C:lIAr>ITP>E VIH Les Confréries des divers corps d'état
(Sources: Archwcs delà Préfecture, fonds de Saint-Amable ; passim.. — Archives des Fa')ri(jU''s de Sai7it-Amable et de Noire-Dame du Marlhurel).
Après le ciille de saint Anioblc, celui des [^atrons des diverses corporations de la ville occui)ait une place inriportante dans la vie religieuse de la cité. Chaque corps d'état avait, en effet, un protecteui^ spécial. Comme noire dessein n'a point été d'envisager les Commxinaulés elles-mêmes mais simplement les Confréries (1), nous ne parlei'ons ici que des corporations dont la Confrérie nous aura été signalée par un document.
Nous avons déjà mentionné les Confréries des maçons, des marchands, des tisserands et des tailleurs (2), vouées à Notre-Seigneur ou à la sainte Vierge. Il nous reste à signaler environ dix-neuf autres Confréries de ce genre.
Les <r prêtres particuliers, servant dans l'église, » qui n'occupaient aucune position officielle, ceux que nous nommons aujourd'hui prêtres habitués, avaient senti, dès longtemps, le besoin de se réunir en association, peut-être pour défendre leurs droits contre la toute-puissance de l'abbé de Saint-Amable. Ils avaient admis parmi eux les clercs se destinant à l'état ecclésiastique, mais sous la condition formelle qu'ils seraient exclus de la société lorsqu'ils renonceraient à cette carrière. Les fondateurs de la Confrérie avaient choisi pour patron s;iint Nicolas (3). Les statuts qu'ils avaient li-
(1) Suprciy ch. I, p. 7.
(2) Supra, ch. IV, p. 166; ch. V, p. 184, 186, 212.
(3) « Le jour de saint Nicolas, dit Savaron, est la feste des escholiers, clercs et gens de la robe. » [Traité des Confréries, p. lOj.
belles furent recueillis par leurs successeurs dans un acle qu'ils passèrent devant notaires le 3 janvier 1435, et qui est conservé aux Archives de la Préfecture.
En voici la teneur :
Nous, Officiai de Glermont, Nos, Officialis Glaromontensis, faisons savoir à tous ceux qui notum facimus universis présentes verront, examineront, liront et lilteras, seu hoc prcsens transcripentendront les présentes lettres tum, in modum publici instruou ces présentes transcrites se- menti receptum, visuris, inspectulon la forme d'acte public, que ris, lecturis et audituris, quod nos nous avons vu, tenu et lu ou vidimus, tenuimus, et de verbo fait lire mot à mot un acle pu- ad verbum legimus seu legi feciblic, écrit sur parchemin, sain, mus, quoddam publicum instruintact, non gâté ni déchiré, ni mentum, in pargameno scriptum, suspect dans aucune de ses sanumet inlegrum, non vicialum^ parties, ainsi qu'il apparaissait non corrosum, nec in aliqua sui de prime abord à son inspec- parte suspectum, prout in ipsius lion, reçu et signé par messire inspeclione prima facieapparebat, Guillaume Nyot, prêtre, notaire receptum et signatum per domiaposlolique et impérial, et par num Guillelmum Nyot, presbytemaître André Tralhon , aussi rum, notarium apostolicum et notaire impérial, revêtu de leurs imperialem, et per magistrum véritables sceaux publics et de Andream Tralho, eliam notarium leurs signatures, ainsi qu'il imperialem, eorum veris signis apparaissait suffisamment à publicis cum eorum subscriptiopremière vue, à nous présenté nibus signatum prout prima facie et montré par le R. P. dans le salis apparebat, nobis exhibilum Christ messire Jean Olier, abbé et presentatum per Reverendum de Saint-Amable de Riora, dô in Ghristo Patrem dominum Joha- Tordre de Saint- Augustin, dio- nem Olerii, abbatem beali Amacèse de Glermont. La teneur de bilis de Riomo, ordinis Sancii cet acte est mot à mot la sui- Augustini Glaromontensis diocevante : sis. Gujusquidem publici instru-
Au nom du Seigneur, amen, menti ténor de verbo ad verbum
Que tous et chacun présents et sequitur et est lalis :
à venir, qui verront, liront et In nomine Domini, amen. No-
cntendront la suite et la teneur verint univers! et singuli presen-
de cet acte public, passé l'an tes pariter ac futuri seriem et te-
de l'Incarnation 1435^ le mardi norem hujus publici instrument!
3 du mois de janvier, peu après visuri, lectur! et audituri, quod,
l'heure de midi, la 5® année du anno ab Incarnalione ejusdem
— 2ii9 —
millesimo qualercenlesiirio Irice- pontificat de notre très Saint-
simo quinto,die voro marlis tt^rtia Père et Seigneur dans le Christ
inensis januarii, paulo posthorain Eugène IV, pape par la divine
meridiei, indictione decinna quarta Providence, sachent que de-
pontificatus sanctissirni in Christo vant nous, notaires publics et
patris et domini nostri Domini témoins soussignés, ont été
Eugenii, divina providentia papa, présents personnellement éta-
quarti anno (juinto, in nostrorum blis discrets hommes, messires
notariorum publicorum testium- Michel Albuy, alias Acc;irias,
que infra scriptorum presenlia, et Guillaume de Hauleterre,
existenles et personnaliter consti- prêtre-baile pour la présente
tuti discreli viri domini Michael année de la Confrérie qui se
Albuy, alias Acarias, et Guillel- fait chaque année dans la ville
mus de Allalerra, presbyleri ba~ de Riom en l'honneur de saint
juli annata presenti confratrie, que Nicolas au mois de mai, et
fît quolibet anno in villa Riomi Guillaume Rertier, Pierre Eu-
ad honorom sancti Nicolay, scili- vahon, Robert Picot, Etienne
cet in mense maii, et Guillelmus Suffisin, Louis Martinelli, Si-
Berterii, Petrus Euvahon, Rober- mon Fincheti, Etienne Lamat,
tus Picot, Slephanus Suffisin, Lu- Guillaume Serdier, Philippe
dovicus Martinelli, Symon Fin- Charvillat, Jean Colhot, Du-
cheti, Stephanus Lamas, Guillel- rand Annier, Jean Casati ,
mus Serderii, Philippus Charvil- Guillaume Fabre, Jean Sainte-
lati, Johannes Colhot, Durandus Marie, prêtres, et Etienne Ba-
Annerii, Johannes Casati, Guillel- cheleroin, sous-diacre, choriers
mus Fabri, Johannes Sancta Ma- et vicaires dans l'église du mo-
ria, presbyteri, et Slephanus Ba- nastère de Saint-Amable de
cheleroin, subdiaconus, chorarii Riom, et confrères de ladite
et vicarii in ecclesia monasterii confrérie de Saint-Nicolas, réu-
Sancti Amabilis de Riomo, con- nis et rassemblés ensemble
fratresque dicte confratrie beati pour faire et confirmer ce qui
Nicolay, simul adunati et congre- est indiqué ci après, gati quo ad infra scripta facienda Lesquels bailes et confrères
et confirmanda; qui, inquam, ba- ont dit et exposé ou fait expo-
juli et confratres dicte confratrie ser [lar la voix et organe de
prenominati dixerunt et per vocem Guillaume Bertier, sus-nommé,
et organum magistri Guillelmi ce qui suit, à savoir que, par
Berterii prenominati exposuerunt leurs prédécesseurs, confrères
seu exponi facerunt hec que se- et bailes de ladite confrérie de
quenlur: Videlicet quod per ante- Saint-Nicolas, quand vivaient,
cessoressuosconfralresdicti sancti avaient été faits, accordés et
Nicolay confratrie et bajulos, dum convenus entre eux d'un com-
mun accord et de leur volonté spontanée, ainsi qu'ils Taffirraent, pour le bien et l'utilité de ladite Confrérie, certains statuts et règlements contenus dans un rouleau do parchemin.
Lesdils bailcs et confrères nous affirment à nous, notaires publics soussignés, que la teneur de ce parchemin est la suivante :
Voici les statuts de la confrérie de Saint-Nicolas :
Tout d'abord il a été convenu qu'aucun laïc ne soit reçu dans ladite Confrérie ;
De même que nul clerc marié ne puisse être prévôt de ladite Confrérie ; si un clerc était élu prévôt et venait ensuite à contracter mariage, qu'il soit exclu de sa charge et qu'un autre des associés soit élu à sa place par les autres prévôts, du consentement de tous.
De même, chacun devra avoir payé avant la fête de Pâques, du consentement de tous.
De même, que nul n'ait
à moins qu'il ne soit malade eu ne demeure en dehors de la ville, du consentement de tous.
De même, si la fête tombe un vendredi ou un samedi où on ne mange pas ce jour-là, qu'elle soit renvoyée au dimanche suivant, ou si ce dimanche est jour de jei'ine, au dimanche suivant, et que le service soit renvoyé à ce jour-là du consentement de tous.
vivebant, inter seetde eorum spontanea voluntate, ui asserebant et consensu fuerunt facta, adcordata et concorditer composita pro dicte confratrie bono et ulilitate, atque in quodam dicte confratrie pargamoni rotulo descripta quedam slatuta et ordinationes, prout de ipsius pargnmeni rotulo dicta hujusmodi statula in se continenlur.
Dicti bajuli et confratres nobis, notariis publicis infra scriptis, promptam fldem fecerunt, cujus lenor sequitur et est talis :
Hec sunl slatuta confratrie beati Nicolay :
Primum statutumest quod nullus laicus recipiatur in dicta Confratria.
Item quod nullus clericus uxoratus possit esse prepositus dicte Confratrie, et si aliquis clericus esset electus prepositus et postea contraheret , quod repellatur a dicta prepositura et aliquis de sociis eligatur loco illius per alios prepositos, per juramentum omnium.
Item débet quilibet solvisse ante festum Pasche, per juramentum onmium.
Item quod nullus habeat.... nisi esset infirmus vel existens extra villam, per juramentum omnium.
