‹ Les congregations religieuses dans le diocese de Nevers: Congregations de femmesChapitre 4 sur 83 · IX. SiBiLLE, le IV des calendes de mai · texte numérisé non relu

IX. SiBiLLE, le IV des calendes de mai

X. AéLis la Chaudronne, la veille des calendes de juin. XL Marie V^ de Gharençois occupe la même date.

XII. Philippine Tonna ou Sonnai le v des calendes de décembre.

Toutes ces abbesses sont antérieures à l'an 1300. Nous arrivons à celles dont l'administration est à date fixe.

XIII. Hersende gouvernait le monastère en 1233; il en est fait mention au nôcrologe le x des calendes de mai.

XIV. Béâtrix de La. Collancelle, qui fut bénie par Robert, évoque de NeverSy se trouve dans les chroniques du monastère en 1246. En 1250 elle fit quelques échanges avec le chapitre d'Autun ; on la trouve encore en 1254 dans des chartes portant son sceau avec cette inscription : Sigillum Beatrids abbatissœ B. Marix Nivernensis. Cette même année, Hugues de Meaulce et Isabelle de Sulli, son épouse, firent des donations à Tabbaye de Notre-Dame de Nevers. On retrouve la même Béatrix en 1262.

XV. Une autre Béâtrix de la Chaudronne lui succède; elle appartenait à la noble famille des seigneurs de La Ferté-Chaudron, paroisse de Chantenay. Elle reçut la crosse abbatiale en 1266. Elle mourut Tannée suivante, le iv des nones de mars.

XVI. Agnès de Saint-Gigon. Il en est fait mention en 1269 dans un acte portant sentence en sa faveur, contre Gui de Suri, chevalier, 'relativement à dix quartauts de froment ou d'orge qui lui étaient dus. Le nécrologe indique sa mort au viii des ides de novembre.

XVII. Reine, abbesse de Notre-Dame de Nevers, avait une sœur du nom d'Elisabeth, prieure d'un monastère nommé de MoHleto, Il est fait mention' de Reine en 1272, dans une charte de donation. Il parait qu'en 1281 le siège abbatial était vacant, car dans un acte de manumission, c'est la prieure qui est en nom avec le couvent, sans qu'il soit question de l'abbesse.

XVIII. Alis ou Aalipois, paraît la même année 1281 . On comprend qu'il était difficile qu'une religieuse pût s'occuper de la régie des biens du monastère, dispersés, comme nous l'avons dit, sur différents points de la province, et occasionnant parfois des contestations et des procès. Alis avait voulu remédier à ces inconvénients en nommant un mandataire ad hoc. Elle confia ce soin à un nommé Hubert dit Raveneau ; elle lui donna procuration à l'effet de traiter toutes les affaires de son couvent, soit au palais, soit ailleurs, tant en défendant qu'en demandant ^1).

En 1293, elle traita avec Robert, comte de Clermont, dauphin d'Auverne, tant en son nom qu'au nom d'Isabelle, prieure de

(1) Inwntaire de Tabbô de Marelles, p. 51.

18 LES G0N0RËOATI0N8 RELIGIEUSES

Marsaignes (1), dépendance du monastère de Nevera. On ne dit pas en quoi consistait cet arrangement. En 1299, elle fit une transaction avec Louis h^ de Flandre, comte de Nevers, relativement à la justice et à la juridiction temporelle de Plagny. Le comte reconnut qu'elles appartenaient à Tabbesse (2).

XIX. Isabelle de Yâlsegrète est portée en 1310, Tannée même de sa mort, que le nécrologe fixe au x des calendes de mai.

XX. ËlgIse de La Tournelle parait dans une charte de 1318. En 1320, elle reconnaît qu'elle , son couvent et ses dépendances sont de la garde spéciale du comte de Nevers. L'acte est passé en la chambre de ladite Éloîse de La Tournelle , en présence d'un grand nombre de chevaliers (3). Des lettres de cette abbesse , datées de 1324, déclarent que Philippe, jadis roi de France, avait donné à Miles d'Amort, prêtre, pour la chapelle d'Haligny, dépendant de ladite abbesse, une chasuble et parement d'autel en drap d'or avec certains autres ornements, lesquels elle veut et entend demeurer à perpétuité en ladite chapelle pour l'usage d'icelle (4).

