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RÉTABLISSEMENT DU CHAPITRE EN

Après la tourmente révolutionnaire, il ne restait plus que quelcju membres dispersés de l'ancien chapitre ; les autres étaient morts sur la terre d*exil, dans les prisons de la Convention^ à Nantes, sur la galiote hollandaise , ou à Brest. D'ailleurs, le chapitre avait cessé d'exister, Tantique siège des Eulade, des Are, des Angle et des Jérôme ayant été supprimé ; le concordat avait réuni le diocèse de Nevers à celui d'Aufun. Quand le culte divin fut rétabli, on voyait dans les nombreuses stalles, autrefois occupées par les quarante chanoines et par les clercs attachés à l'église Saint-Cyr, quelques prêtres courbés par l'âge et les inflrmités et d'anciens chantres qui avaient A cœur de reprendre leurs fonctions primitives. Un peu plus tard, le petit séminaire garnissait les stalles du côté de Tévangile, laissant aux pieux laïques le côté opposé. Cependant les offices se faisaient encore avec pompe ; les enfants de chœur, pris en partie dans les classes supérieures du petit séminaire, remplaçaient les anciens clercs de la cathédrale, tandis que leurs professeurs s'empressaient de remplir, soit à l'autel, soit au chœur, les fonctions saintes ; tous se trouvaient heureux d'exécuter avec précision les belles cérémonies de la liturgie nivemaise; c'était le rit romain, auquel s'adjoignaient certains usages consacrés par les siècles. Quant aux vénérables membres du chapitre, ils étaient, sauf erreur, réduits à quatre. Le doyen, M. de Damas, occupait le château de Menou, paroisse dans laquelle il rem-

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plissait souvent la charge de vicaire ; le savant M. Laviron, le collaborateur de Cassini, l'ancien secrétaire de révéchë, vivait retraité dans notre ville ; un autre savant, le célèbre abbéTroufOaut, faisait partie du chapitre d'Âutun, et M. Tabbé Robert, ancien théologal, avait été admis dans celui de Bourges.

En 1814 on eut un moment Tespoir de voir rétablir le siège de Mevers. Par sa délibération en date du 8 août, le conseil municipal émit à cet égard un vœu qui fut accueilli avec empressement par le conseil général. Les membres qui en fidsaient partie se croyaient si assurés de réussir dans leurs démarches qu'ils avaient proposé pour évéque le vénérable abbé de Montrichard, dont la charité s'étendait à toutes les misères et lui avait mérité le titre glorieux de Pire des pauvres. Toutes ces démarches furent pour le moment sans résultat ; Nevers et le département de la Nièvre continuèrent à dépendre d'Âutun pour le spirituel.

En 1817, les espérances furent plus fondées : un nouveau concordat avait été conclu en date du 27 juillet entre Louis XVIII et le Souverain Pontife Pie VII. L'évèque de Nevers fut élu : c'était M. de Fontenay, vicaire général de Bourges. Ce qui con* cernait le chapitre devait être réglé postérieurement ; ses membres comme ceux des autres évéchés, devaient être au nombre de huit; mais des difficultés empêchèrent Texécution de ce concordat. Le 30 mai 1819, les cardinaux, archevêques et évêques de France, au nombre de soixante-dix-sept, écrivirent au Souverain Pontife pour lui exprimer leurs regrets de ces nouvelles entraves, et lui offrir l'expression de leur inaltérable dévouement. Parmi les signataires on remarque Jean-Marie de Fontenay, évéque élu de Nevers.

