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CHAPITRE XIX

SUITE DES SUPÉRIEURES GÉNÉRALES

SOEUR ELISABETH BRU6ÈLES, t3« SUPËBIEURE GÉNÉRALE.

A la Mère Emilienne Pelras succéda sœur Elisabeth Brugèles, née à Castelnaudary^en 1784. Elle unissait à une vertu solide des qualités éminentes ; pendant douze ans elle avait dirigé avec une grande sagesse l'hospice de sa ville natale. Dès le début de son gouvernement, en 1839, elle éprouva de grandes difficultés qui entravèrent le bien qu'elle désirait faire dans la Congrégation. Elle forma cependant plusieurs maisons considérables, entre autres, en 1839, l'orphelinat et l'asile de Castelnaudary; en 1840, l'établissement de Varennesles-Nevers, dévenu plus tard Tun des plus importants de l'Institut, et, en 1842, l'orphelinat et l'asile d'Autun.

La Mère Elisabeth, voyant son action paralysée dans le gouvernement de la Congrégation , attribuait à son impuissance le malaise qui se manifestait; elle pria Mgr Naudo, évèque de Nevers, de lui permettre de déposer un fardeau qui lui paraissait au-dessus de ses forces; elle ne voulut pas attendre la fin de son premier triennal. Le prélat se rendit à ses sollicitations; elle se retira donc, au grand regret de toute la Communauté, qui Tentourait de son affection et de sa vénération. Elle reprit la direction de l'hospice de Castelnaudary, qu'elle a gouverné encore près de trente ans et où elle a terminé une vie pleine de jours et de mérites le 31 janvier 1871. Sa mémoire

y est restée bénie de tous, mais surtout des pauvres qu^elle aimait comme ses enfants, et dont elle était chérie comme une mère.

La sœur Charmasson, assissante de la Mère Brugèles^ gouverna la Maison-Mère jusqu'à l'élection de la nouvelle supérieure générale (1).

SŒUR iLÉONORË 8ALGUES, 14- SUPÉRIEURE GÉNÉRALE.

La Congrégation avait eu à subir pendant plusieurs années des épreuves multipliées; mais la Providence lui avait ménagé dans sœur Eléonore Salgues une supérieure expérimentée qui devait faire revivre les plus beaux jours de sa prospérité.

c Née au château de Meuilhac, non loin de Figeac (Lot), le 18 juillet 1796, sœur Eléonore Salgues appartenait à une famille honorable et surtout profondément religieuse, qui se fit remarquer, dans ces temps malheureux, par son attachement à la vraie foi et par son dévouement à la bonne cause. Son père se distinguait par son inépuisable charité, et sa mère par sa haute piété et par son grand attrait pour la vie intérieure. Ses enfants avaient été les fruits d'une si vertueuse union. Sœur Eléonore, qui portait le nom de Lucie, était la plus jeune de la famille, et, pour cette raison sans doute, l'objet d'une prédilection marquée. Son^excellent père surtout l'afTeclionnait d'une manière toute spéciale. Avait-il le pressentiment qu'il ne devait pas en jouir longtemps dans ce monde ?...'Une mort prématurée vint en effet le ravir à sa jeune famille avant que Lucie fût sortie de l'enfance.

» Mme Salgues, désolée de la perte d'un si digne époux, se retira complètement du monde et transforma le château de Meuilhac en une sorte de communauté ; tout y était réglé avec un ordre parfait. Les exercices de piété y tenaient le premier rang, et s'y faisaient avec la plus régulière exactitude (2).

La jeune Lucie, entraînée par la légèreté de son âge, avait bien quelque peine à suivre le règlement établi; cependant elle commençait déjà à faire de sérieux efforts et annonçait par sa générosité ce

( I ) Annales de la Congrégation .

(1) Idei%, .

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qu'elle serait un jour. Elle eut ses défauts, parmi lesquels dominaient surtout une grande fierté de caractère et une grande ténacité de volonté, que la grâce changea plus tard en humilité profond» et en parfaite obéissance.

L'attache que Lucie montrait pour sa volonté effrayait beaucoup son excellente mère. Craignant de ne pouvoir dominer cette nature impérieuse, elle résolut de confier Téducation de sa fille à deux anciennes religieuses que la Révolution avait chassées de leur couvent. Lucie avait huit à neuf ans quand Mme Salgues la conduisit auprès de ces institutrices. Tandis que cette excellente mère leur faisait part de ses inquiétudes relativement au caractère de sa fille, Lucie, qui avait entendu la conversation , s'avança tout-à-coup et dit d'un ton résolu : Eh bien^ oui y fat toujours fait ma volonté^ et je la ferai toujours. On comprend que ces paroles durent faire une vive impression sur Mme Salgues; mais étant revenue au bout d'un mois, elle fut bien consolée en entendant sa chère enfant lui dire : Maman^ je vous avais dit que je ferais toujours ma volonté; je tiens ma parole^ car je ne veux que ce que mes maîtresses veulent. Toute la vie religieuse de sœur Eléonore se trouve dans cette réponse : elle voulut ce que Dieu voulut d'elle; elle le voulut fortement, généreusement, efficacement.