L'année suivante, elle entra en contestation avec Hérard de Rosemont, relativement à la justice de certains domaines. Elle mourut en 1331, le xiii des calendes de mai.

XXL Jeanne II d'ârablay ou Rablây était, dit-on, proche parente du cardinal Rablay. On n'a aucun détail sur cette religieuse, qui vivait encore en 1337. Le nécrologe porte sa mort au viii des calendes d'octobre.

XXII. Marguerite de Fontenay était, en 1342, prieure de Marcigny. Ce fui en 1345 qu'elle devint abbesse de Notre-Dame de Nevers. Elle eut un démêlé en 1347 avec Guillaume de Thianges, seigneur d'IIxeloup, au sujet de la justice d'une dépendance de son couvent. On la retrouve en 1360. Sa mort est indiquée dans le martyrologe au m des calendes de juillet.

XXIII. Marguerite II de Ternant occupait le siège abbatial en 1364. Il en est fait mention dans un grand nombre d'actes jusqu'en 1395, époque à laquelle elle mourut, la veille de Saint-Thomas,

. (1) Nous avons suivi ici les auteurs de la Gallia chrisliana , mais au lieu de MarsaigneSf nous croyons qu'il faudrait écrire Mardgny.

(2) Inventaire de Tabbé de Harolles, p. 74.

(3) Idem, p. 93.

(4) Idem, p. 58.

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apôtre. Les auteurs de la Gallia christiana pensent qu'elle s'était démise de ses fonctions : ou bien elle avait plusieurs prénoms qu'elle prenait indistinctement; les actes de 1338 donnent à le penser.

XXIV. Jeanne III de Braye ou de Blaye était prieure de la communauté quand elle fut élue abbesse. Son élection fut confirmée le xiv des calendes de février 1395. François, archevêque de Narbonne, camérier du Saint-Siège, lui fit remise desannates. Jeanne de Braye sanctionna la transaction passée entre la prieure de Marcigny et la dame de Jaligny. Elle mourut le xv des calendes de mai 1427, d'après les auteurs delà Gallia christiana.

Nous avons vu qu'au sujet des droits de Tabbesse et du menastère il y a eu quelquefois des contestations avec le chapitre et même avec les évoques; il en a été de même avec la ville. L'abbesse Jeanne avait fait pratiquer un fossé qui conduisait les eaux de la fontaine Saint-Loup au ruisseau du Croux ; les habitants crurent devoir se plaindre et, en 1400, les échevins envoyèrent trente-un hommes pour le combler. Souvent les droits des religieuses et ceux de la ville étaient mélangés. C'est ainsi que le péage par terre, appartenant à la ville^ était autrefois chargé d'une redevance annuelle de cinq sous, qui se partageait par moitié entre la prieure et le chantre de l'abbaye; il est fait mention de cette redevance dans les comptes de la ville jusqu'au seizième siècle.; depuis cette époque, elle tomba en désuétude (1).

Nous trouvons encore sous l'administration de Jeanne de Bray^ certains usages qui ne sont pas sans intérêt, relativement aux religieuses, et qu'il est bon de rapporter ici.

€ Après la mort de Philippe-le-Hardi, duc de Bourgogne, en 1404, la ville lui fit faire un service solennel en l'église de Sainf- Cyr, où tous les ecclésiastiques, séculiers et réguliers, furent invités. Le compte de Pierre Cordier, pour cette même année, porte que les religieuses de Notre-Dame y assistèrent et qu'il leur fut payé vingt sous. Le compte de Guillaume Galoppe, en 1415 et 1416, contenant le détail de la dépense des obsèques du duc de Brabant et de Philippe de Bourgogne, parle de vingt-cinq sous payés à la sacristine et aux marguilliers de l'abbaye, pour avoir

(1) Archives de Nevers, tome I*% p. 391 et 392.