Il se retrouve encore au nombre des prélats qui ont signé la déclaration &ite à Paris le 13 septembre de ladite année ; cette pièce avait pour but d'exhorter le clergé de France et les fidèles à la soumission la plus entière au Souverain Pontife ; on les engageait à s'en rapporter à sa sagesse , dans les circonstances difficiles où se trouvait l'Eglise de France. Cependant le conseil général de la Nièvre ne perdait pas courage ; un nouveau vote fut émis par lui cette même année, pour obtenir le rétablissement du siège ; il le renouvela en 1821, et, en 1822, il vota les fonds nécessaires pour couvrir les dépenses que pourrait occasionner l'arrivée de l'évèque tant désiré. L'année suivante (1823) ses vœux étaient accomplis ; aussi il s'empre3sa d'adresser des remerciments à S. M. Louis XVIII.

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En efief y toutes les difficultés étaient aplanies ; le concordat avait été modifié, et, moyennant ces modifications, la bulle relative à la nouvelle circonscription des diocèses, datée du 6 octobre 1822, fut publiée en France le 31 du même mois.

Le diocèse de Nevers se trouvait rétabli; mais celui qui avait été antérieurement désigné pour Toccuper avait été appelé à un autre siège. Ce fut Mgr Jean-Baptiste-François-Nicolas Millaux qui fut nommé à sa place; le prélat fut préconisé i Rome le 17 juin, et sacré à Paris le 6 juillet suivant.

Dans les lettres apostoliques, relatives à la circonscription des nouveaux diocèses créés par suite du concordat de 1817, le Souverain Pontife chargea spécialement les évèques de l'érection des chapitres, comme délégués du, Saint-Siège, leur confiant la mission de fixer le nombre des dignités et des chanoines, avec recommandation de faire parvenir à Rome le procès-verbal de cette opération. Chaque chapitre constitué devait dresser ses statuts, et les soumettre à Tapprobation et à la sanction de Tévéque diocésain.

De nouvelles lettres apostoliques, en date du 6 octobre 1822, tout en conservant les dispositions générales établies en 1817 pour les sièges à ériger, modifia le point relatif aux statuts. Le soin de les dresser fut confié aux évèques eux-mêmes, qui devaient faire parvenir au plus tôt à Rome les procès-verbaux de fout ce qu'ils auraient fait, soit pour l'organisation des chapitres, soit pour les règlements destinés à leur direction.

Le nouvel évèque devait donc avant tout travailler à organiser son chapitre ; il eut l'heureuse idée de rattacher le nouveau chapitre à l'ancien, en y faisant entrer H. l'abbé de Damas et M. l'abbé Lavi* ron, seuls membres survivants ; il les mit en tète des nouveaux chanoines. M. de Damas conserva le titre de doyen, dont il jouissait avant la Révolution.

Le chapitre fut constitué ainsi qu'il suit :

MM. François de Damas-Crux, doyen, vicaire général honoraire ; Jean-Etienne Laviron, ancien secrétaire des trois derniers

évoques ; Antoine-Claude Bruandet ; Jean Sautot, supérieur du petit séminaire ; Jean Imbert ; Marie Rouchauce ;

HM. Jean-Marie Frain, supérieur do grand séminaire ; Marie-Joseph Souêf, secrétaire de Tévèché.

En nommant M. I*abbé Imbert chanoine, la pensée du prélat était sans doute d'admettre dans le corps capitulaire un des anciens confesseurs de la foi, pour représenter ceux des chanoines qui avaient fait avec lui partie des prisonniers de Nantes et de Brest; tous, liélas ! étaient allés recevoir leur couronne dans le ciel.

Dans le mandement d'érection du chapitre, Mgr Millaux avait déclaré que sa pensée était de donner au curé de la cathédrale et au isupérieur du grand séminaire le titre et le rang de chanoines^ ajoutant que pour ce qui concernait les statuts et règlements du corps capitulaire, Tordre et Tobjet des assemblée, tout serait fixé par lui dans une nouvelle ordonnance. C'était annoncer que sa pensée était d'unir la cure au chapitre, ce qui ne devait pas s'effectuer sans quelques difficultés.

n y avait un point important à régler; nous voulons parler du costume des chanoines. Il est bon de rappeler que^ dans le principe, les ecclésiastiques et môme les laïques avaient adopté le chaperon destiné à couvrir la tête , avec des appendices garnissant les épaules. Insensiblement, ce capuchon fut réservé aux ecclésiastiques, chanoines ou simples clercs. Telle fut Torigine de la moaette pour Tété et du camail plus long pour l'hiver, adoptés dans la plupart des cathédrales. Cependant, il y avait une différence entre le camail des chanoines et celui des ecclésiastiques d'un degré inférieur : celui des premiers était relevé, soit par des fourrures de vair ou de petit-gris, soit par des bordures et des boutons rouges, à teintes variées, selon le choix du chapitre.