Item si festum est in die veneris vel in die sabbati quod non comedatur illa die, sed die dominica sequenli, vel si esset jejunium illa die, dominica subsequenti, et quod die festi reddatur servitium dicto festo, per juramentum omnium.
Item quod omnes vcniunt ad De même que tous viennent
ecclesiam ubi fiet servicium per à l'église où se fera le service,
juramenluni omnium, nisi habeat du consentement de tous, à
légitima m excusationem. moins d'avoir une excuse légi-
Ilem si aliquis confialer deces- time.
serit, quod omnes veniant ad ejus De même, si un cor.fi'ère dé-
sepulturam (|ui sciverint ipsum cède, que viennent à ses obsè-
esse morluum, et omnes chorarii ({ues lous ceux qui le sauront
Sancti Amabilis qui sunl confra- mort, et tous les choricrs de
très cum suis superpeliciis, per Saint-Amable qui sont confrè-
juramentum suum : et si aliquis res avec leurs surplis, du con-
defunctus de confrati'ibus non ha- seulement de tous. Si l'un des
beat unde sepeliatur, quod ad ex- confrères ne laisse pas à sa
pensas dicte confratrie sit sepul- mort de quoi être enseveli, que
tus, per juramentum omnium. sa sépulture se fasse aux frais
Item quod quatuor baiuli, et non de la Confrérie, du consente-
alius, quatuor torchiasdefferantan- ment de tous,
tedelïunctum a domo sua usquead Do même, que les quatre
ecclesiam, per juramentum suum. bailes, et non un autre, portent
Item si aliquis sit citatus, ubi- quatre torches devant le défunt
cumque citatus fuerit, si cilalur depuis sa demeure jusqu'à
non venerit et aliquis de sociis l'église, du consentement de
fuerit, quod compareat pro eo, si tous.
potest comparere, per juramen- De même, si un confrère est
tum omnium. cité en justice, partout où il
Item, si aliquis de confratribus sera cité, s'il ne comparaît pas
velit agere contra alterum, quod et qu'un de ses confrères soit
primo agat contra eum coram pre- présent, qu'il comparaisse à sa
positis dicti confratris, et si dicti place, s'il le peut, du consen-
baiuli non eos possunt concordare, tement de tous,
quod ille qui vult agere possit re- De même, si l'un des confrè-
currere ad suum judicem ordina- res veut plaider contre un au-
rium, per juramentum omnium. tre, qu'il plaide d'abord contre
Item quod quilibet solvat unum lui devant les bailes de la Gon-
denarium diclis bajulis, et frérie, et si les bailes ne peu-
quod non fiant.... illa die per vent les concilier, que celui qui
juramentum suum. veut plaider puisse recourir à
Que quidem rotulum superius son juge ordinaire, du consen-
insertum et omnia et singula tement de tous,
prout supra suntexpressata^ atque De même, que chacun paie
in predicto pargameni rotulo un denier aux bailes du
scripta, acta, ordinata et concor- consentement de tous.
Tout ce que contient le rou- data, [)relibati baiuli et confralres
leau plus haut relaté..... a dicte confratrie beati Nicolay om-
été voulu et concédé par tous nés insimul conjuncti volueruni
les bailes et confrères précités et comesserunt et eorum quilibet
de la confrérie de Saint-Nico- separatini voluiletconcessit, etc..
las, ensennble et séparément.,., Acta fuerunt hec Riomi videli-
etc. cet in domo habitationis prefali
Cet acte a été fait à Riom domini Durandi Garnerii , sub
dans la demeure du susdit anno, mense, die, hora et ponlif-
notaire Durand Garnier, les ficalu premissis ; presenlibus ibi-
an, mois, jour, heure et ponti- dem discretis viris Johanne Boi-
ficat sus-énoncés. leu, Peiro Albespin ; . . . et Ma-
Ont été présents discrets theodeVileno, residentibus Riomi
hommes Jean Boileu, Pierre teslibus ad premissa vocatis spe-
Albespin..., et ^Mathieu deVi- cialiter et rogatis; subscriplo vero
lène, résidant à Riom, témoins dicti domini Guillelmi Nyhot,
appelés et priés spécialement à presbyteri, primi notarii, talis est.
l'effet de ce qui précède, sous Et me Guillelemo Nyhol, presby-
la vraie signature dudit mes- tero oriundo de Rubeaterra, Icmo-
sire Guillaume Nyot, prêtre, vicensis (?) diocesis, curato paro-
premier notaire, originaire de chialis ecclesiae... Claromontensis
Terrerouge, diocèse de , diocesis, publico, apostolico, im-
curé de l'église paroissiale de periali, curieque cancellarie Riomi
, diocèse de Clermont, auctoritatibus, notario jurato. . .,
notaire juré, public, apostoli- subscripto vero dicti magistri An-
que, impérial et de la Cour, drea ïralhon, alterius notarii im-
chancellerie de Riom , et perialis, superius nominati, talis
de maître André Tralhon, au- est. Et ego Andréas Tralhon
tre notaire public impérial, ori- oriundus de Venton lemovicensis
ginaire de Venton, diocèse diocesis, publicus, regia et impe-
de , notaire public^ royal, riali auctoritatibus notarius, cu-
impérial, juré, des cours de la riarumque seneschalie Arvernie et
sénéchaussée d'Auvergne en la cancellarie Riomi juratus, etc. . . .
chancellerie de Riom, etc. . . .'. Datum in Claromonte, in domo
Donné à Clermont, dans la domini Officialis Claromontensis,
maison de messire l'Olficial de die seplimo mensis maii, anno
Clermont, le 7^ jour du mai de Domini millésime quadrengen-
l'année du Seigneur 1436 tesimo XXX^ sexto... (1).
(1) Nous devons à l'obligeance et à l'érudition de M. l'abbé Bréchard, actuellement curé de Charbonnières-les-VieilIe?, la lecture et la copie de ce texte latin.
La Confrérie, n'étant composée que Je prêtres et de clercs, était naturellement administrée par des prêtres. Un de ses bailes, Antoine Chaduc, pourvu de la cure de Gimeaux, voulut se maintenir dans c( son baylage ï> malgré sa nomination, tant il attachait de prix à cette dignité ! Il entama une procédure à cet elï'et contre la frérie, et demanda en outre d'être remboursé des frais qu'il prétendait avoir faits dans l'intérêt de l'association.
L'abbé et les religieux de Saint-Amable semblent avoir vu avec peine l'existence de cette Confrérie, qui contrecarrait leur omnipotence dans l'église. Dès le 11 mai 1435, les confrères de Saint-Nicolas sont contraints d'obtenir contre eux une sentence du sénéchal d'Auvergne, maintenant leurs bailes dans l'administration des revenus de la frérie et dans la garde de ses titres à l'exclusion de leurs adversaires. Par contre, le 30 mars 1470, Jean, duc de Bourbonnais et d'Auvergne, délivre une commission « pour empêcher les prêtres de s'assembler pour nommer des confrères de Saint-Nicolas sans le consentement des religieux ».
Les biens de la Confrérie n'étaient pas médiocres, à en juger par les nombreuses pièces qui y ont trait et qui remontent à une époque reculée. Un inventaire, dressé le 24 septembre 1702, par a Guillaume Merle, prêtre sacristain de l'église de Saint-Amable et premier baile de Saint-Nicolas », nous donne à cet égard une nomenclature intéressante :
7 avril 1386. Reconnaissance faite devant l'official de Clermont par messire Issartial, prêtre de l'église de Saint- Amable, au profit des bailes de la frérie de Saint-Nicolas, par laquelle il se reconnaît débiteur envers la frérie de 55 sols.
Février 1391. Reconnaissance par la nommée Falcone, femme d'Etienne Martin, barbier d'Aigueperse, héritier de Guillaume Garmy, prêtre de Riom, d'une quarte de froment donnée à la frérie par ledit Garmy, suivant testament de
1400. — Reconnaissance par Jean Délateur et Jeanne
Deredonls, ba femiiio, de 25 livres, laquelle somme avait été donnée par Pierre de Saint-Avit, dit le Raumet, prêtre de Saint-Amable, pour êti'e employée à l'acquisition de deux septiers, une quarte l'roment de rente annuelle.
6 mai 1521. Reconnaissance par Antoine Mourget, laboureur de Ghâtelguyon, d'une émine froment en directe, comme tenancier de deux œuvres de vigne.
16 juillet 1542. Reconnaissance par Michel Mosnier, tuteur de Michel Mouiget, d'une émine l'roment pour les mêmes vignes et une quartelée de cheneviôre.
6 septembre 1570. Contrat de dix sols de rente en directe pour une œuvre et demie de vigne aux Arbouzes, par Bonnet Gasmey, fils à Guillaume, de Saint-Bonnet-Laschamps.
1606. Jugement du Présidial de Riom contre Jean Morget, de Châtelguyon, pour raison d'une émine de froment de cens dont il est débiteur.
5 janvier 1683. Subrogation par Annet Armand au profit d'Amable Saby d'une vigne à Mozat, appartenant à la frérie, à la charge de payei' une rente de quatre livres.
Aussi le fisc ne manquait pas de réclamer à la Confrérie les contributions qui pouvaient peser sur elle : du 20 novembre 1692, sommation à la requête de Jean Fumée, g chargé du recouvrement des amortissements », aux bailes de Saint- Nicolas de déclarer les biens que la frérie possède et qui sont sujets à ce droit.
L'inventaire de 1702 mentionne divers comptes a de la recette et dépense de la frérie » pour les années 1533 à 1541, 1578, 1592, 1594, 1612-1656 : ces registres ne se retrouvent plus. Il y est aussi parlé des « papiers délivrés par les héritiers d'Antoine Faure, prêtre et baile de Saint-Nicolas, à la réquisition d'Antoine Leyrit et de Jean Rastoils, prêtres et bailes de la frérie d ; et d'une procédure dirigée par Claude Mollot et François l^ochefort, prêtres et bailes de Saint- Nicolas, contre Jean-Louis Testefort « pour être payés du débet du compte dû pai- feu Jean Solignac, prêtre et baile de la frérie ».
