii se lait dans l'église, pour l'exposition du Saint-Sacrement durant TOctave de ladite feste et autres occurrences, et aussy pour les bénédictions qui se font en Faulel de paroisse le dimanche à l'issue de vespres, ou les jeudys à l'issue de la messe du Saint-Sacrement. » Dans les grandes solennités, le célébrant usait encore d' « un calice argent doré tout uni, ayant un écusson au pied, où est représenté un calice et une hostie avec ce mot Riom, sous le pied duquel est écrit comme il a été fait en l'année 1628 aux dépens de l'ancienne frérie du Saint-Sacrement, de laquelle étoient alors bailes Messieurs Mouchon, prêtre, Reynaud, Robert et Valette, et aussi sa platine d'argent doré uni, deux burettes d'argent trop minces et légères )).
Le « vizoire » fut refait le 24. février 1763 (1). L'année suivante, un sieur Houdinet de Paris envoyait « comme cadeau, de la part d'un anonyme, une exposition pour le Saint-Sacrement, ornée d'une aigrette et plume et d'une glace », à charge par la Confrérie « de la prêter pour le reposoir du Jeudi-Saint dans l'église, mais non pour ceux qui se font dans la ville le jour de la Fête-Dieu », car, disait le donateur, « elle est trop fragile pour la faire courir » (2).
La Confrérie possédait trois dais pour honorer la marche du Saint-Sacrement. Le premier, le plus modeste sans doute, était laissé par les bailes, « avec un falot et deux clochettes, au pouvoir y> du curé de Saint-Amable, « pour servir au convoi du Saint-Sacrement dans la ville )> , lorsqu'on le
(1) « Le 21 août 1763, troisième dimanche du mois et fête de Notre- Dame de Bonne-Mort, raconte le bourgeois Messeix dans son journal, le nouveau vizoire fut exposé. Il fut fait par le sieur Dulaur, par les soins de M. Brughat, conseiller, Dufour, avocat, Barthélémy, notaire, et Breschard, marchand, marguilliers. Des âmes charitables donnèrent des fonds; il fut fait une quête ; il coûta 4500 livres ». {L'Auvergne historique, Riom, Jouvet, 1905, p. 158).
(2) Le port en coûta 19 livres. « Le 19 avril, jeudi saint, écrit Messeix, la niche pour le Saint- Sacrement dont on a fait présent parut au reposoir de Saint-Amabie. On ne sait qui en a fait le don, ni ce qu'elle a coûté. Elle est en bois doré, il y a une glace au fond. » {Ibid., p. 159).
portait aux malades et aux agonisants. Le second était employé à la procession dans Téglise le troisième dimanche du mois. Le dernier enfin,' le plus somptueux, était destiné aux processions de la Fête-Dieu. Il était en velours cramoisi. Mais, en 1757, les bailes observent que, « d'après l'usage du diocèse de Clermont, les prêtres ont des ornements verts lors de la Fête-Dieu, à la procession qui se fait dans la ville ce jour-là, ainsi que le jour de l'Octave d, et que la couleur du dais cause a une espèce de difformité »: il importe de se procurer un nouveau dais. Les bailes mettent donc aux enchères « les dentelles, galons et crépines de l'ancien, qui, d'après les poids et balances servant à la police, pèsent sept livres trois onces ». Ils mandent les orfèvres Stromont, Dulaure et Amy, et le marchand Pichot pour enchérir. Ceux-ci achètent le tout au prix de 416 livres qu'ils paient comptant. Pichot offre ensuite, pour confectionner le nouveau a pavillon » , une étoffe à fond d'or, parsemé de petites fleurs vertes, de 60 livres l'aune. Son échantillon plaît ; on lui achète, séance tenante, deux aunes trois quarts de cette étoffe au prix de 165 livres; et le marchand fera venir de Lyon une frange d'or.
Le 26 mars, la frange est arrivée. Elle pèse 4 marcs 6 onces, ce qui, à raison de 75 livres le marc, représente une dépense de 365 livres 5 sols, plus 5 sols par once pour le bénéfice de Pichot. La caisse de la Confrérie est épuisée; mais le baile Solignat avance « ce qui manque pour payer le marchand, ainsi que le brancard et châssis du dais, ferrements, taffetas, toile, soie pour les doublures ». Il fera même venir « quatre pommes dorées pour placer aux quatre coins du dais i), et enverra à Paris les plumes de l'ancien pour être reteintes et raccommodées (1).