Avant la Révolution, les chanoines de Nevers portaientrils le manteau de chœur et le camail pendant l'hiver ? Nous l'ignorons. Mais nous savons que tous les tableaux que nous avons vus, représentant les anciens chanoines, nous les montrent d'abord en soutane rouge avec le rochet romain et l'aumusse sur le bras ; puis, dans les derniers temps, avec le même costume; seulement le rochet est remplacé par le surplis à ailes. Nous ne pouvons nous dispenser d'ajouter quelques mots sur l'aumusse ; nous dirons de cet ornement ce que nous avons dit du chaperon ; il était commun dans le principe aux ecclésiastiques et aux laïques ; mais, par la suite des temps, il a été réservé aux seuls chanoines. L'espèce de poche placée à une des

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extrémités n*était qu'un capuce qu'on mettait sur la tête pour se garantir du froid et de la pluie dans les stations et processions, autrefois assez fréquentes; le reste de Taumusse couvrait les épaules.

Le costume à adopter par les nouveaux chanoines était assez indiqué par celui que portaient généralement lesautres chapitresdeFrance; le rochet romain et le surplis à ailes disparurent et firent place au rochet à manches étroites ; la mosétte à bordure et boutons rougegroseille fut admise, avec Taumusse de petit*gris doublée d'hermine mouchetée de queues. C'était le costume d'été qui devait se porter depuis les compHes du Samedi-Saint jusqu'aux premières vêpres de la fête de la Toussaint (1). Les chanoines, surtout ceux qui avaient appartenu à l'ancien chapitre, sans se préoccuper des prescriptions contenues dans la bulle du cardinal Caprara, relative à la ciroons* cription des diocèses, déclarant tous privilèges et prérogatives éteints à perpétuité, demandèrent de reprendre la soutane rouge pour les fêtes solennelles pendant la saison d'été ; c'est ce qui eut lieu avec le consentement de l'évêque.

' En même temps il fut décidé que le costume d'hiver se composerait d'un ample manteau de drap noir avec orfrois de velours cra* moisi; la mosette était remplacée parlecamail prolongé, garni de bordures et de boutons rouge-groseille, et surmonté d'un large ca« puce entouré de petit-gris, au moyen duquel on garantissait au besoin la tête contre le froid. Depuis quelques années, on a fait disparaître le petit-gris, et on a réduit le capuce à des proportions rudimentaires.

Avant d'étudier la nouvelle constitution du chapitre complétons, sans tenir compte de la chronologie, tout ce qui regarde le costume des chanoines. Le diocèse de Nevers avait, de temps immémorial, proclamé sa croyance en la conception immaculée de Marie ; dès 1388 l'évêque de Nevers, Maurice de Goulanges, avait interdit la chaire de la cathédrale à Adam de Soissons, qui avait osé attaquer cette pieuseï croyance. Le duc Charles de Gonzague avait établi l'ordre de la Milice-Chrétienne, et le jour de la Toussaint 1633, dans la cathédrale de Nevers, on avait entendu le serment des nouveaux chevaliers- : • Je jure que je maintiendrai toujours la vériU de la Conception Immaculée de la vierge Marie, et en cela et en toute chose je procurerai la gloire de la trèe-eainte Mère de Dieu, selon

{{) Avant la grande Révolution on quittait le 17 octobre le costume d'été.

