CPR ET ENERGIE TR
D ee NP ER
rs dd
du devoir. Voili les garanties que vous trouverez dans la lettre d’obédience. ÆEn vérité, lorsque vous voulez la remplacer par le brevet de capacité, vous lâchez la proie pour l'ombre.”
M. Chesnelong citait ensuite cette parole frappante de M. Saint-Marc-Girardin, un universitaire éminent :
“ Les noviciats des communautés étant de véritables écoles normales, il est réellement satisfait aux conditions du droit commun par la justification de la lettre d’obédience.”
Il évoquait les grands noms de MM. Guizot, Cousin, Salvandy, Villemain, ministres de l’Instruction publique, qui tous avaient respecté la lettre d’obédience.
Vains efforts ! Toute cette éloquence, toute cette logique, toute cette forte et lumineuse argumentation étaient déployées eu pure perte. Le mot d'ordre était donné, les loges avaient parlé, M. Jules Ferry fit voter sa loi par la majorité opportuniste et radicale concentrée une fois de plus sur le terrain de la guerre à l’Eglise.
Mais nous qui connaissions ces combats, ; nous qui savions quels inconvénients, quelles entraves et
quels dangers futurs recélait la motion de l'honorable
M. Masson, nous qui nousrappelions que le joug de l'examen et du brevet imposé aux congrégations enseignantes avait eu pour auteur en France le fameux inventeur de l'article 7, devions-nous accepter ici l’imposition de ce joug sous prétexte qu’il nous était proposé par un chrétien sincère, par un homme digne d’estime et de respect ? Non, sans doute ! Qu’importent les hommes lorsqu'il s’agit de principes et de doctrines ?
Mon collègue, M. Crépeau, et moi, nous avons donc résolu de combattre la motion de l’honorable M. Masson, avant même de savoir quelles étaient les vues de NN. S$. les évêques ; nous étions décidés à la repousser pour toutes les graves raisons qui ont été énumérées dans ces articles. L’amendement
. ir , , "ip? a L.. , qui à été présenté a été préparé par nous seuls, et seuls nous en avons et nous en revendiquons l'entière responsabilité d'auteurs. Nous l’avons proposé, nous l'avons appuyé d'arguments qui nous paraïssaient
ÿ sg convainquants. Ces arguments ont été développés au long dans les colonnes de ce journal. Et ici on nous permettra d’en ajouter un que nous n’avons pas encore exposé : Dans la province d’Ontario, , Q .
protestante, les congrégations enseignantes catho- * liques ne sont pas soumises au brevet de capacité ; q ;
dans la catholique province de Québec, on voulait
ï | | à | à YU
faire poser par le Conseil catholique de l’'Instraction publique un précédent dont le contre-coup pouvait
être désastreux pour nos frères de l-bas,
Nous n'avons pas voulu établir ce précédent ct, par une démarche imprudente autant qu'injuste, ouvrir peut-être la porte à des persécutions et à des tracasseries nouvelles contre les minorités catholi-
ques des province protestantes,
C’est sous l'empire de toutes ecs considérations que nous avons proposé notre amendement. Nous croyons convenable de le reproduire textuellement,
vu qu'il a été quelque peu défiguré :
M. Eugène Crépeuu, secondé par l'honorable Ths 5 peut, l Chapais, propose en amendement :
‘ Attendu que la loi, article 1959 des Statuts ‘“ refondus de Québec, qui oblige toute personne ‘“ désirant se livrer à l’enseignement À subir un ‘ examen ct à se munir d’un brevet de capacité, recoit ‘ une exception par l’article 1960, qui exempte tous & prôtres, ministres du culte ou ecclésiastiques, ou ‘ personnes faisant partie d’un corps religieux ‘“ enseignant, et toutes personnes du sexe féminin “ faisant partie d’une communauti religieuse, de “ l'obligation de subir tel examen et d’obtenir tel ‘ brevet de capacité ;
“ Attendu que cette loi est en foree depuis plus de quarante-cinq ans et qu'aucune plainte régulière; n'a jamais été portée devant ce Conseil contre cette loi, ni contre la manière dont elle a fonctionné : ‘mais qu'au contraire elle a donné généralement satisfaction,
LS Êl
Ca «
La e-
‘ Qu'en conséquence cb en toute justice pour ces corps et communautés, ce Conseil ne croit pas qu'il y'ait lieu de recommander l'adoption des amendements sugaérés par la motion principale, ”
Nous donnons aussi le vote qui a été publi
inexactement par certains journaux :
Pour L'AMENDEMENT : Mar l’archevôque de Cyrène, Mgr l'archevêque de Montréal, Mgr l'archevêque d'Ottawa, Mgr l’évèque de Trois-Rivières, Mgr l’évêque de Sherbrooke, Mgr l’évôque de Saïint- Hyacinthe, Mgr l'évêque de Nicolet, Mgr l'évêque de Chicoutimi, Mgr l’évêque de Valleyfield, Mgr le vicaire-apostolique de Pontiac, Mgr Benjamin Paquet, représentant Mer l'évêque de Rimouski, M. Eugène Crépeau et l'honorable Ths Chapais. (13).
