‹ Les congregations religieuses dans le diocese de Nevers: Congregations de femmesChapitre 16 sur 83 · XXX. Anne II de Blondeau est nommée dans des actes de · texte numérisé non relu

XXX. Anne II de Blondeau est nommée dans des actes de

XXXI. Marie II de La Rivière^ religieuse du monastère de Notre- Dame de Nevers, fut abbesse du Reconfort de 1602 à 1615, époque de sa mort.

XXXII. Jeanne VII de La Magdelaine de Ragny, sœur de GlaudOi évèque d'Autun, succéda à Marie de La Rivière en 1615 et demeura en fonctions jusqu'en 1633.

XXXIII. Angélique de Yieyre de Launay était fîlle de haut et puissant seigneur Ludovic de Vievre, chevalier des ordres du roi, gouverneur de Sommières, lieutenant des gardes-du-corps de Sa Majesté, seigneur de Bazoiche et de Launay; elle était entrée en religion malgré son âge avancé: elle avait soixante-cinq ans quand elle fit ses vœux dans le mpnastère de Faremoutier, au diocèse de Meaux, en 1617. En 1632, elle fut nommée abbesse de Bonlieu, au diocèse du Mans. L'année suivante, 15 septembre 1633, Louis XIII, qui était alors alors au camp de Nancy, signa sa nomition comme abbesse de Notre-Dame de Consolation. Elle obtint ses bulles du pape Urbain VIII au mois de novembre de la même année, et prit possession le 8 septembre 1634. Elle mourut en odeur de sainteté le 9 septembre 1651. Elle avait trouvé le monastère du Reconfort dans l'état le plus déplorable; il avait sans doute été dévasté par les protestants, qui avaient ravagé les environs de Gorbigny ; les bâtiments étaient en ruines, l'office divin avait cessé; il n'y avait plus une seule religieuse quand Angélique en prit possession. La nouvelle abbesse ne se découragea pas. Convaincue que la Providence l'avait appelée à rétablir ce monastère, elle mit la main à l'œuvre. Avant tout, elle eut soin de se procurer quelques religieuses de l'ordre pour reconstituer la communauté ; mais l'état des bâtiments ne permettant pas de les recevoir dans l'ancien monastère, elle s'adressa aux échevins et aux chanoines de Tannay pour qu'elle et ses religieuses pussent venir s'établir dans cette ville pendant les réparations indispensables qu'on devait exécuter au Reconfort ; ce qui lui fut accordé (1).

Le corps de cette pieuse abbesse fut déposé auprès de Tautel

(t) inventaire de Tabbé de Marolles, p. 459.

majeur de l'église qu'elle avait fait restaurer ; on y lisait cette inscription reproduite par les auteurs de la Gallia christiana (1) :

< Cy gist dame Angélique de Yievre de Launay^ religieuse professe de Faremoustier, qui fut abbesse de céans l'an 1634, laquelle ayant trouvé cette maison en ruine totale, la releva depuis les fondements avec l'assistance des bienfaits de M. de Launay, son père , y rétablit le service divin, et ,n*ayant trouvé aucune religieuse, en reçut nombre suffisant pour le continuer, et après avoir vescu avec beaucoup d'exemple, pleine de vertu, fit choix de madame Elisabeth de Saint-Âubin, sa religieuse et parente, pour lui succéder, et rendit saintement son âme à Dieu le 9 septembre 1651. »

XXXIY. Elisabeth de Saint-Aubin obtint ses bulles d'Innocent X ; elles sont datées du m des nones de juillet 1652; elle prit possession le 12 décembre de la même année et ne serait demeurée en fonctions que l'espace de trois ans environ.

XXXV. Marie Le Bourgeois d'Orignt, présentée par le roi le 4 janvier 1656, reçut ses bulles le vi des ides d'avril de la même année et prit possession le 5 novembre suivant. Elle fut une fidèle imitatrice de la piété d'Angélique de Vievre. Après avoir gouverné son monastère avec sagesse, elle alla recevoir la récompense de ses vertus en 1685.

XXXVI. Mâdelaine Hurâult de L'Hospital était professe de Pontaux-Dames, au diocèse de Meaux, quand elle reçut du roi ea nomination à l'abbaye du Reconfort, le 10 mai 1685. Elle obtint ses bulles le xvii des calendes de juin de la même année et prit possession le 30 septembre suivant.

Mâdelaine Hurault, après avoir gouverné le monastère pendant près de trente-neuf ans, mourut en 1724. Nous n'avons découvert aucuns détails relativement à sa longue administration. Nous ferons la même observation sur la suivante.

XXXVII. Marie-Françoise-Berthb d'Estampes, de l'observance mitigée de l'ordre de Saint-Bernard, fut nommée abbesse par suite du décès de la précédente. Tels sont les seuls renseignements que

(1) Inventaire de Tabbé de Marolles, tome IV, p. 507.

. la Gallia chrisliana nous a laissés sur cette abbe^se, q\û est la dernière dont il y soit fait mention.

Les auteurs de cet important ouvrage faisaient éditer en 1728 le tome IV, où nous avons puisé en grande partie les notices relatives aux abbesses du Reconfort.