la pentée de VEglise romaine. Enfin, tout le monde se rappelle Tenthousiasme des habitants de notre cité et les fêtes magnifiques qui eurent lieu à Nevers, à Toccasion de la proclamation du dogme de rimmaculée Conception. Dans le désir de perpétuer ces glorieux souvenirs, Mgr Dufètre conçut le projet de s'adresser au Souverain Pontife, à l'efifet d'obtenir que les membres du chapitre de Nevers lussent autorisés à porter sur Thabit de chœur une croix de Malte d'argent avec rayon d'or entré les branches, suspendue à un ruban rouge liséré de bleu. Au centre, un médaillon devait reproduire d'un côté l'image de Marie immaculée avec Tinscription: reqina sine LABE coNCEPTA, ORA PRO NOBis; de lautro, le petit saint Gyr au naturel monté sur un sanglier, avec l'inscription : sancte QumiCE, ORA PRO NOBIS. Cette demande fut &vorablement accueillie, et un induit, en date du 8 juin 1855, autorisa les chanoines titulaires et honoraires à porter cette croix.

Il est à remarquer qu'elle rappelle et reproduit celle de la Milice* Chrétienne ; elle avait aussi la forme de Malte ; elle était émaillée d'azur à orles d'or; le médaillon portait d'un côté l'image de la Vierge immaculée, de l'autre saint Michel terrassant le dragon, avec la légende Quis ut Deu$.

Le 11 septembre de la même année 1855, en présence du clergé du diocèse, réuni à la cathédrale pour la clôture de la retraite pastorale, Mgr Dufètre bénissait les nouvelles croix qu'il devait remettre à chacun de MM. les Chanoines. Après cette bénédiction, M. l'abbé Rottchauce, doyen du chapitre, se présenta devant le trône épiscopal et prononça au nom de tous la profession de foi, suivie du serment exigé par le bref apostolique. Tous les chanoines vinrent successivement prêter serment et recevoir la croix des mains du prélat.

C'eût été une occasion favorable pour demander au Souverain Pontife d'autoriser le port de la soutane rouge et de régulariser sur ce point la position des chanoines. Mgr Dufètre n'y pensa probablement pas ; ce fut son successeur, Mgr Forcade, qui fit cette démarche. Convaincu que ce costume n'existait pas en vertu d'un privilège réel, comme quelques personnes semblaient le croire, mais bien par suite d'un usage que rien ne motivait, le prélat eut la pensée de s'adresser au Saint-Siège pour obtenir l'approbation et la continuation de cet usage. Par un bref du 24 septembre 1863, le Souverain Pontife Pié IX autorisa à perpétuité les chanoines de Nevers, jsoit titulaires, soit honoraires, à porter la soutane rouge.

Revenons aux statuts capitulaires. On se demande si Tordonnanceannoncée par Mgr Millaux, à Tépoque de l'érection du chapitre, a été portée, et, dans ce cas, si elle a été soumise au Souverain Pontife. Rien ne l'indique; nous n'en avons rencontré aucune trace. Mgr MillauZy au milieu des occupations multipliées nécessitées par l'organisation du nouveau diocèse, devait éprouver bien des difiicultés pour dresser les règlements du chapitre ; une partie des chanoines qu'il avait nommés étaient d'un âge avancé et déjà infirmes ; les autres se trouvaient absorbés par les fonctions sérieuses qu'ils avaient à remplir. M. Frain, supérieur du grand séminaire; M. Sautot, supérieur du petit séminaire; M. Rouchauche, professant la théologie; M. Souef, chargé du secrétariat de Tévèché, auraient été habituellement dans l'impossibilité d'assister aux offices du chœur ; il était donc bien difficile de donner à un chapitre ainsi composé des statuts déCnitifs. Le prélat pensa qu'il était sage de temporiser.