Une vicairie avait élé fondée à rautel de saint Biaise, dans l'église de Saint-Amable, par Pierre de Landrève, prêtre de cette église. La nomination et présentation du vicaire avait été réservée aux bailes de notre frérie. Pour dotation, le donateur avait laissé « huit septicrs froment en dii'ecte seigneurie, à Tusage de chevalier (c'est-à-dire au tiers denier pour les droits de lods) »(20 août l^i04). Cette fondation donna lieu à divers titres au profit des bailes de Saint-Nicolas : d'abord, le 18 septembre 1407, à une reconnaissance par Jean Daiilhac et Pierre Roche d'une émine de froment en directe ; puis, le 17 août 1411, à une confirmation par Pierre de Landi'ève, neveu et héritier du donateur, de la dotation de la vicairie de Saint-Biaise faite par celui-ci ; enfin, en 1573, à une sentence de l'olficial et métropolitain de Bourges, rendue sur l'appel émis par Jean Olier, abbé de Saint- Amable, contre une décision de l'offîcial de Clermont : cette sentence maintenait la frérie dans le droit de nommer et présenter à cette vicairie.
D'autres fondations avaient été faites au profit de nos confrères. Le 15 janvier 1422, Jacques Roc, bourgeois de Riom, donne six œuvres de pré à la Meillau à l'abbé et au monastère de Saint-Amable, à la chaige de dire le jour de son décès une messe à l'autel de Saint-Biaise, et en outre une messe tous les mois au même autel. Il charge ses héritiers et les bailes de Saint-Nicolas de veiller à l'exécution de cette disposition, et donne à la frérie une quarte de froment en directe seigneurie et trente livres pour être employées aux réparations de la chapelle de Saint-Nicolas. — En 1592, le 14 juin, l'official de Clermont statue sur le procès intenté par nos bailes à Etienne Godivel, « au nom de mari de Jacquette Fraysset, icelle héritière universelle de Durand Fraysset .>, pour le paiement de 200 livi*es léguées par ce dernier à l'église de Saint-Amable, à la charge de trois messes par semaine à perpétuité. Les religieux de Saint- Amable étant intervenus pour réclamer les 200 livres, « attendu que la frérie ne faisant pas corps, quoiqu'ils
l'eussent avancé, et n'étant que des prêtres particuliers servant dans l'église, ils ne pouvaient point prendre des fondations », l'official attribue la somme à Tabbé, à charge d'exécuter les conditions du testament.
La frérie avait, on Ta vu, une chapelle dans l'église. Cette chapelle fut reconnue par la Marguillerie, le 20 juin 1700, appartenir à a M. Jean Rochette, écuyei', conseiller du Roi et procureur de Sa Majesté en la Sénéchaussée d'Auvergne et siège présidial de Riom, en qualité d'époux de dame Catherine Fromenton ; ladite chapelle ayant appartenu à leurs auteurs et prédécesseurs suivant acte du 5 août 1535 et transaction avec le Chapitre du 4 février 1590 » (1).
La capitale judiciaire de l'Auvergne, avec ses tribunaux de tous ordres, son barreau fréquenté et renommé, ses soixante procureurs, ses innombrables notaires, sergents, huissiers et basochiers, ne pouvait être dépourvue d'une Confrérie de Saint- Yves.
Savaron, dans le traité que nous avons souvent cité, parle fréquemment de cette confrérie de Saint-Yves, « nostre Patron qui a si bien conduit ses déportemens au faict de judicatuie, qu'il a mérité d'estre escrit au livre des Esleus et Bienheureux, et d'estre pris pour patron de ceux qui font la mesme profession, afin qu'à son exemple et soubs son patronage et protection ils puissent aborder le port de salut, après avoir vogué cette mer périlleuse du Palais ». Il explique que jadis, avant la canonisation de saint Yves, les gens de robe avaient pour patron saint Nicolas, et que sans doute ils jugèrent ensuite « plus convenable prendre saint Ives, comme ayant fait la mesme profession que S. Nicolas qui seulement avoit esté clerc » ; et il fait un grand éloge de leur Confrérie. Si son récit est véridique, on eût pu donner cette association comme modèle à toutes les autres sous le rapport
(1) Voir supra^ p. 78, la mention de la Confrérie rie Saint-Nicolas faite dans la fondation de la messe basse du Saint-Sacrement de 1401.
de la réserve et de la tenue lors des réjouissances annuelles. On en a retranché, dit-il, « ces abus de masques et nnonneries, et on a retenu Tolfice divin, et puis en tesmoignage de ioye publique, le banquet et la danse, et on a abandonné aux bazocliiens ces superbes tiltres des Rois, Ducs, Escuiers et Capitaines... Et se sont contentez de créer un Roi et deux bailles qui fournissent aux fraits de Toffice divin, qui se fait solennel le jour de la feste. et une messe toutes les semaines à l'autel de S. Yves. Ce fait, le Roy traitte ses confraires, si bon lui semble : ce Roy n'est pas ainsi nommé pour estre revestu d'abillemens royaux, et pour iouer ce personnage de Roy : ains pour avoir esté nommé Roy de la Confrérie, c'est-àdire chef et Roy de la cérémonie et de convive ». Il rappelle ensuite l'exemple de « nos devanciers qui ont vescu en un siècle plus espuré, et qui- n'ont refuy de participer à cette Confrairie, sans que nul d'eux s'en soit voulu exempter, ains ont pris à bonheur et augure d'eslre créés Roys et protecteurs de cette fraternité et honorable compagnie, composée des ministres de Justice, qui se comportent avec toute la modestie et honesteté requise en telles personnes, sans que iamais il en soit arrivé aucun inconvénient ou scandale, au contraire Dieu révéré, la mémoire anniversaire du sainct Patron honorée, le service divin mieux célébré: cette fiaternité, qui doit estre entre les officiers pour le bien de la iustice entretenue, et le banquet est assaisonné d'une gaye sobriété, et le bal accompagné de gentillesse bien séante aux vierges et dasmoyselles, et sortable aux bonnes mœurs, sans que la pudeur et honesteté publique soit en aucune façon altérée ». Aussi exhorte-t-il les magistrats à suivre l'exemple de « ce grand Scœvola, qui sçavoit bien en toutes occurences, prendre le poinct de l'occasion, et aux choses sérieuses faire le Roy, et aux esbatemens l'homme », et à ne jamais abandonner la Confrérie: a Nul, tant soit-il haut eslevé en grade et courbé d'années, ne peult dire : l'ai assez sacrifié d'oraisons, i'ay assez fait de processions, i'ay assez banqueté et mené de dances : maintenant que je suis vieil et ancien magistrat, il
est temps que ie quitte le ieu et que l'abandonne S. Ives à cause de ma dignité et vieil aage : aussi ne faut-il pas penser qu'il luy soit loisible à cause de sa vieillesse abandonner le service de S. Ives, garde la Gonfrairie et nostre Patron envers Dieu » (1).
Il n'est point téméraire de penser que la i^obe riomoise ne le cédait en rien à la robe clermontoise sous le rapport de rattachement à une Confrérie aussi sage et aussi exemplaire : ce n'est pas dans la cité de Thémis que le vénérable Officiai de Tréguier pouvait être délaissé.
Les registres de la Marguillerie de Saint-Amable nous parlent à deux reprises des confrères de Saint-Yves de Riom ; et chaque fois, c'est pour marquer en quelle estime ils étaient tenus. Afin d'éviter, disent-ils, « les désordres et les dépenses que causaient les fréquentes sonneries des grosses cloches par les fréries », les marguilliers avaient décidé de retirei' toute permission de cette nature. Exception est faite aussitôt et en première ligne pour la frérie de Saint-Yves, qui pourra même sonner les deux grosses cloches, alors que les autres associations, à qui semblable privilège est concédé, (Notre-Dame des Miracles, Saint-Jacques, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Gôme et Saint-Damien), n'en pourront sonner qu'une seule [22 juillet 1657). Aucun droit ne lui sera réclamé pour cette sonnerie (9 mars 1663).
Le Barreau riomois est resté fidèle à la vieille tradition. Mus par l'inviolable attachement aux antiques règles de l'Ordre qui fait à la fois leur force et leur gloire, les avocats à la Cour d'appel continuent toujours les usages de la Confi'érie de Saint-Yves. Le jour de la fête de leur Patron (19 mai) ils entendent en corps et en robes, à la chapelle de l'Hôpital de Riom, une grand'messe célébrée en son honneui' : à la suite de la cérémonie, ils font servir un repas aux vieillards et un goûter aux orphelins de l'Hospice. A la mort d'un confrère, ils font aussi célébrer un office à cette chapelle
(1) Savaron, Traité des Confréries, p. 7, 11, 15.
pour le repos de son âme. Depuis la suppression de la <r Messe Houge » à TouverLure des travaux de chaque année judiciaire, TOrdre assiste également à une messe du Saint- Esprit à la même chapelle de l'Hôpital (1). Enfin, nos « confrères D n'ont garde d'oublier de se réunir en un joyeux banquet pour tenter, suivant le précepte du grave Savaron, de a combattre l'indisposition de la mélancolie et de la gravelle, appanage des sédentaires » (2). C'est le seul corps d'état riomois qui ait maintenu sans interruption les coutumes vénérables des aïeux (3).
Les chirurgiens célébraient saint Côme et saint Damien, le 27 septembre. Leur frérie jouissait de l'autorisation accordée à certaines associations de sonner à toute volée pour annoncer urbi et ovbi la fête des Patrons (22 juillet 1657).
Messeix nous apprend que la chapelle de saint Côme et de saint Damien était à droite de celle de Notre-Dame des Miracles, et qu'en 1765 elle fut donnée au Chapitre pour agrandir la sacristie (4).
Nous donnons les noms des docteurs médecins et des chirurgiens que nous avons relevés sur les registres de catholicité, et qui ont fait partie de la Confrérie des saints Côme et Damien.
