PAROISSE SAINT-PÈRE
La marche est ouverte par une bannière blanche frangée d'or, ayant pour inscription : Vase d'élection. Sous cet étendard s'avancent les jeunes personnes qui n'appartiennent à aucune congrégation ; les pensionnaires des Ursulines se joignent à elles. Douze banderolles garnies de franges d'or se détachent de la bannière et sont tenues par dès enfants en blanc, dont la tête est ceinte de couronnes de feuilles d'argent. Deux autres, ayant le même costume, suivent avec des oriflammes blanches.
De jeunes filles tenant, les unes des vases de parfums^ les autres des cassolettes dans lesquelles , de distance en distance, elles font fumer l'encens, précèdent le Vase d'élection. Rien de simple et de gracieux tout à la fois comme cet emblème. Un beau vase blanc, garni de filets d'or, est élevé sur un brancard richement orné. On voit, à la suite, flotter dix oriflammes blanches, complément de ces groupes.
Puis c'est un chœur nombreux de vierges qui font retentir les airs d'harmonieux concerts.
Bientôt apparaît une bannière de gaze verte, parsemée d'étoiles d'argent. Son inscription : Étoile de la mer, annonce celle que les matelots invoquent avec confian<>e dans le danger. Quatre banderolles vertes, garnies d'étoiles, sont tenues par quatre en&nts costumés en
matelots. Pantalon blanc, veste bleu-foncé, avec boutons de métal, ceinture bleu-ciel, chemise bleue orlée de blanc, petit chapeau ciré timbré d'une ancre d'or, avec l'inscription : Étoile de la mer sur le ruban: tel est l'élégant costume de nos trente jeunes marins. Ils ont, pour les guider et les aider à porter leurs emblèmes, deux véritables matelots, revêtus du même costume. L'un d'eux est depuis peu de retour d'Orient; la médaille commémorative brille sur sa poitrine. Les uns ont des coquillages à la main; les autres, la rame sur l'épaule, précèdent une flottille composée de trois petits vaisseaux pavoises et garnis de tous leurs agrès; de chaque côté du brancard on lit : Lépante, Crimée. Au sommet du grand mât du principal navire flotte une image de Marie immaculée. On voit briller audessus l'étoile dont la vue dirige le pilote vers le port.
C'est maintenant le catéchisme de persévérance et la congrégation du Sacré'Cosur; une grande bannière rouge est suivie de huit oriflammes d'or, au milieu desquelles on remarque, dans une châsse en velours rouge, Notre-Seigneur montrant son Cœur sacré. Toutes les personnes chargées de ces différents emblèmes ont des couronnes de roses rouges avec feuilles d'or, et des écharpes rouges avec franges d'or.
Enfin, la congrégation de la Sainte- Vierge, avec sa châsse et sa bannière, et le collège, accompagné de sa musique militaire^ précèdent le clergé de la paroisse.
&* PAROISSE SAINT-GYR.
Void les Enfants de Marie : unebannière rose avec l'inscription Regina sine lobe œncepta flotte à leur tète. Celle qui porte cette bannière est vêtue d'une robe blanche y parsemée de fleurs d'or ; des ailes d'or et une couronne d'or complètent son costume. Elle est escortée déjeunes enfants, soutenant des banderolles qui partent du sommet de la bannière. Avec les mêmes détails de costume, les cou* leurs changent ; c'est la robe rose parsemée de fleurs d'argent, des feuilles d'argent composent la couronne. Rien de gracieux comme cette petite cour de la Reine des Anges marchant à la suite de la bannière. On dirait, en effet, autant de petits anges voltigeant autour de leur reine, et se Jouant au milieu de légères étoiles de fleurs ; toutes ont des couronnes, sous lesquelles s'échappent des touffes de cheveux qui viennent flotter avec grâce sur leurs épaules ; des
écharpes de gaze rose font ressortir la blancheur de leurs robes, semées de feuillages d'or. D'autres, avec des ailes d'or, sont revêtue^ de robes roses en gaze , semées de fleurs d'argent. Elles portent autour de leur reine les étendards des neuf chœurs des anges : les Chérubins, les Séraphins, les Trônes, les Puissances, les Principautés, les Dominations, les Vertus, les Anges et les Archanges.