Mgr d'Auzers, successeur de Mgr Millaux, siégea peu de temps ; d'ailleurs, à son arrivée dans le diocèse, il rencontra les mômes éléments et^ par conséquent, les mêmes difficultés. Le même état de choses se perpétua sous l'épiscopat de Mgr Naudo.

Quand Mgr Dufètre, en 1843, fut appelé à occuper le siège de Nevers, il s'inquiéta de la position anormale du chapitre et entreprit de la régulariser. Après avoir mûrement réfléchi devant Dieu, il s'adressa au Souverain Pontife , sollicitant condonnation pour le passé, ce qui fut accordé, à la condition qu'il serait célébré une messe solennelte. C'était en 1846. En même temps, le prélat obtint un induit décennal, relativement à l'application du saint sacrifice dans les messes capitulaires. Il fut décidé que les dimanches, les fêtes d'obligation et, en outre, deux autres jours de fêtes supprimées, la messe capitulalaire serait célébrée à Tintention des bienfaiteurs du chapitre. Ces deux fêtes supprimées sont celles de l'Annonciation et de la Nativité de la sainte Vierge.

Cependant les évêques de la province de 3ens , réunis en Concile en 1850, se préoccupèrent de la position de leurs chapitres, relativement à la célébration des offices ; ils rappelèrent les sages règlements établis à ce sujet par Benoit XIV ; mais après avoir établi le droit commun, ils reconnurent que les circonstances ne permettaient . pas de l'appliquer dans toute sa rigueur, par. les raisons que nous, avons exposées. Toutefois, le Concile déclara qu'il était urgent de recourir au Saint-Siège pour obtenir les dispenses nécessaires.

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Il fut en ûulre slatué que les évèques, après la promulgation des actes du Concile, s'occuperaient de faire réviser les statuts capitulaires, pour les modifier au besoin et les accommoder aux circonstances présentes, tout en conservant religieusement les prescriptions des sacrés Canons et en tenant compte des louables coutumes précédemment en usage.

En même temps les Pères du Concile fixèrent les points essentiels relatifs aux saints offices, avec la réserve d'obtenir du Saint-Siège les réductions pour le service du chœur (1).

Mgr Dufètre n'oublia pas de faire renouveler en 1850 Tindult décennal dont il a été fait mention plus haut; Mgr Forcade agit de même en 1866.

En 1863, une nouvelle supplique avait été adressée au Souverain Pontife; on y exposait que depuis le rétablissement du siège de Neyers l'âge et les infirmités des chanoines, les occupations du saint minis-^ tère imposées aux plus valides, par suite de la pénurie des prêtres, n'avaient pas permis au chapitre de se conformer jusqu'à ce moment aux règlements imposés par les saints Canons pour la célébration des offices capitulaires ; on faisait observer qu'on célébrait une messe solennelle les dimanches et les jours de fête, mais que les chanoines se contentaient d'assister en corps à une messe basse les autres jours delà semaine. En même temps le chapitre sollicitait la dispense de la célébration d'une seconde et d'une troisième ^lesse quand l'occurrence de certaines fêtes ou fériés les obligeait, d'après les règles de l'Eglise, à l'assistance à plusieurs messes.

Par un induit septennal en date du 31 août 1863, le Souverain Pontife Pie IX délégua Mgr Forcade à l'effet de prononcer la condonnation pour le passé, à condition que le chapitre célébrerait une messe solennelle à l'intention des bienfaiteurs. Il l'autorisa aussi à déclarer que ledit chapitre serait dispensé de l'assistance à plusieurs messes capitulaires, et ne serait tenu à la célébration des messes solennelles que les dimanches et les fêtes et à un jour dans le cours de la semaine, avec obligation, pendant le cours des sept ans, de se présenter chaque année devant l'ordinaire pour établir Texécution des conditions imposées.

Mgr Forcade, en arrivant dans le diocèse, avait éprouvé quelques

(l) Décréta Condl, sen.y cap. VI.

