Moqaddem
Ch. Othman Turki.
Ch. Abd er Rahman Kedouan.
Ch. Mostefa.
Ch. Mohammed Ba Messekk'er.
dans lesquelles ils ont compromis leur caractère sacré, a porté une atteinte grave à leur prestige. Ils sont encore en Arabie, au Soudan, en Egypte, les suzerains de clans religieux. Mais des groupes entiers d'adeptes se sont déjà séparés de la confrérie.
Au Hedjaz même, malgré l'importance numérique de ses membres, elle n'a plus qu'un rôle effacé. L'autorité du grand maître légitime y est méconnue par ses plus proches parents, et combattue par les fractions locales. L'histoire de l'ordre n'est que celle des rivalités qui le divisent.
Il semble donc que l'œuvre de Mohammed Othman soit déjà gravement compromise, moins d'un demisiècle après sa fondation. Ce n'est pas en se jetant dans n'importe quelle aventure lucrative, que les chefs des Emirghaniya pourront rendre à leur famille son crédit ébranlé.
SEDDIKIYA
Les Seddikiya font remonter leur origine à Abou Beker ibn Seddik^ beau-père du Prophète, et l'un des disciples auxquels il aurait donné directement l'Ahd, le pacte initial de la Triqâ.
En fait, ce fut seulement au bout de plusieurs siècles que la propagation des doctrines Soufistes détermina la fondation de confréries religieuses Sunnites, à l'exemple des associations plutôt politiques, formées par les Alides. Leurs premiers chefs, pour établir l'orthodoxie d'un enseignement qui constituait en réalité une innovation grave, le firent remonter aux compagnons du Prophète. Grâce à l'incertitude des traditions arabes pendant les premiers âges de l'Islam, cette prétention, quoique peu fondée, fut généralement admise.
Il en résulte que l'histoire des ordres les plus anciens est restée fort obscure. Tel est le cas des Seddikiya, dont on ne connaît pas l'origine véritable.
Leur confrérie ne reçut d'ailleurs jamais d'organisation hiérarchique.
Elle s'est toujours composée de petites congrégations indépendantes.
L'unité doctrinaire lui fait également défaut. Sans parler du rituel, des prières adoptées dans ses différents groupes et qui varient de l'un à l'autre, son enseignement n'est même pas uniforme. •
Dans quelques pays, en Egypte, par exemple, les Seddikiya comptent au nombre des mystiques extatiques. Ailleurs, et c'est le cas en Arabie, ils suivent strictement la Sounna sans admettre aucun système philosophique, en particulier.
On ne peut donc les ranger parmi les ordres religieux que comme adeptes d'une « Triqâ », d'une « Voie » nominale. Leurs prétentions à suivre une tradition inaugurée par Abou Beker ibn Seddik, ne repose même pas sur l'existence de cette tradition.
Il arrive au reste souvent qu'un Moqaddem, appartenant à un ordre quelconque et se rendant indépendant de ses chefs, pour des motifs personnels, se déclare rallié aux Seddikiya, sans cesser de pratiquer son ancienne règle.
En un mot , les Seddikiya ne forment pas , à proprement parler, une confrérie, ni même une école. C'est en vertu d'une simple fiction que leur nom crée entre eux un lien théorique i.
D'ailleurs, leurs congrégations, localisées dans les grandes ville de Turquie, de Syrie, d'Egypte, d'Arabie, n'ont qu'un fort petit nombre d'adeptes.
Tel est le cas de celle du Hedjaz, qui, représentée à La Mecque 2 par une zaouiya, ne mérite d'être citée que pour mémoire.
1. On pourrait croire le contraire, à en juger par les indications que donnent quelques ouvrages sur le Tessaouf. Cheikh Senoussi, par exemple, a formulé dans El Salsabil et dans sa Faharassat , comme ayant une valeur générale, une régie des Seddikiya. Mais ce n'est, en réalité, que celle du groupe d'Alexandrie, et en Egypte même, il eu existe d'autres.
2. Moqaddem ; Sid Alaoui el Emirghani , qui malgré son nom, n'a pas d'attaches avec les Emirghaniya.
ALLOUANIYA
A certains égards, tout au moins par leur antique origine, qui remonte au ii^ siècle de l'Hégire, et par leur dispersion actuelle, les AUouaniya peuvent être assimilés aux Seddikiya. Toutefois, leur premier chef, Sid el AUouan Abou Hachim el Koufi, passe pour avoir réuni ses disciples en une véritable association religieuse.
Bien que ce fait soit rien moins que certain, les AUouaniya ont compté à une époque plus rapprochée parmi les ordres doués d'une organisation hiérarchique. Mais ils ne forment aujourd'hui que des congrégations isolées, des écoles indépendantes, là où ils n'ont pas été absorbés par de nouvelles confréries. Tel est le cas de ceux d'Egypte, par exemple, qui, considérés, il y a cinquante ans, comme une branche des Refaiya, ne sont plus guère connus sous leur ancien nom dans ce pays.
Au Hedjaz, l'ordre s'est perpétué plus longtemps : Abou Hachim, bien qu'originaire de l'Irak-Arabie, mourut en effet à Djeddah, et la mosquée construite près de son tombeau continua d'être, sous son vocable, la zaouiya d'un petit groupe de fidèles.
Cette branche, après une longue existence, était
éteinte à la fin du XIF siècle de l'Hégire. Un des descendants du saint, Abd Allah ben Sid Salem el Allouani, acquit, à cette époque, une certaine célébrité dans le monde religieux. Il vint s'installer à La Mecque en 1 182 (H) et fut reçu au nombre des Tholba de la grande mosquée. Sa clientèle devenant importante, il se décida à fonder une zaouiya aux portes de la ville, près du Djebel Amr.
Initié lui-même à la règle des Chadeliya par un de ses maîtres, Sid el Hamoudi el Mekki, il formula bientôt une nouvelle doctrine, tenant à la fois de celle de son ancien maître et de celle d'Abou el Hassen el Chadeli.
La petite confrérie ainsi formée prit le nom des anciens Allouani3^a, mais étant donnée son origine immédiate, elle ne représente leur association qu'au point de vue historique.
Depuis la mort d'Abdallah ben Sid Salem, en 1201 (H), son développement s'est arrêté, et son peu d'importance numérique ne lui permet pas de compter parmi les ordres actifs du Hedjaz,
Ses zaouiya sont cependant au nombre de deux, une à La Mecque i et une à Djeddah 2, La première, oîi réside le petit-fils de Cheikh Abd Allah, est son seul centre