RETENUE
des choses, l’instituteur congréganiste est placé dans des conditions de supériorité manifeste. Il fait partie d’un Institut dont le but est l’enseignement. Dès son entrée dans cet Institut, toutes ses études sont dirigées vers ce but. Son noviciat est une véritable école normale, ses vacances mêmes sont employées en grande partie au travail préparatoire- Il n’a pas de famille qui divise ses sollicitudes. En un mot la règle, l’œuvre, le tout de son existence ici-bas, c’est l'instruction, c’est l'éducation de la jeunesse. Cette tâche n’est pas pour l'instituteur congréganiste une besogne transitoire, un moyen d’élévation à des positions supérieures, un acheminement vers autre chose. Non, pour lui, c’est un
apostolat, c’est toute sa carrière, c’est sa vie.
Sans doute, il se rencontre des instituteurs et des institutrices congréganistes qui manquent à cette noble carrière, qui n’ont pas la vocation de cet apostolat, qui ne possèdent pas suffisamment les aptitudes nécessaires pour cette œuvre, de même qu'il y a des instituteurs et des institutrices laïques qui, par vertu, élèvent leurs fonctions à la hauteur d’un apostolat. Mais les instituteurs et institutrices congréganistes qui ne remplissent pas suflisamment leurs devoirs d’apôtres de l’éducation sont l'exception,
de même que les instituteurs et les institutrices
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laïques qui s'élèvent jusqu’à l’apostolat sont aussi exception ; ce qui n'empêche pas que, parmi ces derniers, il y a une foule d’hommes et de femmes, dignes de la reconnaissance publique, qui accom-
plissent noblement leur mission.
De tout ce qui précède, —et ce sont là des faits
incontestables, —il suit que les conditions de vocation
et la règle de vie des instituteurs et institutrices congréganistes offrent à la famille, à la société, des garanties bien supérieures à celles d’un examen tel
quel devant un bureau quelconque.
Car, après tout, allons au fond des choses :
pour l’épreuve des connaissances et des études, examen est-il vraiment un ceritérium bien sûr ? Comme moyen d’émulation, comme aiguillon pour le travail, l’examen est certainement très utile. Nous convenons aussi qu'il peut donner une idée relative de la capacité d’un candidat. Mais encore faut-il s’en défier dans la pratique. D’excellents esprits, des hommes d'expérience soutiennent que l'examen ne doit pas être érigé en critérium. Nous aimons à citer ici, précisément à propos des examens pour le brevet de capacité en France, ce que disait éloquemment M. Chesnelong à la tribune du Sénat, le 31 mars 1881 :