Chapitre, le 28^ jour du mois octava die mensis octobris, anno
d'octobre, l'an du Seigneur 1405. Domini millesimo quatercente-
Et scellé de cire verte aux ar- simo quinlo. Et scellé de cire
mes dudit sieur abbé. verte aux armes dudit sieur abbé.
Le 9 juin 1411, les mêmes époux Tiravache-Malmuride fondent dans des termes analogues une messe de beata et gloriosa Dei Geniirice Maria, à dire chaque samedi, à Tautel de paroisse, dit de Corpore Christi, après la première messe.
Le 31 août 1406, Michel Prade, laboureur, avait donné à la Confrérie sa maison sise hors la ville, quartier du Pont, et tous ses autres biens, meubles ou immeubles, à la charge de le nourrir et entretenir et de le faire enterrer avec honneur dans réglise de Saint-Amable.
Le 23 juin 14G6, Jeanne Costant, veuve de Michel Barthélémy, donne à son tour à la frérie de Corpore Christi une quarte froment de cens en directe sur des prés à Orchier (le Cheix), terroirs de Pratredon et de Pratznaultz.
Au siècle suivant, Anne d'Albuyne. dite Carias, femme de Guillaume Guolphier, marchand de Riom, lègue à la Confrérie du Pavillon une émine froment de cens sur sa vigne de Laval (1524) ; Antoine Ojardias lui donne aussi une quarte froment sur une vigne « en laquelle sont entrelacées certaines parcelles », à Mozat, terroir de Peyraulbe, à la charge d'assurer son enterrement (1542) ; et Jean Communal, prêtre de Riom, deux émines froment de cens en directe sur sa maison au quartier de Saint-Amable (4 juin 1547).
Nous arrivons maintenant aux « vicairies », c'est-à-dire aux fondations de services perpétuels célébrés par un prêtre qui était désigné par le fondateur ou par les soins de personnes ou associations choisies par lui.
La Confrérie du Saint-Sacrement était titulaire de trois de ces fondations.
Le 16 avril 1513, Benoît Monichon, prêtre, en établissait
une « à raulel Saint-Jacques, proche rentrée de l'église, pour dire tous les dimanches une messe basse, en présence des bailes de la l'rërie de la Fêle-Dieu, ad honorem Corporis Chrisli et discrelionem ipsorum bajidorum î>. Les bailes avaient la présentation du prêtre chaigé de la célébration des messes, et la collation du bénéfice appartenait à Fabbé de Saint- Amable. Pour assurer Texéculion de sa libéralité, le fondateur donnait à la frérie deux quartes froment de cens en directe, assignées sur une vigne à TAngleyre et une terre à Ghamrosse. Le vicaire jouissait a de la maison, vergier et aise du donateur, sise rue Saint-Genès )>, de deux journaux de terre aux Maréchaux, d'une œuvre de pré à las Liradas, de deux coupes et demie froment en directe sur une terre à las Chervillas, et de cinq quartelées de terre à Bourrassol, terroir d'Escorchevache : il était tenu de distribuer annuellement, pour une grand'messe au même autel de Saint- Jacques, savoir: à chaque religieux 3 deniers, à chaque prêtre 2 deniers, et à celui qui aura dit la grand'messe 2 sols ; en outre, le jour de Saint-Benoît, au mois de mars, à chaque religieux 3 deniers et à chaque habitué 2 deniers.
Le 22 juillet 1561, « Antoine Grezin, prêtre, natif de Solignat, séculier de Saint-Amable , fonde également une vicairie et service d'une messe basse chaque dimanche en la chapelle et autel de Saint-Pierre, et en fin d'icelle un De Prof undis Qi Libéra me. i> Pour dotation, il donne au vicaire une maison au quartier de Saint-Amable, deux œuvres de vigne à Bourrassol, deux œuvres de pré au Tour, sur quoi il sera pris annuellement, pour une messe des morts à haute voix, diacre et sous diacre, à la même chapelle, au jour anniversaire du décès du fondateur, trente sols dont la distribution sera faite entre les religieux et prêtres séculiers qui y assisteront. Il baille certains meubles de sa chambre et ses ornements d'église ; puis, il confère le patronage de la vicairie aux bailes de la Confrérie de la Fête-Dieu, alias du Pavillon, la collation en revenant à l'abbé de Saint-Amable. Becommandalion est faite aux bailes d'y nommer « un homme de
bien, prêtre séculier, résidant en Téglise j), et de veiller à ce que les messes soient dites, « dont il charge leur conscience » ; et comme récompense, il leur donne une émine froment de rente rachetable moyennant 8 livres (1).
Enfin, les registres capitulaires de Saint-Amable mentionnent (fo 187), à la date du 2 octobre 1602, la fondation à l'autel de paroisse d'une vicairie à la présentation des bailes de notre frérie (2).
Pour en terminer avec cet ordre d'idée, notons que, par délibération des bailes, en date du 16 juin 1765, M. Chavaignat, semi-prébendé du Chapitre de Saint-Amable, est nommé aumônier de la Confrérie, en remplacement de M. Josserand, chanoine, décédé, à l'effet d'acquitter les messes auxquelles est tenue l'Association.
Après l'expropriation de 1570, les libéralités furent moins nombreuses; la Marguillerie devait chercher à attirer à elle les dons des fidèles en vue de subvenir aux dépenses du culte dont elle devenait chargée. Les biens de la Confrérie diminuèrent donc considérablement d'importance depuis cette époque. Citons, cependant, parmi les libéralités qui lui furent faites de ce moment à la Révolution, celles qui sont constatées par les testaments de M. de Palerne (16 octobre 1667, Teilhot, notaire), et de Madame Devaux (19 février 1705, Tailhardat, notaire).
Au xvni*^ siècle, la caisse de l'Association n'était phis guère alimentée que par les quêtes et les cotisations volontaires des confrères. Elle ne paraît avoir eu comme recettes fixes que quelques petites rentes, telles que les suivantes : rente
(1) Les libéralités de ce testament furent réduites au quart, et la dotation de la vicairie à 10 livres 5 sols de rente (22 janvier 1613). Les héritiers de l'abbé Grezin revendirent la maison, désignée au testament, à Amable Pestre suivant contrat du 13 juillet 1S66.
(2) Un acte du 23 novembre 1623, reçu Teilhot, notaire à Riom, parle de « messire Clément Gardelle, prêtre, chanoine de la Sainte- Chapelle du Palais de ceste ville de Riom, et viquaire de la viquairie des Arnoux, fondée en Thostel du Précieux Corps de Dieu en Tesglise de Sainct Amable de Riom. » 11 s'agit sans doute de la même fondation.
de 22 livres 6 sols sur les tailles de la ville au denier vingt, ratifiée le 16 janvier 17G6 ; rente de 9 livres au principal de 180 livres, due par les consorts Grégoire, bourgeois à Riom, suivant contrat Teilhot, notaire, du 6 février 1749, et remboursée en 1770 ; enfîn^ rente de 6 livres due par Messieurs de rOratoire comme exécuteurs testamentaires de M. Courtin.
Les cotisations ne s'élevaient pas à un gros chiffre. Les bailes donnaient en général 3 livres ; les associés 12 sols. Certaines offrandes allaient à 1, 3, 6, 9, 12 livres, mais elles étaient rares ; les plus grosses provenaient souvent de personnes anonymes et étaient données « par dévotion ». Le dernier registre de la Confrérie (1744--1791) , déposé aux archives de la Ville, contient jusqu'au 19 juin 1 787 les comptes de la veuve Frédefond, chargée de recouvrer les cotisations. Ces comptes montrent que l'importance des recouvrements décîroissait à mesure qu'on approchait de la Révolution. En 1763, ils sont de 73 livres 6 sols ; en 1764, de 75 livres 12 sols ; en 1765, de 65 1. 1 sol ; en 1766, de 68 1. 18 sols ; en 1767, de 66 1. 3 sol ; en 1768, de 67 1. 14 sols ; en 1769, de 64 livres 17 sols 6 deniers ; en 1770, de 56 1. 1 sol ; en 1771, de 50 livres 19 sols 6 deniers; en 1772, de 60 livres 4 sols 6 deniers ; en 1773, de 57 livres 19 sols 6 deniers ; en 1774, de 55 livres 3 deniers 6 sols; en 1775, de 45 livres 3 sols 6 deniers ; en 1776, de 45 livres 3 deniers ; en 1777, de 44 livres 18 sols ; en 1778, de 39 livres 1 sol ; en 1779, de 39 livres 9 sols 6 deniers; en 1780, de 40 livres ; en 1781, de 39 livres 19 sols; en 1783, de 34 livres 18 sols ; en 1784, de 35 livres 18 sols 6 deniers ; en 1785, de 43 livres 14 sols 6 deniers ; en 1786, de 34 livres 7 sols 6 deniers.
Quant aux quêtes, nous avons déjà donné un aperçu de leur produit (1).
D'après le dernier registre de l'Association, la recette totale fut en l'année 1744, de 239 livres 11 sols 9 deniers; en 1746, de 456 1. 13 s. 4 d. ; en 1773, de 257 1. 7 s. 3 d. ; en
(1) Supra, p. 95.
1774, de 253 1. 18 s. ; en 1775, de 248 1. 5 s. 6 d. ; en 1776, de 231 1. 18 sols; en 1777, de 245 1. 4 s. ; en 1778, de 239 1. 5 sols ; en 1779, de 210 1. 7 s. 6 d. ; en 1780, de 210 1. 10 s. 3 d. ; en 1781, de 259 1. 19 s. ; en 1782, de 177 1. 10 s. 6 d. ; en 1784, de 212 1. 12 s.; "en 1787, de 306 1. 17 s. 9d. ; en 1788, de 256 1.3 s.; en 1789, de 239 1. 9 d. ; en 1790, de 204 1. 19 s. 3 d. ; en 1791, de 156 1. 14 s. 6 d.
Le 6 juillet 1788 les bailes arrêtent le compte de M. Coste, receveur ; depuis sa nomination, le trésorier a touché 1431 l. et dépensé 757 1.1 s. 6 deniers, d'oili un excédent de 673 1. 18 s. 6 d., sur lequel 600 1. seront placées^ ès-mains du sieur Desanges, bourgeois d. Deux ans plus tard, le 18 juillet 1790^ M. Coste fait encore apurer son compte qui, depuis le précédent règlement, comporte en receltes, y compris le remboursement effectué par M. Desanges, 1314 1. 5 s. 9 d., et en dépenses 485 1. 2 s. 6 d., d'où un excédent de 829 1. 3 s. 3 d.
Un droit était perçu pour les agonies et enterrements. Du 28 janvier au 16 novembre 1788, il produisit 45 livres 55 sols. Le registre qui contient ces comptes se termine par cette mention : a Reçu de Bas la somme de 8 livres 10 sols pour les objets ci-dessus à partir du 19 juin 1791 jusqu'à ce jour. Fait le 16 mai 1792. (Signé) Costes. d
De tout temps les bailes avaient tenu les archives de la Confrérie et leurs comptes avec une régularité scrupuleuse.
Tous les litres intéressant l'association et ses créances étaient conservés soigneusement et relevés sur des registres tenus en bonne et due forme. Nous avons déjà donné d'après Courtin l'énumération des <r terriers, lièves et autres tiltres concernant les cens et renies en directe » antérieurs à 1570 (1). Voici, d'après la même source, quelques détails sur divers livres de comptes de la même époque :
C'est d'abord « un livre couvert de basane jaune, contenant les bailes et confrères de ladite Confrérie, commençant en l'année 1510 et continuant sans interruption jusqu'en
(1) Supra, p. 104.
1559, dans lequel sont les somnaes que chacun d'eux payait annuellement pour la frérie selon l'estimation qui en étoit faite. . . »
Puis, un compte de 1547-1548, rendu par le baile Antoine Romeul", boursier de la frcrie et portant sur 59 septiers de blé dus à la frérie, sur la dépense des dîners et autres articles.
Au Ire compte de 1553-1554, rendu par Amable Moreau, marchand, baile. On y relève la dépense de 5 septiers de blé pour les pauvres de la ville, d'un septier donné au pauvre pour porter la torche devant le Saint-Sacrement, d'un septier au baile-prêtre pour la messe de chaque jeudi. La recette est de 58 septiers en directe.
Autre compte de 1558-1559 indiquant -que la dépense pour les trois derniers mois est de 3 livres 2 sols 6 deniers.
Enfin, le dernier compte de la frérie, antérieur à la réunion de ses biens à la Marguillerie, émane de Pierre Normand et Pierre Bordas, bailes boursiers (1559-1570), et révèle que la directe se monte en grains à 40 septiers de blé et 8 livres en deniers.
Tous ces registres anciens ont disparu.
D'après un inventaire dressé en 1770, les archives postérieures à 1570 comprenaient notamment : « un registre relié en veau, au premier feuillet duquel est une copie du traité du 16 mai 1017, portant translation des offices et saluts qui se faisoient à la porte de Layat, au chœur de l'église de Saint-Amable. A la suite, sont plusieurs autres copies de titres et traités passés avec Messieurs du Chapitre de Saint-Amable, Messieurs les marguilliers et autres, copie des statuts et autres objets, et finissant ledit registre par les noms des bailes de 1739. . . » Puis, « six registres, tenus pendant l'octave du Saint- Sacrement pour recevoir les fréries et libéralités du peuple ; un autre registre, tenu aux mêmes fins et continué jusqu'en 1770, dans lequel sont les arrêtés de compte de M. Soulier, dernier baile receveur et des autres précédents bailes; » enfin, trente petites liasses de pièces justificatives. Tous ces papiers étaient, en 1770,
renfermés « dans une petite quaisse dont la Freydefont a la clef ». Ils sont également perdus, mais Térudit peut consulter aux Archives de la Ville les originaux mêmes du « registre des nominations des bayles et des délibérations » (1747), d'un autre registre'à semblable destination u commencé le 7 juin 1787 », et des livres de compte allant de 1744 à 1791.
L'accomplissement de devoirs aussi étendus ne pouvait aller sans entraîner souvent nos bailes dans des difficultés judiciaires. Aussi bien, on le sait de reste, nos pères, et encore plus les corporations dont ils faisaient partie, loin de s'eiïrayer d'un procès, semblaient s'en faire un jeu et une distraction.
La Confrérie du Saint-Sacrement eut donc de nombreux démêlés devant les tribunaux : son histoire demeurerait incomplète si nous n'en disions quelques mots.
Chose toute naturelle, ses administrateurs avaient d'abord à défendre ses biens contre toute usurpation ou toute négligence, et dès les temps les plus reculés cette obligation s'était imposée à leur vigilance. Nous avons déjà cité la sentence de 1320 rendue entre eux et un paroissien de Cellule par l'officialité de Clermont (1).
