‹ Les congrégations enseignantes et le brevet de capacitéChapitre 6 sur 13 · MERE) EU · texte numérisé non relu

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succès depuis dix ans. Nous ne faisons qu'indiquer cette difficulté. |

Enfin, les congrégations enseignantes s'opposent à cette mesure de défiance parce qu’elle est le premier pas dans une voie qui conduit naturellement à l’imgérence de PEtat, à la tyrannie de l'Etat, à l’empièétement de l'Etat sur leurs droits, à la compression par l'Etat de leur mission et de leur action éducatrice, à la violation par l'Etat de leur

hberté et de leur autonomie.

Loin de nous l’idée d’accuser l'honorable M.

Masson de nourrir ces desseins perfides. Nous connaissons trop ses intentions pour vouloir même insinuer quelque chose de ce genre. Mais nous disons que sa motion ouvrait la porte à ce danger. On a beau répéter : le elergé et les institutions religieuses sont respectés dans la province de Québec, l’épiscopat a la plus grande part d'influence au sein du Conseil de FInstruction publique, les examens pour les institutrices congréganistes auront lieu devant les examinateurs nommés par les évêques, d’après la motion de M. Masson. Nous demandons : en sera-t-il toujours ainsi ? Vous voulez faire décréter par une loi que les instituteurs et institutrices

congréganistes n'auront plus droit à l’équivalence

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dont ils jouissent maintenant, qu'ils seront soumis à un examen, qu’on exigera d'eux un brevet ? Voilà la première étape. Le Conseil de l’Instruction publique, où siégent onze évêques, aura posé un jalon : examen et brevet imposés aux congrégations

enseignantes.

Après quelques années, ce sera une nouvelle exigence. Pouvez-vous nous assurer que le pouvoir politique, actuellement bien disposé, le sera toujours ? Dans quinze ans, dans trente ans, qui dirigera l Etat? Nous avons des radicaux parmi nous : Dieu veuille qu’ils ne parviennent jamais aux affaires ; mais la chose est-elle impossible ? Malheureusement nous pouvons avoir dans vingt ans uue Législature dont la majorité sera mal disposée, un ministère aux idées avancées. Alors la loi demandée aujourd’hui par M. Masson deviendrait une arme et un argument pour les ennemis de Penseignement congréganiste. Le Conseil de l’Instruction publique, où siégeaient les évêques, a lui-même reconnu la nécessité du contrôle de PEtat, dirait-on. Maintenant il faut déduire toutes les conséquences du principe posé. Il faut que les examens soit faits de telle et telle manière. Il faut que les congrégations enseignantes changent leur programme, se soumettent à nos méthodes ou

disparaissent des écoles. Et nos progressistes, en

s'appuyant sur le précédent qui aurait été posé cette année, commenceraient ici la campagne de perséeution contre les congrégations enseignantes dont la France est lethéâtre. Et ce serait le Conseil catholique de lPInstruction publique, ce seraient les évêques qui auraient commencé àlivrer eux-mêmes

leurs congrégations à l'arbitraire de l'Etat.

Qu'on ne nous dise pas que nous combattons des chimères. L'histoire et l’expérience sont IA pour démontrer comment vont les choses quand on

s'engage dans cette voie.

Eh bien, pour notre part sous n’avons pas voulu poser ce dangereux jalon ; nous n’avons pas voulu ouvrir cette porte; nous n'avons pas consenti, et rien au monde ne nous aurait fait consentir, par une imprudente concession ct par une injuste exigence, à préparer ainsi l’asservissement par l'Etat des

congrégations enseignantes.

Car nous savions d’où venait la motion äe M.

Masson ; nous connaissions sa filiation; nous nous rappelions quels hommes s’en étaient faits les auteurs et les défenseurs en France, et quels hommes Vavaient combattue par la plume et par la parole, dans la mémorable campagne entreprise par les

sectaires contre la liberté de l'Eglise.

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