Docteurs en médecine :
René Amy, époux d'Isabeau Dumas ; 1663 (5).
Marcellin-Hercule Bompard ; 1640.
Amable Bourlin (1697), époux de Marguerite Sablon.
An loine-Amable Bertin , ép. d'Amable-ThérèseCouchard ; 1 734.
(1) Ces offices se célèbrent depuis peu en l'église de Notre-Dame du Marthuret, paroisse du Palais.
(2) Loc. cit., p. 15.
(3) Lire dans notre Sénéchaussée d'Auvergne, p. 333, les noms des avocats et procureurs riomois des xvii» et xviii* siècles.
(4) Journal d'Antoine Messeix, p. 165, Riom, Jouvet, 1905.
(5) La date est celle du document où nous avons trouvé les noms pour la première fois.
Silvain-Marien Berlin, époux de Marie Rigauld de la Cha-
banne ; 1786.
Antoine Bourlin, époux de Marie Astier ; 1711. Antoine Barthélémy, époux de Thérèse Ghassaigne ; 1772. Amable Bourlin, époux d'Anne Soulier ; 1714. Pierre Chevogeon, époux de Jeanne Garand ; 1617. x\nnet Ghevogeon, époux de Gilberte Sablon ; 1694. François Ghevogeon des Buchailles, époux de Madeleine
Testefort; 1697.
Pierre Ghevogeon, époux de Péronnelle de la Glède ; 1623. Antoine Gartier ; 1748.
Vincent Duclos ; 1698.
Glaude Dumas, époux d'Antoinette Gartier; 1619. Louis Dumas ; avant 1658.
Joseph Dufour; 1746.
Jean-Emmanuel Dequen, époux de Jeanne Rouget; 1748. Robert Garand ; 1604.
Jean Garand, époux de Gilberte Seguin ; 1605. Michel Garand, époux de Gilberte Bigot ; 1601. Guillaume Gervaix, époux d'Anne Machebeuf ; 1665. Pieire Garnier, époux de Marie Méandre ; 1724. Jean Leporis ; 1606.
Amable Leroy, époux de Claire Michy ; 1704. Amable Leroy (ou Roy), époux de Perrette Dubois; 1709. Guillaume Savy, époux d'Amable Desgiraulx ; 1695. Jean-Baptiste-Joseph Tixier, époux d'Anne-Thérèse Boissier; 1762.
Chirurgiens :
Jean Amy, époux de Gilberte Dumas ; 1749. Nicolas Brulest, époux de Michelle Roy ; 1640. Gilbert Bernard, époux d'Antoinette Gostecoste ; 1603. Glaude Bonnet, époux d'Anne Lucquet ; 1602. Jean Britard, époux de Catherine Gosson ; 1613. Claude Boughon, époux de Gilberte Poulet ; 1662. Fi'ançois Barbât, époux de Gabrielle de Fenix ; 1663.
Pierre Boissier, époux de Michelle Labry ; 1735.
François Bruslé, époux de Jeanne Cornpain ; 1716.
Claude Ghardonnet, époux de Madeleine Colombier ; 1630.
Pierre Colombier ; 1608.
Jean Chevalicîr, époux d'Anne Dujohannel, v^ Chaduc ; 1598.
Germain Coquery, époux d'Anloinetle Goslerausle (1617),
puis d'Àmable Chaduc, 1625.
Antoine Colombier, époux de Claude Daufin ; 1622. François Chevagnat ; avant 1622.
Louis de Coui'non, époux de Claude Barghauld ; 1624. Amable Coqu(îry ; 1664.
Jean Champagnat, époux d'Amable Puray ; 1667. Priest Chaduc; 1705.
Antoine Cornudet, époux de Jacqueline Malbet ; 1761. Louis Ghassaiug, époux de Marie-Anne Gaillard ; 1767. Ignace Cartier, époux de Claude Morgue ; 1723. Jacques Debla<îhe, époux de Gilberte Bouger; 1699. Philippe Delaplanche, époux de Marie Jayet ; 1726. Antoine-Joseph-Victor Ducher, époux d'Anne Fleury ; 1785. François Delaroche, époux de Perrette Chassaigne ; 1746. Jacques Dufour, époux de Victoire Cohade ; 1712. Jean Durit", époux de Françoise Guerrier ; 1720. Antoine Déat, époux de Marguerite Bernard ; 1724. Gaspard Fougerouse, époux de Geneviève Genêt ; 1694. Jacques Faure, époux de Charlotte Bomeuf ; 1695. Julien Ferry, époux de Claude Verny ; 1695. Julien Ferrey des Minières ; 1704.
Joseph Fournier, époux de Marie-Madeleine Cornudet ; 1785. Pierre Granier, époux de Juliette Leporis ; 1609. Etienne Granier, époux de Jacquette Danguy ; 1612. Jean Gravier, époux de Catherine Tournaire ; 1632. Gilbert Gravier, époux d'Anne Dupuy; 1666. Jacques Guesle, époux de Marie Morise ; 1694. Amant Guérin, veuf de Claude Bourlin, époux de Marie
Pradel ; 1655.
Jacques Hébrard, époux de Marie Achard ; avani 1782.
Antoine Lambert, époux de Marguerite Grange ; 1616.
François Levachier ; 1604.
Jean Lucquet, époux d'Anna Bordas ; 1618.
Jean Leyrit, époux d'Alice Coquery ; 1656.
Pierre Longvert, époux de Catiierine Bouyon ; 1705.
Jacques Laroche, époux de Jeanne Chomette ; avant 1734.
Amable Leroy, époux d'Amable Bourrand ; 1747.
Pierre Leroy (ou Boy), époux d'Amable Coquery ; 1664.
François Lagrave, époux de Catherine Faure ; 1733.
Jean Malbet, époux de Marie Mazeille ; 1739.
Antoine Malafosse, époux de Marie Gaudicher ; 1766.
Jean Messeix, époux d'Anne Clément ; 1768.
Gaspard Mazuer, époux d'Amable Verniol ; 1778.
Jean Massonet, époux de Marie Brionnet ; 1716.
Guillaume Nigon ; 1664.
Germain Pailloux, époux d'Antoinette Thévenet ; 1612.
Annet (ou Jean) Passavy, époux d'Antoinette Boussel ; 1694.
Jacques Pelabout, époux d'Isabeau Bruslé ; 1660.
Jean (ou Antoine) Peschant, époux de Marguerite Bougier (1704), puis de Gabrielle Vernin ; 1712.
Jean Bousseau, époux de Madeleine Desgranges ; 1610.
Amable Boy, époux de Claire Michy ; 1695.
Jean Boche (1702), époux de Marie Bletterie.
Joseph Bebièrc, époux de Jeanne Desjeux ; 1746.
Antoine Bolland, époux de Suzanne Maubet ; 1763.
Jean Sarron, époux de Madeleine Bossignol ; 1694.
Michel Tullon ; 1695.
J.-B. Jacques Trapet, époux de Marie Vacheron ; 1786.
Jacques Vidal (1697), époux de Michel Djsmichel. et d'Antoinette Boyer ; 1708.
Claude Vidal, époux d'Antoinette Justin (1664), et de Jeanne Giraudon ; 1702.
Hubert Vidal (1702), époux de Marguerite Gautier.
Claude Vidal, époux de Jeanne Noël ; 1705.
Amable Veausse, époux d'Amable Verny ; avant 1706.
François-Xavier Vialette, ép. de Marguerite Aubertin ; 1740.
Jacques (ou Charles) Vergniol, ép. de Françoise Giron; 1742. Jacques Vallet, époux de Madeleine Rigaud ; 1774. Antoine Verniol, époux d'Anne Sirjean ; 1774. Jean-François Vaciier de la Grave, époux de Catherine Faure ; vers 1720.
Les apothicaires riomois avaient choisi pour protecteur saint Roch (16 août).
D'après Douillet, leur patron aurait été saint Nicolas (1). Si le lait est exact, il doit renionter à une date reculée, car, au xvu° siècle, la corporation s'était, sans conteste possible, placée sous la tutelle de saint Roch. Peut-être le changement avait-il eu lieu à la suite de l'établissement de la procession générale de saint Roch, « instituée en mémoire de la délivrance du fléau de la peste d (2), qui se célébrait chaque année en grande so'lennité, et à laquelle assistaient tous les grands corps de la ville, en particulier les olficiers de la Sénéchaussée (3).
Au xvn^ siècle, leur zèle pour leur saint Patron était quelque peu tiède. Le registre des délibérations de la corporation l'indique sans ambage (4). a Sur ce qui a été exposé par M^' Jean Dujohannet et Antoine Bourlin, jurés de la Communauté des maîtres appothicaires de cette ville de Riom, que la léte dernière de Saint-Roch, il ne s'estoit trouvé aucun des confrères de ladite frérie aux offices et procession de ladite frérie faits par la Communauté desdits maîtres appothicaires, ce qui a esté remarqué par plusieurs personnes particulières et a esté reproché auxdits maîtres. La Communauté assemblée a résolu sur ladite exposition qu'à l'advenir ceux de ladite Communauté qui manqueront d'assister aux offices et procession de ladite fête sans cause légitime, laquelle ils
(1) Histoire des Communautés des arts et métiers de l'Auvergne, p. 2.
(2) Délibération du Corps municipal de Riom du 15 août 1791.
(3) ^^oir notre Sénéchaussée d'Auvergne et Siège présidial de Riom, p. 30.
(4) Ce registre nous a été communiqué obligeamment par M. Georges Deschamps, pharmacien de 1"'° classe à Riom, qui en est le possesseur.
feront sçavoir aux bailes de la frérie, paieront à ladite frérie la somme de cinq livres qui sera employée au proffit et utilité de ladite frérie » (25 septembre 1663).