La première communion , à laquelle elle se prépara avec le plus grand soin , acheva detla confirmer dans ses bonnes résolutions et à en faire un modèle de sagesse et de piété. Cependant elle était loin de songer à la vie religieuse; la voix de Dieu ne s'était pas encore fait entendre. Quelques années plus tard» elle n'avait pas encore seize ans, elle fit part à sa mère de son désir de se consacrer à Dieu; mais cette bonne mère voulut la retenir au sein de sa famille jusqu'à ce qu'elle eût atteint sa seizième année. Vers la même époque le Seigneur avait exigé de Mme Salgues un autre grand sacrifice : son fils aîné l'avait quittée pour entrer au grand séminaire de Cahors. Il mourut diacre, en soignant des pestiférés.

Ayant obtenu le consentement de sa mère, Lucie alla faire son postulat à Figeac , au pensionnat de Sainte-Marthe , puis elle partit pour Nevers, ayant à peine dix-sept ans. Elle ne tarda pas à être admise à la prise d'habit, où elle reçut le nom d'Eléonore. Peu de temps après son arrivée à Nevers elle écrivait à une de ses sœurs qui voulait aussi entrer dans la vie religieuse , mais qui hésitait sur le choix de Tlnstitut : « J*ai trouvé le del^ viens!,,, i , ^

P4N9 tB DIOGiBS DE NBVBRS. m

Quelques iDoi$ plue tard, elle avait la consolation de voir sa sœur la joindre. Celle* ci devait la devancer au ciel» après avoir dirigé avec sagesse et dévouement l'hospice général de Rodez. Elle portait en religion le nom de Joséphine.

Le temps du noviciat de sœur Eléonore fut traversé par de grands orages politiques; on était en 1814 et en 1815. Un moment la Communauté de Nevers eut à craindre de se voir dispersée. La digne Mère Victoire Albouys» alors supérieure générale, se rendit au noviciat et engagea les jeunes sœurs qui le composaient à rentrer dans leurs familles ; mais toutes déclarèrent qu'elles étaient déterminées à ne point quitter leur cher noviciat. Parmi elles se trouvait sœur Eléonore, qui ne balança pas à prononcer ses vœux le 15 mai 1815, n'ayant pas encore atteint sa dix-neuvième année. Pendant son temps d'épreuve elle avait été envoyée pour quelques mois à Saint- Pourçain » où on Tavait employée à l'œuvre des classes. Après sa profession elle fut rendue à la même maison, à la satisfaction générale des élèves et de ses compagnes.

Elle ne mettait point de bornes dans l'exercice des fonotioi^a qui lui étaient confiées ; aussi en peu d'années sa santé fut sérieusement compromise et ses supérieurs jugèrent indispensable de lui imposer un repos complet ; elle fut envoyée à Figeac dans l'espoir que son air natal la rétablirait.

Ce fut en se rendant à Figeac qu'elle fit la connaissance de M. Tabbé Lacroix, qui fut plus tard élevé au siège de Bayonne, et qui était alors supérieur du grand séminaire de Rodez. Ce digne et pieux ecclésiastique fut pendant quelque temps son guide spirituel et lui fit faire de rapides progrès dans la voie de la perfection* Devenu évéque, il ne perdit pas de vue cette âme d'élite, et il continua d'être en correspondance avec elle , ce qui fut pour elle une grande consolation et un grand secours dans l'importante mission que le Seigneur devait lui confier.

La santé de sœur Eléonore fut longtemps à se remettre, ou, pour mieux dire, ne se remit jamais entièrement. Une amélioration se manifesta cependant, et la pieuse religieuse en profita pour s'adonner aux œuvres de charité. La digne Mère Joséphine Ladet, qui dirigeait alors l'hospice de Figeac, avait compris tout ce qu'il y avait de ressources dans sœur Eléonore; se voyant âgée et infirme, elle exprima à ses supérieurs le désir qu'elle éprouvait de se voir remplacée par elle. Ses vœux furent exaucés, et sœur Eléonore ne tarda pas à être

nommée supérieure de cet établissement ; elle s'y fit remarquer par son zèle, son dévouement et par Tordre pariait qu'elle établit dans son administration.