Nous rencontrons au xvi^ siècle plusieurs décisions intéressant la Confrérie :
Du 2 août 1535, sentence du Sénéchal d'Auvergne affectant la maison de Christophe Dubois et de Gilbert xMbuy sise à Riom, quartier de Saint-Jean, au cens d'une émine froment de rente léguée à la frérie par Amable Albuy Carrias. — De 1537, autre sentence de la même juridiction, gardant les bailes contre Antoine Chassepoux dans la propriété d'une terre au Mas, terroir du Rioul. — En 1548, procédure pour cens non payés. — Le 19 septembre 1550, arrêt des Grands Jours à Moulins rendus au profit de la frérie contre Antoine Bernard et Françoise Dulion, redevables d'une quarte fro-
{!) Supra, p. 54. .
ment sur une vigne et d'un septier sur des terres à la Gravière. — Sentence du Sénéchal d'Auvergne pour cens dus par André Fournier, de Marsat. — Mentionnons encore, en sens inverse, une procédure de saisie du temporel de la frérie, du 21 mars lt]53, faule par ses bailes d'avoir baillé leur déclaration et payé au Roi le droit de francs-fiefs et nouveaux acquêts.
Mais nous voici aux procès d'amour-propre, si fréquents sous l'ancien régime entre corps constitués: querelles le plus souvent mesquines et plaisantes, qui paraîtraient inexplicables si l'on ne tenait compte de l'état des mœurs et des institutions de l'époque (1).
En 1695, procès contre les marchands de la juridiction consulaire de Riom pour être gardés et maintenus dans le droit de précéder qui que ce soit aux enterrements des confrères, et de passeï' d'abord après le corps du défunt. — En 1708 le curé de Saint -Amable émet la prétention de faire rendre en sa présence les comptes des bailes : ceux-ci y voient une atteinte à leurs prérogatives: procès, et sentence rendue faute de plaider par la Sénéchaussée d'Auvergne (4 seplenibre), par laquelle le curé est déboulé de sa prétention. — Autres difficultés avec le Chapitre de Saint-Amable cetle fois. Les fondations Tiravache, établies par titres réguliers que le Chapitre ne paraît pas avoir jamais sérieusement discutés, sont la cause d'hostilités assez vives. Le pénultième juin 1509 les bailes adressent à l'abbé et aux religieux de Saint-Amable des protestations « de ce qu'ils ne célébroient les deux messes fondées par Tiravache et sa femme les vendredis et samedis de chaque semaine d. Les adversaires de demander alors qu' « on leui^ baille les fondations ou doubles d'icelles pour les voir, et s'ils n'ont fait le service, ils feront ce qui sera de faire ». A un siècle de distance, 9 et 16 décembre 1629, les marguilliers, « subrogés dès l'établissement de la Marguillerie au lieu des bailes de la frérie de Corpore
(1) Voir à ce sujet notre Sénéchaussée d'Auvergne, passim, p. 51, 77, 86, 251, 264.
Christi », font itérative sommation « à Messieurs les Doyen et Chanoines sécularisés, au lieu des abbés et religieux, leurs prédécesseurs, de satisfaire aux fondations de Tiravache et de sa femme, dont copie leur est baillée, et de la précédente sommation de 1509, avec leur réponse qu'ils se garderont de mesprendre. j> — En 1717 nous trouvons trace d'un autre acte instrumentaire des bailes contre le Chapitre ; nous en ignorons le contenu.
Mais c'est surtout contre les marguilliers de Saint-Amable que les bailes guerroient. La mesure dont ils avaient été les victimes en 1570 leur avait laissé au cœur une blessure incurable.
Ils prétendent d'abord avoir conservé le droit de nommer le prêtre chargé de la vicairie Monichon, et en 1625 ils désignent pour cette fonction Messire Disaire Chauchat, prêtre habitué de l'église : les marguilliers soutiennent, au contraire, avoir reçu ce droit en même temps que les autres biens de la frérie, et ils nomment à leur tour pour vicaire Messire Amable Lauzange, autre prêtre habitué. Le conflit est tranché par la Sénéchaussée, le 7 juillet 1625, au profit des marguilliers, et M. Lauzange pourvu de la vicairie (1). M. Chauchat s'inclina de bonne grâce devant cette décision.
Les marguilliers furent enhardis par ce succès, et ne craignirent pas dans la suite de soutenir que la frérie n'avait pas capacité pour recevoir des fondations. M. Notaire, élu à Riom, ayant fait un legs à la Confrérie, la Marguillerie s'en émut et chargea M. Consul, avocat, « de voir les anciens titres de la frérie du Saint-Sacrement » pour résoudre la question. Nous ne savons quelle solution donna l'avocat; il est vraisemblable que la Marguillerie n'insista pas.
C'est principalement à l'occasion des préséances dans les
(l) Ce M. Lauzange fut ensuite vicaire du curé de Saint-Amable, préposé au baptistère de Saint- Jean, et ce fut lui qui, pendant de longues années, rédigea (très régulièrement, d'ailleurs) les actes de catholicité de la Ville. — Un M. Antoine Allion avait été pourvu avant lui, en 1601, de la vicairie de M. Monichon.
cérémonies du Saint-Sacrement que Tardeur belliqueuse des bailes et des marguillicrs se donna libre carrière : sur ce terrain, les querelles éclatèrent incessantes et ne s'apaisèrent un instant que pour renaître plus vives, en dépit des règlements que les esprits sages s'efforçaient d'établir pour concilier les droits rivaux.
D'après une entente avec les marguillicrs, les bailes assistaient à la place d'honneur aux processions du troisième dimanche du mois, et ils n'abandonnaient leur place aux marguillicrs que lorsqu'il fallait conduire le Saint-Sacrement du maître-autel à celui de ptiroisse. Mais si ce troisième dimanche coïncidait avec une fête solennelle, les marguillicrs, administrateurs en titre de l'église, devaient-ils céder le pas, la cérémonie n'étant plus exclusivement en l'honneur du Saint- Sacrement,? Grave problème! Les marguillicrs le tranchent d'autorité en leur faveur. Incontinent, les bailes protestent avec énergie.
Le 14 avril 1680 (jour de Pâques probablement), ils refusent de se laisser précéder par les marguillicrs, quoique ceux-ci leur eussent promis de laisser mettre leur tapis et exposer leur bassin les autres troisièmes dimanches ; mais les marguillicrs insistent et remportent la victoire.
Les bailes ne se tiennent pas pour battus. Trois ans après, — encore le jour de Pâques (18 avril 1683), — ils prennent leur revanche, et par quel artifice ! Ecoutez le procès-verbal des marguilliers. a Nous avions entendu, disent-ils, la prédication et les vêpres dans notre banc proche de l'autel de paroisse, auquel jour, étant le troisième dimanche du mois, il y avait procession du Saint-Sacrement. Les bailes, voulant se servir dudit banc, ont eu l'adresse de nous faire appeler par le bedeau pour revenir au banc de la Marguillerie. » De la sorte, ils ont la place libre et assistent seuls à la procession. Emoi des marguilliers, obligés, par respect pour le saint lieu, de souffrir cette usurpation ! Ils prennent une décision virile. « A esté résolu qu'à l'avenir, disent-ils, lorsque le troisième dimanche se rencontrera en une fêle
solennelle, les marguilliers ne quitteront point leur banc proche Tautel de paroisse pendant la procession et bénédiction du Saint-Sacrement, et que les marguilliers assisteront aux processions, si les bailes y vont. » Et de fait, cette coïncidence se présentant quelques mois plus tard, le 27 octobre, les marguilliers prennent délibérément le pas sur les bailes. Ceux-ci ne veulent pas dévorer cette humiliation, et quand la même circonstance se renouvelle l'année suivante (1684), le dimanche des Rameaux, puis le dimanche de la Pentecôte, ils préfèrent ne pas suivre la procession que marcher derrière les marguilliers.
C'était un manquement grave à leurs devoirs, et il causait quelque peu scandale. Des deux côtés on en convient. Les antagonistes, le 7 janvier 1685, élaborent donc un projet de traité sur cette grosse question. Il ne fallut rien moins que l'autorité du Conseil ordinaire de la ville pour le faire aboutir. Cette assemblée décide, le 16 juin 1685, que les marguilliers el les bailes marcheront, aux processions du troisième dimanche, immédiatement après Tofficiant qui portera le très Saint-Sacrement, les marguilliers à droite et les bailes à gauche, Tun à la suite de Tautre, et les uns vis-à-vis des autres. Quand il se trouvera des défilés, le premier marguillier passera le premier, et sera suivi du premier baile ; le second marguillier marchera ensuite, et le second baile après lui, et ainsi de suite. L'ordre ainsi déterminé ne sera pas interrompu par l'absence de l'un des marguilliers ou bailes ; les autres trois présents tiendront leur rang comme s'ils étaient quatre, les second marguillier tenant la place du premier et ainsi des autres. Si la place permet d'aller trois de fiont, en ce cas, le dernier du côté où il y en aura quatre se mettra au milieu entre l'un de son côté et le dernier de l'autre côté où il en manquera un... Pour recevoir la bénédiction du Saint-Sacrement qui sera faite à l'autel de paroisse, les marguilliers prendront leurs places dans leur banc ordinaire, « et les bailes occuperont le balustre au bas de l'autel, n'y ayant point pour le présent de lieu et place plus commode d.
Avec LUI protocole aussi soigneusement dressé et entrant dans des détails aussi minutieux, toutes difficultés nouvelles devenaient impossibles, pensait-on. Quelle erreur î Le règlement devint bientôt lettre morte. Les marguilliers toutefois demeurèrent victorieux, et, finalement, la préséance leur resta (1).
L'accord avait été plus facile pour les cérémonies de la Fête-Dieu. La conjoncture était trop solennelle pour que ces ridicules discussions s'étalassent en public. De pointilleux règlements avaient, d'ailleurs, prévu les moindres détails et défini avec soin les attributions respectives des marguilliers et des bailes en la circonstance. Nous avons déjà indiqué certaines de ces prescriptions (2). En voici quelques autres:
Le jour de la Fête-Dieu, les bailes a occupent les stalles basses que les marguilliers occupent d'ordinaire pour ouïr la messe du Saint-Sacrement et vêpres ; pendant lequel temps les marguilliers restent à leur banc pour aller à l'offrande, oi^i ils précèdent les bailes. Et la procession générale étant rentrée dans l'église, les marguilliers se retirent étant vis-àvis de leur banc et rentrent dedans et les bailes achèvent de conduire le Saint-Sacrement dans le chœur » (3). Les marguilliers portaient « le poile » aux processions de la Fête- Dieu ; les bailes venaient ensuite avec la Reine. Ceux-ci pouvaient se servir durant l'Octave du banc des m.arguilliers, lorsque ces derniers n'en usaient pas « pour recevoir leurs fréries et bienfaits » (4); mais, plus tard, les bailes en firent fabriquer et poser un, « à l'opposé de celui des marguilliers». En revanche, si, ce qui arrivait souvent, la fête de Saint- Amable tombait le jour de la Fête-Dieu ou dans son Octave, les luttes éclataient à nouveau, toujours à propos de l'éter-
(1) A. l'ouverture du jubilé de 1682, les marguilliers avaient déjà précédé les bailes aux processions du Saint-Sacrement faites à l'ouverture et à la clôture. (Délibération du 1^^ mars 1682.)
(2) Supra, p. 87.
(3) Procès-verbal du 6 juin 1697.
(4) Contrat du 16 mai 1617, reçu par Desgranges, notaire.
nelle question des préséances. Ainsi, le 10 juin 1700, jour de la Fête-Dieu et vigile de Saint-Amable, les bailes qui occupaient d'ordinaire pour la Fête-Dieu la place des marguilliers dans le chœur, veulent y rester. Les marguiiliers s'y opposent, car, disent-ils, à raison de la vigile du Patron de l'Eglise, on sort la châsse, on l'expose à côté de l'autel dans le chœur, et Ton dit les vêpres, matines et laudes du Saint. Pour éviter du scandale, les parties choisissent pour arbitres Messieurs Grobost, chantre, de Combes, lieutenant général, Hochette, procureur du Roi, Chabrol, avocat du Roi, a lesquels, après avoir ouï les raisons des parties dans le bureau de la Marguillerie, décident, par la bouche de M. le lieutenant-général, que les marguiiliers occuperont Icuis places ordinaires dans le chœur aux offices de vêpres, matines et laudes ». Cet arbitrage amène un règlement, en date du 10 juin 1703. Désormais, en pareille occurrence, les marguiiliers garderont leurs places ordinaires dans le chœur à vêpres, compiles et matines, la veille de Saint-Amable ; les bailes pourront tenir leur bassin à leur banc ordinaire pendant vêpres et compiles. Le jour de Saint-Amable les bailes ne feront aucune fonction dans l'église; mais aux saluts de la vigile et de la fête, ils pourront tenir leur bassin, comme aux autres jours de l'Octave.
La question du luminaire de l'autel du chœur, au cas de coïncidence des deux fêtes, donna aussi lieu à de graves et longs débats. Les bailes^ n'ayant pas les honneurs exclusifs de la journée, ne voulaient pas en supporter toute la charge. Ils proposent de fournir la cire la veille et le jour de Saint- Amable, à la charge par les marguiiliers de donner celle de matines et de laudes. « Quoiqu'il n'y ait pas d'usage conforme, les marguiiliers acceptent. » (1). Ils paient même de ce chef sept livres à la fnîrie (2). Par contre, toujours au cas de rencontre des deux fêtes, ils refusent aux bailes d'assister en cette qualité à la procession de Saint-Amable, a. comme
(1) Procès-verbal du 6 juin 1700.
(2) 10 juiu 1703.
une chose nouvelle qui n'a jamais élé pratiquée » (1). Mais, dans la suite, ils se relâchent de cette rigueur. Les 11 juin 1757, 1760, 1762, ils convient, en pareil cas, les bailes à la procession, et les bailes répondent avec emj)ressenaent à cette invitation. A la fin du xvui^ siècle môme, les marguilliers prenaient la peine de faire cette invitation aux bailes à leurs domiciles particuliers, et les priaient de venir « avec leurs flambeaux » (2).