(1) Ce dais fut porté pour la première fois à la procession de l'année 1757. Son apparition fit sensation parmi les habitants. Le P. Tiolier, cordelier, et le bourgeois Antoine Messeix y consacrèrent chacun une mention dans leurs journaux. « Les baisles du Saint-Sacrement, écrit le premier, ont fait faire un dais qui est assés riche. M. le doyen a fait faire des habits pour des jeanes gens qui jettent des fleurs devant le Saint-Sa-
Les mesures ont été mal prises, et il se trouve que « rétofle du nouveau dais n'est point assez haute ; ses pentes se trouvent trop raccourcies ». Il convient donc d'acheter une étoffe de draj) d'or pour les allonger; et « pour cacher la couture, on posera une frange d'avec festons, ce qui donnera une nouvelle grâce au dais d (16 avril 1758). El, « comme il est essentiel de ne rien négliger pour donner au dais toute la perfection nécessaire », M. Solignat fera toute diligence pour que le tout soit prêt avant la Fête-Dieu.
Chaque année le dais était monté et démoulé, et chacune de ses parties soigneusement enfermée dans des « boîtes » de sapin ou de chêne. Le serrurier chargé de ce travail recevait 40 sols.
Les ornements sacerdotaux étaient en rapport avec la richesse du dais. Une délibération du 7 juin 1676 avait réglé tout ce qui les concernait ; et pour les conserver plus soigneusement, les bailes avaient demandé aux marguilliers de leur prêter l'armoire de sûreté, qui avait été faite « proche la porte du clocher, à dessein d'y mettre la chasse de saint Auiable dans le temps de l'appréhension de la chute de réglise » (1).
De généreux donateurs se plaisaient, au reste, à enrichir
le trésor de la Confrérie. En 1702, Monsieur Jacques Boyer,
écuyer, conseiller du Roi, assesseur au Présidial, lui offre
<i trois chapes de velours cramoisi ciselé, fond d'or et d'ar-
crement aux processions. Le tout a paru à la Feste-Dieu et à la saint AmaJjle avec éclat » (1757). — a Le 9 juin 1757, jour de la Fête-Dieu, raconte le second, il parut à la procession le dais que M. de la Roche, conseiller, Brugière, avocat, Jurieu, procureur, et Solignat, marchand, bailes de l'Archiconfrérie du Saint-Sacrement, avaient fait faire. Les quatre cordons furent portés par MM. Delavillatelle, Dubois-Lamothe, Georges de (lOurdon et Depons. Il y eut à cette procession six enfants portant chacun un (încensoir, six portant chacun une corbeille de fleurs, un maître de cérémonies et deux portant une sainte. Ils portaient des robes de taffetas couleur verte et rouge, avec des franges d'or et chacun une couronne. Cette dépense fut faite aux frais de M. Pellissier, doyen de Saint-Amable ». {L'Auvergne historique, Riom, Jouvet, 1904, 1905, p. 41, 145).
(1) Délibération de la Marguillerie du 2 juin 1681.
gent, et des galons à franges d'argent, deux chasubles, deux étoles et manipules de même velours, galons et qualité. i> En reconnaissance, les bailes cèdent à la famille Boyer et à perpétuité <i le banc à quatre places appartenant à la Confrérie et occupé par les bailes pour entendre la messe de paroisse et le sermon, situé au devant du banc de Messieurs du Chapitre en descendant du chœur dans la nef (1), ladite concession faite du consentement des marguilliers qui ont promis, en considération duquel délaissement qu'ils ont fait pour l'honneur et avantage de l'église, de concéder aux bailes le premier banc vacant convenable. » En attendant, ils leur permettent a d'user d'un banc portatif et de le placer dans l'endroit qu'ils trouveront propre ». Et en échange, les bailes promettent « de prêter à la Marguillerie, les jours de fêtes solennelles et autres jours de cérémonies extraordinaires, une chasuble pour la messe de paroisse, et une des trois chapes à M. le Curé lorsqu'ils prêteront les chapes au Chapitre » (2).
