‹ Les confréries musulmanes du Hedjaz [microform]Chapitre 14 sur 52 · I. Moqaddem · texte numérisé non relu

I. Moqaddem

Cheikh Ahmed bel Haoussin.

Cheikh Abd Allah.

Cheikh Mohammed Orficha.

par un même nombre d'adeptes. Seule l'affinité qui subsiste entre les Chadeliya indépendants et ceux des confréries, donne un caractère accusé aux tendances de ces derniers. Elle les rapproche, sinon du parti des Eulema et des Chorfa, du moins de celui des lettrés, des hommes de science et de paix, naturellement disposés à vivre en bon accord avec les agents du pouvoir, pourvu qu'ils se conforment aux lois de l'Islam.

L'action extérieure des zaouiya chadeliennes de la région n'est guère plus accusée.

Il s'est, au contraire, manifesté chez les Rachidiya un mouvement d'expansion qui mérite d'être signalé et peut avoir pour nous un intérêt particulier.

Cette confrérie, fondée au x^ siècle de l'Hégire par un marabout de Milianah, Si Ahmed el Rachidi, s'est divisée en plusieurs branches fort répandues au Maroc, ainsi que dans le Tell des provinces d'Oran et d'Alger, et dans le Sahara Oranais. Comme tous les apôtres musulmans doués d'une nombreuse famille, Si Ahmed el Rachidi, avait envoyé ses entants propager sa doctrine au loin. L'un d'eux se serait, d'après la tradition, fixé en Egypte. En tout cas, parmi les élèves de Si Ahmed ben Idriss, le maître de Cheikh Senoussi, se trouvait un Égyptien, Si Ibrahim er Rachidi, qui passait pour descendre ainsi du fondateur des Rachidiya.

Il suivit son maître à Saabia, et à sa mort, ne voulant

pas prendre part aux rivalités de Mohammed Othman el Emirghani et de Cheikh Senoussi, retourna dans son pays d'origine.

Jusqu'alors il s'était conformé à l'enseignement des Idrissiya. Mais il ne tarda pas à revenir aux doctrines chadeliennes et entreprit de faire revivre la règle des Rachidiya en Egypte. Ses efforts ne furent pas courormés de succès dans ce pays et il ne put y fonder qu'une zaouiya, située près de Louqsor. Bien qu'un de ses petitsfils y réside encore, elle est sans importance. Voyant son espoir déçu de ce côté, Ibrahim el Rachidi revint à La Mecque. Il eut à soutenir de très vives attaques de la part des Emirghaniya et de quelques Cheikh de l'entourage de Si Ahmed ben Idriss, qui l'accusaient d'avoir renié son maître. L'affaire prit une tournure telle, qu'elle fut portée devant le Medjelès des Eulema, en 1273 de l'Hégire. Le gouverneur du Hedjaz, Mohammed Nameck Pacha, s'en mêla lui-même, et, après de longues discussions, Ibrahim réussit à confondre victorieusement ses adversaires, qui avaient voulu le faire passer rien moins que pour hérétique. Peu de temps après, un second incident du même genre appela de nouveau sur lui l'attention, et il n'en fallut pas davantage pour consacrer sa réputation. Les pèlerins de Syrie et des Indes surtout, se montrèrent fort empressés à sa zaouiya, et pour lui permettre de créer un établisse-

ment plus important, une Bégum d'un état musulman du dernier pays, séduite par sa renommée, lui envoya mille roupies d'or en une seule fois.

La légende s'en mêlant, il devint ainsi l'un des Cheikh les plus populaires de La Mecque, et tant parmi les habitants de la région même, que parmi les pèlerins, ses disciples comptèrent bientôt par milliers. Sans rappeler exactement quant à la règle, l'ancienne confrérie des Rachidiya du Moghreb, son ordre prit à sa mort, en 1291 de l'Hégire, le nom qu'il portait lui-même.

Outre la zaouiya fondée à Haret Chebikhat, l'une des principales rues de La Mecque , grâce au don qui vient d'être mentionné, et que dirige encore un Hindou, Cheikh Salah el Hindi, les Rachidiya du Hedjaz en ont deux autres dans cette ville, où réside, dans l'une d'elles, leur chef actuel, Mohammed ibn Cheikh Salah el Rachidi, neveu de leur premier maître. Ils en ont une également à Médine i.

Le développement de la confrérie, sans être ainsi très considérable, quant à présent, a cependant une certaine importance au Hedjaz même.

Son rôle à l'étranger n'est encore notable qu'aux Indes, mais il peut le devenir ailleurs, si son chef, qui semble, en effet, avoir l'esprit d'entreprises, songe à

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