Cette condescendance finale des marguilliers ne les empêchait pas de continuer à traiter les bailes avec hauteur. Une délibération de la Confrérie, en date du 16 juillet 1786, nous en donne un témoignage éclatant. A l'assemblée convoquée ce jour-là pour la nomination des bailes, M. Chabrol, premier marguillier (3), revendique pour les marguilliers le droit de présider et de recueillir les suffrages. Tout naturellement, les bailes protestent. Chaque partie alors propose de s'en référer aux usages consignés dans les registres de sa corporation. Mais on s'aperçoit que ces registres « renferment des contradictions qui engageraient les parties dans un procès qui deviendroit très dispendieux y) ; et comme « les bailes sont forcés de convenir que Messieurs les marguilliers ont effectivement la préséance sur Messieurs les bailes à tous les offices divins, que Messieurs les bailes n'ont d'autre droit de préséance que celui d'avoir chacun une place au chœur, à la droite, pendant l'Octave du Saint-Sacrement, à l'exclusion de Messieurs les marguilliers », on décide d'un commun accord que dorénavant les bailes convoqueront l'assemblée pour leur nomination le troisième dimanche de juillet, immédiatement après vêpres, dans la chapelle accoutumée ; que cette convocation sera annoncée, ainsi que cela s'est toujours pratiqué, par M. le curé à la
(']] 8 juin 1662.
(2) Procès-verbal de la Fête-Dieu 1787.
(3) C'était le fils de l'auteur de la Coutume, lieutenant-général-criminel à la Sénéchaussée et président au Présidial, futur député aux Etats- Généraux de 1789.
messe paroissiale ; el que les iiiarguilliers auront le droit de présider et de recueillir les suffrages, en commençant par ceux des marguilliers, et en continuant par ceux des bailes et des coni'rères qui se trouveront à la réunion. En cas d'absence des marguilliers, \^ séance ne sera pas renvoyée. Séance tenante, on procède de la sorte pour Télection des bailes de Gromond et Coste.
Quand on songe que c'est par la relation de ce curieux incident que se clôt la série des délibérations de la Confrérie avant la Révolution, on ne peut s'empêcher de demeurer rêveur devant l'optimisme et l'insouciance de ces braves gens qui prenaient plaisir à de telles querelles, alors que leurs corporations étaient sur le bord même de la tombe!... Quelque temps après, en effet, la loi du 18 août 1792 proclamait la suppression de toutes les Confréries !. . .
Le derniei- document que nous ayons tiouvé sui^ la Confrérie du Saint-Sacrement avant cette époque est daté du 10 mai 1792 : c'est une (juittance donnée au bedeau Bas par par le baile- trésorier Coste.
L'année suivante (6 octobre 1793), M. Coste est dépouillé de sa caisse, et le Conseil municipal prend cette délibération : « La ci-devant frairie du Saint-Sacrement ayant été supprimée, le Conseil a appris que les bailes de ladite frairie avaient quelques fonds. Pour que ces fonds ne soient pas divertis, il arrête que les anciens bailes rendront leurs comptes à la municipalité qui encaissera les fonds et se rémunérera ainsi des fonds qu'elle a avancés aux chantres des deux paroisses depuis leur établissement. »
Une association qui avait subsisté durant près de cinq siècles, avait jeté de trop puissantes racines dans la ville où elle avait fleuri, poui' ne pas reverdir dès que le vent glacé de la tempête qui avait amené son dépérissement eut cessé de souffler. A peine l'exercice du culte est-il possible^ que la Confrérie se reconstitue. Le 31 janvier 1796 (11 pluviôse
an IV), les marguilliers de l'cglise de Saint-Amable se rassemblent. Le citoyen Faradesche Gromont, nommé président, propose le rétablissement de la Confrérie du Saint-Sacrement, et demande de choisir quatre bailes et une bailesse. Sa proposition est acceptée, et aussitôt sont élus bailes « les citoyens Mandet père, Arvet, Biton père et Sol, cultivateur ; et la citoyenne Soubrany-Macholles , (bailesse ou reine) d (1). Nous trouvons encore, à la date du 10 février suivant (20 ventôse an IV), la désignation comme bedeau de la Confrérie du « citoyen Laforêt fils », aux appointements d'un septier de froment ou de sa valeur.
Dès la promulgation du Concordat, la Confrérie rentre officiellement dans la vie de la cité. Un « arrêté de la Mairie j), rendu le 11 prairial an XI (1^'' juin 1803), quelques jours avant la Fête-Dieu, nomme comme bailes de la Confrérie du Saint- Sacrement' « Messieurs Jaffeux, Mioche, Mayet et Mazéat », et invite les marguilliers de Saint-Amable à procéder à leur installation. Cette cérémonie s'accomplit le 9 juin. « Nous nous sommes rendus, racontent les bailes, dans les premières stalles hautes placées dans le chœur à gauche du maître-autel, Messieurs les marguilliers (Montaurier, Chassaigne-Tallon , Devèze, Croizier, Mouton) ayant les stalles à droite. » Là, ils entendent la messe du Saint-Sacrement célébrée à 9 heures, et vont à Toffrande, tenant chacun un cierge allumé, de même que les fabriciens. Ils se réunissent ensuite avec ces derniers pour arrêter les mesures relatives à la célébration de la Fête-Dieu, qui doit avoir lieu le dimanche 12 juin, nomment la reine, les porte-cordons, les quêteuses, arrêtent le nombre des reposoirs et le parcours de la procession, et décident que la reine et les porte-cordons sont nommés tant pour la procession du Saint-Sacrement que pour celle de Saint-Amable.
Mais le rétablissement du culte dans la ville de Riom avait amené une innovation considérable aux traditions séculaires
(1) Voir supva, p. 98, note.
de la cité. De tout temps celle-ci n'avait formé qu'une unique paroisse : or, la nouvelle organisation la divisait en deux paroisses distinctes. Tune conservée dans l'antique métropole de Saint-Amable, l'autre érigée dans Téglise de l'ancien Chapitre du Marthuret. Convenait-il d'installer une Confrérie du Saint-Sacrement dans chaque paroisse? La mesure étaitelle même régulière ? Au cas d'affirmative, n'était-il pas préférable de ne former qu'une seule Confrérie pour la ville entière, comme auparavant? M^"' de Dampierre, le nouvel évêque de Clermont, devant faire son entrée dans la ville de Riom le lendemain, vigile de Saint-Amable, et les bailes ayant été invités à se rendre officiellement à son devant, on convient de remettre à la décision du prélat la solution de ces questions.
L'Evêque arrive le 10 juin. « Selon l'ancien usage usité pour la première entrée de Messieurs les Evêques y>, les autorités, parmi lesquelles les bailes, vont le prendre à l'hôpital général et l'accompagnent à l'église de Saint-Amable. Après la cérémonie, les bailes lui rendent visite à la sous-préfecture, occupée par M. Faydit, et lui présentent leur pétition pour l'approbation de la Confrérie restaurée. « Monseigneur, dit le procès-verbal, nous a accueillis avec bonté, et a répondu qu'il ne lui était pas possible dans ce moment de donner son ordonnance, mais que, la frérie étant déjà établie dans l'église de Saint-Amable, elle existait de droit, qu'ainsi elle devait être continuée comme auparavant; qu'au surplus, aussitôt que ses grandes occupations sur l'organisation du clergé seraient terminées, il s'empresserait de rendre son ordonnance de ratification. Sur l'exposé qui lui a été fait que l'Archiconfrérie ayant été établie pour tous les habitants de la ville qui, dans le principe, ne faisait qu'une seule paroisse, il semblait que la même Confrérie devait exister dans la paroisse nouvelle érigée dans l'église du Marthuret, il a répondu que la bulle d'érection portait que l'Archiconfrérie serait établie seulement dans l'église de Saint-Amable, et non ailleurs, qu'elle ajoutait même, ainsi que les ordonnances
de confirmation, qu'il n'en serait point établi ailleurs; qu'ainsi, quelque pieuse que fût l'intention, il ne pouvait pas l'accorder à l'église du Marthuret sans une bulle de création particulière (1). Il a ajouté que, quoique la ville soit composée de deux cures et d'une succursale (2), les habitants de l'une et l'autre paroisse, ainsi que ceux de toute autre paroisse, peuvent être admis à l'Archiconfrérie. » Incontinent, les bailes prient M. Achard-Lavort, curé de Saint-Amable, d'annoncer au prône de la première messe de paroisse la continuation de l'Archiconfrérie, et d'inviter les fidèles de l'un et l'autre sexe à se présenter pour être admis. Le soir, les bailes accompagnent Monseigneur à l'église du Marthuret, où le prélat donne la bénédiction du Saint-Sacrement.
La Confrérie était donc définitivement et régulièrement reconstituée dans l'église de Saint-Amable. Les bailes s'efforcent aussitôt de faire revivre les anciennes coutumes. Le 11 juin, fête de Saint-Amable, Monseigneur célèbre une messe solennelle et préside la procession traditionnelle. Toutes les autorités de la cité sont présentes. Les bailes ont garde de manquer aux cérémonies. Le lendemain 12, dimanche de la Fête-Dieu, ils s'installent au banc de l'œuvre, « qui est à côté du troisième pilier de la nef à droite en entrant, font mettre une table couverte d'un tapis et un bassin d'étain pour les offrandes et reçoivent les inscriptions. » Ils assistent à la grand'messe, à la procession, aux vêpres, au salut. De même, le 19, dimanche de l'Octave, ils sont présents à la messe, aux vêpres, à la procession faite par la paroisse du Maithuret.
Ces cérémonies du Saint-Sacrement ont lieu en absolue conformité avec les usages anciens. Ainsi, un quart d'heure avant la grand'messe de la Fête-Dieu, deux des bailes étaient
(1) Le Calendrier paroissial de N.-D. du Marthuret, année 1898, assure, p. 25, qu'une Confrérie du Saint-Sacrement a été établie en cette église en 1818 et reconstituée en 1895.
(2) Cette succursale avait été établie dans l'ancienne église des Cordeliers ; elle fut peu après supprimée et annexée à la paroisse du Marthuret.
allés chercher la reine ; « les dames des marguilliers et des balles » avaient assisté aux processions avec des cierges de trois quarts ; la reine s'était placée, durant la messe, dans ie chœur, et les autres dames au bas de Tescalier, en face du grand autel ; les parcours de la procession avaient été, pour la paroisse de Saint-Amable: rue Mercière, rue allant à la fontaine des Lions, rue des Cordeliers, rue de la grande Boucherie jusqu'à la rue de TOratoire, rue allant à la fontaine des Lignes, rue des Taules et rue Mercière ; et, pour la paroisse du Marthuret, la grand'rue jusqu'à la fontaine des Lignes, rue de l'Oratoire, rue Chabrol, grand'rue, avec retour en tournant vers la maison Soubrany (l). Des reposoirs avaient été dressés dans la ville, le premier entre les maisons Bidon et du Vivet, rue de l'Horloge ; le second, au coin de la rue Mercière, à côté de la maison Berthon ; le troisième, vis-à-vis des maisons Laville et Dumazet, grand'rue de la fontaine des Lignes (2). Le dais du Saint- Sacrement avait été porté par quatre ecclésiastiques.
De même, les balles s'empressent de rétabUr les saluts de rOctave et la messe hebdomadaire du jeudi. Mais les ressources de l'Association ne permettent pas de reprendre immédiatement la pieuse coutume de la messe hebdomadaire de Requiem du lundi. Provisoirement, on ne fera célébrer une messe de morts que le lendemain de la clôture de l'Octave du Saint-Sacrement et que le premier lundi de chaque mois. Les balles assistent à toutes ces messes et vont à l'offrande des messes de morts avec leurs cierges. En raison
(1) Ces deux parcours correspondent actuellement aux suivants : le premier, rues Saint-Amable, de l'Horloge, de la Maison Centrale, du Nord, Croisier, du Collège, du Commerce, de Saint-Amable ; le second, rues du Commerce, du Collège, Chabrol, de l'Hôtel-de- Ville, du Commerce.
(2) Plus tard, afin d'éviter des difficultés qui se renouvelaient chaque année à l'occasion de l'établissement des reposoirs, et particulièrement pour celui qui se plaçait ordinairement dans la rue de la Boucherie, et afin de n'avoir chaque année qu'à s'occuper « des choses d'ornement », les bailes décidèrent de faire construire un autel portatif en bois qui serait placé à volonté. Ils informent les bailes du Marthuret de cette décision (30 avril, lo mai 1809).
de la pénurie des fonds, M. le Curé se contente d'un honoraire annuel de cent francs pour toutes ces messes.
Pour favoriser le recrutement des confrères, les bailes se rendent au domicile de leurs concitoyens et les pressent de s'enrôler dans « cette sainte et pieuse association ». Ils distribuent les anciens billets contenant l'indication des devoirs à remplir par les membres de la Confrérie du Saiïit-Sacrement et en font imprimer mille autres (1). Ils dressent un tableau contenant les noms des confrères et le placent audessus de leur banc d'oeuvre. Ils se multiplient d'ailleurs
(1) Voici la teneur d'un de ces billets, qu'on rapprochera avec intérêt du texte de ceux que nous avons déjà donnés aux pages 67, 68 et 69:
« M. Teilhard du Ghambon, confrère de l'Archiconfrairie du Saint-Sacrement, établie en l'église paroissiale de Saint-Amable de la ville de Riom, est averti que, pour ï)ouvoir gagner les Grâces el Indulgences accordées à l'Archiconfrairie, il est obligé de remplir les devoirs de piété portés par la Bulle qui autorise l'Archiconfrairie et qu'on aura soin de faire publier tous les ans à la messe de paroisse, le Dimanche qui précédera le jour de la Fête-Dieu. Il est prié particulièrement de visiter et adorer le Saint- Sacrement pendant les temps de l'année auxquels il sera exposé ;
» D'assister aux processions qui se font en l'honneur du Saint Sacrement, en ladite église, tous les Dimanches après Gomplies, et surtout à celles du troisième Dimanche du mois, pour pouvoir participer aux indulgences qui y sont attachées ;
» D'assister au processions du Jeudi-Saint, du jour de la Fêle-Dieu et de l'Octave, et aux saluts, offices et prières qui se font en ladite église pendant l'Octave ;
» D'accompagner le Saint-Sacrement lorsqu'on le porte aux malades; ou, s'il ne le peut, de faire les prières prescrites par la Bulle ;
» D'assister à l'enterrement des Gonfrères décédés ; ou, s'il ne le peut, de prier Dieu peureux ;
» D'assister à la Messe que l'Archiconfrairie fait célébrer tous les jeudis, après la Grand'Messe du Saint-Sacrement en ladite église.
» On recommande V Archiconfrair'ie à vos libéralités, étant dénuée de toutes ressources.
» Nota. — Le présent billet ne servira que pom- un an. 11 juin 1803. »
(Signé) Jaflfeux (?), Mioche, Mazéat, bailes.
(Gommunication de M. Robert du Gorail, arrière-petit-fils de M. Teilhard du Ghambon. — Ge dernier avait été trésorier de France au Bureau des Finances de Riom. Voir notre Bureau des Finances, p. 575.)