La sollicitude des bailes, sous ce rapport comme sous tous autres, était toujours en éveil. L'un d'eux représente , le 6 mai 1760, « qu'il seroit indécent de se servir plus longtemps des aubes qui servent aux processions et messes du Saint-Sacrement : ell^s sont en mauvais état par vétusté et déchirées ». On s'occupe donc de les remplacer ; les vieilles sont vendues « à grand'peine 6 livres ; à peine vouloit-on en faire l'acquisition y> ; et, pour en confectionner six neuves, on achète 35 aunes de toile à 3 livres plus 2 sols pour livre de bénéfice en faveur de la marchande, la femme Galeyraud.
Grâce à ce zèle soutenu, la Confrérie était parvenue à se constituer un mobilier important. Un inventaire de 177Gen donne l'énumération :
a Deux petits chandeliers ou bougeoirs en argent , à l'antique ;
(1) Ce banc avait été concédé aux bailes par les marguilliers le 20 juin 165b.
(2) Délibération de la Marguillerie du 9 juillet 1702.
j> Une niche qui a une glace au fond avec sa caisse ;
» Une boîte de sapin, où sont les aigrettes noires et rouges pour le dais ;
» Une boîte de chêne, où. sont les aigrettes blanches pour le dais ;
D Une boîte de sapin, oi^i sont les courtines du dais, d'étoiïe en or ;
3) Les quatre piliers, les traverses et le dessus du dais pour la Fête-Dieu ;
» Six aubes, cinq amicts et cinq cordons ;
y> Une nappe d'autel sans bords ou non garnie, et une autre avec ses bords et garniture sur mousseline ;
» Un ancien dais qui servait autrefois à la procession dans réglise les troisièmes dimanches du mois ;
D Un linge pour l'exposition du Saint-Sacrement ;
D Six chappes de velours cramoisy, dont trois ont les devants en étoffe en argent, et les autres tout uni et en cramoisy ;
» Six dalmatiques, une chasuble et une chape qui sont l'ancien ornement du troisième dimanche ;
3) Six dalmatiques de velours cramoisy ;
» Deux petites de la même étoffe ;
» Trois voiles de la même étoffe ;
» Trois chasubles de la même étoffe ;
y> Deux écharpes, une de satin en gris et l'autre d'étoffe en argent ;
» Une bourse pour mettre le calice en même étoffe ;
D Des chasubles et dalmatiques, aussi même étoffe, garnies de leurs étoles et manipules ;
» Un paquet de pièces de velours cramoisy ;
» Une corbeille de joncs, un tapis de Turquie ; une petite échelle ; le tapis est autour de la chaire de Saint-Amable, et l'échelle sert aussi à la chaire : Messieurs les marguilliers nous les ont empruntés;
y> Huit courtines de velours cramoisy comme l'ornement
cy-devant^ dont quatre avec leurs franges en argent, et les quatre autres avec des franges en soie ;
» Un ancien devant d'autel aussi en velours cramoisy, garni de franges en argent. Messieurs les marguilliers nous ont aussi emprunté lesdits objets ;
» M. le curé de Saint-Amable a en son pouvoir un dais qui sert au convoi du Saint-Sacrement dans la ville, fourni par les bailes, un falot et deux clochettes ;
» Un banc en sapin où les bailes se placent pour recevoir les fréries et libéralités ; lequel banc a un coffre qui sert à tenir les flambeaux. Au devant du banc est une grande table en chêne ;
j Un porte-falot en fer arrêté dans le mur, à côté de la place ou du banc des bailes, en entrant dans la nef de Téglise, à main droite ;
D Grand plat ou bassin en étain qui a les armes du Saint- Sacrement ;
» Une baleine ou verge pour le bedeau, garnie en argent ;
» Deux robes pour le bedeau, une bonne et une mauvaise, avec une plaque en argent; le Saint-Sacrement est gravé dessus ; et un bonnet carré pour le bedeau ;
» Une grande armoire au fond de la chapelle de M"'^ Rollet de Mirabel, attachée au mur, faite en 1769, qui a coûté près de dix louis d'or. Elle a trois ferrures. Tous les objets cidessus y sont enfermés, d
En dehors de la Marguillerie qui, on vient de le voir par cet inventaire, ne dédaignait pas de faire des emprunts à la puissante Association, les autres Confréries recouraient souvent à sa bienveillance pour parer avec décence statues et autels le jour de leurs fêtes. Les bailes du Saint-Sacrement consentaient ces prêts moyennant redevance : témoin certaines mentions de leurs registres. « Pour prêter la niche à Saint-Roch, 2 livres. — Reçu de la Bonne-Mort pour la niche, 1 livre 10 sols. — Des boulangers pour la niche, 2 livres, d