' inquiétudes sur certains actes capitulaires effectués avec le coneaurs de neuf chanoines, tandis que huit seulement avaient été reconnus par le Saint-Siège. Se trouvant en 1862 dans la ville sainte, le prélat exposa ses doutes et obtint un induit qui régularisa ce qui avait été fait par le passé et conGrma les neuf chanoines , accordant à l'archiprêtre, curé de la cathédrale, les mêmes privilèges et droits dont jouissaient les autres chanoines. L'induit est du 1^' septembre 1862.

L'année suivante, un autre induit, en date du 26 août, régla que les chanoines se réuniraient au chœur deux fois le jour, le matin pour la messe capitulaire et la récitation des petites heures, et le soir pour la récitation des vêpres et des complies. Le chapitre était déjà entré dans cette voie pour se conformer aux décrets du Gondle de Sens, car auparavant il ne se réunissait qu'une seule fois le jour pour la messe et les petites heures ; quant aux dimanches et aux jours de fête, les chanoines chantaient le matin tierce avant la grand'messe, qui était suivie du chant de sexte ; le soir, on chantait none, vêpres et complies. Ils récitaient le reste de Toflice en leur particulier.

Un nouvel induit septennal , en date du 31 août 1863 , commit Mgr Forcade pour autoriser les chanoines à continuer, mais en leur imposant l'obligation de chanter ou de psalmodier prime, matines et laudes aux fêtes solennelles et aux trois derniers jours de la semaine sainte. Un rescrit de la Sacrée Congrégation du Concile déclara, le 19 septembre 1864, que ces fêtes solennelles sont celles qui sont désignées dans le Cérémonùil des Évêques (lib. III, cap. 3, § 1), auxquelles on devait jouter la fête de l'Ascension de Notre-Seigneur et celle des saints apôtres Pierre et Paul.

En même temps que le prélat s'occupait de régulariser la position et les ofBces du chapitre par les induits qu'il obtenait du Saint-Siège, il voulut aussi régler ce qui concernait les chanoines honoraires. Leur nombre fut fixé à vingt-cinq, qui devaient être choisis par l'évêque, mais avec le consentement du chapitre, parmi les prêtres du diocèse (1). Le même prélat fut aussi autorisé i créer vingt mansionnaires (2), qui devaient donner plus de pompe aux solennités et venir en aide aux chanoines. Leur costume est celui du chapitre,

(1) Induit du 21 août 1863.

(2) Induit du 7 seplembre 1863.

sauf l'aumusse, la croix, les boutons et lisérés rouges; mais ils ne peuvent le porter qu*aux ofûces capilulaires ou lorsqu*ils accompagnent l'évéque (4).

On a jugé convenable de réunir ces diverses concessions du Saint- Siège, ainsi que certains règlements qui devaient faire loi pour le corps capitulaire, sous le titre de Constitutio capituli ecclesiœ Nivernensis et de Règlement du chapitre. On comprend que ces statuts, quoique approuvés par l'ordinaire, n'ont point un caractère déOnitif, puisque les induits relatifs aux offices dont nous avons fait mention sont temporaires et doivent être renouvelés à des époques déterminées.

 l'arrivée de Mgr de Ladoue dans le diocèse, plusieurs des con. cessions temporaires mentionnées dans la constitution et le règlement du chapitre devaient être renouvelées. Il a paru opportun, c^était le moyen d'éviter tout oubli à l'avenir, de les réunir toutes dans une seule et même supplique, afin qu*elles fussent consignées dans un seul et même induit. Cette disposition fut agréée à Rome, et un induit septennal fut accordé à cet effet.

Ici se terminent nos recherches sur le vénérable chapitre de l'insigne église de Nevers.

(1) La même année Mgr Forcade avait obtenu un bref, en date du 29 mai 1863, en faveur des doyens ruraux. En vertu de ce bref, ils peuvent porter partout le diocèse le rochet à manches étroites, avec, la mozelte de drap doublée de soie violette et les boutons de même couleur.

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