On rapporte qu'un de ces petits séraphins disait à sa mère : Maman f je m veux plus être une petite fille^ je voudrais toujours être ange.
Plus loin, c'est VÉtoile du matin, telle qu'on l'avait vue à la procession du 3 juin. Les jeunes personnes qui l'accompagnent ont le front ceint d'étoiles d'or, et on lit sur les oriflammes diverses inscriptions : — Elle nous guide. — Suivons f étoile. — Stella Maris, deux fois répété. Celles qui portent les oriflammes sont revêtues de manteaux bleu-ciel frangés d'or.
Sur le piédestal qui soutient le globe , éclairé par l'Etoile, on lit : Salutj étoile du matin. — Étoile de la mer^ guidez-nous au port, — Honneur à Vétoile de Jacob ! — Marie est notre étoile.
Un autre emblème parait : du milieu d'une toufié de fleurs artistement disposées s'élève une couronne de roses blanches encadrant deux lettres d'or : R. M. C'est la Rose mystique environnée de rayons d'or. Au-dessus s'épanouit une ihagnifique rose renfermant l'image de Marie. Quatre oriflammes, surmontées de roses, ont pour inscription : Rose mystique ; elles sont portées par de jeunes personnes couronnées de roses blanches avec feuilles d'or, et revêtues de manteaux d'or.
Nous ne parlons pas des trois cents oriflammes blanches, à lisérés de couleurs variées, selon les catégories du catéchisme de persévérance. C'est au milieu de ces trois cents oriflammes qu'est portée la châsse de sainte Flavie, patronne du catéchisme, sur un riche brancard en velours cramoisi , avec broderies d'or, et surmonté d'un dôme formé de fleurs rehaussées d'or. Quatre jeunes filles, tenant en main des palmes d'or, et revêtues de manteaux d'or, accompagnent leur sainte patronne ; elles sont couronnées, ainsi que celles qui portent la châsse, de roses rouges avec feuilles d'or.
A la suite du catéchisme, on voit s'avancer les demoiselles de la congrégation de la Sainte- Vierge, ayant leur bannière à leur tête. Au milieu d'elles, une châsse gracieuse, richement ornée, sert de trône à l'image de Marie. Quatre d'entre elles, tenant les banderoUes
Dans le diocèse de nevers. 125
de la châsse, ont en main une tige de lis à feuilles d'or; quatre autres portent des oriflammes en moire blanche garnie de franges d'or, avec des inscriptions brodées en lettres d'or.
Après la cpngrégation de la Sainte- Yiei^e vient une longue suite de sœurs de différents costumes : ce sont d*abord les* sœurs de la Sainte-Famille, puis celles de TEspérance, et enfin les nombreuses filles de dom de Laveyne, les sœurs de la Charité, marchant sous la bannière de la Reine des Vierges.
Mais voici une nouvelle bannière qu'on n'était pas accoutumé à voir: c'est celle du petit séminaire Saint*Cyr. D'un côté, le saint enCant, patron du diocèse, et en particulier de cette maison, tient la palme du martyre; de l'autre, Marie immaculée répand ses grâces à pleines mains. Au milieu de ces jeunes enfants est porté sur un brancard un groupe délicieux: le Sauveur bénissant une troupe d*enfants qui l'entourent.
Les étendards du petit séminaire de Pignelin établissent la séparation entre les aînés et leurs jeunes frères. On . voit bientôt paraître VÀrche d^alliance^ surmontée des deux chérubins, portée par ceux de ces jeunes gens qui se disposent à devenir un jour les lévites de la loi nouvelle.
Enfin, après la croix du chapitre s'avancent les élèves du grand séminaire, les députations du clergé du diocèse et le chapitre de l'église cathédrale en grand costume d'été, c'est-à-dire avec la soutane rouge et l'aumusse. Au milieu du chapitre, huit lévites, revêtus de dalmatiques de drap d'or, portent, les uns, une belle statue en bois doré, représentant Marie immaculée; les autres, en avant de la statue, sur un coussin de moire blanche enrichie de broderie d'or, un cœur en vermeil entouré de brillants. Ce cœur, destiné à renfermer les noms des principaux bienfaiteurs de la nouvelle église, sera suspendu au cou de cette image vénérée de Marie, qui doit être élevée au fond du sanctuaire. Sur un autre coussin, un chanoine porte le diadème, garni de pierreries, qui ornera son front.