Le petit nombre des apothicaires rendait, il est vrai, difficile le recrutement des bailes et nuisait, dès lors, au bon fonctionnement de la Confrérie. D'après les statuts de la corporation, les jurés ou chefs de la Communauté devaient être nommés tous les deux ans; maison fut bientôt obligé de revenir sur cette règle. Le 5 avril 1673, « Maîtres Dujohannet et Fressanges qui sont en charges depuis quatre ans, sont priés de continuer la charge jusqu'à la feste de saint Roch prochaine, pour dans ce temps-là nommer d'autres jurés lesquels seroient nommés bailes de la frérie de Saint-Roch, ce que lesdits Dujohannet et Fressanges ont accordé ». L'année suivante (8 janvier 1674), pour la même raison, M^ Fressanges est perpétué dans son office, mais M^ Dujohannet est remplacé par M^ François Arpin. « A l'avenir, il sera nommé un nouveau juré à la place de l'antien, et sera continuée ladite nomination alternativement ; comme aussi a esté résolu que lesdits deux sieurs jurés feront la fonction de baisles de la frérie de Saint-Roch, et la nomination des baisles sera faict à l'advenir comme celle des jurés. i> Cette nomination se faisait « le dimanche ensuivant après la feste de Saint-Roch chasque année » (18 janvier 1678).
En 1703, une procession générale est faite, le jour de Saint-Roch, « pour le vœu de la ville y. iV la grand'messe célébrée à l'autel du Saint, les marguilliers se placent au banc de la Confrérie sans flambeaux et les bailes fournissent le luminaire. En reconnaissance, permission leur est donnée de quêter à la porte de l'église et sur le banc, vis-à-vis de l'œuvre (1).
Les apothicaires étaient, du reste, en coquetterie réglée avec la Marguillerie. Le 29 novembre 1681, ils reçoivent de celle-ci la permission « de mettre un pilier accoudoir proche
(1) Registre de la Marguillerie, p. 290.
le pilier qui est au-devanl raulel Saint-Roch », en remerciement du don (ju'ils ont fait d'« un marbre pour mettre sur l'autel et la chapelle du charnier » ; mais les marguilliers se réservent le droit de « faire lever ledit accoudoir toutes fois et quand il sera besoin » (1) .
Voici les noms des apothicaires riomois, confrères de Saint-Roch, que nous avons recueillis dans les registres de catholicité de la ville :
Marien Al marie, époux de Louise Boyer ; 1644 (2).
Pierre AsLrope (ou Stiope), époux de Gilberte Notaire ; 1611.
Jean Aivier, époux de Jeanne Ti'iouson (ou Triozon) ; 1617.
Marin Amolric, époux de Gilberte Cellerier ; 1625.
Amable Arvier, époux d'Alice Coudert ; 1656.
Jean Biorat ; 1702.
Antoine Biorat, époux de Madeleine d'Hersel ; 1702.
André Biorat, droguiste, époux d'Anne Girgon ; 1710.
Antoine Biorat, époux de Catherine Borge ; 1710.
Amable Bletterie, époux de Marguerite Besson (1719), puis
de Françoise Perol ; 1722.
Antoine Bletterie, époux d'Alix Legay ; 1694. Amable Ohappus (1601), époux de Gilberte Titasson. Jacques Clément ; 1710.
Jean Dujouhannel, époux de Marie Grobost ; 1629. Antoine Dechamys, époux de Jeanne Rahon ; 1602. Jean-Baptiste Delarbre, époux de Marie-Françoise Potier
(1750), puis de Louise Désanges ; 1754. Pierre Delarbre, époux de Catherine Dufour ; 1786. Gilbert- Alexis Delageneste, époux de Thérèse Ferrières ;1761. Joseph Dufaud, époux de Jeanne Breghot ; 1769. Jean Baptiste Durryat, époux de Jeanne P'abre ; 1713. Simon Durryat, époux de Marie Malègre ; 1717. Mathieu Faure ; 1604.
Jean Fienaye, époux de Catherine Labbaye ; 1609.
(1) Registre de la Mai^gulllerie^ p. 398.
(2) La date est celle du docuaient qui nous a révélé le nom pour la première fois.
Etienne Fiessanges, époux d'Antoinetle Thëvenet ; 1697. Jean Fressanges, époux de Marie Lucquet ; avant 1699. Antoine Fressanges, époux de Catherine Redon ; 1700. Jean Fressanges, époux de Marie Baudiment ; 1731. Gilbert Gravier, époux de Catherine Morel ; 1639. Antoine Gervaix, épouse d'Anne Bechet ; 1665. Amable Genin, époux de Marie Besson (1704), puis de Marie
Aubertin ; 1711.
Jean Genin ; 1740.
Aniabie Lucquet, époux de Madeleine Verdier ; 1606. Jean de Lacoste, époux d'Amable Leyrit ; 1601. Antoine Laurent, époux de Gabrielle Chalamel ; 1618. François Mocquet ; 1603.
Jean-Baptiste Pascal, époux d'Anne Minet ; 1778. Antoine Rollet, époux de Perrette Blanc ; 1601. Michel Rollet, époux de Claude Arnoux ; 1601. Jean Simon, époux de Marguerite Brunel ; 1741. Cyr Sauret, époux de Charlotte Barse ; 1748. Antoine Thévenet, époux de Gabrielle Chalamel ; 1602. Antoine Tailhardat, époux d'Amable Dujouhannel ; 1694. Michel Thévenet, époux de Jeanne Bourassol ; 1934. François Talion, époux de Catherine Aymard ; 1729. Taurin-Maximin Talion, ép. de Françoise Neuvéglise ; 1749. Claude Viallard ; avant 1593.
Les laboureurs et vignerons fêtaient saint Verny. Comme toutes celles de gens de métiers, leur Confrérie tenait avant tout à célébrer sa fête par une sonnerie des plus bruyantes. Lorsque les marguilliers eurent interdit cet usage, ou tout au moins imposé un droit pour l'exercer, la consternation fut grande parmi nos paysans. Ils firent valoir leur pauvreté et le service public qu'ils rendaient en sonnant gratuitement durant les orages : les marguilliers se laissèrent toucher: Du 8 mai 1633, « permission aux laboureurs de sonner la grosse cloche la veille de Saint-Verny sans payer, attendu la pauvreté de la frairie et le secours qu'ils donnent dans les
orages pour sonner les cloches d. Mais l'abus des sonneries est si criant, qu'il faut se montrer sans pitié, et les marguilliers de décider, le 18 mai 1664, que « les bailes de Saint- Verny, ayant demandé de faire sonner la grosse cloche le jour de leur fcte gratis, en considération de ce que les paisans sonnent jour et nuit les cloches contre le mauvais temps, il ne sera donné aucune permission gratis; et quant à faire sonner les cloches contre les tonnerres, c'est le fait de Messieurs du Chapitre qui y sont obligés par transaction ».
Cette finale était évidemment dirigée contre le Chapitre, qui était souvent en guerre avec la Marguillerie (c'était de règle au bon vieux temps) ; car en 1702, les bailes de Saint- Verny reçoivent à nouveau (28 mai) l'autorisation de sonner les grosses cloches la veille de leur fête sans payer de droit, « attendu qu'ils sonnent sans frais lors des [)rocessions extraordinaires pour les jubilés ou pour les mauvais temps ».
L'ardeur des confrères à sonner les cloches était excessive; en 1778 elle entraîna pour eux des conséquences terribles. (( Le samedi 23 mai, raconte Messeix, une quinzaine de paysans montèrent dans le clocher de Saint-Amable, vers une heure du matin, pour sonner les cloches en l'honneur de la fête de saint Vernies ; celle appelée Amable se détacha et tomba sur Bénigne (autre cloche) qu'elle mit en plusieurs pièces ; un des paysans, le sieur Jean Déat, fut grièvement blessé et transporté chez les Sœurs grises oi^i il expira vers midi ; M. le Curé lui administra l'extrême onction dans le clocher ; d'autres furent légèrement blessés » (1).
Les charpentiers honoraient saint Joseph. Le 22 février 1630, ils obtiennent de Monseigneur la permission de construire une « chapelle » à leur saitit en l'église de Saint- Amable. Les confrères avaient représenté « qu'au pilier oi\ est l'image de saint Joseph, il n'y a point d'autel pour célébrer la sainte Messe d. Il s'agit là, on le voit, non d'une
(1) Journal (T Antoine Messeix^ p. 216-217, Riom, Jouvet, 190o.
véritable chapelle, mais d'un de ces nombreux autels qui jadis étaient adossés à presque tous les piliers de la métropole de Saint-Amable (1).
Les serruriers, d'après Douillet, s'étaient rangés sous la bannière de saint Pierre-ès-liens (l^' août). Leur Confrérie était bien ancienne, puisque nous trouvons, à la date de juin 1372, une donation d'un septier froment de renie avec faculté de rachat que lui fait le prêtre Jean de Tyherne (2).
On sait que la vicairie fondée par Antoine Grezin l'avait été à l'autel de Saint-Pierre (3).
Saint Honoré était célébré par les boulangers (16 mai), et il fallait qu'il le fiit bruyamment : les cloches étaient chargées de ce soin. Les marguilliers sont obligés de sévir, et de faire condamner les bailes de la frérie à 3 livres d'amende pour avoir sonné sans leur permission (8 mai 1613). Mais les confrères ont cette sonnerie tellement à cœur qu'ils se cotisent et versent, le 5 mai 1686, cent livres à la Marguillerie pour avoir le droit de sonner les deux grosses cloches la veille de la fête de leur Saint, la plus grosse seulement le lendemain au salut, et les deux dernières « le jour de la banière ». Cet acte, passé devant Mercier, notaire, est consenti par Pierre Mazuel, roi de la frérie, Ligier Egaud, syndic, Pierre Banière, Pierre Lagniole, Jean Paurol, Pierre Aymard, bailes et gardes du corps des maîtres boulangers.