^0 LES CONORÉGâTIONS RELI61EC8ËS

fait sonner les cloches pendant la cérémonie qui se faisait à Saint- CyF; et de vingt sous payés- aux dames pour y être venues en procession (1). »

XXV. Marguerite III de Lugny succéda en 1428 à Jeanne de Braye. La cour de justice du monastère de Notre-Dame était sans doute en réparations ; car en 1430 Tabbé de Marolles fait mention de lettres de reconnaissance établissant que la cour des comptes de Nevers avait été prêtée aux abbesse et couvent de Notre- Dame de Nevers pour trois ans seulement. Marguerite de Lugny supplia Guy de Jaucourt, seigneur de Villarnoul| et Odard de Lespinasse, seigneur de Champallement, écuyers, conseillers et chambellans du duc de Bourgogne, d'obtenir pour ladite abbesse et son couvent Tautorisation de faire tenir encore leur justice au^ même lieu (2).

Marguerite mourut en 1466, le v des nones de mars. Les auteurs de la Gallia chrisliana font observer qu'on trouve son nom au nécrologe inscrit à quatre dates différentes. Elle avait pu établir plusieurs fondations pour le repos de son âme. Quoi qu'il en soit, elle aurait administré ce monastère pendant trente*huit ans.

Les mêmes auteurs font mention d'une Pétronille de Beauvoir de Chatelux qui aurait été abbesse de Notre-Dame de Nevers eu 1468 et qui serait morte au monastère de Saint-Julien d'Auxerre en 1486. Cependant ils ne la font pas entrer dans la série des abbesses de Nevers.

XXVI. Catherine de Boutillat avait été élevée dans le monastère de Notre-Dame de Consolation ou Reconfort, de l'ordre de Glteaux; elle en fut tirée pour occuper le siège abbatial de Notre-Dame de Nevers en 1466, ce qui eut lieu aux ides de mars. Elle ne pouvait changer d'ordre et d'habit qu'avec le consentement de Tabbé de Clteaux. Humbert, qui occupait cette charge, donna son adhésion, la veille des calendes d'avril 1467.

En l'année 1473, Catherine eut de grandes difiScuItés avec Pierre de Fontenay, évêque de Nevers, au sujet d'une procession qu'elle avait faite. L'affaire fut portée devant le bailli de Saint- Pierre-le-Moûtier, qui se rendit à Nevers pour faire une enquête à

(i) Archives de NeverSy tome 1*% p. 392.

(2} Inventaire de l-abbé de Marolles, p. 59.

ce sujet. Le résultat établit que ces Daines étaient en possession du droit de faire publier leurs processions ordinaires et extraordinaires par le préconiseur de la ville et de les conduire au Montot et à Saint-Antoine. Les quatre curés de Saint-Genès, les chapelains et autres officiers de l'abbaye y assistaient, c On ne voit pas^ dit Parmentier, quelle fut l'issue de cette contestation (1). » Les auteurs de la Gallia christiana assurent que l'évêque fut obligé de reconnaître les droits de l'abbesse et de ses religieuses.

€ En 1476, dans le temps que la ville faisait faire le boulevard du Grouê, la même abbesse, sous prétexte que cet ouvrage lui causait du préjudice, fit planter de grands pallis (pieux) devant la porte dudit boulevard, et si près, que les charrettes ne pouvaient plus y passer. Les échevins firent constater ce trouble par un procès-verbal du 28 mars. On plaida un peu, et l'intérêt public mit les religieuses à la raison.

» Deux ans plus tard, en 1478, un incendie général détruisit les lieux réguliers. Un homme y périt dans les flammes. L'abbesse Boutillat fut obligée d'aller loger chez son receveur. Elle fît refaire le cloître et une partie des bâtiments. Mme Françoise d'Albret, comtesse de Nevers, fit la dépense de la boiserie du réfectoire et du vitrage, où Ton mit ses armoiries (2). >

Pierre de Fontenay avait entrepris de faire la visite du monastère; mais l'abbesse s'y opposa, et l'évêque lança à cette occasion, contre elle, une sentence d'excommunication qui fut déclarée nulle par suite des privilèges du monastère.

Les auteurs ne sont pas d'accord sur l'époque de la mort de Catherine de Boutillat : le nécrologo de la maison la porte au VIII des calendes de mars 1502 ; ailleurs on indique son décès au vin des calendes de juin 1488.