M. Marc de Vissac nous a communiqué un autre de ces « billets », imprimé chez Dégoutte en 1787. 11 contient les statuts de l'Archiconfrérie, la requête présentée à Ms'" de Bonal et l'ordonnance de celui-ci. Il se termine par cette mention manuscrite: « Délivré à M. de Vissac et sa famille, le 30 mai 1818. (Signé) Robert Deval, Gailhe, notaire, Gayte de Larigaudie. »
pour allesLer la réalité vivante de la reconstitution de TArchiconlrérie : sur l'invitation des marguilliers et bailes du Marthuret, ils assistent le 15 août (1803) à la procession de la fête patronale de cette paroisse, vont officiellement aux obsèques de leur collègue Mazéat, font célébrer pour le repos de son âme une grand'messe, à laquelle ils convient la famille et les marguilliers (17 mars 1804), se rendent de même officiellement à Tenterrement de M. Montanier, marguillier (1803). Ils se pourvoient, comme jadis, d'un bedeau, et nomment à cette fonction « Mazuel, maçon, ancien bedeau de la frérie » (9 juin 1803), se préoccupent de lui fournir a: une robe décente et de couleur violette, ainsi qu'il est d'usage dans les grandes églises d, tout en ajournant ce projet à raison de la disette d'argent et en réservant leurs ressources pour l'achat de calices dont l'église est démunie (15 juillet 1805) (1).
Mais, surtout, ils songent à se munir des vases sacrés et des ornements dont la Révolution a spolié l'église et la Confrérie. Ils déclarent qu'il serait à désirer qu'on pût acheter a un soleil, celui qui existe étant trop petit ; mais il a été observé que l'église de Saint-Amable est dépourvue des choses les plus indispensables en ornements, linges et autres objets, que de même il n'y a pas de ciboire, celui dont on se sert n'y étant qu'à titre d'emprunt. » Les bailes donnent à cet effet 300 francs à la Fabrique, qui s'engage envers eux, en compensation de cette libéralité, à leur fournir leurs flambeaux et les cierges de la reine et des dames qui sont en usage d'assister aux processions, ainsi que la cire nécessaire aux messes de la frérie et les fiambeaux pour porter Dieu
(1) Plus tard, ce fut un nommé Charles qui devint bedeau de la Confrérie (5 juin 1808). A cause de son grand âge (10 mars 1809), on lui adjoignit le tisserand Brun. On lui vota une robe. On donnait à chacun d'eux 12 francs de traitement (10 mars 1809). Brun resta bientôt seul bedeau en titre. .. Le 13 novembre 1814, les bailes enjoignent gravement par délibération au bedeau d'avoir à chasser du chœur les enfants turbulents, lors de la messe du jeudi.
aux malades ; elle les dispense en outre de tout salaire pour les sonneurs, bedeau et sacristain.
L'église continuant à manquer des objets les plus indispensables au culte du Saint-Sacrement, les bailes décident Tannée suivante (18 juin 1804) de se rendre chez tous les paroissiens, et de solliciter leur générosité a à Teffet de subvenir aux dépenses de la Confrérie et de faire faire un visoir, l'église de Saint-Amable n'en ayant qu'un de cuivre argenté et qui même n'appartient pas à cette église, d Un des marguilliers sera prié d'accompagner les bailes pour donner « plus de poids et d'efficacité » à la démarche. La collecte permit l'acquisition du visoir : M. Mioche, baile, de voyage à Paris, en acheta un « de bon goiàt et bien conditionné 5) pour le prix de 891 livres 2 sols. Il fit l'avance des fonds qui ne lui furent complètement remboursés que le 15 juillet 1805. '
En 1806, la Confrérie reçoit le remboursement anonyme d'une rente « dont les titres avaient été égarés pendant la Révolution ». Elle en emploie le montant à acheter deux encensoirs et deux chandeliers {\^ mai). La même année, elle remet 200 francs à la Fabrique pour aider à la dépense d'un ornement noir dont l'église avait grand besoin (13 juillet 1806). Plus tard, elle vote l'acquisition d'un dais pour la procession du Saint-Sacrement (30 mai 1810). Ce dais sera brodé à Lyon. Pour couvrir la dépense, une quête sera faite dans l'église tous les premiers lundis du mois et tous les jeudis. L'excédent des collectes sera employé à la construction du clocher (2 juillet 1810, 4 avril 1811, 9 juin 1812).
Ces détails témoignent du zèle et de l'activité déployés par les bailes pour rendre à la Confrérie son antique splendeur. Le succès ne répondit pas à leurs elïorts. Le recrutement des confrères ne se faisait plus avec l'empressement des temps anciens. Les bailes avaient beau multiplier leurs visites à domicile pour recueillir les inscriptions : les adhésions étaient rares. Les statuts eux-mêmes n'étaient plus fidèlement observés : la réélection des bailes, par exemple, ne se faisait plus
régulièrement chaque année ; souvent les mêmes personnes se perpétuaient dans la fonction. Les ressources, d'autre part, n'arrivaient pas à la caisse : nous n'avons trouvé trace que d'une seule libéralité, faite par Jean François Chaduc, qui léguait à la Confrérie son grand gobelet d'argent pour aider à faire un calice, ou 50 francs au choix des héritiers (3 juin 1822). Les héritiers ayant délivré le gobelet, cet objet fut déposé à la maison curiale. En attendant sa transformation, il servit aux dernières ablutions des messes de Noël, usage auquel il avait été employé pendant de longues années.
Aussi, en 1832, les bailes sont obligés de réglementer sévèrement leurs dépenses. Le bedeau sera nommé chaque année, et ne sera pas nécessairement celui de la marguilrie, comme cela a eu lieu jusqu'en 1816 (1); il aura 12 francs en tout. M. le Curé ne recevra que 130 francs pour toutes les messes de la Confrérie, qui sont au nombre de 71 ; grand'messes de l'Octave, messes des premiers lundis du mois et des jeudis de chaque semaine. Chacun des chantres, sacristain et suisse, recevra 5 francs pour l'Octave, et les sonneurs 15 francs ; une gratification sera donnée aux enfants de chœur. . . .
Ces mesures n'étaient pas de nature à ranimer le zèle des paroissiens pour la Confrérie. La langueur de l'Association provenait moins, de toute évidence, de la faiblesse de ses ressources que de la diminution de la foi et des pratiques religieuses. Un esprit généreux et entreprenant, mais quelque peu utopiste, s'imagina cependant qu'elle était due au manque d'organisation et qu'avec quelques réformes dans les statuts l'œuvre reprendrait sa vitalité : nous voulons parler de l'honorable M. Faucher Saint-Edme, substitut du
(1) Favier, bedeau des marguilliers, est nommé bedeau de la frérie. — C'est sans doute à raison de l'existence de l'Archiconfrérie du Saint- Sacrement dans ses murs, que l'église de Saint-Amable a toujours été servie jusqu'à ces dernières années par deux bedeaux, alors que l'église du Marthuret se contentait d'un seul de ces serviteurs. Ce bedeau supplémentaire a été récemment supprimé par la Fabrique de Saint-Amable par mesure d'économie.
procureur gênerai près la Cour d'appel (1). Nommé baile le G juin 1842, il expose à ses collègues, qui ne le voyaient que Iroj) clairement, que « rArchiconfrérie, la première et la plus importante de la paroisse, est dcplorablement déchue de son ancienne prospérité. Elle tombera pour ne plus se relever, si on n'y remédie d'urgence. » Il propose une série de mesures, propres, d'après lui, à la ranimer, et consignées dans un long mémoire, oix il demande que l'œuvre soit tout à fait distincte et indépendante de la Marguillerie, qu'elle ait son organisation, son administration, sa caisse, ses cérémonies, son siège à part, et le choix exclusif de ses membres (24 juillet 1843).
Sans partager sa foi ni son enthousiasme, ses collègues se prêtent à son expérience. Ils le nomment même président de l'œuvre, avec M. de Bar pour vice-président, M. Serindat pour trésorier, et M. Rozier pour secrétaire. Le Curé de la paroisse sera directeur-né de l'Archiconfrérie. Son siège sera dans la chapelle de Saint-Jean. Les giand'mcsses seront remplacées par des messes basses avec bénédiction à la chapelle de Saint-Jean. Toutes les allocations à la Marguillerie et aux officiers et serviteurs de l'église sont supprimées (2 août 1843).
Le résultat de cette petite révolution ne se fit pas attendre: la décadence de l'œuvre n'en devint que plus rapide. Ce n'est pas impunément qu'on touche aux vieilles traditions, même lorsqu'elles semblent à demi-éteintes. Un an ne s'est pas écoulé (25 août 1844), que les finances de la Confrérie sont épuisées : on ne peut même acheter un ciboire ; on doit garder celui qu'a emprunté le Curé. On ne peut davantage acquérir, pour clore la chapelle où a émigré l'œuvre, une
(l) M. Faucher, ancien substitut- du procureur général à Alger, fut nommé substitut du procureur général près la Cour royale de Riom par ordonnance du 23 décembre 1841. Révoqué par arrêté du gouvernement provisoire du 4 avril 1848, il rentra postérieurement dans la magistrature, et devint conseiller à la Cour de Douai. C'est à Douai qu'en 1866 il fut admis à la retraite par limile d'âge. (Renseignements dus à l'obligence de M. Garron, greffier en chef de la Cour d'appel de Riom).
balustrade en fonte, pas plus que la balustrade en bois provenant de la chapelle des Incurables qui est en vente: on doit se contenter de la balustrade provisoire qui a été prêtée. M. le curé Cohadon, dont le talent de prédicateur est connu, a beau faire ses efforts pour relever TArchiconfrérie, prêcher dans la chapelle tous les troisièmes dimanches ; des bailcsses zélées ont beau, à leur tour, se charger de l'ornementation de cette chapelle: le l^' juin 1845 on constate avec effroi qu'il reste en caisse 0 fr. 70 sur Texercice précédent ! Devant ce désastre, M. Faucher et M. de Bar donnent leur démission (12 mars 1846).
L'expérience avait été cruelle. Les bailes restants se hâtent de revenir aux antiques coutumes. Ils expliquent que la nouvelle organisation a avait excité de vifs mécontentements et d'instantes réclamations de la part des fidèles de la paroisse, comme étant contraire à des usages séculaires j), et ils décident de rétablir l'ancien état de choses. Le siège de TArchiconfrérie est rendu au maître-autel ; les bailes agiront de concert avec les marguilliers, sous la réserve de leurs anciens privilèges. Ils paieront à la Marguillerie 45 francs pour la fourniture qu'elle leur fera de luminaire, de pain, de vin, d'encens, et pour la roue de fleurs portée à la procession de la Fête-Dieu; au curé, 18 francs pour les messes du premier lundi du mois, et 78 francs pour celles du jeudi, 39 francs pour celles de l'Octave, 6 fr. 50 pour la messe de Requiem du lundi de l'Octave. Le budget de l'œuvre, y compris diverses gratifications aux serviteurs de l'église, sera de 227 fr. 50. Pour sceller le rapprochement des deux institutions, la frérie vend à la Fabrique 120 francs un ciboire en argent et un croissant doré qui lui appartiennent (11 juin 1846).
Ce retour aux règles antiques ne favorisa pas davantage l'expansion de l'oeuvre. La Confrérie du Saint-Sacrement n'a plus d'histoire depuis ce moment ; sa dernière délibéralion porte la date du 8 juin 1847 : elle constate la nomination de M. Fouilhoux comme baile en remplacement de M. de Bar,
la désignation des porte -cordons et des quêteuses pour la prochaine Fête-Dieu, et se clôt par la signature de M. le curé Cohadon. . . .
Ce n'est pas que la Confrérie disparût à ce moment. Elle continua à subsister longtemps encore, car un document officiel nous donne son budget en l'année 1888. Mais, son existence ne se manifesta plus guère, si ce n'est par la présence de ses bailes, personnages notables de la paroisse, aux diverses cérémonies instituées en l'honneur du Saint-Sacrement. Ces bailes ne se renouvelaient plus ; ils conservaient indéfiniment leurs fonctions. Aux alentours de l'année 1888 dont nous venons de parler, ils n'existaient même plus ; — car, à leur mort, on n'avait plus pris le soin de les remplacer, signe certain de l'extinction de la Confrérie. . - .
Voici le tableau financier des opérations de l'œuvre durant le xix^ siècle :
Recettes.
Dépenses.
Recettes.
Dépenses.
if
Les quêtes, qui produisaient 189 francs en 1803, ne donnaient que 19 fr. 85 en 1886 et 12 fr. 50 en 1888. Les recettes, dans les dernières années, provenaient des quêtes faites aux messes, de quelques offrandes et des dons des porte-cordons et des dames baiiesses. Les dépenses, à la même époque, comprenaient les frais des offices de l'Octave et l'allocation donnée au Frère Directeur des Ecoles chrétiennes, qui était chargé sans doute de recevoir annuellement les cotisations et les inscriptions des membres de l'œuvre. . .
Si la Confrérie du Saint-Sacrement a disparu de fait, son souvenir continue du moins de subsister en l'église de Saint- Amable par le maintien des principales coutumes instituées par nos aïeux en l'honneur du Saint-Sacrement : messe hebdomadaire du jeudi, suivie de la bénédiction, procession dans l'église le troisième dimanche du mois, saluts et prédications chaque jour de l'Octave de la Fête-Dieu, surtout célébration solennelle de la Fête-Dieu par des processions dans les deux paroisses. La paroisse de Saint-Amable fait sa procession le dimanche de la Fête-Dieu, à l'issue de la
grand'messe, cl parcourt les places de Saint-Amable et de la Halle, le boulevard de la Pyramide, les rues de l'Horloge, du Commerce, de Mozat, le boulevard du Château d'Eau, pour rentrer de là à l'église. Ses trois reposoirs se dressent, le premier, dans la rue de l'Horloge, non loin des Taules, le second, au coin des rues Neuve et de Mozat, et le troisième, en face du Château d'Eau. La procession de la paroisse du Marthuret a lieu le second dimanche de la Fête-Dieu, après vêpres (1), par la rue du Commerce, les boulevards du Square et du Collège, les rues de THôtel-de-Ville et du Commerce. Ses trois reposoirs s'élèvent, le premier, sur le boulevard du Square, le second , à l'entrée de la rue de l'Hôtel-de-Ville, contre la grille du jardin du Palais, et le troisième au sommet de la rue de l'Horloge, près des Taules. Aux deux processions, le dais est porté par « des brayauds», qui font ou non partie de la corporation des portechâsse de Saint-Amable ou de celle des porteurs de Notre- Dame du Marthuret, et les cordons du dais sont soutenus par des personnages notables de la ville. Des dames, « dites Dames du Saint-Sacrement », suivent dans chaque paroisse les processions du Saint-Sacrement ; au Marthuret, quatre pieux laïques portent d'une façon attitrée de grandes lanternes allumées autour du Saint - Sacrement. Enfin, les fêtes de l'Adoration perpétuelle , établies sous l'épiscopat de M^'' Boyer, sont célébrées dans les deux paroisses de Riom avec un éclat et une splendeur qui ne sont dépassés nulle part dans le diocèse. Ajoutons que la Ville a conservé le zèle de son ancienne Confrérie pour la magnificence des vases sacrés et des ornements employés dans les fêtes du Saint-Sacrement.