Les bailes de Saint-Honoré étaient, du reste, assez entreprenants. Ils n'hésitent pas, un certain jour, à mettre une table à l'église « sur les 8 heures du matin, à l'opposite du banc de la Marguillerie, à l'endroit où Messieurs les bailes du Saint-Sacrement se placent ordinairement aux jours accou-
(1) Archives de la Préfecture, fonds de Saint-Amable, GG., 986-99t). — Dans la chapelle consacrée de nos jours à saint Joseph dans l'église de Saint-Amable, on relève cette inscription gravée sur le mur en lettres gothiques : « Geste Ghapelle a été réédifiée, M® Pestre, not''^ la MD*^ et xi. v
(2) Archives de la Préfecture, fonds de Saint-Amable, c. 976.
(3) Supra, p. 115.
tuniés ». Les marguilliers de s'assembler sur le champ et de « leur faire quitter cette place et transporter leur table et image vers la chapelle du Saint, ladite frérie ou autres n'ayant aucun droit de poser banc ni faire quête que les jours de la fête du Saint » (11 février 1674) (1).
M. le chanoine Gardet, curé de Notre-Dame du Marthuret, veut bien nous communiquer le compte de gestion rendu par les bailes de Saint-Honoré pour l'année 1712-1713, compte qu'il possède dans ses archives. Nous donnons le texte intégral de cette pièce, intéressante entre toutes. Comme les usages en honneur dans une Confrérie devaient être à peu près identiques dans toutes, les traits de mœurs que nous révèle ce document ne seront pas spéciaux à la Confrérie de Saint-Honoré, mais pourront sans témérité s'appliquer à toutes les auti'es. Retenons notamment les détails sur les sommes versées par les apprentis ou pour les enterrements, et les dépenses pour la fête de la frérie et pour les repas.
€ Compte que rendent M^^ Jean Bony et Michel Faure, baisles de la frérie de Saint-Honoré, à compter du jour de leur nomination, qui fut le 18^ may de l'année dernière 1712 et a fini au 26 may de la présente année 1713, au corps et maîtrise des boulangers de cette ville de Riom, à M®^ Pierre Aymard et Antoine Janot, nommés baisles l'année prochaine, ladite assemblée faite en la maison de Jean Bony ce premier juin 1713.
» Chappitre de recepte
» Premièrement, se chargent lesdits comptables des ornements de ladite frérie, sauf livrer descharges ;
» Plus lesdits comptables se chargent de l'argent receu des fréries, savoir de la somme de trente livres dix sols. 30^ 10^
D Plus de vingt sols qu'ils ont reçeu de l'enterrement de M® Louis Auteroche 20*
(1) Il est question de la chapelle He Saint-Honoré dans le Journal d'Antoine Messeix (Riom, Jouvet, 1905, p. 165], à propos d'une cérémonie de translation de la châsse de saint Amable.
» Plus de la somme de quarante-deux livres qu'ils ont receu pour quatorze apprentifs ... 42^
î Plus de vingt-huit sols qu'ils ont reçus de l'enterrement de la Lespere 28^
» Plus se chargent de la àomme de dix-huit livres sept sols et six deniers qu'ils ont reçeu de M^ Quintien Reydesson pour le reynage 18^ 7^ 6^
» Toute la recepte monte la somme de quatre-vingt treize livres cinq sols et six deniers 93^ 5^ 6^
y> Chappitre de décharge.
» Requièrent lesd. comptables estre deschargés des ornements et autres choses appartenantes à lad. frérie ;
» Plus requièrent lesd. comptables estre deschargés de la somme de douze livres qu'ils ont payé à M. Poulet, distributeur de Messieurs du Chappitre de Saint-Amable, pour les quatre grandes messes d'indulgence 12^
)) Plus de semblable somme pour Poffice et salut du jour de Saint-Honoré 42^
i> Plus de trente sols qu'ils ont payé au maître de musique pour avoir fait chanter la musique à la grande messe de Saint-Honoré 30^
» Plus de la somme de vingt-trois livres quatre sols qu'ils ont payé à M. Ghiere (?), scavoir : vingt livres seize sols pour les messes qu'il dit lous les dimanches de l'année, et quarante-huict sols pour des messes basses des morts, sçavoir : pour Michel Piguet, le 29® aoust 1712, pour la femme dud. Piguet, le 22 septembre 1712, pour M® Antoine Gardon, le 22 septembre 1712, de la Lespere, le 26 septembre 1712, de M® Louis Auteroche, le 28 octobre 1712, de M^ Pierre Perol, le 9 janvier 1713, revenant le tout à la somme de vingt-trois
livres quatre sols 23^ 4^
ï> Pour deux aulnes demy de Hen roux pour la chasuble, deux so!s ;
y> Pour du ruban, pour les flambaux, quarante sols ; pour avoir fait faire une crosse à l'image de saint Honoré, vingt
sols ; pour les enfcns de chœur, trois sols ; pour le sonneur, quinze sols ; à l'organiste, dix sols ; au souffleur, cinq sols ; pour le repas du roi et autres maîtres, quatre livres ; au bedeau de la Marguillerie, cinq sols ; au bedeau du Çhappitre, cinq sols ; pour la dresse du présent compte, trois livres ; pour la dépense qui se fit au clocher ou pour coupper le pain bénit, quatre livres ; pour la niche du Saint-Sacrement, quarante sols ; pour des clous ou fisselle, trois sols ; pour avoir fait publier le reynage, deux sols et six deniers ; pour la somme de quarante sols qu'ils ont payé à Messieurs les diacres, scavoir vingt sols pour les baisles de l'année dernière et vingt sols pour cette année à repetter sur Quintien Meydesson et François Rougier ; pour fourniture d'encens led. jour et toute l'année, dix sols; pour la chandele de Noël, vingt sols; pour fourniture de cire, le jour et de toute l'année, suivant la quittance de M. Solignat, vingt-etune livres treize sols ; pour des bouquets led. jour et toute l'année, dix sols ; pour une nappe neufve, cinq livres ; pour le blanchissage du linge ou pour avoir fait accomoder le guerindon, vingt sols; plus pour le disner de l'embaucheage, quinze sols.
» Toute la dépense monte la somme de quatre-vingt-quatorze livres quinze sols et six deniers.
» Partant, le corps est redevable de la somme de vingtneuf sols et six deniers. Et signé Brunet, Nony, Aymard et Jean Court.
» Au présent compte ont assisté Pierre Aymard, Antoine Janot, baisles l'année prochaine, Martin Brunet, Amable Prade, Denis Roubin, Antoine Gretiat, Annet Rougier, Yve Faure, M« Binet, Michel Jaby, Michel Morlat, Pierre Barboiron, Guilhaume Nony, Jean Nony, Pierre Goubie, Gilbert Faye, Jean Court, et plusieurs autres maîtres. Ceux qui ont seut signer ont signé ; les autres ont déclaré ne scavoir signer : le tout en présence de moy soubsigné, aumùnier de ladite frérie, ced. jour et an, et signé Chiere.
» Expédié à M^ Michel Faure, second baisle, pour luy
servir ce que de raison ; l'original restant en mes niains ced. jour et an. (Signé) Chiere, aumônier de lad. maîtrise. »
De son côté, le Courrier du Puy-de-Dôme, dans son numéro du 3 mai 1903, a publié le compte de 1715-1717. Nous le reproduisons ici pour compléter les renseignements donnés par la pièce précédente :
a Compte que rendent au corps de maîtrise de la Jurande des boulangers, de cette ville de Riom, maîtres Michel Faure et Barthélémy Auteroche, maîtres boulangers de ladite Jurande, et gardes nommés à compter du sixiesme moy mil sept cent seize et à finir au seizième may 1717, présante année, de la gestion et administration qu'ils ont eue de ladite maîtrise à commencer au IG'' may 1716, et à finir à pareil jour de la présante année 1717 ; auquel Jean Pierre Tronche, et Michel Saby, aussy maîtres boulangers, ont été nommés nouveaux gardes, sauf tout erreur de calcul et obmission, si aucun y en a après que ledit corps des boulangers de ladite jurande a été convoqué à la manière accoutumée, par Quintien Sarthio maître boulanger de ladite jurande, leur embaucheur, en la maison dudit maître Michel Faure, premier garde, le sixiesme juillet 1717.
D Chapitre de charge.
» Premièrement — se chargent lesdits comptables, sauf leur descharge, de la boette où sont les lettres patantes de ladite jurande, documents, papiers et autres lettres concernant ladite maîtrise.
» Chapitre de recepie.
» Premièrement se chargent lesdits comptables de la somme de six livres qu'ils ont reçeue de Jacques Barrât, gendre de maître Yve Faure, pour son droit de boette. . 6^
» Plus se chargent lesdits comptables de la somme de quatre-vingt-dix livres qu'ils ont reçeue d'Antoine Guignement, pour son droit de boette 90^
» Plus se chargent lesdits comptables de la somme de six
livres qu'ils ont reçeue de Pierre Battu, fils à Mathieu pour
son droit de boette ^)i
» Toute la charge des articles ci-dessus monte la somme de cent deux livres. 102'
D Chapitre de descharge.
» Premièrement requièrent lesdits comptables être deschai'gés de la boette où sont les lettres pa tantes de ladite Jurande, documents, papiers et autres titres concernant ladite maîtrise, dont ils s'étaient chargés en ladite prise de charge. — Et après qu'ils ont remis le tout en présence et du consentement desdits maîtres auxdits Pierre Tronche et Michel Saby, nouveaux gardes.
» Chapitre de dépensse.
» Premièrement requièrent lesdits comptables leur être passé pour deux augmentations, cinq livres.
» Plus leur être passé auxdits comptables pour la prestation de serment, dix livres treize sols quatre deniers.
» Plus leur être passé auxdits comptables pour les frais qu'il a fallu faire pendant leur année, six livi'es.
» Plus pour la dresse du présent compte, trois livres.
» Plus pour le papier marqué, tant de Toriginal que des copies du présent compte, 10 livres.
» Plus pour deux requettes qu'ils ont fait dresser, quatre livres.
)) Plus pour la dépense qu'il a falut laire le jour de la prestation de serment avec le greffier et les autres maîtres, sept livres.
B Plus pour les gages de l'embaucheur, 8 livres.