Dans tous les cas, si on admet la date du nécrologe, il faut penser que cette abbesse se serait démise de sa charge quelques années avant sa mort, car la suivante se trouve comme abbesse dans un acte de 1499.

XXVn. Jeanne IV Le Bourgoing, quoique nommée depuis deux ans, ne prit possession que le 6 septembre 1501. Elle soutint avec

(1) Archives de la ville de Nevers, tome I*% p. 392 et 393.

(2) Idem^ loco dtato.

n LES gongbëgâtions religieuses

énergie les droits de son monastère contre Tévèque de Nevers. Elle institua dans sa communauté la fête de la Présentation de la sainte Vierge, en 1510, et en 1517 celles de la Visitation et de la Compassion. Comme on le voit^ ces religieuses s'attribuaient des pouvoirs bien étendus. Elle mourut au mois de septembre 1533. XXVIII. Jeanne V d'àlbret était fille de Jean d'Àlbret, comte de Dreux et de Rethel et sœur de Jacques d'Albret, évéque de Nevers. Elle avait fait profession dans le monastère de Gharenton^ diocèse de Bourges. Elle avait atteint sa vingt-neuvième année quand elle fut nommée abbesse de Notre-Dame de Nevers. Elle obtint ses bulles du pape Clément VII, en 1533, à la date du XV des calendes de novembre; cependant elle ne prit pas immédiatement possession, car l'année suivante, 1534, ce fut Françoise Boutillac, prieure, qui conféra l'office de la sacristie, le siège étant vacant.

Le monastère avait besoin de réforme ; Jeanne d'Albret entreprit cette œuvre avec courage, et gouverna saintement cette maison. Nous avons vu dans l'histoire des congrégations d'hommes que des hommes sérieux avaient compris la nécessité de réformer la famille de saint Benoit, qui s'était laissé aller à un déplorable relâchement ; les Bénédictines avaient vu aussi les saintes lois de la discipline fléchir parmi elles. C'est à ce mal que Jeanne d'Albret avait entrepris de remédier. Nous avons dû remarquer plus haut que l'église de Saint-Genès était tout à la fois église monacale et église paroissiale, ce qui ne devait pas être sans inconvénient pour une communauté de femmes. De plus, par une anomalie dont il n'est pas facile de se rendre compte et dont on ignore l'origine, cette paroisse était gouvernée par quatre curés ayant la même juridiction. Cependant le monastère avait à part la chapelle de Tabbesse, qui devait servir à la communauté pour les offices ordinaires. On vient de démolir cette curieuse chapelle, qui remontait à la fin du onzième siècle. Il y avait en outre le chapelain du couvent. Jacques d*Albret, soit pour diminuer les conflits que cette organisation devait occasionner, soit pour alléger les charges des religieuses, réduisit à deux les curés de Saint-Genès.

La réforme avait commencé par les communautés d'hommes; et quand la régularité avait été rétablie parmi eux, celles de femmes, soit d'elles-mêmes, soit par suite de l'action des évêques, se ran-

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gèrent sous lear direction. C'est ainsi que Tabbaye de Notre-Dame de Nevers fut unie, en 1540, à la congrégation de Ghezal-Benoît. Il est encore fait mention de Jeanne d'Âlbret dans des actes de 1S60. On ignore l'époque précise de sa mort ; elle fut remplacée par la suivante.

XXIX. Marie II d'Albret. Cette abbesse n'a rien fait d'extraordinaire pendant son administration ; elle se démit en faveur de Françoise de Fontenay, et mourut le 28 décembre 1563.

XXX. Françoise de Fontbnay, par suite de la résignation de la précédente et de l'élection des sœurs, obtint la sanction royale le Yi des ides d'août 1564; mais elle ne fut bénie solennellement par Giles Spifame que le xiv des calendes de décembre de la même année^ d'après les auteurs de la Gallia christianaj qui ne sont point d'accord sur ce point avec Parmentier. Notre chroniqueur nivernais prétend que cette cérémonie eut lieu le 18 mars 1568 ; le même auteur avance qu'elle obtint du prélat, cette même année, la réunion des deux cures de Saint-Genès sous l'administration d'un seul curé (1).