Pour veiller sur le trésor, comme pour servir les bailes
el les associés, la Frérie avait un bedeau spécialement affecté à ses besoins. Le 19 mars 1747, c'est un nommé PYeydefont qui est investi de ces fonctions, aux gages de trente livres et à charge « d'entretenir les ornements et de distribuer les billets aux confrères pour l'adoration du Saint-Sacrement ». On lui accorde en outre « deux sols pour livre des sommes qu'il recevra dans la ville, soit des confrères qui ne paient pas leur frérie au banc, soit de toutes autres personnes qui lui donneront pour dévotion d. Le modeste serviteur éprouve, quelques années après (2o juin 1753), un terrible accident: il se fracture la jambe si malheureusement qu'on est obligé de l'amputer. Il ne peut survivre à l'opération. Sa veuve éplorée sollicite de la bienveillance des bailes qu'on lui laisse les attributions confiées à son mari : elle fournira un homme qui fera les fonctions de bedeau aux enterrements, aux processions et à l'église; mais elle remplira les autres devoirs de la charge. Comme elle a trois enfants, el que la Confrérie n'a eu qu'à se louer des services de Freydefont, cette requête est accueillie : la pauvre veuve recevra 30 livres de gages, plus trois livres pour remplir les billets du Saint-Sacrement et les distribuer aux confrères, « et 6 livres que nos prédécesseurs ont accoutumé de payer au bedeau pour faire ou faire faire le reposoir devant l'église de Saint-Amable le jeudy de la petite Fête-Dieu ». En 1787, « la Freydefont » a vieilli ; ses forces ne suffisent plus à la besogne; son salaire est réduit à 10 écus. I^e bedeau, par contre, reçoit 25 livres, a sur quoi il sera chargé de tout le blanchissage du linge ». Tous les deux devront s'entendre pour la façon du reposoir de l'octave de la Fête-Dieu, sans pouvoir exiger de rétribution spéciale. Mais dorénavant « l'enregistrement des confrères et la recette des Confréries ne se feront plus par le bedeau, qui, par un abus qui s'étoit introduit depuis quelques années, alloit, après l'Octave, avec le registre des recettes, chez les confrères qui n'avoient pas payé leurs confréries. Ce registre demeurera toujours au pouvoir des bailes qui seuls enregistreront et recouvreront pendant ou après l'Oc-
lave, au banc d'œuvre ou dehors. » Le bedeau en titre, vers cette époque (1788), s'appelait Basqui. Au moment de la Révolution, c'est un nommé Bas qui remplissait ces fonctions
(10 mai 1792).
Comment la Confrérie pouvait-elle satisfaire aux dépenses occasionnées par les fondations de messes, de saluts, de prédications, et par toutes les cérémonies intérieures ou extérieures auxquelles elle participait ?
Avant l'expropriation de ses biens par la Marguillerie de Saint-Amable, la chose lui était aisée : ses ressources étaient considérables, grâce aux nombreuses libéralités qui avaient afflué vers elle. La liste des vieux terriers dont Courtin nous a gardé l'intitulé le prouve surabondamment :
« Un vieux terrier des cens et rentes en directe deubs à l'ancienne frérie du Corps de Dieu annexée à la Marguillerie, couvert de parchemin , contenant sept vingt-six feuillets, dont y en a cent quatorze écrits, où sont plusieurs reconnaissances, la première par Michel Barse, du 26 novembre 1486, reçue par Jaquier, et la dernière par M'^ Gonnin Chalavet du 29 septembre 1488, reçue par Gauchier, ledit terrier commençant par ces mots : C'est le terrier des cens et rentes ;
» Autre terrier de cens et rentes deubs en directe à ladite ancienne Confrérie du précieux Corps de Dieu, unie à la Marguilllerie, couvert de basane, où sont plusieurs reconnaissances, la première par Jean Heyraud du 9 avril 1504, reçue par Villet, et la dernière par Richard Binet, du 21 décembre 1505, reçue par Bertrand. . .;