» Plus pour avoir fournit aux bailles pour aider à payer Tolfice et service de la frérie de Saint-Honoré, suivant la quittance de monsieur Antoine Vel, premier baile, la somme de vingt-cinq livres.
h Toute la dépense monte la somme de soixante-neuf livres trois sols et quatre deniers. — Toute la recepte monte
la somme de cent deux livres. — ParLanl lesdits Faure et Auteroclie sont redevables au corps et maîtrise de la somme de trente-cinq livres quinze sols huit deniers; de laquelle somme de trente-cinq livres, quinze sols huit deniers, en a été délivré par l'ordre et dtr consentement des maîtres, la somme de trente livres à maîtres Pierre Barboiron et Guillaume Nony pour demeurer quitte de pareille somme qui leur était due par leur arrêté de compte du 20 juillet 1714 dont ils ont foui-ni quittance auxdits Michel Faure et Barthélémy Auteroche le 6^ juillet présente année 1717; semblable quittance mise sur l'original et expédition du compte desdits sieurs Barboiron et Nony en date dudit jour ; et les cinquante cinq sols et huit deniers ont été donnés, du même consentement des maîtres, à Yve Faure et Gilbert P'aye, bailles, Tannée sept cent quinze, en diminution de ce qui leur est deu par leur arrêté de compte du neufviesme juin de l'année dernière 1716, pareille quittance sur l'original et expéditoire dudit compte daté dudit 9^ juin 1716.
p Auquel compte ont été présents Maîtres Priest Broniard, Martin Bance, Pierre Barboiron, Antoine Jouet, Guilhaume Nony, Antoine Bougier, Jean Barry, Antoine Vel, Amable Brade, Barthélmy Auteroche, Michel Saby, Pierre Tronche, Pierre Noualhac, Annet Parriot, Gilbert Faye, Jean Codignac, (Tuilhaume Bordai, Michel Faure, Claude Debas, Amable Baymond, et plusieurs autres maîtres. »
La Confrérie de Saint-Michel était recrutée parmi les pâtissiers, et aussi, à en croire les marguilliers, parmi « toutes sortes de personnes, et la plupart mercenaires ». Elle n'avait pas, suivant eux, une excellente réputation, sa fête étant, disaient-ils, « une occasion d'ivrognerie plutôt que de piété *. Etait-ce pour cette raison qu'elle était peu ménagée par les administrateurs de l'église? Quoi qu'il en soit, ils paraissent l'avoir fort maltraitée. Le 30 septembre 1663, ils la font condamner à trois livres pour sonnerie sans permission. Le 25 mars 1673, ils lui enjoignent d'avoir à compter devant
eux c( pour savoir si l'on pourroit prendre de ses fonds pour conli'ibuer aux réparations de l'église » ; el comme elle résiste, M"" Prohet, avocat, est chargé de soutenir contre elle les intérêts de la Marguillcrie. Un procès s'ensuit: le Chapitre y intervient ; de là, querelle interminable. M« Prohet s'occupait encore de Tafiaire le 27 novembre 1679 (1).
Des femmes avaient jadis établi une Confrérie en l'honneur de saint Fiacre. Leur recrutement était sans doute devenu impossible au début du xvjii® siècle, car nous les voyons en décembre 1722 cherchera disposer du petit avoir de l'association. Elles donnent à cette date à l'église de Saint-Amable un reliquaire d'argent, pesant 2 marcs 2 onces trois quarts, « où sont des ossements de saint Fiacre d, et se préparent à disséminer leurs autres richesses. Les « potiers d'étain » songent alors à profiter de ces ressources pour s'ériger en confrérie. Le 6 septembre 1723, M. Tixier remontre au Chapitre de Saint-Amable <r que, les dames ci-devant bailesses de la Confrérie de Saint-Fiacre de cette église ayant abandonné la Confrérie », les maîtres potiers d'étain demandent à être substitués à leur place. Le Chapitre y consent, et « pour cet effet leur a été délivré les napes d'autel, essuye-mains, parement d'autel et manteau dudit saint, ensemble quelques procédures faites par M. de Cambray pour le remboursement d'une rente de 5 livres au principal de cent livres » (2). Cette rente n'était pas encore remboursée en août 1725, date oià les nouveaux bailes de la Confrérie de Saint- Fiacre, Alexandre Estaignion et Guillaume Delarbre, potiers d'étain, signifient à M. Amable de Cambiay, avocat en Parlement, un commandement de la payer.
(1) Une délibération des officiers municipaux de la ville de Riom, datée du 11 novembre 1792, et relative à Tenlèvement du clocher de la Sainte- Chapelle, nous apprend que ce clocher était orné notamment d'une statue de saint Michel, placée « sur un poinçon ».
(2) Archives de la Préfecture. Registres capitulaires de Saint-Amable, 1723, 1730, vo 2.
Diverses corporations avaient établi leurs Confréries en l'église du Marthuret.
Les notaires fêtaient leur Patron, saint Jean TEvangéliste, dans cette église le 27 décembre. Comme ils étaient gens de conséquence, le Cliapitre prenait « leur heure » pour la grand'messe qu'on leur disait au chœur. Des chapiers assistaient à cette messe ainsi qu'aux vêpres. La redevance payée au Chapitre par la Confrérie n'était cependant que de six livres.
Saint Jacques-Ie-Majeur était célébré le 25 juillet par les tanneurs dans la chapelle de ce nom au Marthuret. Après none, on exposait le Saint-Sacrement au maître-autel, et l'on donnait la bénédiction « tacite » avant le salut.
Le lendemain, 26, était dite la grand'messe pour les confrères défunts. On l'annonçait avec toutes les cloches. Le Saint-Sacrement était de nouveau exposé avant la grand' messe, qui se célébrait au maître-autel. On donnait la bénédiction solennelle après compiles. Le Chapiti'e recevait dix livres pour ces diveis offices.
La chapelle des tanneurs est digne de fixer quelque temps notre attention.
Construite dans le style ogival tertiaire, elle doit être des premières années du xvi^ siècle. La coquille, attribut de Saint-Jacques, se retrouve partout, aux clefs de voûtes et aux retombées des moulures. Le vitrail, œuvre fort curieuse de la Renaissance, reproduit saint Jacques, vêtu en pèlerin, et placé à droite de la Vierge, tandis que saint Jean l'Evangéliste occupe la gauche. Ce sont des portraits de donateurs, car les figures dessinées avec soin s'éloignent absolument des types consacrés. Celle de la sainte Vierge est surmontée de cette inscription : Sancta Mater Dei, mémento mei ; celle des apôtres sont indiquées par leurs noms. Au-dessus de ces trois personnages principaux, dans les trilobés, est représenté le Père Eternel entre sainte Madeleine et sainte Anne. Au-
dessus, trois médaillons reproduisent sainte Marguerite entre saint Antoine et sainte Françoise. L'œuvre est datée de 1538. Cet ensemble de Saints, ainsi rapprochés dans la môme composition, alors qu'ils étaient presque tous honorés dans la ville, chacun par une Confrérie spéciale, est intéressant à noter, comme pouvant indiquer un lien d'affiliation de la riche corporation des tanneurs à ces autres associations.
Un dernier ornement de cette chapelle de Saint-Jacques est des plus suggestifs. C'est, à l'une des clefs de la voûte, le monogramme IHS. On sait que M. Douillet a tenté de traduire ces lettres par l'expression in terra Hierosolyma socii. Explication des plus hasardées. A cette même date, le monogramme du Sauveur, Jcsvs Hominum Salvator, se retrouve partout dans notre ville. On y a compté plus de quatorze maisons où on le lit, soit sur le linteau des portes, soit au-dessus de vastes cheminées, soit sur des écussons. Ce monogramme répondait à l'efQorescence de sève religieuse qui distingua cette période de notre histoire. C'est assurément ce signe qui est gravé dans notre chapelle.
Mais, si nous ne pouvons à cet égard admettre l'explication de M. Bouillet, nous ne faisons aucune difficulté de penser qu'à Riom devait exister une association de confrères se rattachant à la Confrérie générale des pèlerins de Terre- Sainte, ou plus exactement des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. M. le Chanoine Fouilhoux, avec sa haute compétence, a donné, dans son Vic-le-Comte (1), les détails les plus intéressants et les plus circonstanciés sur ces Confréries de pèlerins, qui existaient en Auvergne comme dans toute la France. Elles se formaient dans les villes situées sur les voies marquées par les itinéraires dont se munissait chaque pèlerin, et la ville de Riom était du nombre des étapes désignées. Dès que le pèlerin arrivait dans une ville ainsi notée, il rencontrait aide, protection, subsistance et renseignements auprès des associés. S'il était riche, il faisait
(1) Clermont, Bellet, 1898, pp. 204 et suiv.
une oiïrandc ; s'il était pauvre, il en recevait une. On lui indiquait les précautions à prendre, les passages dangereux, les rivières à travei^ser... De Riom, les pèlerins se rendaient à Montferrand, de là à Neschers, Brioude, I.e Puy. Il se pourrait que la chapelle du Marthuret appartînt à cette Confrérie ou lui servît d'ora.oire. Les attributs de saint Jacques, patron des pèlerins, que nous avons vus reproduits partout dans cette chapelle, la situation de cette dernière, en bordure de la rue et tout près du porche du sanctuaire, cette circonstance matérielle enfin qu'originairement elle n'était pas comprise dans Tinlérieur de l'église et n'y a été annexée que plus tard, tout vient à l'appui de cette hypothèse. En ce cas, il ne serait pas surprenant que la corporation des tanneurs, si prospère et si importante à Riom au xvi° siècle, eût pris sous sa protection la Confrérie des pèlerins, eût participé à la construction et à l'entretien de leur chapelle, et finalement se fût placée sous la protection de leur patron lui-même, de saint Jacques, alors que, d'après Bouillet, le protecteur ordinaire de leur corps d'état était saint Martin (1).