Cette abbesse parvint à un âge avancé ; elle se vit dans la nécessité de demander une coadjutrice, ce qui lui fut accordé. Elle mourut plus qu'octogénaire, le xiii des calendes de septembre

Ce fut sous son administration qu'un contrat fut passé avec Madelaine, femme de Hubert de La Rivière , pour la pension de Marie et de Louise de La Rivière, ses filles, qui ont fait profession, en 1601 , dans le monastère de Notre-Dame. Cette pension fut fixée à 20 écus par an, pour chacune (2).

XXXI. Claudine de Gamaches, fille de Georges de Gamaches, seigneur de Jussy et de Quinquempoix, vicomte de Remon, baron de Châteaumeilan, et d'Anne des Guerres , fut placée dès l'âge de sept ans dans le monastère de Notre-Dame de Nevers. Cet enfant, qui avait sucé la piété avec le lait, fit de rapides progrès dans la vertu. Etant parvenue à l'âge fixé par les saints canons, elle fit sa profession religieuse, et du consentement unanime des sœurs, qui avaient su apprécier son mérite, elle fut immédiatement instituée

(1) Archives de Nevers, tome I*% p. 394.

(2) Inventaire de Tabbé de Marolies, p. 760.

prieure. Son humilité ne souffrit aucune atteinte de cette haute position, malgré sa jeunesse ; elle devint par sa piété et par sa régularité exemplaire le modèle de la communauté, et les sœurs Tentouraienl de leur estime et de leur affection. Ce fut elle que Françoise de Fontenay avait demandée pour coadjutrice. L'acte fut signé en 1591 par Henri IV, qui était alors au siège de Chartres* Claudine refusa jusqu'çn 1606 de prendre le titre d*abbesse, car, n'ayant pas encore trente ans, elle n'avait pas voulu solliciter ses bulles en cour de Rome ; elle les obtint de Paul Y, aux calendes de février 1606, et désira attendre la mort de Françoise pour se faire bénir. Ce fut le ix des calendes d'octobre qulËustache du Lys, évéque de Nevers, la bénit solennellement.

Elle s'empressa aussitôt d'établir les saintes règles de la discipline et travailla à une réforme sérieuse dans sa communauté. La clôture fut l'objet principal de sa sollicitude ; elle fit placer des grilles aux parloirs, ce qui n'avait pas eu lieu jusque-là ; elle répara les murs du monastère, renouvela le mobilier de l'église, obtint des moines de Sainte-Colombe de Sens, en 1626, des reliques de saint Loup En même temps, par ses paroles et par ses exemples, elle portait ses sœurs à la piété la plus solide, pratiquant ellemême la première les vertus qu'elle leur recommandait. En secret elle se livrait aux austérités et aux exercices de la pénitence. Sous son administration, c la congrégation de Chezal-Benoit ayant été unie à la réforme de Saint-Maur par arrêt du conseil du 2 mai 1636, l'abbaye de Notre-Dame a suivi son chef d'ordre (1). » Après avoir gouverné son monastère pendant trente-six ans avec zèle et sagesse, elle mourut en odeur de sainteté, la veille des ides de novembre 1642. Les sœurs avaient recueilli avec soin les divers actes d'une vie si bien remplie ; malheureusement ce précieux manuscrit n'existe plus.

XXXn. Gâbrielle Andaault DE Maulevrier-Langeron fut nommée par le roi abbesse de Notre-Dame de Nevers le xiv des calendes de novembre 1642; ses bulles sont datées du vi des calendes de janvier de la même année , mais elle ne prit possession que la veille des nones d'avril 1643.

Des démêlés eurent lieu en 1642 entre Eustache de Chéri et la

(t) Archives de Nevers^ tome 1% p. 394.

