‹ Les confréries musulmanes du Hedjaz [microform]Chapitre 43 sur 52 · Moqaddem : Cli. Ali Achour · texte numérisé non relu

Moqaddem : Cli. Ali Achour

d'enseignement. La seconde, en effet, ne s'occupe que de l'entretien du tombeau de Sid Abou Hachim et du pèlerinage dont il est l'objet.

MELAMIYA

Le dernier ordre à citer, pour clore la nomenclature des confréries régulières du Hedjaz, celui des Melamiya, tient dans le pays une place moindre encore que les deux précédents.

Il a cependant été fort répandu en Orient, où ses Derouich ont acquis, grâce aux « Mille et une Nuits », une célébrité particulière, sous le nom de Kalender.

Son fondateur, Abou Ali Youcef el Kalenderi, mourut en 724 (H), à Paniput près de Delhi. Les Kalenderiya s'établirent donc d'abord aux Indes. Plus tard, deux de leurs branches se développèrent en Perse et en Turquie. Dès l'origine, ils se montrèrent hostiles à la fois aux gouvernements réguliers et à l'enseignement orthodoxe. Ils s'attirèrent ainsi de longues persécutions, et ce fut pour en rappeler le souvenir, qu'ils prirent le nom de Melamiya, « les Réprouvés ».

Il ne semble pas qu'en Perse , où le terme de Kalender s'applique indifféremment à tous les Derouich

mendiants, l'ordre compte encore de nombreux adhérents. Aux Indes , il n'est plus représenté que par des groupes isolés.

En Turquie, au contraire, il a conservé une certaine vitalité sous un nouveau vocable, celui d'Hamzaouiya.

Ce fut, en efïet, un Mollah de Brousse, Cheikh Hamza, qui introduisit au xe siècle, la règle de Abou Ali Youcef dans l'empire ottoman.

Fidèle aux traditions de ses maîtres. Cheikh Hamza ne tarda pas à se montrer aussi indépendant en matière de doctrine que dans sa conduite politique. Condamné en 969 par un Fetouah du Muphti Abou Seoud, il paya son attitude de la vie. Mais sa propagande avait déjà produit des résultats durables, et plusieurs de ses successeurs eurent le même sort, sans que le zèle des Hamzaouiya s'en ressentît. On raconte même que l'un d'eux , Ibrahim EfFendi, ayant été exécuté par ordre du sultan Soliman , quarante de ses disciples se firent volontairement décapiter en même temps,' pour suivre leur chef dans l'autre monde.

Dissoute par un Iradeh impérial, au commencement du siècle, la confrérie n'existe plus officiellement. Elle n'en a pas moins conservé une organisation secrète, et compte encore de nombreux adeptes dans l'Asie-Mineure et en Svrie.

La forme de cette organisation rappelle celle de la Franc-Maçonnerie et a fait considérer les Hamzaouiya comme des Maçons musulmans. Quelques signes caractéristiques j gravés parfois sur leurs tombeaux , /^ V 'jN , ^ ne sont pas sans analogie avec le triangle maçonnique. Enfin leurs anciennes zaouiya passaient pour de véritables Loges. Il en est encore ainsi aujourd'hui de l'une d'elles, située près du lac de Tibériade, et qui a échappé aux mesures prises contre les autres.

Les Melamiya du Hedjaz, issus d'une congrégation syrienne de la branche turque, forment maintenant un groupe local, sans aucune attache étrangère.

Ils ont abandonné depuis longtemps les anciens statuts de l'ordre, qui obligeaient ses adeptes à vivre d'aumônes, à voyager toujours, le plus souvent sans chaussures, à ne rien conserver, ni pour eux, ni pour les leurs.

Mystiques extatiques, ils ne se distinguent plus des

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