‹ Les congregations religieuses dans le diocèse de NeversChapitre 1 sur 95 · PUBLIC LIBRARY · texte numérisé non relu

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On l'a dit, et nous pouvons le répéter sans crainte d'être démentis : c Ce sont les évèques qui ont fait le royaume de France, comme les abeilles font une ruche (1). » Pour arriver au but qu'ils se proposaient, ils avaient besoin d'être aidés ; or, ils trouvaient des aides dans les prêtres qui les entouraient et dans les associations religieuses qu'ils favorisaient et qu'ils dirigeaient.

Il est une chose à remarquer, c'est que partout, soit avant, soit depuis la venue de Jésus-Christ, les associations et surtout les associations religieuses ont été la base et le développement de toute société.

Qu'on parcoure nos vieilles chroniques, qu'on remonte à l'origine de nos villes et de nos bourgades, presque partout on rencontrera auprès de leur berceau une association religieuse, on verra l'action d'un évéque, d'un prêtre , d'un humble moine, ou quelquefois les restes mortels d'un saint autour desquels se groupaient les populations.

(1) Gibbon.

Saint-Pierre-le-Moûtier, La Charité-sur-Loire, Corbigny, Saint- Révérien, Saint- Verain, Gessy-les-Bois, Yarzy, Saint-Saulge, Saint- Franchy , Saint-Parize-le-Châtel , Marigny-sur- Yonne , Cervon , Tannay, Cosne, Saint-Laurent-l'Abbaye, etc., doivent leur fondation ou leur développement à ces causes. Le Noviodunum de César s'est trouvé trop à l'étroit sur le plateau qu'il occupait et qui a conservé longtemps le nom de citéy mais il a proGté des monastères bâtis au pied de ses murailles, Saint-Martin, Saint-Etienne, l'abbaye de Notre-Dame, le couvent de Saint- Vincent, devenu plus tard Saint- Arigle, Saint-Victor et Saint-Sauveur, pour prendre plus d'extension et reculer les limites de son enceinte. Toutefois ces monastères ne

demeuraient pas isolés ; ils formaient autant de centres autour desquels rayonnaient des cellœ ou prieurés simples , fondés dans les terres que les moines avaient défrichées. Telle est l'origine de la plus grande partie de nos paroisses.

Il est donc impossible de se rendre compte de l'histoire d'un pays , si on ignore l'origine et l'accroissement des associations religieuses qui y ont été fondées. Ce sont elles en effet qui, sous la direction et la protection des évèques, ont préparé les alvéoles de la ruche, pour y déposer le précieux baume qu'elles avaient patiemment butiné sur les fleurs épanouies sous le souffle de Dieu.

Nous avons pensé qu'on nous saurait gré de préparer un travail d'ensemble qui ferait connaître les commencements et les développements de ces associations , ayant toutes le même but : le bonheur matériel et moral de la société, sans oublier leur propre perfection. Toutes ont les mêmes principes, toutes sont inspirées par l'esprit de sacrifice; mais comme chacune a une fonction spéciale à remplir dans l'Église de Dieu', elles ont des règlements spéciaux en rapport avec leur mission providentielle.

Nous verrons les nombreux enfants de saint Benoît dispersés sur tousles points de notrecontrée,passantdelacopiedes vieux manuscrits,

retirés par eux de Toubli, au travail des mains, et défrichant le sol de nos Amognes, du pays d^As Mognea {i)^ comme dit Guy Coquille ; prenant alternativement l'instrument du manœuvre et la plume du copiste ou le pinceau de Tenlumineur. Nous suivrons les ordres exclusivement consacrés aux sciences, comme les Chartreux; nous n'oublierons ni les religieux soldats, ni les mendiants, dont Taction civilisatrice n'a pas été assez comprise , et nous arriverons ainsi jusqu'aux modestes sœurs de Charité, de la Providence, de la Sainte- Famille, de Saint-Joseph et autres, qui ont voué leur vie à Tinstruction des enfants, au soin des malades et aux autres œuvres de charité.

Nous commencerons avant tout par le Chapitre de Téglise cathédrale ; car on sait que dès le principe les chapitres étaient de véritables monastères, dont Tévêque était Tabbé; qu'ils suivaient la vie commune ; et les rues du CloUre-Saint-Cyr nous indiquent assez ce qu'était la vie des chanoines. Nous devrons ensuite aborder les chapitres secondaires ou les collégiales, et enfm nous arriverons aux monastères proprement dits, et à la filiation de chacun d'eux.

(1) Pays des moines-, longtemps les habitants disaient dos et non des, Mognes signifiait moines dans leur patois.

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