Nous avons pu continuer le travail des auteurs de la Gallia chrisliana à Taide de nouveaux documents extraits des registres de la paroisse de Saizy (1 ).

La dernière abbesse avait, dès Tannée de sa prise de possession, été marraine de la cloche de la paroisse avec le marquis de Blanchefort, baron d'Âsnois, etc. Les registres des baptêmes ont conservé les noms de plusieurs religieuses ; nous citerons Thérèse-Madelaine de Jeanne de Sommery, Suzanne Levieux, Marie de Corbelin, Charlotte Dubois, Ârmande de Corvol.

XXXVIIL Thérèse-Madelaine de Joanne de Sommehy remplaça Marie-Françoise-Berthe d'Estampes. Sous cette abbesse^en 1755, eut lieu au Reconfort un fait sans doute bien extraordinaire , mais qui n'étonne pas ceux qui sont initiés à certains usages de cette époque.

En voyant dans la plupart des monastères, même des plus sévères, des religieuses appartenant aux plus illustres familles du pays, on serait porté à croire que leur vocation avait été forcée et que leurs parents les y avaient placées* sans les consulter, et cependant il n'en était rien. La vie bruyante et tout extérieure, qui depuis longtemps était admise dans les grandes familles, ne permettait pas aux mères de s'occuper de l'éducation de leurs filles; quand le rôle de la nourrice était terminé, on plaçait la jeune enfant dans un couvent du voisinage, et on chargeait les sœurs de faire son éducation. Là, à l'ombre du cloître, l'enfant devenait jeune fille et grandissait jusqu'à l'âge requis pour prendre une résolution définitive. De temps à autre elle recevait la visite de ses parents et des amis de la famille. Quelquefois, contente de cette vie calme et tranquille, elle refusait de sortir du cloître et finissait par s'engageir définitivement dans la famille religieuse dont elle faisait d|éj&

(t) Nous devons ces renseignements à Tobligeance de M, Alexandre, doyen de Saint -Benin-d'Azy, ancien curé de Saizy.

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partie. D'autres fois les parents venaient mélanger des vues tout humaines à la voix de la consc^nce et faisaient miroiter devant elle une crosse d*abbesse ou quelque riche prieuré ; il arrivait aussiy quand un riche parti se présentait, que, portant de ce côté les regards de la jeune fille, on faisait les dispositions de son mariage, sans cependant la faire rentrer dans le monde avant le jour de la cérémonie religieuse. Au moment marqué, elle passait du cloître à l'autel pour se soumettre à des engagements inconnus pour elle. C'est ce qui arriva au Réconfort en Tannée que nous avons indiquée plus haut. Damoiselle Marguerite de Gharry de Beuvron, fille de feu messire Michel de Charry, chevalier, seigneur de Beuvron, Montgazon et autres lieux, était pensionnaire dans ledit monastère ; sa famille avait projeté son mariage avec haut et puissant seigneur Jean - Baptiste comte de Brachet, chevalier, ancien officier de cavalerie, seigneur de Saint-Andeux, etc.

Au jour fixé, on vit arriver au monastère un nombre considérable de seigneurs et de dames ; c'était en effet dans l'église abbatiale que la cérémonie devait avoir lieu ; on avait obtenu l'autorisation de Mgr Tévêque d'Autun, et ce fut un prêtre chanoine de l'église collégiale de Saint-Andoche qui allait bénir le mariage, du consentement du curé de la paroisse. Parmi les témoins et signataires, on voit paraître Tabbesse et le prieur, frère Bailly(l).

Il est douteux que les autres religieuses aient conservé pendant cette journée un grand recueillement, et que les saints exercices de règle aient été scrupuleusement suivis.

Le dix-huitième siècle avait déteint sur les monastères les plus réguliers et les plus sévères; l'ordre de Citeaux, précédemment soumis à la réforme, était depuis quelque temps retombé dans le relâchement; les rapports trop fréquents avec les personnes du dehors devaient contribuer à entretenir bien des abus. En 1767, la marquise de Jeanne de Sommery, sans cloute mère ou sœur de l'abbesse, passa plusieurs semaines dans l'abbaye du Reconfort, où elle s'était rendue avec d'autres personnes de sa maison. Ce monastère ne cessait cependant pas de faire d'abondantes aumônes et distribuait chaque jour du pain aux pauvres des paroisses voisines. Au nombre des religieuses on trouve à cette époque

(t) On donnait probablement au chapelain le titre de prieur.

sœur Anne Pétronille Faulquer de Monteau et Marie-Elisabeth de Bèze. ^

XXXIX. N. DE Séveyrac succéda à Mme de Sommery, on ignore en quelle année. Sous son administration, le relâchement alla toujours croissant^ une vie toute mondaine avait remplacé la ferveur primitive. Tel était le triste état de cette abbaye quand la tourmente révolutionnaire éclata et dispersa les religieuses.

Le Reconfort tomba ensuite entre les mains d*un sieur Bardet, de Neuffontaines, qui se mit à le démolir pour en vendre les matériaux. Arrêté dans cette absurde opération par les chefs du district de Corbigny, il le céda à M. Brunier, qui l'occupait en 1823. M. le baron Charles Dupin en était possesseur en 1835 ; c'est son gendre, M. le comte de Hamel de Breuil qui le possède actuellement.

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