Monseigneur, en habits pontificaux , avec la crosse et la mitre, accompagné de deux diacres d'honneur, revêtus de dalmatiques d'or, ferme la marche de cette magnifique procession. Le prélat est protégé contre la foule qui se presse à sa suite par les membres des conférences de Saint- Vincent-de-Paul et de Saint-François-Xavier.
Sur tout le parcours de la procession, les maisons sont pavoisées ;
ce sont des oriflammes aux couleurs de Marie, ornées d'emblèmes et d'inscriptions variés. Partout on a emprunté au printemps ses premiers feuillages pour en orner les rues.
La procession étant arrivée au monastère de la Visitation , chaque congrégation dépose ses emblèmes dans la cour intérieure entre les cloîtres. Au fond de la cour a été préparé un reposoir élevé, destiné à recevoir la statue qui doit être bénite et couronnée par Monseigneur. Le clergé s'avance jusqu'au reposoir, entre les deux haies formées par les emblèmes et les congrégations. Cependant les deux musiques du collège et du petit séminaire exécutent alternativement d'harmonieux accords, qu'elles continuent tour à tour pendant le chant des psaumes. Bientôt Monseigneur, déposant sa mitre, commence les prières de la bénédiction de la statue selon le rit indiqué dans le Pontifical. Tout-à-coup un grand silence s'établit; Monseigneur va parler.
A la vue de cette magnifique assemblée, le prélat, d'une voix puissante, mais vivement émue, prononce l'allocution suivante :
< Nous lisons dans les saintes Écritures que Salomon, voulant faire la dédicace solennelle du temple qu'il avait élevé à la gloire da Seigneur, convoqua les anciens d'Israël et tous les chefs de famille à Jérusalem, pour transporter l'Arche d'alliance dans le nouveau temple, et tout Israël se rendit à Jérusalem; et les prêtres et les lévites chargèrent sur leurs épaules l'Arche sainte, et Salomon s'écria: Béni soit le Seigneur Dieu d'Israël qui a donné la paix à son peuple^ selon les promesses qu'il avait faites. Et le peuple célébra par des fêtes solennelles, pendant sept jours entiers, les bienfaits dont le Seigneur l'avait comblé.
» Mes frères, nous aussi, grâce à votre généreux concours, nous avons eu le bonheur d'élever un temple à la gloire du Seigneur et à l'honneur de son auguste mère, et nous vous avons convoqués pour y transporter l'image vénérée de celle que l'Eglise aime à appeler V Arche d'alliance : Fœderis Arca; et vous êtes accourus de tous les points du diocèse avec un religieux empressement.
» Peuple bien-aimé, tressaillez dejoie^ sonnez de la trompette^ car le Seigneur est venu vov^ racheter et vous sauver. Personate, canite tuba... redemit enira Dominus Jacob.
» Il était bien juste de lui rendre cet hommage et de glorifier solennellement sa divine mère. Pendant bien des siècles le diocèse
de Nevers avait été comme le diocèse de Marie; de tous côtés on rencontrait des temples, des sanctuaires, des lieux de pèlerinage, qui attiraient la foule des fidèles. Que sont-ils devenus pour la plupart ? La tourmente révolutionnaire les a emportés.
1 Toi-même^ cité de Nevers, qu'as-tu fait de ton église de Notre- Dame? Qu'est devenue cette chapelle de Notre-Dame-de-Grâce, si célèbre autrefois dans ta vieille cathédrale? A peine si le souvenir en est conservé.
> Il fallait une solennelle réparation à Marie. Elle ne pouvait pas être plus éclatante et plus belle. Réjouissez-voitë et tressaillez de joie, 6 Vierge Jfarie, parce que vos enfants ont repris une nouvelle vie. Gaude et Ixtare^ virgo Maria... Désormais, les habitants de ce diocèse veulent être votre peuple, comme vous serez toujours Notre-Damedu-Peuple-Nivemais.