y Autre terrier de cens et rentes deubs en directe à ladite Confrérie du précieux Corps de Dieu unie à la Marguillerie, où sont plusieurs reconnaissances, la première par noble homme Amable de Seruvel (?j, sieur de Palerne, du 18 septembre 1533, reçue par Faige, et la dernière par Guillaume Sauvena, du 18 avril 1543, reçue parimbert ;
i) Le commencement d'autre terrier des cens et rentes en
directe desdites confréries du précieux Corps de Dieu et Saint-Amable, où sont plusieurs reconnaissances en minute, la première par Toussaint, du 17 septembre 1597, reçue par Sauron, et finissant par un acte de guerpine (?), fait par Anne Fonteix le 20 septembre 1603, reçu par ledit Sauron ;
y> Autre terrier des cens et rentes dues en directe à ladite Marguillcrie de Riom, à cause des susdites deux confréries du Saint-Sacrement et de Saint- Amable y annexées, où sont plusieurs reconnaissances faites en 1628 et autres ensuivantes pardevant Chevilhat, notaire royal. »
Il est intéressant d'ouvrir ces vieux terriers et d'en extraire la longue nomenclature des contrats où a figuré avant 1570 notre Confrérie: nul autre témoignage ne pourrait établir plus utilement la popularité et l'opulence dont elle jouissait à cette date reculée:
« Du mardy après la iêle Saint-Gérald 1320, directe sentence de M. l'official de Clermont entre les bailes de la frérie de la Fête-Dieu et Etienne Pilos, de la paroisse de Cellule, portant reconnaissance d'une émine froment de cens en directe sur une terre à la Mucheyras, alias de las Peyrousas, ladite émine faisant moitié d'un septier, vendu auxdits bailes tant sur lad. terre que sur une vigne au terroir de l'arbre de Saunât ;
» 1343-1387. Vente faite, du consentement du bailli d'Auvergne, par les bailes de la Confrérie des torches du^ Corps du Christ, d'une maison léguée à cette Confrérie par Etienne Bertrand, que ladite Confrérie, étant de mainmorte, ne peut conserver qu'un an et un jour, suivant la coutume ;
» Echange entre les bailes de la Confrérie de la chandelle ou roue du Saint-Sacrement et Guillaume de Malauhat. Les bailes cèdent une terre qui leur avait été donnée par Guillaume, et celui-ci cède un cellier à Riom, payant déjà à la Confrérie un cens... Il s'en réserve l'usage durant sa vie. Toutefois, les bailes pourront y placer leur arche et y entrer à leur gré pour vendre leur blé.
j> 1349. Donation par Pierre Bompar à Guillaume Garguille
d'une maison, sise à Rioni, laquelle doit un cens d'une demiquarte froment à la Confrérie du Corps de Dieu.
» Janvier 1355. Vente aux bailes de la frérie de Corpore Christi qui se célèbre le dimanche d'après la Toussaint par Jean Ulin de Sardon moyennant 19 livres, savoir: de trois quartes froment de cens en directe sur trois pièces de terre aux terroirs de Meillever, Fontrenit, Charensat.
» 1388. Bail emphytéotique consenti par les bailes du Saint-Sacrement à Jean Pauget et Guillaume Clément d'une vigne à Cereix, moyennant le cens d'une quarte froment.
» 22 juillet 1396. Vente et adjudication par les officiers de Vaux-ès-Limaigne, au profit des bailes de la frérie du précieux Corps de Dieu, de plusieurs héritages mouvant de leur directe et terroir de Charensat, la Pradat, Danyllat et Casseires.
» 19 juin 1401. Reconnaissance par Simon Ebrard de Sardon de tenir des bailes de la frérie de Corpore Christi trois quartelées de terre au terroir de Champreat, au cens de quarante... froment.
î> 1403. Vente aux bailes de la Feste-Dieu par Hugues Guidon d'un setier froment de cens en directe à luy deub par Jean Cluzel, alias Liabœuf, et Jean Redon, sur deux septerées de terre au terroir de Lasguelas, de las Morjas et de Paleilla, lad. rente moyennant 13 livres, et en considération et participation de la messe des jeudis.
j> 7 novembre 1408. Délaissement par les bailes de la frérie de Corpore Christi d'une émine froment de cens et rentes en directe à eux due sur une sesterée de terre à Courriat, moyennant la cession à eux faite d'autre émine sur Guyonnet, avec pouvoir à Guyonnet de s'en acquitter en payant aux bailes cent sols dans le temps à lui préfix par son contrat.