Les hôteliers fêtaient aussi au Marthuret sainte Marthe, le 30 juillet, en la chapelle de Saint-Jean, et payaient 6 livres au Chapitre. C'est à tort que Bouillet leur donne pour patron saint Martin (2).
Le 2S juin, saint Eloy y était honoré par les orfèvres, ferblantiers et forgerons ; et le 5 décembre, sainte Barbe par les couteliers et armuriers, à l'autel de la Croix, moyennant un honoraire de 6 livres pour le Chapitre.
Les tisserands, qui avaient cependant leur Confrérie à Saint-Amable le jour de la Conception, célébraient une autre fête au Marthuret, le 30 novembre, en l'honneur de
(1) Bouillet, loc. cit., p. 353. — Notre excellent ami, M. l'abbé Crégut, a bien voulu nous guider dans ces quelques recherches sur la chapelle de Saint-Jacques. Nous tenons à l'en remercier bien sincèrement.
(2) Bouillet, op. cit., p. 27.
saint André, à l'autel de Sainte-Anne (6 livres pour le Chapitre).
Les charrons honoraient sainte Catherine, — et non saint Eloi (1), — toujours au Marthuret, le 25 novembre, à l'autel de Sainte-Marguerite.
Enfin, les bouchers avaient pour patron saint Eutrope, — et non saint Barthélémy (2). Les premières vêpr'es étaient dites le 30 avril. La messe se célébrait le lendemain, à la chapelle de Sainte- Anne. Des chapiers « de 2 sols 6 deniers » assistaient à la messe et aux vêpres.
Les garçons bouchers faisaient leur fête après leurs maîtres, et ne célébraient le Saint que le second dimanche après la fête de celui-ci. C'est à la chapelle de Saint -Antoine qu'ils se réunissaient.
Maîtres et garçons payaient les uns et les autres 6 livres 10 sols au Chapitre.
La tradition veut à Riom que les bouchers se soient constitués, au cours du xix^ siècle, les gardiens énergiques et vigilants de la Vierge à l'Oiseau, lorsqu'on tenta de déplacer la statue de son piédestal.
Les cordonniers et savetiers fêlaient saint Crépin, leur Patron, en l'église des Cordeliers. L'existence de leur Confrérie nous est révélée par la minute d'un acte reçu Rastoilh, notaire à Riom (3), le 8 octobre 1629.
A cette date, les cordonniers et les savetiers forment deux corporations distinctes qui sont en guerre, chacune prétendant que l'une empiète sur les droits de l'autre. Sur le procès qu'elles se sont intenté devant la Sénéchaussée d'Auvergne, elles ont commis à quatre maîtres jurés cordonniers de
(1) Douillet, op. cit., p. 85.
(2) Douillet, op. cit., p. 40.
(3) Les minutes de M" Rastoilh sont déposées actuellement en l'étude de M« Dumont des Angerons, notaire à Riom.
Clerniont le soin de les concilier. Mais les arbitres n'ont pu se ranger à un avis unanime, et ont dû se contenter de « déposer leur rapport au lieutenant -général ». La lutte judiciaire va se continuer, quand, mieux avisés, cordonniers et savetiers riomois déposent leurs . haines réciproques et se fondent fraternellement en une seule et même corporation par le traité suivant :
« Claude Bonnabel, Annet Bynoy, maistres jurés cordonniers de Riom et bailes Tannée présante de lad. frairie et jurande, Claude Gontreix, François Desanges, Jean Chabot et Amable Messeix, aussi maistres jurés et gardes lad. année de lad. frairie et jurande, assistez et advouez de François Messeix, Jean Desanges, Jacques Chassaigne, Antoine Girard, Pierre Sabuy, François Montlimard, Pierre Cellier, Jean Guyonnet, Antoine Neyrolles, Philippe Clerc, Pierre Clerc, Pierre Bourdier, Clément Bonnabel, Jean Parrot, Eslienne Bourrassol, Jacques Cressain, Michel Soubroux, François Dauvergne, Gervais Mazuel, Quintien Grenet, Jean Bordas, Guillaume Chambrial, Julhien Pouchol, Antoine Fourraud, Christophe Dubriel, Amable Soubroux, Gilbert Gandebeuf, Jean Moignoux, Louys Missonnier, Claude Franavol, Pierre Moignoux, Amable Botz , Pierre Botz , Guy Byorat, André Beuf, Gilbert Boy, tous maistres jurés cordonniers de lad. ville et confraires de lad. jurande et frairie, faisant et représentant la plus grande et majeure partie du corps de lad. jurande, d'une part ;
ï) Et Michel Bourget et Jannot Genebrard, maistres jurés savetiers de lad. ville et bailes lad. annéee de la frairie et jurande desd. maistres jurés savetiers, Gabriel Mosnier, Pierre Cruelle, Antoine Faure et Jacques Bertrand, gardes de lad. frérie et jurande et maîtrise, assistez et advouez de Ligier Groslier, Jean Chadenat, Pierre Deneufian (?), Guillaume Reynard, Jannot Groslet, Bertrand Dupin, Pierre Noalhat, Jean Mathivet, Pierre Bourgehat, Jean Grosseur, Jacques Boutin , Pierre Blanc, André Grandier, Juilhen Beauvoir, François CoUombier, François Soushautias, Pierre
Missonnier, Gratien Grambon, Antoine Clerc, Pierie Bardy, Claude Guy, Pierre Collonribier, Jacques Noolhiat, Benoist Morge, Bertrand Barge, Jean Groslier, aussi tous maistres jurés savetiers de lad. ville, faisant et représentant la plus grande et majeure partye du corps de la jurande et frairie, d'autre part ;
« Lesquelles parties, tous de leur bon gré et une mesme voix ont volu, consanty et accordé, veulent, consantent et accordent par ces présantes, pour chacun d'eux et leurs successeurs auxd. maistrises et jurandes, puissent, dès à présant et pour le temps advenir exercer en toute liberté, dans lad. ville et fauxbourgs, l'un et l'autre desd. mestiers de cordonniers et savetiers^ conjoinctement ou séparément tous les deux et le tout par ensemble ainsy que bon leur semblera suivant la commodité d'un chacun, travailher de cuir neuf et vieux, et iceluy faire toute sorte de besoigne, ouvrage, rabilliage et savatterie qui se présentera, sans qu'aucun d'eux ni de leurs successeurs se puissent ti'oubler ne empescher..., en travalhant et faisant neatmoins lad. besoigne, rabilhage et savatterie bonne, loyale et marchande, le tout suivant et aux termes de leurs status et règlements.
» De plus, que leurs deux corps, jurandes et frairies soient dès à présent unis, incorporez et assoliez en un seul corps, jurande et frairie, laquelle se cellébrera dans l'esglize des Pères Cordeliers de lad. ville, et à l'authel destiné et offert à l'honneur de saint Crespin, comme de toute ancienneté a esté faict, et qu'à cest effect tous leurs ornements et boittes, chef d'œuvre et tous autres droits soient assemblés en commun, le tout au proffit de lad. frairie et présente association avec leursd. status et règlements, lesquels ne serviront que d'un seul à tous en général et particulier, et qu'un chacun d'eux et leurs successeurs à lad. jurande et association ayent et jouissent...., et pour tout Tadvenir, de tous les privilèges et franchises à eux accordez par leursd. status et règlements, esgalement et sans aucun advantage l'un au préjudice de l'autre.
» Que aucun habitant forain ne estrangier ne pourra estre receu à lad. jurande et association qu'au préalable il n'aye fait Tessaiz et chef-d'œuvre, et en la forme qu'il est dict par lesd. status et règlements, et fournir au nécessaire ou régime, fors et' excepté leurs enfants et successeurs à lad. jurande et association, lesquels y seront receus sans qu'ils soient tenus de faire aucun aissaiz ne chef d'œuvre, ne payer aucun droit d'entrée, boitte, ne faire et fournir à aucun...
» De plus, que pour tous le maigniement, régime et gouvernement de tous les affaires généralement quelconques a[)partenans et concernans lad. frairie, jurande et association, il soit annuellement promu un baille et deux gardes de la part desd. maistres jurés cordonniers, et l'autre baille et deux gardes de la part desd. maistres savetiers, et sans neatmoins qu'ils puissent rien innover, prendre ne desroger en façon quelconque à tout le surplus des autres... et articles... de leursd. statuts et règlements » (1).
En 1775, lors des fêtes brillantes qui furent données à Riom à l'occasion de la naissance du duc d'Angoulème, les cordonniers « firent célébrer une grand'messe aux Cordeliers, après laquelle ils donnèrent deux sous à chacun des pauvres qui se présentèrent. Ils y assistèrent tous avec leurs armes ; ils avaient placé des sentinelles à la porte du chœur » (2).
Dans le cours du xix^ siècle, en 1869, les filles et femmes en condition dans la ville ont eu l'heureuse inspiration de se réunir en association, en l'église de Notre-Dame du Mar-
(1) Cet accord fut fait en présence de M« Jacques M illanges, procureur des cordonniers, et de M° François Millanges jeune, procureur des savetiers. L'acte porte la signature de 21 cordonniers ou savetiers, ce qui, soit dit en passant, témoigne une fois de plus de la diffusion de l'instruction primaire parmi les artisans du début du xvn« siècle.
(2) Journal d'Antoine Messeix^ p. 201. — Un grand nombre de Confréries de la ville se livra à cette occasion à des manifestations similaires.
thuret, sons le patronage de sainte Zite, Tadmirable servante de Lucques.
Pour être admise dans la Confrérie, la postniante doit jonir d'une bonne réputation, être placée dans une maison honnête et remplir tous ses devoirs religieux. Les* membres de Tassociation doivent assister, chaque mois, à la messe le premier jendi, et à la réunion de l'Œuvre l'avant-dernier dimanche. Elles doivent aussi assister aux processions et aux enterrements des associées. Le lendemain ou surlendemain de la Commémoraison des Morts, nn office est chanté pour les associées défuntes. La fête de la Confrérie se célèbre le 27 avril. L'œuvre est aujourd'hui encore très florissante.