> En ce jour solennel , mes frères , ne voulez-vous pas choisir Marie pour votre souveraine et votre mère ? Ah ! si je vous interrogais, mille voix répéteraient à l'envi : Régnez sur nous , ô Marie» vous et votre divin Fils, Dominare nostrij tu, et Filius tuus. Et Marie exerce, en effet, maintenant, son empire souverain sur tous les cœurs; on peut dire en toute vérité que son empire c'est la paix : c'est la paix des intelligences, dont elle est la lumière. Lumen cxcis ; c'est la paix des cœurs, dont elle est la divine consolatrice ; c'est la paix des familles, où elle exerce une douce et salutaire influence ; c^est la paix des Etats, dont elle est la protectrice et l'appui. Aussi l'invoquons-nous avec confiance sous le titre de Notre-Dame de Paix»
> Mais vous voulez surtout qu'elle soit votre mère, et nous le voulons aussi, nous qui lui appartenons à tous les titres, et qui lui avons été voué dès notre enfance. Nous la conjurons d'être la mère de tous nos diocésains, de les adopter tous pour ses enfants. Nous lui répétons avec transport : Monstra te esse matrem : Montrez, ô Marie, que vous êtes notre mère à tous : la mère des justes, pour les affermir dans la justice ; la mère des pécheurs, pour les toucher et les convertir ; la mère du clergé, pour l'aider à gouverner les âmes que votre Fils lui a confiées ; notre mère à tous, pour nous sanctifier et nous sauver.
» A ce moment, nous nous jetons à vos pieds, et nous voulons nous offrir et nous consacrer entièrement à vous. >
Cette allocution, écoutée avec l'attention la plus soutenue, a été
suivie de la consécration solennelle de la ville et du diocèse de Nevers à la Vierge immaculée.
Après la consécration, le cœur en vermeil a été suspendu au cou de la statue, et le diadème déposé sur sa tète, pendant que le clei^é chantait le Magnificat^ interrompu de temps à autre par la musique.
Marie, sans doute, a été sensible aux hommages qui lui étaient adressés dans cette circonstance ; du haut des cieux elle bénissait le clergé et les fidèles de ce diocèse; mais sa puissance, quelque étendue qu'elle soit, est soumise à une autre, à celle de son fils ; c'était à lui, source de tout bien, de confirmer les bénédictions de sa mère et de les compléter. Tout-à-coup on vit briller sur Tautel de Marie un magnifique ostensoir moyen-âge, renfermant l'hostie sainte. Après la bénédiction, Monseigneur entonna le Te Deum, et pendant que la procession se remettait en marche, le prélat, accompagné du clergé, entrait dans l'église Sainte-Marie-d'UrPeuple'NivernaiSj où fut déposée l'image vénérée.
Conformément au mandement dont nous avons parlé plus haut, un triduo de prières eut lieu dans la nouvelle église.
Le vendredi !«' mai, à huit heures, Mgr Dufétre célébra la sainte messe, qui fut suivie de la bénédiction des nouveaux' bâtiments du monastère. Le même jour, à quatre heures, il y eut sermon, salut et bénédiction du Saint-Sacrement.
Le samedi, à huit heures, le prélat donna l'habit à une des nouvelles sœurs de la communauté, puis célébra la sainte messe. Le soir, à la même heure que la veille, eurent lieu les mêmes exercices.
Lé dimanche 3 mai, jour de l'Invention de la sainte Croix , des messes furent célébrées toute la matinée dans le nouveau sanctuaire. Le soir, à trois heures, fut érigé le chemin de croix dans l'église extérieure en même temps que dans le chœur des religieuses. Après le sermon, on renouvela la consécration à la sainte Vierge, suivie du salut du Très-Saint-Sacrement et d'un Te Deum d'actions de grâces.
Pendant ces trois jours, les saintes reliques du monastère furent exposées, dans la chapelle du Sacré-Cœur, à la vénération des fidèles.
Sainte'Marie-dU'Peuple-Nivemais devint ainsi le but d'un pieux pèlerinage, et le concours des fidèles qui s'y rendaient, soit au moment des exercices, soit dans l'intervalle, témoignait de la confiance qu'inspiraient Marie immaculée et les saints dont les restes précieux sont déposés dans son sanctuaire.