Conrre :-—L'honorable L.-R. Masson, l'honorable juge Jetté, l'honorable IT. Archambault, l'honorable F, Langelier, M. P. $. Murphy, M. IL-R. G ay, M. le docteur Leprohon et le Surintendant, (8).
La motion principale est rejetée sur la même division.
rest à cc
Voilà ce que nous avons fait, voilà pourquoi nous l'avons fait. Nous savions que cette attitude nous vaudrait des attaques. Ces attaques sont venues, et elles ont provoqué les présents articles qui ne sont qu’une réponse à divers. Nous avons appuyé l’amendement de notre collègue M, Crépeau, amendement qui a eu l’honneur de recevoir le vote unanime de lP'épiscopat. Nous prendrions encore la même attitude demain, s’il se présentait une occasion analogue. Et nous affirmons que nous avons avec nous l'opinion éclairée, la saine opinion publique, celle qui compte, qui pèse et qui demeure,
Qu'importent les criailleries, les ridicules et creuses déclamations, les méprisables injures d’une poignée de folliculaires et d’aboyeurs au cléricalisme qui n’ont ni doctrines ni lettres, qui parlent avec fracas de lumières et de science et qui ne connaissent rien ni en histoire, ni en philosophie, ni en littérature ; qu'importent ces a’ de l'instruction pratique, qui sont des anènes d’ignorance ; qu'importent ces contempcurs bruyants des vieilles méthodes, ces paladins du progrès, qui ne savent pas plus le français que le catéchisme, et dont les clameurs n’ont d’écho qu'auprès de quelques
douzaines de badauds imbéciles !
Le progrès, le progrès raisonnable, il se fait, ct
bien aveugles sont ceux qui ne le voient pas. Il se fait dans le clergé et par le clergé ; il se fait dans nos collèges, que nous connaissons aussi bien que messieurs les progressistes ; il se fait dans notre instruction primaire, dans notre instruction secon. daire et dan$ notre instruction supérieure ; nous le prouverons quand on voudra. Et il va continuer à se faire.
Si messieurs les réformateurs ne sont pas satisfaits de ce progrès, qu’ils en fassent à leur guise ; qu’ils paient de leur personne et de leur bourse ; qu'ils donnent la mesure de leur dévouement avant d’insulter au dévouement des autres !
Muis dans ce mouvement progressif, dont nous sommes cœur et âme, il ya une chose que nous entendons voir respecter par dessus tout. C’est la liberté de l’Eglise, la liberté de sa hiérarchie, la liberté äe son enseignement, la liberté de ses congrégations, la liberté de son action religieuse et sociale. Nous le déclarons bien haut, sans nous occuper des railleries ou des injures de ceux qui ne voient que de l'hypocrisie dans certaines déclarations de principes : la liberté de l’Eglise à nos yeux est au-dessus de tout ! |
Voilà la base de nos convictions, voilà la règle de
nos actes, voilà l’essence de notre politique.
C’est en vertu de ces principes que nous avons combattu la motion-Masson ; c’est en vertu de ces principes que nous combattrons, d’où qu’elles viennent, toutes les tentatives dirigées dans le
même sens.