Aussi bien n'est-il pas absolument exact d'écrire que la Confrérie du Saint-Sacrement n'existe plus dans la ville de
(1) Il est vraisemblable que la procession du Marthuret n'a lieu que le soir, en souvenir de la procession de la « petite Fête-Dieu », qui, avant la Révolution, ne se faisait également qu'après vêpres.
Riom. Depuis l'année 1893, elle revit sous une nouvelle forme, sous celle de l'Adoration du Très Saint-Sacrement : Adoration nocturne, Adoration diurne.
L'Adoration nocturne est pratiquée par les hommes de la Ville en l'église de Saint-Amable. Une nuit par mois (celle du samedi au premier dimanche), de nombreux Riomois, convaincus qu'au sein des défaillances contemporaines, le Pain vivant de l'Eucharistie est, suivant l'expression de saint Thomas d'Aquin, le seul qui puisse donner la vie à l'Humanité, panis vivus, vitam, prœstans homini, se réunissent devant le Saint-Sacrement après s'être distribué les heures de la nuit, de 9 heures du soir à 5 heures du matin, de façon à veiller chacun une heure au pied de l'Autel. Leur Confrérie prend part également à l'Adoration nocturne lors de la fête de l'Adoration perpétuelle dans chaque paroisse, et pendant la nuit du Jeudi au Vendredi-Saint en l'église 011 s'est prêché le Carême.
Pour l'Adoration diurne, elle est faite par les femmes dans chacune des paroisses de Saint-Amable et du Marthuret. Le premier vendredi de chaque mois, de pieuses dames se pressent, durant les diverses heures de la journée, autour du radieux Ostensoir. Signalons enfin l'existence d'une Confrérie du Sacré-Cœur dans la paroisse de Saint-Amable.
Et ainsi a parlent les morts » ! Les ancêtres riomois, si dévots au Saint-Sacrement, revivent dans leurs descendants. Comme leurs pères, ces derniers croient et proiessent que l'Hostie de salut ouvre la porte du Ciel. Vers F^lle, dans les combats meurtriers de la vie, ils poussent le cri de détresse ; d'Elle, suppliants, ils implorent force et secours ! 0 Salutaris fJostia /. . . (1).
(1) M. Albert Ojardias a bien voulu nous communiquer un curieux volume lui provenant de sa famille et édité en 1641 par Didier, libraire à Lyon. Cet ouvrage contient les « Reigles, Statuts et offices des Compagnies de Pénitens du très Sainct et très Auguste Sacrement de l'Autel, establies dans tout le diocèse de Lyon, et autres lieux de nostre Royaume, w
Les annotations manuscrites qui se lisent sur les premiers feuillets de ce
I\oins, par ordre alplkabr'tiquc, des faiiiilles figurant sur les liste» des registres de la CoiilVérie du très Saint-Saerement de Saint-
Xmiihlc, pendant le xviii« siècle, et notamment pendant les années il/tH, 4l(i5y 4766, i769, 4770, 1775, ^777, ^787, ^789.
Albert, Alibert, Allard, Allègre, Allemand, Amblard, Amélie, Amy, Andraud, Araby, Arbitre, Archon, Ardaine, Ardely, Armand, Arnauld, Arnoux, Arvet, Assolent, Astor-
livre et qui donnent les noms de ses anciens possesseurs, nous apprennent qu'une Confrérie de cet ordre existait à Thiers, « en l'église paroissiale de Saint-Jean du passé {sic) », en 1731.
Les règles de ces Confréries de pénitents du Saint-Sacrement étaient beaucoup plus ôteniues que celles des Confréries ordinaires du Saint- Sacrement. L'Association était gouvernée par de nombreux officiers, recteur, conseillers, sacristain, secrétaire, trésorier, maître de chœur, visiteur des malades, portier. Des exercices de piété étaient indiqués aux confrères pour chaque jour de la semaine; un noviciat était imposé aux postulants, et leur réception se faisait dans une cérémonie solennelle et avec un rituel déterminé; ce n'était qu'après ce temps d'épreuve qu'on était admis dans la Compagnie ; etc. . . Enfin, les confrères devaient, dans leurs cérémonies extérieures, porter un habit « de toile blanche, sans aucune curiosité, mais toute simple, qui les couvrira depuis la teste jusques aux pieds, et large honestement, conformément à la corpulence d'un chacun, sans dantelles, et sans frolûres superflues. Le couvre chef ou capuchon sera de mesme toille, attaché à l'habit par derrière, et battant par le devant jusques à la ceinture, laquelle sera seulement de filet sans nœuds, ni ouvrages curieux, y portant un simple chapelet attaché. Que si quelqu'un faict fendre son habit au droit de la poche, il fera attacher une toille, afin qu'on ne voye parmi ceste fente son habit séculier : et tous porteront les armes de ladicte Confrairie du Sainct-Sacrement attachez sur la manche gauche de l'habit. Et leur est très expressément deffendu qu'aux processions aucun d'eux porte des gans, bagues, grands collets ou fraises empesées, ny bas de couleur voyante, se souvenans tous qu'ils portent le sac de pénitence en signe d'humilité et mespris du monde. »
Les confrères devaient porter cet habit chaque fois qu'ils assistaient ensemble aux offices de l'association, lesquels étaient très nombreux. Ils le portaient aussi aux deux processions de la Confrérie, qui se faisaient, l'une durant la nuit du Jeudi au Vendredi-Saint « en visitant les églises et chapelles où reposera le Sainct-Sacrement de l'Autel, » et l'autre « le dimanche de l'Octave du Corps de Dieu », et aux autres processions extraordinaires où la Compagnie jugeait bon de se rendre.
Il va de soi que ces Confréries de pénitents du Saint-Sacrement ne doivent pas être confondues avec les associations du genre de celle dont nous venons de retracer l'histoire.
gués, Astier, Astre, Aubert, iVubignat, d'Aubeterre, Aubon, Aubost, Altaix, Azan ;
Barbon, Bachaud, Baconnet, Baillard, Balban, Ballet, de Barante, Barge, Barrière, Barse, Bassimbard, Barthélémy, Bartaud, Bâtisse, Beaulaton, de Beaupré, Bec, Belifort, de Benaguet, Bernard, Bernardeau, Berniard, Berton, Berlin, Berliaux, Berrioux, Bertrand. Biorat, Biton, Binon, Bodeloux, Boisson, Boissier, Bonamy, Bonarme, Bonne, Bonnet, Bonneton, Bonnefond, Bonville, Bordas, Bordel, Bordes, Bouchet, Bouchon, Boudet, Bourbon, Bourdaillat, Bourdeaux, Bourlin, Bourdaroux, Bouxerol, Bourrand, Bouyon, Bosse, Brasset, Bresset, Breschard , Bretange , Brian, Brilliot, Brioude, Briquet, Brosson, Brujas, Brun ;
Caille, Caillaux, Cambray, Canaud, Carnet, Carraud , Cartier, Carton, Castalin, Ceyssat, Cellier, Chabrol, Chalard, Chalus, Chanard, du (^^hancet, de Charaerlat, Chapsal, Chapus, Charaux, Chardon, Chardonnet, Charles, Charmât, Gharrot , Charvillat, Chaucheprat, Chavagnat, Chassaing, Chassaigne, Chazotte, CUiemin, Chevogeon du Vivet, Ghirol, Chossier, Chouvigny, Cipierre, Clairat, Clavel, Clément, du Glozel, Cluzel, Collas, Combaud, Combe, de Combes, Conchon, Conchonnat, Constant, Cournaire, Courtin , Corus, Croizier, Costes, Court, de la Crène ;
Dalbine, Dapsol, Daudet, Dauphine, Dauthun, Dautreix, Debas, Debord, Defaye, du Delïan, Dauteroche, Degergaille, Dejean, Delagenesse, Dtîlalande, Delas, Delamothe, Delarbre, Delpeut, Delduc, Dèbre, Desplats, Demalet, Demenet, Demichel. Déportes, Desaibrague {?), Devèze, Desnier, Desanges, Descourolles, Déat, Diogon, Dissat, Dojardias, Domas, Douet, Dousset, Drivon, Dubois, Dubreuil, Duc, Duchamp, Ducros, Dufour, Dufraisse du Choix, Dugourd, Dujouhannel, Dulaure, Dumas, Dumont, Dumontel, Dumoulin, Duprat, Dupré, Durlac, Duriat, Durin, Duscoutaut, Dutour, Durif, Duval, Dutuel;
Espagnol, Espinas, Eyraud ;
Faucon, Faugier, Faure, Favard, Favier, Faydit, Faucher, Felut, Ferrand, Ferrandon, Feirière, Fleury, Fontanier, Foulhouze, Fournier, Fressanges, de Frétât, Fretières, Fougères ;
Gaby, Gachon^ Gacon, Gaillard, Gaillot, Gallerand, Gamonet, Gannat, Gandebœuf, Garidoue, Garrige, Gassion, Gaubert, Gaume, Gauthier, Genin , Geneste, Gerle, Geslin, Gervy, Gervon, Gille, Gillot, Girgonde, Giron, Gisras, Gomot, Got, Goy, Goyon, Grangier, Grasset, Grand, Grenet, Guérignon, Guérin, Gonlier, Gogellet, de Gromond, Grégoire ;
lïaterre, Hébrard, Hédieu, Hom ;
Imbert, Issay ;
Jallot, Jarrige, Jouet, Jourdan, Jouvet, Joye, Juge, Jusseraud, Jury, Jurien, Janaes, Jeangraud ;
Laborde, Labry, Lacombe, Lacroix, Lageneste, de Lagrange, Lagrave, Laniadon, Lamothe, Lanore, Lardy, Lasosaix, Larique, Laville, Lambertèche, Landiile, Lapeyre^ Lambinaux, Laudet , Lefebvre, Légat, Legay, Lemoine, Lemory, Lenormand, Leix, Leyrit, Longevert, Levadoux, Lespé, Lospital, Logier ;
Magne, Magnier, Maillard, Malbet, Mallet, Mandet, Marchadier, Marie, de Marcilly, Marquet, Marsin, Martin, Mailhot, Malicot, des Marands, Marret, Massis, Malouet, Massonet, Mallon, Mathieu, Mathivon, Maubet, Mauraud, Mauriat, Mavel, Mayet, Mazuel, Mazuer, Mazot, Messey, Mercier , Méliodon , Mesure , Meunier , Mezière , Michel , Milanges, Miton, Montaigne, Monnet, Montanier, Monnet, Montéléon, de Montolion, de Mongoly, Morand, Mordefroid, Morange, Morget, Morgeat, Morel, Monteilhet, Monteix, Moneyron, Moulin, Mourlat, Moustios, Moulaide ;
De Nadaillat, Nony, Noalhat ;
Page, Pages, Paquier, Parades, Papon, Passavy, Patier, Paviot, Parret, Passavy, Pellabont, Pelletier, Perol, Peschaut. Petit, Perron, Persat, Perrussel, Pellion, Pellissier, Peyrard, Peyras , Peyrot, Phelut, Pichot, Pinlon, Pissis,
iO
Porte, Pourrai, Pouzol, Pontus, Prioron, Plazenel, Pinchaut, Poudreux, Puray ;
Quinty ;
Raby, Rangleret, Ray, Raymond, Raynaud, Richard, Rigaud, Rizet, Robert, Robin, Roche, Rochefort, Rochelle, Romme, Rondelet, Rouger, Rougier, Rougeyron, Roux, Rossignol, Roy ;
De Saint-Gervais, de Sainl-Jal , Sandouly, Salle, de Salverl, Sampigny, Sardier, Saurel, du Sauzet, Savoureux, Savarin, de Serre, Servant, Servolle, Sertillanges, Servin, Sirejean, Soalhal, de Solignac, Solignat, Sol, Soudy, Soulage, Soulefour, Soubrany, Soulier ;
Tache, Tailhand, Tailhandier, Tailhardat, Talion, Teilhard, Teilhol, Thierry, Thévenel, Thuel, Tissandier, Tissier. Torrent, Tourreau, Tournaire, Toultée, Tronche, Tronier ;
Valeix, Valon, Vacher, Vachier, Vanol, Vaudet, Vazeille, Vergne, Verniol, Vernière, Verny, Versepuy, Vol, Vidal, Vigier, Vissac, de la Védrine, de la Verchère, Vernaison, Villeneuve, Vidalet, Vilalte, Vivier.
I\oni« des Bailes de la Confrérie du Saint-Sacrement.
1401 Michel Chardon, prêtre; Edmond Couhet, Imbert Apchier, Chausson cl Stéphane Ralon.
1509 Antoine Enjubauld (?), prêtre; Antoine Roze, Martin de Laval, Pierre Rourdas (?).
1547 Antoine Romeul.
1553 Amable Moreau, marchand.
1554 Pierre Bourdige.
1555 Amable Groslier, prêtre; Amable Moreau, Pierre
Bourdige, Jean Fournet, marchand.
Noms des confrères de 1555 : Durochier, Combes, Barrier, Moreau, baile vieux, de Sirmond, Derodes, Chabre, Apchier, Faydit, Dubourg, Curvinal, Castier, Barrière, Auclerc, Odinet, Chaduc, Bauduy,
Reynaud, Johaneton, de Longuevillc, de la Farge, Valeix, Faige, Rose, Dalemaigne, Chartoire, Chabanne, Ferrand, Meynard, Dujohannet, Jeydis, Bordas, Chermilhon , Combes, Barrot, Faudier , Chabanne, Chaduc, Chabi'yn, Jouvonnes, Valette, Ilabert, Abry, Decoussy, Roubert, Banière, Barghaud, Gervaix, Girard, Reivit, Roux, Ainoux, Defressanges, Chabanne, Mazuer, Lubrit, Bonnet, Dujohannet, Ambert, Bertrand, Bonnet Pestre , Broche, Rouzier, Chrestien, Luquet, Bourdige. (D'après les signatures relevées sur la délibération du 1°'" mars 1555 pour la fondation de la a messe haulte ». Il faudrait donc ajouter à ces noms ceux des confrères illettrés).
1558 Antoine Dubois.
1569 Pierre Normand, Pierre Bordas.
1570 Jean Reynaud, prêtre; Gilbert Normand, Pierre Bor-
das, Antoine Rose.
