‹ Les congregations religieuses dans le diocèse de NeversChapitre 89 sur 95 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Pendant le repos forcé qu'avait imposé à l'abbé de Ladoue, depuis 1860 , un pouvoir ombrageux , le savant et pieux prélat que nous pleurons avait consacré ses loisirs à la direction d'un modeste recueil, connu sous le nom de Revue catholique d'Aire, Il y avait réuni une suite d'articles destinés à conserver les souvenirs religieux et historiques de la contrée qui lui avait donné le jour, convaincu que ce serait rendre à ses concitoyens un éminent service, c Avant son élévation à Tépiscopat, dit un de ses collaborateurs, il prit en main cette revue, et, de concert avec l'abbé Besselère, donna une nouvelle impulsion à cette œuvre déjà tombée et destinée, par l'importance de ses travaux et des précieux documents qu'elle renfermait, à devenir les archives du diocèse d'Aire et de Dax. Les collaborateurs de cette revue religieuse et diocésaine étaient tous désintéressés et de bonne volonté. Quand l'abbé de Ladoue venait à Aire, où nous avions l'honneur de le voir, il aimait à traiter les questions dont les origines étaient incertaineç, les faits peu précis et les dates fausses, afin de pouvoir rétablir la vérité sur tous les points historiques. Il provoquait des recherches qu'il faisait cesser quand la lumière jaillissait des matériaux fournis, ou de la tradition invoquée , ou de la discussion dont il acceptait les arguments et les preuves sans idée préconçue (1 ). :»

Avec cet attrait pour nos antiquités chrétiennes et nationales, car, il faut bien qu'on le reconnaisse, le dévouement pour TEglise et pour

(1) Echo des Pyrénées, numéro du 26 août 1877.

la patrie fait battre le cœur des évêques et des prêtres, souvent même jusqu'au sacrifice et à rimmolation, Mgr de Ladoue fut heureui, en arrivant au milieu de nous , de trouver dans la Semaine religieuse DE Nevers un travail analogue à celui qu'il avait lui-même entrepris, notre Chronique du passé. Le savant prélat voulut bien sourire à nos études , nous encourager dans nos recherches et nous adresser les éloges les plus flatteurs. Il savait bien qu'il fallait du courage pour aller ramasser ces précieux débris de nos chroniques que les révolutions et une glaciale indifférence avaient dispersés et foulés aux pieds depuis si longtemps. Le dix-huitième siècle avait commencé cette œuvre de destruction , le dix-neuvième allait mettre le comble à ce vandalisme, quand des hommes, animés par l'amour de la religion et de la véritable science , se mirent à recueillir avec un religieux respect ces souvenirs si précieux. Ah I nous le répétons , car nous sommes fiers de la mission que la Providence nous a conflée, le clergé s'est mis à la tète de ce mouvement, comme nos moines du moyenâge, quand ils reproduisaient les chefs-d'œuvre de Tantiquité péniblement déchiffrés.

En faisant sortir de l'oubli l'histoire de nos collégiales et de nos congrégations religieuses, nous avons eu un double but: faire ressortir l'action civilisatrice de l'Eglise dans la fondation des monastères, et montrer tout ce que notre belle province du Nivernais doit de prospérité aux travaux de ces hommes de labeur et de foi, sous quelque rapport qu'on les considère, munis de la plume du copiste ou de la houe du manœuvre , ou bien encore enseignant aux enfants du peuple les premiers éléments de la grammaire et des sciences.

En commençant ce travail nous proclamions que la plupart des localités de notre Nivernais devaient leur origine ou leur accroissement à ces congrégations ; on a pu se convaincre que cette assertion était fondée. Ce sont donc les éléments de nos chroniques locales que nous avons essayé de développer, en présentant l'histoire des congrégations religieuses d'hommes dans le diocèse de Nevers.

Les congrégations de femmes, quoiqu'ayant eu aussi leur mission providentielle, n'ont pas eu la même action. Un jour peut-être entreprendrons-nous ce nouveau travail, si Dieu nous prête vie, tendant toujours au même but : la gloire de Dieu et l'intérêt de la société.

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