D FO ONE
Nous avons hâte de faire—ce sera pour notre prochain article—l’historique de cette lutte, qui jettera sur la portée de la motion-Masson une
nouvelle et plus éclatante lumière.
La motion de l'honorable M. Masson n’était pas une chose nouvelle. Elle n’était que la répétition ici de ce qui s’est produit en France, il y a quelques
années.
La motion de l'honorable M. Masson, — nous allons sans doute étonner son très estimable auteur —v’est que la reproduction de l’article 1er de la loi sur l’instruction primaire, proposée par Jules Ferry, de sinistre mémoire, en 1880, et adoptée par le Parlement français en 1881 !!
Voici ce fameux article ler de la loi Ferry:
Art. Nler. Nul mepelttésercenmteslonchos dinstituteur ou dinstitutrice titulaire... dans une école publique ou libre, sans être pourvu d’un brevet de capacité pour l’enseignement primaire. Toutes les équivalences admises par le paragraphe 2 de l’article 25 de la loi du 15 mars 1850 sont abolies. (Voir Sirey, Lois annotées, 9ème série, 1881-85, p. 278.)”
ON
Le paragraphe 1er de la motion-Masson se lisait comme suit :
‘ Aucune personne ne devrait enseigner dans une école académique, modèle ou élémentaire subventionnée parle Gouvernement sans être pourvue d'un brevet de capacité correspondant au degré du cours dans lequel elle est appelée à enseigner. ?
Comme on le voit, c’est la même idée, la même formule, ce sont presque les mêmes mots.
La motion-Masson n’est rien autre chose que l'article 1er de la loi Ferry.
Ici nous prions nos lecteurs de croire que nous n’entendons faire aucune comparaison injurieuse entre M. Masson et M. Jules Ferry. M. Masson est un chrétien, un homme de foi et d'œuvres, et.la loyauté de son caractère, la droiture deses intentions ne sont pas en cause dans ce débat. Fil eût constaté, comme nous l’avons fait, que sa motion était le prolongement au Canada de la loi-Ferry, cette constatation lui eût donné à réfléchir, et ileût reculé devant la grave démarche dont son désir impatient du progrès et sa naturelle vivacité d’impulsion lui
ont fait prendre initiative.
Il n’a pas vu le vice originel et essentiel de sa
proposition. Mais s’il eût aperçu, planant sur cette
Lien E
proposition, la sombre figure de M. Jules Ferry, cette vision rapide l’eût éclairé ; tout un côté de la question, inaperçu jusque-là, eût frappé son intelligence, et nous n’aurions pas eu le chagrin de nous
constituer son contradicteur.
Les intentions et la personnalité respectée de M. Masson écartées de la discussion, nous revenons à cette analogie, à cette coïncidence désastreuse de la motion rejetée par le Conseil de l’Instruction
RATIO RE publique, avec la loi scélérate inspirée par les loges
maçonniques.
Cette loi de M. Jules Ferry marquait une des étapes de la campagne entreprise par les opportunistes et les radicaux, instruments de la franc-macçonnerie, contre les congrégations religieuses, contre la liberté de l'Eglise. Cette imposition du brevet de capacité, cette suppression de toutes les équivalences, , ° se # e , 0 étaient dirigées uniquement contre les congrégations
enselunantes.
Avant la révolution, les instituts voués à l’enseignement avaient joui de la plus absolue liberté. L'Etat enseignant était alors une chose inconnue. La Convention bouleversa complètement l’instruction publique. Napoléon, par la création de son Université impériale, institua le monopole de l'Etat