» 13 juillet 1410. Vente aux bailes de la frérie de Corpore Christi^ par Jean Pourthet, bourgeois de Riom, de trois émines froment faisant moitié de trois sestiers froment de cens en directe, à lui et à Durand Pourthet, son frère, due par Pierre Courtial et Jean Nohat d'Auchier (du Cheix-sur-Morge), sur
six septerées de terre au terroir de las Lnas, moyennant onze livres payées comptant.
» 6 août 1411. Vente aux balles de la frérie de Corpore Christi par Pierre Gavini, charpentier des Martres-sur-Morge, d'un sestier froment en directe sur deux septerées et demie de terre aux Listes, plus sur trois éminées de terres au terroir de las Peyssoitas, moyennant 9 livres.
» 8 juin 1425. Cession par les bailes de Corpore Christi à ceux de la frérie du Saint-Esprit, d'un sestier froment en directe, à le prendre des trois septerées léguées par Louis Mave, pour par les bailes de la frérie de Corpore Christi avoir l'usage des vases et lieu pour tenir bled et vin dans la maison neuve du Saint-Esprit, dont pour raison de ce ils payoient annuellement au Saint-Esprit un septier de blé froment ou trente sols pour la valeur d'icelui.
» 22 février 1447 et 26 janvier 1451. Deux contrats de reconnaissance et vente d'une émine froment de cens en directe au profit des bailes de la frérie de la Fête-Dieu par Sébastien Coissard et Durand Mauvas sur six œuvres de vigne à Mirabel.
D 5 septembre 1461. Vente aux bailes de la frérie de Corpore Christi par les consorts (?) du C ha u four, paroisse de Cellule, d'une quarte de blé froment de cens en directe sur trois septerées de terre à la Peyrouse moyennant 50 sols.
D 22 février 1462. Echange par lequel les bailes de la frérie de Corpore Christi baillent à Robert Détroussât. . . froment de cens faisant partie d'une émine à eux due sur six œuvres de vigne à Mirabel, et ledit Détroussât aux bailes pareille quantité de froment de cens sur deux septerées à la Bedoyre et une terre au terroir de Béai.
1) 17 janvier 1469. Contrat par lequel Michel et Jean Mercier confessent tenir des bailes de la frérie de Corpore Christi six septerées de terre au terroir de Layat au cens d'une émine froment en directe. lis s'obligent en outre de bailler chacun an aux dames administroresses de la roe (?) de Nostre-Dame et de l'aumosne des pauvres de Riom une
quarte chacune, sans directe ; le tout provenant du légat fait à ladite frérie, roe.de Nostre-Dame et aumosne, par Joanelte Daniel. — Le 2 mars 1504, les dames de TAumosne ont cédé aux bailes leur quarte moyennant 50 sols payés comptant.
» 19 janvier 1470. Vente d'une quarte froment en directe à la frérie du Saint-Sacrement par Pierre Bony de Puichany sur une septerée de terre aux Rivades moyennant 50 sols.
y> 9 décembre 1476. Echange par lequel les bailes de la frérie Corpore Christi baillent à Jean Brugière, notaire, moitié par indivis d'une maison au quartier de Naigueperse, en prenant de lui une émine froment de cens en directe, rachetable moyennant 5 livres.
» 11 octobre 1486. Contrat d'emphytéose par les bailes de la frérie du Corps de Dieu à Jean Eymcry, dit Guillen, prêtre de la Moutade, pour . . froment de cens en directe sur une terre aux Pôles.
» 29 septembre 1488. Reconnaissance par Gonnin et Annet Chalavetz de tenir de la frérie de Corpore Christi une septerée de terre aux Renaudes au cens d'une quarte froment.
D 12 février 1491. Vente aux bailes de la frérie de Corpore Christi moyennant 50 sols par Pierre Martin d'une quarte froment de cens en directe due par Antoine Roy sur des terres à Villeneuve, Pollerande, terroir d'Audenoux.
» 21 octobre 1497. Vente aux mêmes par Michel Fereyrol, natif de Riom et procureur au parlement de Tolose, moyennant dix livres, d'un septier froment de cens dû aux Martressur-Morge, terroir de Rouzat, par Martin Franc et autres.