1616 Noms des confrères : Dubois, roi ; du Verdier, Brujas,
Robert, Mercier, bailes ; Rigaud, Barrier, Benezit, Chatard, de Roddes, Pacher, J. Chaduc, Charbonnier, Bordas, Dubois, Arnoux, Celerier, Thierry, Potière, EscoUes, Blanc, Pastel, Bonnefoux, Durand, Bernard, Faydit, de Combes, Tavernier, Combes, Rigaud, Titasson, Pailloux, Mocquet, Valette, Courteix , Momet , Vialard, Mingaud, Legay, Gebelin, Maigne, Faydit, Rollet , notaire, Morisque, Chevallier, Labbaye. (Signatures relevées sur la délibération du 15 juin 1616, autorisant le transfert de la célébration des Saluts de r(3ctave de Tautel de la porte de Layat en l'église de Saint-Amable).
1617 Balthasar du Verdier, avocat; Bernard Brujas de la
iMaison-Blanche, Amable Robert, procureur ; Antoine Mercier, greffier aux criées.
1628 Mouchon, prêtre; Reynaud, Robert, Valette.
1633 Antoine Arnoux, conseiller à la Sénéchaussée ; Pierre Delas, avocat; Jean Assolent, procureur; Claude Arvier, marchand.
1739 Chabre, avocat du Roi ; Brujas, Pradier, Vacher.
1744 Geninet de Montussan, conseiller; Cambray, bour-
geois; Petit, procureur; Legay, marchand.
1745 Dufour, avocat; Porte, marchand; (les deux autres
maintenus).
21 août 1746 Archon-Despérouses Joseph-Michel, conseiller à la Sénéchaussée; Thévenet Antoine, procureur es cours; Andraud Pierre, avocat; Mallet Bonnet, marchand tanneur.
20 août 1747 Vissac Pierre-Etienne, conseiller à la Sénéchaussée ; Tailhand, procureur es cours ; (les deux autres comme dessus).
8 sept. 1748 Parades Jean, avocat; Gaubert Pierre, tanneur (1).
20 juillet 1749 Valeix Biaise, conseiller à la Sénéchaussée; Bouger Charles jeune, procureur.
20 déc. 1750 Brujas Antoine jeune, bourgeois; Solignat Antoine, marchand.
18 juillet 1751 De Sirmond Antoine-Amable, conseiller à la Sénéchaussée; Pissis Jean, procureur.
(Il n'y a pas d'élection jusqu'en 1755).
15 juin 1755 Archon de la Roche Pierre-Amable, conseiller à la Sénéchaussée ; Jurien François-Amable, procureur.
18 juillet 1756 Brugière de Barante ; Solignat, maintenu.
19 juin 1757 Balles maintenus, à cause de la confection du
nouveau dais dont le prix n'est pas encore soldé.
17 juin 1758 Touttée Amable-Bénigne, avocat; Soulier fils Louis, marchand.
(1) Les bailes étaient nommés pour deux ans et renouvelables par moitié. Nous ne donnons pour chaque année que les noms des deux nouveaux élus.
15 juillet 1759 MM. Archon et Jurien, maintenus.
20 juillet 1760 MM. Touttée et Soulier, maintenus.
19 juillet 1761 Archon de la Roche, maintenu; Hom jeune
Gilbert, procureur.
24 juillet 1762 MM. Touttée et Soulier, maintenus. 24 juillet 1763 Aiclion et Ilom, maintenus. 12 juin 1768 Archon, maintenu; Bonville Jean, notaire et
procureur.
18 juin 1769 Touttée, maintenu; Drivon Jean, procu-
reur.
15 juillet 1770 Dutour de Salvert Pierre-Etienne, assesseur
civil et criminel en la Sénéchaussée ; Bonville, maintenu.
16 juin 1771 Assolent Jacques, procureur du Roi à Mon-
naie, avocat ; Drivon, maintenu.
21 juin 1772 Bônneton François, procureur; Dutour de
Salvert, maintenu.
20 juin 1773 Touttée fils, avocat; Drivon, maintenu.
20 juin 1774 Chabrol, président, lieutenant-criminel à la Sénéchaussée ; Bônneton, maintenu.
15 déc. 1776 Prohet Michel, conseiller à la Sénéchaussée ; Faucon Jean-Charles, procureur.
19 juillet 1778 Chapsal Bonnet- Hector aîné, avocat; Çroisier
aîné Jean, procureur.
17janv. 1779 Faydit Amable, conseillera la Sénéchaussée, en remplacement de M. Prohet, nommé marguillier.
21 juillet 1782 De Nevrezé Jacques-François, conseiller à la
Sénéchaussée ; Faucon, maintenu.
18 juillet 1784 Montanier, conseiller à la Sénéchaussée; Valuche Joseph, procureur.
15 janv. 1786 Mandet, avocat, en remplacement de M. Chap-
sal, nommé marguillier.
16 juillet 1786 Faradesche de Gromond Antoine, conseiller à
la Sénéchaussée ; Coste, procureur.
22 juillet 1787 Mandet et Çroisier, maintenus.
20 juillet 1788 Andraud, conseiller au grand bailliage d'Auvergne ; Coste, maintenu.
19juilletl789 Parades, avocat; Mioche aîné, procureur.
18 juillet 1790 De la Farge, conseiller à la Sénéchaussée; I Coste, maintenu.
31 janv. 1796 Mandet père, Arvet, Biton père, Sol, cultivateur. •
8 janv. 1797 Chassaing Jean-Gilbert, Dubois. m
3 déc. 1797 Tardif-Daniel, Bardin fils. t
1798 Bertrand Dubois, Antoine Grenier.
1799 Croizier, défenseur officieux; Jean Aymard , dit
Gailhe, cultivateur.
1800 Dubois, Grenier, Croizier.
1803 Charles- Joseph Jaffeux, ancien magistrat ; Pierre
Mioche, avoué au Tribunal civil ; Jean-Baptiste Mayet, notaire ; Martin. Mazéat, marchand.
1804 Jean-François Chaduc, propriétaire ; Jean-Baptiste-
Joseph Tixier de la Garenne, propriétaire.
1805 Miocheet Jaffeux, maintenus.
1806 Chaduc et Tixier, maintenus.
1807 Précédents maintenus.
1808 Jean Bory, homme de loi ; Périssel, avoué (à la Cour).
1809 Chaduc et Tixier, maintenus.
1810 Bory, Périssel, maintenus.
1811 Mortilier, marchand; Joseph-Michel-Amable Tixier,
avocat.
1812 Ducrohet fils, auditeur à la Cour ; Chassaigne, mar-
chand.
1813 De Combes fils aîné, avocat; Jean-Amable Lage-
neste, directeur à la manufacture de l'hospice.
1814 Chassaigne, négociant ; Versepuy, notaire.
1815 De Lageneste, maintenu; Gayte de la Rigaudie, avoué
à la Cour.
1816 Tixier-Mioche, avocat; Versepuy.
1817 Cailhe, notaire ; Chaduc-Sirmond, propriétaire ; Ro-
bert-Deval, ancien avoué.
— Vol —
1818-19 Précédents maintenus.
1820 Robert Deval, maintenu ; Porral de Saint-Vidal, con-
seiller à la Cour; Gayte de Larigaudie, avoué-licencié à la Cour; Chaduc-Sirmond, propriétaire.
1821 Chaduc-Sirmond, Gabriel Bord, propriétaire.
1822 Boyer, receveur municipal; do Saint-Vidal, main-
tenu.
1823 Bord, Amable Lhoyer, propriétaire.
1824 Porral de Saint- Vidal, Liotard, avoué au Tribunal.
1825 Lhoyer^ Souteyran, conseiller.
1826 Urion, Bergier, avocat ; Gollangette, médecin.
1827 Chossier du Ponteix, conseiller ; Gollangette.
1829 Gaiihe, notaire ; Porral de Saint- Vidal, conseiller.
1830 Frelut aîné.
1831 Gaubert, propriétaire.
1832 Jouvet des Marauds, avocat ; Frelut aîné.
1833 Talion-Falaise, avocat; de Gourlet, ancien capi-
taine, chevalier de Saint-Louis.
1834 Jouvet des Marands, Gorce père, négociant.
1835 Mioche, receveur de l'enregistrement; Talion, avocat.
1836 Gorce, Ghapsal, propriétaire.
1837 Aubert, ancien receveur; Souteyran, conseiller.
1838 Mioche, Ghapsal, Aubert, Souteyran.
1839 Aubert, Rozier-Mandet, propriélaire.
1840 Bonnet, conseiller; Serindat, négocianl.
1841 Gaubert, propriétaire ; Rozier.
1842 Faucher de Saint- Edme, substitut du procureur
général ; Serindat, négociant.
1843 De Bar, propriétaire ; Rozier.
1844 Argellier, Chassaigne, propriétaires.
1845 Ghabrol-Tallon, propriétaire.
1847 Fouilhoux, Argelier, Chassaigne, Ghabrol-Tallon. (Ici s'arrête le registre des délibérations).
Prédicateurs de l'Octave de la Fête-Dieu de f 63S à 1749.
1625 R. P, Théron, Jésuite.
1626 R. P. Melchior, gardien des Capucins de Riom.
1629 R. P. Gévolde, Jésuite de Rillom.
1630 R. P. Paul Metezau, de l'Oratoire.
1631 R. P. Gardien des Cordeliers de Riom.
1632 Un P. de l'Oratoire.
1633 Un Père de l'Oratoire.
1634 R. P. d'Auras, Jésuite de Billoni.
1635 R. P. Lissene, Jésuite (désigné par le R. P. Arnoux,
qui avait prêché TAvent et le Carême).
1636 R. P. Jean Baillard, Jésuite.
1637 R. P. Timothée, Récollet de Maringues.
1638 R. P. Louis de la Mère de Dieu, Carme-Déchaussé de
Chantoing près Clermont.
1639 R. P. Gara, prieur des Jacobins.
1640 M. Mallovye, curé de Chambruilly en Limosin.
1641 R. P. Auguistin, Carme-Déchaussé.
1642 R. P. Melchior, gardien des Capucins de Riom.
1643 R. P. Honoré, gardien des Capucins de Clermont.
1644 R. P. Un Père Capucin.
1647 R. P. Delamarre, prêtre de l'Oratoire, à la Rochelle.
1648 R. P. Martin, Cordelier.
1650 R. P. Lejeune, de l'Oratoire.
1651 R. P. Supérieur de l'Oratoire de Riom.
1652 R. P. Honoré, gardien des Capucins de Riom.
1654 R. P. Bruno Barrier, Capucin.
1655 R. P. Golefer, Jacobin d'Amiens (reçoit 100 livres).
1656 R. P. Jean Coqui, Cordelier.
1657 R. P. Eleodore, Capucin.
1658 R. P. de la Freydière, Jésuite.
1659 R. P. Tarnier, prieur des Jacobins de Saint-Flour.
1660 R. P. Allemand, Jésuite à Montferrand.
1661 R. P. Chossier, Augustin réformé (100 livres).
1662 M. Jean Courlin, doyen de Saint-Amable. (Il donne
ses honoraires, 60 livres à la Marguillerie, et y ajoute 11 livres pour la réparation du cloître de Saint-Amable).
1663 R. P. de la Clède, Jésuite.
1664 R. P. Thomas, gardien des Capucins de Riom.
1665 M. Pastel, docteur en Sorbonne et prieur de Saint-
Jean de Riom.
1666 R. P. Masson, supérieur de l'Oratoire de Riom.
1667 R. P. Vidal, gardien des Cordeliers de Riom.
1668 R. P. Masson, supérieur de l'Oratoire de Riom.
1669 R. P. Auge, Capucin de Lyon.
1670 R. P. Masson, supérieur de l'Oratoire de Riom.
1672 R. P. Modeste, Carme-Déchaussé de Riom.
1673 R. P. Azan, préfet de l'Oratoire.
1674 M. Faydit, docteur en théologie (reçoit 50 livres).
1675 R. P. de Rhome, supérieur de l'Oratoire de Riom.
1676 R. P. Nicolas, provincial des Capucins, Dijon.
1677 M. Ruben.
1678 R. P. Rollet, Jésuite.
1679 R. P. Jouet, de l'Oratoire de Riom.
1680 R. P. Graillon, Jésuite.
1681 Un Capucin, au choix du Gardien de Puom.
1682 R. P. Azan, de l'Oratoire, théologal de la Cathédrale
de Clermont.
1683 R. P. Lecteur des Cordeliers de Lyon.
1684 R. P. Sulpice, Récollet.
1685 Au choix du P. David, supérieur de l'Oratoire de Riom.
1686 R. P. Alexandre, Capucin de Montluçon.
1687 R. P. Justain, de Saint-Amable.
1688 M. Jean Grand, vicaire de Saint-Amable.
1689 M. Grand.
1690 RR. PP. Teilladet et Grimaud, de l'Oratoire.
1691 R. P. Apollinaire, gardien des Récollets de Montfer-
rand.
1692 M. le Curé de Feur.
1693 R. P. Arcange, Capucin.
1694 R. P. Archon, gardien des Cordeliers de MonlluQon.
1695 R. P. Dalbet, de l'Oratoire, prédicateur de Saint-
Nizier de Lyon.
1696 Mission donnée parles Pères de l'Oratoire.
1697 R. P. Rougier^ Cordelier.
1698 Abbé Rollard, de Clermont.
1699 R. P. Gautier, de TOratoire de Riom.
1700 R. P. Devaux, gardien des Capucins de Riom.
1701 R. P. Faure, supérieur de l'Oratoire de Riom.
1702 R. P. Faure.
1703 R. P. Victorien, supérieur des Augustins de Clermont
(reçoit 60 livres).
1704 R. P. Chrysostôme, Capucin de Monistrol (reçoit
60 livres).
1705 R. P. Déat, Jésuite (reçoit 60 livres).
1706 R. P. Fabre, de l'Oratoire (reçoit 60 livres).
1707 R. P. Farasson, de l'Oratoire.
1746 R. P. Lemasson, Jésuite (reçoit 60 livres).
1748 R. P. Valon, Jacobin (reçoit 60 livres).
1749 R. P. Coulodon, Cordelier.
Noms des porte-cordons du Saiiit-Sacremeut.
1761 Chardon, de Sampigny, de Frétât, Chabre. 1764 Dutour.
1775 Dutour, de Frétât de Chirat, de Fretat-Lomothe, de Champetières.
1779 Dutour, de Marcilly, de Chardon, de Champetières.
1780 De Combe, de Marcilly, Dutour de Salvert fils, Dubois,
de Sampigny-Bussière, de Sampigny-Denom.
1783 De Champetières, Dujouhannel, Pochette, du Corail.
1784 De Sampigny-Russières , de Chardon, Soubrany,
Pochette de Malauzat.