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communauté de Notre^^Dame ; Tévèque c voulut profiter des circonstances pour établir son autorité sur le monastère et s'y procurer le droit de visite qu'il n'avait point eu jusque-là. Il y eut de part et d'autre des procédures fort vives. M. Patru, de l'Académie française, fut le défenseur des religieuses, et son plaidoyer du 20 juin 1644 est imprimé parmi ses ouvrages. Elles furent confirmées dans leur exemption par arrêt du grand conseil (1). »

L'abbesse Grabrielle recueillit dans un beau reliquaire les nombreuses reliques de sa communauté le 12 août 1667. Le monastère sous son administration subit une nouvelle modification : c Les Pères de Saint -Maur ayant fait refus de les gouverner, Mme Gabrielle Àndrault de Langeron, abbesse, présenta sa requête à la voûte de Gluny et se fit unir à cette congrégation par acte d'Etienne Dubois, secrétaire^ du 27 avril 1668; dom Pierre Dulaurent, grand-prieur, ensuite évèque de Belley, président (2). »

 la suite de cette démarche, qui lui avait réussi, elle résolut de ne plus s'occuper que de son salut, et elle se démit en faveur de la suivante. Elle mourut à un âge fort avancé, le 17 mars 1698. XXXin. Mabie-Louise Andrault de Langeron devint abbesse de Notre-Dame de Nevers par suite de la résignation de Gabrielle, sa parente. Elle obtint de Clément X ses bulles, datées de la veille des ides de décembre 1670, et gouverna le monastère jusqu'en 1704, année de sa mort. Elle fut enterrée dans le chœur de l'église du monastère avec cette épitaphe :

Cy gist Uli^tre dame madame Marie'Louise Andrault de Langeron^ qui fut abbesse trente-trois ans. Elle mourut le ii août (704 ^ âgée de dnquante^sept ans.

Plusieurs personnes de la maison de Langeron ont leur sépulture dans ce couvent, et notamment Pierre Andrault de Langeron, mort en 1614; Jean Andrault, mort en 1617; Claude Faye d'Epoisses, veuve de Philippe Andrault, morte en 1690, etc. (3). XXXIV. Marie-Charlotte de Lévis, fille de Charles-Antoine de Lévis, comte de Charlus, et de Marie-Françoise de Paule de

(1] Archives de Nevers, loco citato.

Çt.) Idemt loco citato.

(3) Idem, tome !•', p. 395.

Béthisy, fille du marquis de Môziëres, était religieuse du monastère de Saint-Menoux quand elle fut nommée par Louis XIV abbesse de Notre-Dame de Nevers, aux calendes de novembre 1704. Après avoir reçu ses bulles, elle prit possession le m des nones de novembre 1705. Elle mourut à Bourbon-rArchambault le 10 février 1719 et fut inhumée dans Tabbaye de Saint-Menoux.

XXXV. Marie-Henriette de Lévis, sœur de la précédente, avait fait profession au monastère de Provins, où elle résidait, quand elle fut nommée par le roi pour occuper la place de Marie- Charlotte. Cette nomination est du 16 février 1719 ; elle obtint ses bulles le 9 mars suivant. Le 18 mai de la môme année (1), elle fut bénie solennellement par Edouard Bargedé, évéque de Nevers, et le 25 du même mois elle prit possession. Elle mourut à Paris, le IV des nones de mai 1731^ à Tâge de quarante-quatre ans.

XXXVI. N. Le Maître fut nommée par le roi abbesse de Notre- Dame de Nevers le vu des calendes d'août 1731. C'est le seul renseignement que les auteurs de la Gallia christiana nous ont laissé sur cette abbesse, dont ils ignoraient même le prénom. Parmentier, qui écrivait ses chroniques sur Nevers en 1770, ne nous laisse pas sur l'abbaye des renseignements plus précis ; il se contente de dire que de son temps elle était réduite à treize religieuses.

Ce nombre prouve que le personnel était bien diminué depuis deux siècles; à la fin du seizième , on comptait dans ce monastère jusqu'à quatre-vingts professes.

Outre le prieuré de Marcigny, dont nous avons eu déjà occasion de parler, les religieuses de l'abbaye avaient encore sous leur dépendance Notre-Dame-du-Montot $ la prieure était nommée par Tabbesse, qui choisissait toujours une de ses religieuses. En 1770, ce prieuré n'était plus qu'un vain titre ; il n'en restait qu*une petite chapelle actuellement détruite.

(1) Parmentier, dans son Histoire manuscrite des évêques, n'admet pas la date indiquée par les auteurs de la Gallia christiana pour cette cérémoaie ; il a porte au lundi de la Pentecôte, 29 mai.

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