» 6 décembre 1502. Vente par Pierre Brunel, laboureur des Martres, de 3 quartes froment de cens en directe moyennant 7 livres 10 sols.
D 16 décembre 1503. Vente par Guillaume Bouteille, des Martrcs-sur-Morge, de trois quartes froment de cens en directe moyennant 7 livres 10 sols.
» 15 septembre 1504. Revente par les bailes à Louis Brunet, des Martres-sur-Morge d'une partie de sa rente.
» 28 avril 1507. Vente de 2 sepliers froment en directe par Antoine des Martinets, avocat, moyennant 20 livres.
» 10 décembre 1308. Vente de 3 émines froment de cens en directe sur maison, jardin et coui'tial à Epinet, par Pierre Boudillat d'Espinet, moyennant vingt livres.
» 25 juin 1509. Vente par Pierre et Bonnet Olives de Gerzat moyennant 12 livres d'un septier froment.
» 10 juillet 1513. Reconnaissance de froment de cens en directe.
» 28 août 1514. Ratification de rente de froment par Martin Mosnier et Jean Rlanchon, de Marsat.
» 23 juin 1515. Vente d'un septier par Antoine Aymé, notaire, de Chappes, moyennant 12 livres 10 sols.
» 15 juillet 1520. Vente par Jean Faugeyrat de Guille- Gostrent d'une émine froment moyennant 6 livres 6 sols.
7> 25 juillet 1520. Vente par Jean Tixeron, notaire de Châtelguyon, de trois quartelées de terre aux appartenances du Mas> terroir du Rivât, moyennant 6 livres 6 sols, appartenances de Davayat.
5) 25 juillet 1520. Vente par Louise Auclerc, moyennant 10 livres en principal et 6 sols pour loyaux coûts, de trois quartonnées de terre au même lieu.
■» 19 septembre 1520. Vente par Antoine Faure, pelletier d'Aigueperse , et François Faure , son frère, prêtre de la même ville, hoirs de Gaspard Bourdier, moyennant 16 et 17 livres, de trois quartes froment de cens en directe.
» 13 octobre 1520. Vente par Antoine Gavy le vieux d'un septier froment de cens en directe moyennant 14 livres.
» 16 février 1521. Revente par les bailes à Amable et Claude Dauvates d'une quarte et demie froment de cens à eux due moyennant 6 livres.
» 28 août 1523. Vente par Jean Monte, notaire à Riom, moyennant 30 sols, de trois quartes froment de cens due par Antoine Aubert du Johannet de Glerlande. — Vente par le même de. . . froment de cens dû par le même, moyennant 30 sols.
— ilO —
» 29 avril 1526. Vente à la frérie, moyennant 40 livres, par Antoine Alon d'une maison au quartier de Saint-Amable, en la ruelle appelée Saint-Genès. Les bailes revendent cette maison le 23 septembre 1527 à Antoine de Cusse, couturier de Riom, moyennant 45 sols de rente.
» 27 juin 1528. Vente moyennant 17 livres, par Martin Brugière, laboureur des Marties-sur-Morge, d'un septier froment en directe sur des prés, saussaie et terre aux Martres, terroir de Prébas et de Coslerousses.
D 1'^'" mai 1529. Vente par le même d'une émine froment sur terre et pré à Laschamps et Charensat, moyennant 18 livres.
)) 2 octobre 1529. Transaction entre les bailes et Jean Pastural, marchand de Montferrand, sur des quartes de froment à cens dues par Pierre Bourdillon, d'Espinet.
» 13 octobre 1529. Vente d'une émine froment par Claude Estayon sur terre à Fontdoyan.
D 24 novembre 1529. Vente par Antoine Moustonne et Jean Valeix d'Enval d'un septier froment sur vignes au Riacou, moyennant 16 livres.
3> 30 août 1530. Adjudication aux bailes, pour cens non payés, d'une maison à ti'ois étages et d'une chambre dans le fort de Chappes. Ils les donnent à nouveau cens à Antoine Aymé de Chappes.
» 5 janvier 1532. Vente par Michel Don d'une quarte froment sur une terre à Beauregard, terroir de las Gravas, moyennant 6 livres.
» 9 janvier 1533. Reconnaissance de trois quartes froment par Durand Bouteix sur terre au Soucharet.
)) 7 mars 1534. Emphytéose à Austremoine, Jean et Georges Condat d'une terre à Tournoile, terroir de la Garnière, au cens de 17.