1785 Vissac, de Combes, Gordet, du Corail.
1786 De Vissaguet, de Frétât de la Pause, Ferrand de Fontorte, Dosportc.
1788 De Champetières, de Vissaguet, de Malauzat, de Sam-
pigny-Bussières.
1789 De VissaCj Ferrand jeune, Déportes, Soubrany.
1790 Lapeyre, du Vivet, du Plantady, Gatliol.
1803 De Gonibes père, Rochette de Malauzal, Teilhard du
Chauibon, Ferrand de Fontorle fils.
1804 De Sampigny fils, Valeix, Archon de la Baume, Mon-
tagnier fils.
1805 Teilhot, ancien receveur; Ghapsal, ancien général;
Barthélémy, médecin ; Frenaye, négociant.
1806 Du Buisson, Rollet du Marais, de Ligondès, Deval,
chevalier de la Légion d'honneur.
1807 Favard, commissaire près le tribunal d'appel ; Bran-
che, juge au tribunal d'appel ; Ducrohet, Brujas.
1808 Dutour de Salvert, du Planchât, Reynaud, commis-
saire près le tribunal criminel ; Vissac, homme de loi.
1809 Jourde, contrcMeur pour les contributions; Bordes^
juge ; Mioche, Costes, avoués.
1810 Jaffeux fils, Cailhe , notaire; Allemand, avocat;
Tixier-Mioche, avocat.
1811 De Védrine, ancien magistrat en la Sénéchaussée
d'x\uvergne ; du Crohet père, ancien jurisconsulte; Monnet, receveur ; Landon, conseiller à la Cour impériale.
1812 Grenier, procureur général; Domingon, conseiller;
Labroux, sous-inspecteur des eaux et forêts; Fauverteix, entreposeur général des tabacs.
1813 Moneslier, conseiller auditeur ; de Vaure, receveur de
l'Enregistrement ; de Gombes et du Grohet.
1814 Teilhard du Ghambon, Teilhot, Mortilier, Desliens.
1815 Montanier, Dutour de Salvert, Desassis, Ghapsal.
1816 Ghapsal, général; Jaffeux, conseiller; Ducrohet, con-
seiller auditeur ; du Buisson, lieutenant-colonel.
1817 Grenier, procureur général ; Deval de Guymont, pré-
sident de Chambre à la Cour; Branche, conseiller ; Borye, président du tribunal civil et de la Cour prévôtale du Puy-de-Dôme.
1818 Dutour de Salvert^ sous-préfet; Cathol du Deffan,
ancien juge; Versepuy, notaire; Tixier-Mioche , avocat.
1819 Souteyran, Bassin, conseillers; Montanier, Rollet du
Marais, chevaliers de Saint-Louis.
1820 Chossier du Ponteix, de Villepion, conseillers ; Alle-
mand, avocat ; Frenaye, président du tribunal de commerce.
1821 De Combes, Domingon, conseillers; Devillard, entre-
poseur des tabacs ; du Corail, propriétaire.
1822 Général Chapsal, Louis de Sampigny, chevaliers de
Saint-Louis ; Voisin de Gartempe, avocat général ; Ducrozet, conseiller.
1823 Garron, avocat et adjoint au maire ; comte de Thury,
receveur particulier ; Magnol et Cathol du Deffan, conseillers.
1824 Roux de Lusson, officier de gendarmerie ; Chalus,
procureur du Roi ; Mioche, receveur de l'Enregistrement; Molin, conseiller auditeur.
1825 De la Ratisse, propriétaire ; Barret du Coudert, con-
seiller; Bordes, substitut du procureur général; Beraud, président du tribunal de commerce. 1820 Porral de Saint-Vidal, conseiller; Borye, président du tribunal civil ; Amat, notaire ; Breschard, propriétaire.
1827 De Bastard , avocat général; Laudois, conseiller;
Tassis, lieutenant de gendarmerie; Joly, entreposeur des tabacs.
1828 Deval fils, conseiller auditeur ; Ducrohet, Ratoin, in-
génieur des ponts et chaussées ; Tixier, notaire.
1829 De Féligonde, Vidal, conseillers auditeurs ; Combaud,
Gomot, médecins.
1830 Du Glozel, avocat général ; de Bouillie, premier avo-
cat général ; Robillon, lieutenant de gendarmerie; Albert, juge.
1831 Borie, président du tribunal civil; Courbaire, conseil-
ler auditeui' ; Ducrohet, Tixier-Mioche, avocats.
1832 De Vissac, bâtonnier des avocats; Paul de Combe,
avocat; Combaud fils, avocat; Urion père. 1.S33 Du Clozel, avocat ; de Féligonde, Gourbayre, conseillers auditeurs; Jules de Vaure.
1834 Chapsal, des Raynaud, propriétaire ; Emile Thibaud,
Frelut, Ducher, médecin.
1835 Meilheurat, conseiller; Vidal-Allemand, conseiller
auditeur; Allary fils, Amat, notaire.
1836 Galemard du Genestoux, conseiller; Garron, greffier
en chef d,e la Gour ; Besseyre, président du tribunal de commerce; Jouvet des Marands, avocat.
1837 Talion, avocat; de la Brosse, Poughon, notaires;
Baye, inspecteur de la Maison centrale.
1838 Bassin, Bonnay, conseillers ; Deval, Jules de Vaure,
avocats.
1839 Louis Desassis, Louis de la Brosse, avocats ; Ghabroî-
Tallon, propriétaire ; Monteix père, percepteur.
1840 Ghalus, avocat; Tixier-Grelliche, propriétaire; Aguil-
bon, docteur en médecine ; Dumoulin, banquier.
1841 De Gombes, conseiller; Gourbaire, conseiller audi-
teur; Ducher de Garbon, Félix Dumoulin, banquier.
1842 Faucher, Malbet, Gailloux, Fouilhouse-Verru.
1843 Du Deffan, Grelliche, conseillers ; le capitaine de gen-
darmerie ; le capitaine commandant du 16^
1844 Allemand, maire ; du Glozel, avocat ; Fournier, méde-
cin ; Boyer, banquier.
1845 De Gombes, conseiller ; Amable du Gorail, de Vaure
père, Gombaud fils.
1846 Albert Poughon, Baynard fils, Paul Grelliche, Malbet
fils.
1847 Rouher, percepteur ; Amal, notaire; Gorce négociant;
Métivier, entreposeur des tabacs.
1848 Deux fabriciens, deux bailes.
1849 Àubert, greffier en chef de la Cour; Adrien de la
Brosse, Jules Ghassaigne, Eugène Garron.
1850 Ricoux, Courbaire, Kreuter, notaire ; Astier, institu-
teur.
1851 Enjubault, conseiller ; Ancelot, substitut du procu-
reur général; Michellet, avoué; Penpennique, gendarme vétéran.
1852 Nicolas, premier président; du Clozel , conseiller;
Desassis, adjoint ; de Rubelles.
1853 Diard, président de Chambre ; de Vissac, du Deffan,
conseiller ; Poughon, notaire.
1854 Blanche, procureur général; Romeuf de la Valette,
président de chambre; Burin-Desroziers, conseiller; Alphonse de la Brosse, notaire.
1855 (Pas de procession à Saint-Amable).
1856 Meynard de Franc, premier président ; Boudet de
Bardon, conseiller général; Jules de Vaure, Ludovic Jouvet des Marands.
1857 Talion, maire; Besseyre, Gollangettes, Rollat, avocat.
1858 Du Corail père, de Frémenville, conseiller ; Salveton
père, avocat; Aguilhon, médecin.
1859 Lagrange, premier président; Grelliche, Diard, pré-
sidents de chambre ; Enjubault, conseiller.
1860 (Pas de procession à Saint-Amable, sans doute à cause
de rinclémence du temps).
1861 Louis de la Brosse, juge ; Ludovic Jouvet des Ma-
rands, Pirel, notaire ; Tardit, notaire.
Quêteu««es du Saint-Sacrement.
1781 M"^^ de Laribotte, Rochette, la Chabanne, du Clozel.
1782 Rochette, Rigaud de la Chabanne, Prohet.
1783 Rigauld de la Chabanne, Bidon, Ducrohet, Gerzal.
1785 M»i^« Chabrol, Arnauld, du Clozel, Ducrohet.
1786 Bidon, Andraud, de Nevrezé, Valeix.
1789 Andraud, Ducrohet, Barthélémy, Granchier.
1790 Andraud, de Gromond, Mioche, Valuche.
1791 Mioche, de Gromond, Valuche, Albert.
1803 Bréchet de Védrine, Malouet, Chassaing, Néron
des Aulnats.
1804 Bréchet de Védrine, Chassaigne, Charmât, Sau-
vageon.
1805 M"^««Daude, Dufaud.
1806 M"''" Bréchet de Védrine, du Buisson, Sauvageon.
1807 Faucon, Guérignon.
1809 l^ony, Périssel, Mortilier, Chaduc.
1810 De la Garenne, Verny-Croizier, Mortilier, Chaduc.
1811 Périssel, Mortilier, Juge. Vayron.
1812 Giraud, Murât, Mazen.
1813 Vissac, M-''^^ Desliens.
1814 M™«^ Dutour de Salvert, Ducrohet-Touttée.
1815 M^i^^ Dufaud, Soulier, Mallet.
1816 Bory, Cailhe, Chaduc.
1817 De Combes, Teilhard du Chambon, Mazuel.
1818 Desliens, Mortilier, Juge-Soulier.
1819 Loiivot, de la Rouzière.
1820 Sédillot, Gautard.
1821 Montanier, Vissac.
1822 Bory, Mortilier.
1823 M"^«^ Lhoyer, Liotard.
1838 M'''' Bonnay, du Corail.
1839 M"^^^ Le Camus, du Clozel.
1840 de Féligonde, Chabrol-Talion.
1841 Garron, Tailhand-Demay.
1843 Faucher, de la Brosse.
1847 Louis de la Brosse, Malbet-Chossier.
1848 Lhoyer, veuve Combaud.
1849 (A partir de cette année, ce sont les bailes qui
font ia quête).
Reines du Saint-Sacrement.
1744 M"^^' Lenorinand, née Maubet de Rioux. 1758 Chabre.
1761-1789 Rollet d'Avaux.
1791 Soubrany.
1796 Soubiany-Macholles (bailesse).
1803 Du Vivet mère.
1804-1807 De Capony (f 1808).
1808-1819 De Laval de la Crène, veuve de Frétât de Ghirat. 1819-1824 De Livron, née Devic de Pontgibaud (f 1'" juillet 1824).
1824-1838 Ducrohet, née Touttée.
1839-1840 De Vissac.
(A partir de 1841, il n'est plus fait mention de la Reine).
- IGl -
CIIAPITPvE V
Les Confréries de Notre-Seigneur.
(Sources manuscriles : Archives de la Préfaclure (fonds de la Sainte-Chapelle de Hioni, liasse 1, cote o, c.) — Archives de la Fabrique de Saint- Amable. — Archives de la ville de Riom^ GG. 127.)
Une autre Confrérie riomoise très ancienne est celle de la a. Sainte-Croix î>. Les archives de la ville possèdent des titres, datés de 1282, qui révèlent son existence à cette époque. Etienne de la Font et son épouse vendent aux bailes de cette Confrérie, moyennant 31 sous, une rente d'une quarte froment, en directe seigneurie, usage de chevalier, tiers denier de lods et ventes, sur une vigne au terroir de la Gheyras et sur une autre vigne au terroir de Glanaude. Jean de Murât leur vend à son tour un cens d'une quarte fix)ment en directe seigneurie assis sur une terre au terroir de l'Arbre de Marioles, moyennant (iO sous.
Cette association doit peut-être sa fondation au prince Alphonse, qui partageait sans doute la vénération de son auguste frère, saint Louis, pour la Croix du Christ. Elle avait son siège dans la Sainte Chapelle du Palais de Justice, oii était conservée « une portion du bois de la vraie Croix de Jésus-Christ, que le Chapitre portait à travers la ville, lors de la procession de Sainle-Ci^oix » (1).
(1) Chabrol, Coutumes cr Auvergne, IV, p. 458. L'église de Saint- Amable possédait elle aussi, dès avant 1629, une portion de la vraie Croix, (voir infra, ch. VIII). A la fin du xviii« siècle, elle en reçut une nouvelle (( renfermée dans une copie d'un travail très recherché ». Le pape Benoit XIV avait envoyé celle-ci à M'"^ Adélaïde, qui la donna à la duchesse de Narbonne. Cette dernière, « descendue de la maison de Chovance, ainsi que Saint-Amable », en fit don en 1783 à l'église. (Chabrol, ibid., p. 4o5).
Un des livres de comptes de celle Confrérie, allant de 1659 à 1715, et conservé aux archives de la Préfecture, nous donne quelques indications sur son fonctionnemenl.
A cette époque, la Confrérie, quoique comprenant des fidèles des deux sexes, est "surtout composée de Dames et administrée, non par des bailes, mais par des bailesses. Elle célèbre solennellement les deux fêtes de la Croix, celle de l'Invention (3 mai) et celle de l'Exaltation (14 septembre), et fait chanter chaque fois au Palais une grand'messe avec diacre et sous-diacre par les chanoines de la Sainte-Chapelle.
Le jour de la fêle de mai, des « charités » se distribuent, et c'est vraisemblablement la Confrérie qui est chargée de ce soin. Avant 1354, un sieur Jean de Mauzat donne une vigne à Pessat et un cens de 19 deniers pour ces « charités ». Etienne Dolois offre pour le même objet un setier de froment (1).
Le lendemain de cette fête de mai, un service est célébré pour les confrères défunts. La frérie fournit au Chapitre pour les messes une livre de cire vierge, et participe aussi « aux frais pour la grande lumière que le Chapitre fait à cause des 40 heures, le jour de saint Louis d. Ce sont les chanoines de la Sainte- Chapelle qui perçoivent les cotisations et les offrandes ; ils règlent ensuite compte avec les bailesses. € Aujourd'hui, 20 septembre 1688, écrit sur le livre le chanoine Mangon, j'ai rendu compte aux Dames bailesses de la frérie de Sainte-Croix, Saint-Loriol et Saint-Fiacre ; le dit jour, il m'est dû, tout compte fait, une livre un sol. y>
Malgré l'adjonction de ces deux noms de Saints à celui de la frérie, l'association ne semble guère prospère. En 1659 elle ne compte que trente membres, et en 1715 que trenteun, presque uniquement des Dames. La cotisation des confrères était des plus modestes : un sol trois deniers !
La Confrérie, cela va de soi, avait un reinage : ce reinage est <r estroussé » en 1659 à Gilbert Piochefort, marchand,
(1) Archives de Riom. Inventaire Boyer, G. G. 143. — 1266-1354.
moyennant 6 livres de cire blanche, payables quinze jours avant la fêle; en 1666, à M"° du Floquet, pour 'ô livres de cire; en 1682, à M"^° Valeix, pour 3 livres de cire; en 1711), au marquis de Fredeville, moyennant 4 livres 5 sols.
Voici les noms inscrits sur le reii^istre pour l'année 171o :
Fête de mai. — Bailesses, Mi\l'"'=^ Chiaulet, Fenix, Métayer, Oiier. — Confrères ou donateurs : Vigot, Danguy, Ratin (?), Chabry, Rougicr, Blich, lieutenant général, Milanges, conseiller, de La Pause, le chanoine Milanges ; Catherine Cartier, Boisson, Houlhon, M"'^ Degré, M'"° Boyer, Chaduc, procureur, MJ»« Rollet, M"^« Girard, M^'° de Serres, M"^« Roulhon, M">'' Luquet, M"''' Bouteix, Amable Olier, M"'^ de la Gravière, Lombard, M™° Prohet, M"^° Montanier, M"^° Faure, M"^^ de Palebost, Chauveau, M"'^ Rochefort, Grenn, M'^^ de Ferrioles, M'^'^ la lieutenante-générale, M"^° la veuve Rollet, M"'^ Jubelin, M"'« Labry, M™*^ Rollet, bourgeoise, M"^*^ Bernard, M^^° Delaire, M"^^Bonvin, Jacques Bonnefoy, Bray.
Fête de septembre. — Marguerite Tévenet, Michy, Anna Lucque, M"'^ Legay, Bouchy, Barbe du Floquet, M^^° Courtin, M"^^ Colombier, Chassaigne, M'^*^ de Serre, M^'^ Vernaison, Mangon, Mandet, du Floquet, M'"^Soanen, M^^*^ de Palbost, M'^^ Bernard, M^^° de Murât, M^^° Ranvier, M™° Danguy, Marguerite Frontière.
D'autres Confréries de la Croix existaient dans la ville. Nous voyons, en effet, le 2 août 1665, les marguilliers de Saint-Amable permettre « aux bailesses de la Croix de faire peindre le crucifix de la tribune i) ; et le manuscrit des « offices à être acquittés dans l'église de Notre-Dame du Marthuret » nous apprend qu'une frérie de la Croix célébrait dans ce sanctuaire les deux fêtes de flnvention et de l'Exaltation « à l'autel de la Croix », et versait chaque fois un honoraire de 9 livres 12 sols au Chapitre.
La multiplicité de ces fréries explique suffisamment le manque de vitalilé de celle de la Sainte-Chapelle.
Au culte de la Sainte Croix à Riom se rattache une fondation curieuse, faite par « Messire Guillaume Mazaye, chanoine de Saint-Amable et curé de Saint-Bonnet-Laschamps ». Ce chanoine avait fait ériger une Croix sur « la font Gardelle », sise « rue des Lions ». Désireux que des prières publiques et solennelles soient récitées devant elle, il paie, le 9 avril 1617, suivant acte reçu Chaumard, notaire, sept vingt dix livres à la Marguillerie de Saint-x\mable, à la charge par elle de verser annuellement 6 livres au Chapitre de cette église le dimanche d'après la fête d'été de Saint- Amable. Moyennant cet honoraire, le Chapitre chantera le jour de saint Amable, lors de la procession, au-devant de la Croix de la font Gardelle, un motet en musique, et dira rOraison de la Croix. Le lendemain, au grand autel du chœur, il célébrera une messe de morts à haute voix, et à diacre et sous-diacre.
Comme l'antienne et l'oraison prescrites par le fondateur « sont contenues au bréviaire », le marguillier Courtin prend le soin de les transcrire sur le registre des fondations, afin d'assurer l'accomplissement exact des intentions du chanoine. Ces prières sont des plus pieuses et des plus touchantes :
Antienne de la Croix. — Voici la Antiphona de Cruce. —
croix du Seigneur, où est la source Ecce crucem Domini, ubi
d'eau vive; fuyez, partis enne- fons aquaevivsG; fugite, par-
mis ; le lion de la tribu de Juda, ra- tes adversae ; vicit leo de
cine de David, a vaincu. Alléluia, tribu Juda, radix David,
Devant lui se courbe tout genou; alléluia. Gui curvitur omne
qu'il soit glorifié par toute langue genu et confileatur omnis
et par toute puissance, par la puis- lingua, potestas omnis, po-
sance éternelle que rien no pourra testas seterna , quae non
lui enlever ni altérer. Alléluia, auferetur nec corrurapetur.
Alléluia.
f. Loin de nous la pensée; de do nous glorifier, alléluia.
R^ Si ce n'est dans la croix de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Prions. Seigneur Jésus -Christ, fils du Dieu vivant, qui, les mains
Alléluia. Alléluia.
f. Absit nobis gloriari, alléluia.
R'. Nisi in cruce Domini nostri Jesu Christi.
Oremus. Domine Jesu GhrisL'^ fili Del vivi, (jui,
expansis in Crucc inanibus, omnia ad le Iraxisli secula, pone passionem, crucoin et mortein luatn inter judicium tuutii et animas nostras, nunc et in hora niorlis, intercedente Beala Maria Virgine, Matre tua, Beato Amabili et omnibus Sanctis; semper largiri digneris gratiam et misericordiam, det'unctis requiem et voniam, Ecclesia3 tuae pacem et veram concordiam, nobisque peccatoribus laetitiam ac vitam sempilernam ; tu qui non vis mortem , sed pœnitentiam peccatorum, populum tuum, qusesumus, ad te converte propitius^ ut, dum tibi devotus exsliterit, iracundiae tuse flagella ab eo removeas, per te, Salvator mundi, qui in Trinitate perfecta vivis et régnas Deus per omnia secula. Amen.
Deus misereatur et benedicat nobis et illuminet vultum suum super nos et misereatur nostri.
étendues sur la Croix, avez attiré à vous tous les siècles, placez votre passion, voire croix et votre mort entre votre jugement et nos âmes, maintenant et à l'heure de notre mort, par l'intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, votre Mère, du Bienheureux Amable et de tous les Saints. Daignez accorder toujours à tous votre grâce et votre miséricorde, aux défunts le repos et le pardon, à votre Eglise la paix et la vraie concorde, et à nous pécheurs la joie et la vie éternelle.
Vous qui voulez, non la mort, mais le repentir des pécheurs, tournez dans votre bonté vers vous votre peuple, nous vous en supplions, afin que, tant qu'il restera attaché à votre service, vous écartiez de lui le fouet de votre colère.
Nous le demandons par vous , Sauveur du monde, qui, étant Dieu, vivez et régnez dans la Trinité parfaite dans tous les siècles.
Amen.
Que Dieu ait pitié de nous, qu'il nous bénisse; qu'il fasse éclater sa lumière sur nous et nous prenne en pitié.
La fontaine Gardelle était, avons-nous dit, dans la rue des Lions, c'est-à-dire dans la partie septentrionale de la rue de THorloge actuelle. Une rue de la ville portait jadis le nom de rue de La Croix-Mazaye ; elle correspondait à la partie de la rue Malouet, qui aboutit à la rampe de Layat. La Croix-Mazaye a disparu : mois ne serait-ce pas en souvenir de la station que Ton faisait devant elle, à la procession de saint Amable, que, de nos jours encore, l'un des reposoirs sur lesquels l'on dépose la châsse du Saint, au cours de sa marche triomphale à travers les rues de la cité, est placé non loin de
rendroil où jaillissait la font Gardelle et se dressait la Croix Mazaye (1) ?
Une Confrérie du « Saint-Sauveur » honorait spécialement la Transfiguration de Notre-Seigneur, le 6 août, en l'église de Notre-Dame du Marthuret, où elle avait un autel connu sous ce nom (2).
Signalons encore, en l'église des Cordeliers, une Confrérie fondée en l'honneur des cinq plaies de Notre-Seigneur. Le siège de celte association était une chapelle placée sous le jubé, « au pied du grand crucifix, entre le chœur et la nef». Chaque vendredi, « les bonnes matrones et dévotes de la ville d faisaient dire « une grand'messe des cinq plaies, à diacre, et sous-diacre avec la Passion » (3).
La corporation des maçons, tailleurs de pierre, couvreurs, paveurs et blanchisseurs, formait une Confrérie dédiée à l'Ascension de Notre-Seigneur.
La revue VArt sacré assure que les maçons s'étaient constitués en confréries en divers pays dès avant la seconde moitié du xn^ siècle. « Au xm" siècle, dit-elle, Erwin de Steinbach, architecte de la cathédrale de Strasbourg, était à la tête d'une de ces sociétés de frères maçons. Le pape Ni-
(1) M. le docteur Roux, dans son ouvrage déjà cité sur Riom pendant la Révolution (t. lî, p. 90), s'exprime ainsi en parlant de la rue de la Croix-Mazaye : « Les registres consulaires nous apprennent qu'en 1613 le chanoine Mazaye fut autorisé à faire poser « une fort belle croix de pierre» au-des«ous du bac de la fontaine Gardelle, à condition de n'y faire mettre « aulcuneescriture » sans l'autorisation des consuls. Cette Croix devait se trouver à peu près au niveau de l'impasse Malouet. » On voit que les énonciations de nos documents ne concordent pas entièrement avec les indications de M. le docteur Roux : si la fontaine Gardelle était « rue des Lions », comme l'affirme notre registre, elle ne pouvait occuper l'emplacement que lui assigne le savant auteur.
{2) Archives de Notre-Dame du Marthuret.
(3) R. P. FoDÉRÉ, Narration historique et lopographique des Couvents de rOrdre de saint François (Mémoires de l'Académie de Clermont- Ferrand, 1859, 2e semestre, p. 393).
colos III leur octroya des privilèges » (1). Nous ignorons à quelle époque se forma la Confrérie riomoise. « On a avancé, raconte M. Tabbé Crégut dans sa charmante causerie sur Riom, ses rues, ses monuments, son histoire (2), on a avancé que Riom possédait au xvf siècle une Ecole d'artistes sculpteurs et que les embellissements (de la cité) seraient le fruit des eflbrts de ses études esthétiques. Rien n'autorise cette assertion. Une école aurait laissé des traces dans les archives ; or les archives sont muettes à ce sujet. Ce qui a pu déterminer cette conclusion, c'est le fait dans notre ville de l'unité, d'une idée maîtresse dans la conception, d'une manière un peu uniforme dans la disposition et la construction au xvn" siècle. On croit, en effet, saisir, dans l'ensemble, une note personnelle surgissant sur la donnée de l'époque. La raison de cette constatation nous estimons la trouver dans l'organisation de la Confrérie des maçons et tailleurs de pierre... Cette Confrérie, prêtant à ses membres aide et secours, dut influer sur l'orientation architectonique et la maintenir dans cette voie, d
Quoi qu'il en soit de l'antiquité de notre Confrérie, son histoire ne nous est guère connue que par les manifestations un peu bruyantes de son zèle pour la sonnerie qui annonçait le jour de sa (ete, célébrée en l'église de Saint-Amable.
La Marguillerie avait interdit en principe ces sonneries par suite des abus qui en naissaient (3). Mais, les maîtres maçons insistant, elle leur permet, le 4 mai 1625, de sonner la grosse cloche à midi, la veille de l'Ascension, et le jour au Salut. Elle reçoit d'eux pour redevance 30 sols, « sans conséquence, jusqu'à ce qu'il soit résolu quelle somme l'on prendra pour telles sonneries d. Le 5 mai 1633 semblable permission leur est concédée moyennant un écu ; mais le Chapitre s'irrite et gourmande la Marguillerie. Il faut que MM. Cour-
(1) Numéro du 15 novembre 1902, p. 11.
(2) Clermont-Ferrand, Mallevai, 1905, p. 30-31.
(3) Voir V Appendice.
lin et Monlanier interviennent et Tassent signer parles parties une transaction réglant le différend (1637).
Pour s'assurer le droit de sonner la grosse cloche notre frérie n'hésite pas, d'ailleurs, à faire les frais d'une fondation. Les bailes, Pierre "Chomette et François Servolle, maçons et blanchisseurs, versent le 28 juillet 1658, devant Charmât, notaire, 300 livres à la Marguillerie, pour avoir droit, le jour de l'Ascension, immédiatement après vêpres, à un salut donné au chœur en musique et annoncé par la grosse cloche. De ce chef, les marguilliers payaient une redevance annuelle de 8 livres au Chapitre.
En 1672, le Pape Clément X accorda diverses indulgences aux membres de cette Association. La bulle les désigne par ces mots : <r fahy-'orum lapidariorum, vulgo maçons, et lapidariorum sectonim, vulgo tailleurs de pierres t> (1).
Cette Confrérie a survécu à la Révolution, en l'église de Saint-Amable. Une ordonnance de M^'' de Dampierre, du 24 septembre 1827, nous apprend « qu'au jour de l'Ascension, fête du corps des maçons, le Saint-Sacrement est transporté du maître autel à la chapelle où se dit la messe de la Confrérie, à la fin de laquelle on donne un salut solennel, après lequel l'on rapporte le Saint-Sacrement au maître autel, ce qui ne peut se faire sans exposer le Saint-Sacrement à de grandes irrévérences, auxquelles on ne peut remédier dans cet étal de choses. » Dans le but de rétablir la discipline do l'Eglise et le respect dû à ses canons qui défendent d'exposer le Saint- Sacrement dans des chapelles particulières, le prélat arrête que dorénavant le Saint-Sacrement sera exposé « au maître autel, pendant les vêpres seulement, le jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, et qu'il ne sera transporté dans la chapelle de la Confrérie qu'après les vêpres, et que pour y donner le salut solennel y> (2).
(l) Archives de Riom, série QQ, 116, liasses.
'^2) Registre des délibérations du conseil de Fa])rique de Saint-Amable; copie transcrite à la suite d'une délibération du 15 juillet 1832. — L'or-
Nous ne savons à quelle date a disparu celle Confrérie de maçons : nos plus lointains souvenirs d'enfance ne nous en rappellent pas Texistence.
donnanco épiscopale intervint à la suite d'une lettre de M. Dalbine, curé de Saint-Amable, à M. le vicaire général de Bégon, en date du 21 septembre 1827, où le pieux ecclésiastique exposait que « le corps des maçons, d'après une bulle à eux particulière, exigent que le jour de l'Ascension de Notre-Scigncur Jésus-Christ, qui leur est fête, le Saint-Sacrement, pendant leur messe de Confrérie, soit exposé, à la fin de laquelle on donne un salut solennel, ce qui ne peut se faire sans de graves inconvénients bien opposés à ce respect religieux dû au Saint-Sacrement, puisqu'avant la messe il faut Taller prendre au maître-autel, et puis Ty rapporter après la messe, cette messe du corps des maçons se disant dans leur chapelle particulière. « {Archives de VEvêché).