» 2 août 1535. Sentence du Sénéchal d'Auvergne affectant la maison de Christophe Dubois et Gilbert Albuy, au quartier Saint-Jean, au cens d'une émine froment léguée à la frérie par Amable Albuy-Carrias.
î 11 juin 1536. Reconnaissance de cens sur une vigne à Arbouze par Amable Blanc et Honoré de France.
» 2 mars 1538. Vente à Antoine Mazuer, laboureur de Gimeaux, d'une éminée de terre au Mas, justice de Vaux, appartenances du Mas, moyennant une rente d'une quarte de froment.
» 12 mai 1538. Transaction avec Jean Martin pour le cens d'une émine froment sur une vigne à Mozat.
D 11 septembre 1539. Vente pour 16 livres par Antoine Mazuer, tanneur, d'un septier froment sur une vigne à Riom, terroir de Vaussigny.
y> 1540. Echange duquel il résulte qu'il est dû à la frérie une quarte de froment sur une vigne à Mozat, terroir de Peyraubbe.
D 7 juin 1543. Constitution de 3 livres 6 sols de rente par DaupUine Chavrier, veuve de Claude Bouquet, moyennant 65 livres.
» 29 août 1544. Vente par Marie Montroy et Priest Pourchier, de Volvic, village de Villarde, moyennant 16 livres, d'un septier froment sur vigne à las Crozas.
D 2 janvier 1546. Echange avec François Barrât. Les bailes lui délaissent 8 (?) de cens qu'il leur devait, et lui paient cent livres pour avoir 5 œuvres de vigne au grand puy de Layat.
» 25 février 1547. Vente par Martin Eptier et Antoine Franc de Varennes d'un septier froment sur une terre moyennant 16 livres.
» 22 juillet 1548. Vente par Antoine Jabot et Georges Ardelier, de Mozat, d'un septier froment sur une vigne à Chauriat et une grange à Mozat, moyennant 16 livres.
» 25 juillet 1548. Vente par Pierre Vaure et Antoine Dutaix, d'Enval, de 6 quartes froment sur terre à las Tavernas et jardin aux Pradeix, moyennant 34 livres.
» 1550. Sentence du Sénéchal pour cens dus par André Fournier, de Marsat. »
Nous avons à dessein éliminé de cette liste les contrats de
donations : il nous a semblé qu'une mention particulière devait leur être faite^ alors surtout qu'il s'agit d'une époque aussi lointaine.
La plus ancienne libéralité dont nous trouvions l'acte remonte au 16 décembre 1404 : Pierre Viscal, dit Ardillon, et Guillaumete Gênez, sa femme, donnent à Durand Paleyran, prêtre, leur maison sise au quartier de Saint-Amable, et un coffre de chêne, sous réserve d'usufruit au profit de la donatrice. A la mort de celle-ci, le donataire jouira de ces biens, et après lui, celui des siens qui sera prêtre, à la charge de prier Dieu pour les âmes des donateurs et de dire chaque jeudi une messe de mort. Le bénéfice de la donation appartiendra ensuite à la frérie de Corpore Christi, qui pourra le conférer à d'autres prêtres, aux charges qui viennent d'être énoncées.
L'année suivante, 28 octobre 1405, Jean Tira vache, alias Blanc, et Marguerite Malmuride , sa femme, fondent une messe à perpétuité que dira un membre du chapitre de Saint- Amable, chaque vendredi, en l'honneur de la Croix. Ils spécifient que cette messe sera célébrée à l'autel du Corps du Christ, et ils chargent les bailes du Saint-Sacrement de veiller à l'exécution de cette fondation. Le Chapitre accepte ces conditions, comme l'atteste le document suivant :
Nous Pierre, par la grâce de Nos Petrus, Dei et Sanclae
Dieu et du Saint Siège apostoli- Sedis Apostolicae gratia, humilis
que, abbé indignedumonastèrede Abbas monasterii Sancti Amabi-
Saint-Amable de Riom, de l'Or- lis de Riomo, sancti Aaguslini
dre de Saint-Augustin, diocèse de Ordinis, Glaromontensis dioce-
Clermont, et toute l'assemblée du sis, totusque conventus eiusdem
même monastère convoquée et monasterii in capitule nostro ad
réunie unanimement dans notre sonum campanse more solito ,