c Appelée au gouvernement de la Congrégation en 1842, elle put exercer sur une plus grande échelle les qualités supérieures qui la distinguaient. La sérieuse responsabilité qu'allait faire peser sur elle la charge importante et difficile que la divine Providence lui confiait effraya d*abord son humilité ; mais ranimant son courage au pied de la croix, elle déploya dans l'accomplissement de ses nouveaux devoirs une foi, une sagesse, une prudence, un tact, une fermeté et un dévouement au-dessus de tout éloge La position était fort délicate; il lui fallut la rare force de caractère et l'insinuante persuation dont elle était douée pour dominer les esprits qui auraient pu entraver son action et pour porter les autres à seconder ses vues. Elle eut à souffrir dès le début, mais elle souffrit avec énergie, et bientôt elle triompha des difficultés (1). »

A l'époque de l'élection de sœur Eléonore Salgues comme supérieure générale, le clergé du diocèse de Nevers était composé de prêtres appartenant à graiid nombre de diocèses étrangers, et la fusion ne s'était pas encore établie entre eux et ceux qui étaient originaires du pays. Avec les meilleures intentions, chacun introduisait dans la paroisse qui lui était confiée des usages qui ne concordaient pas toujours avec ceux admis dans notre Nivernais. De là des tiraillements que les laïcs eux-mêmes entretenaient quelquefois. Un semblable état de choses avait du retentissement jusque dans les communautés religieuses et avait contribué à nuire à cette unité si désirable pour le maintien de la paix et de la charité. D'un autre côté, les évéques successifs avaient eu trop à faire pour recueillir les pierres dispersées du sanctuaire et pour réparer tant de ruines matérielles et morales ; il leur était impossible de s'occuper des détails de la Congrégation dont ils étaient les supérieurs nés et de lui donner l'impulsion nécessaire. Telle était la situation générale quand la Providence suscita simultanément la Mère Eléonore e^ Mgr Dufétre. L*un et Fautre connaissaient les difficultés qu'ils allaient rencontrer, et tout en se soumettant aux desseins de la

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DANS LE OlOGÈSË DB NEVERS. 395

Providence, ils éprouvaient de douloureuses appréhensions. Nous venons de parler des anxiétés de la Mère Eléonore à l'époque de son élection ; le grand-vicaire de Tours éprouvait les mêmes sentiments quand vint le moment de prendre une détermination définitive* c f espère bien^ écrivait-il, que Dieu m^ épargnera ce fardeau », quand on lui parlait de sa prochaine promotion à l'épiscopat. On lit dans sa vie qu'au moment décisif, en passant à Lyon, il voulut, pour mettre son âme en paix, Touvrir tout entière à un prêtre modeste dont la sainteté lui inspirait une grande confiance.

c Je ne cherche que la gloire de Dieu, lui dit-il avec simplicité, et je suis intimement convaincu que je ne ferai jamais, comme évéque, le bien qu'il m'est donné de faire comme missionnaire. > — € Eh bien ! répondit l'homme de Dieu, continuez vos missions et tâchez de décliner le fardeau de l'épiscopat. »

Cependant le zélé missionnaire était pressé par d'autres qui étaient aussi dignes de sa confiance. Nous avons dit précédemment que

Mgr Donnet, archevêque de Bordeaux, ne balança pas, pour mettre

fin à ses perplexités, h lui exposer, entre autres considérations, qu'il trouverait dans la congrégation des sœurs de la Charité un vaste champ digne de son zèle. Cette chère Congrégation fut donc pour te futur prélat, qui aurait voulu se contenter de ses fonctions de missionnaire, un motif déterminant. Et cependant il ne connaissait pas encore la Mère Eléonore Salgues, qui devait, simultanément avec Tévéque, travailler à la grande œuvre d'apaisement et de restauration.

Mgr Dufêtre ne tarda pas à découvrir le mérite de la Mère Eléonore, et ces deux grandes âmes firent de constants efibrts pour donner un nouvel élan à l'esprit religieux comme aux œuvres de l'Institut. La Congrégation, sous leur habile direction, prit un développement considérable , et ses établissements acquirent un degré de prospérité qu'ils n'avaient pas atteint jusqu'alors. La Mère Eléonore les visita presque tous, opérant dans tous le plus grand bien, soit par d'heureuses réformes, soit par de précieux encouragements. Elle rendit plus fréquents et plus intimes les rapports des maisons particulières avec la Maison-Mère, et voulut que des retraites générales réunissent les sœurs tous les ans, afin qu'elles pussent se retremper ensemble dans l'esprit de leur saint état. De concert avec Mgr Dufêtre, elle donnait un soin spécial à ces saints exercices qu'elle présidait

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chaque année à Nevers et dans une des maisons du Midi. Ils produi sirent les fruits les plus consolants.

La Mère Eléonore n'oubliait pas que sa Congrégation était vouée à Téducation de la jeunesse et devait travailler à se perfectionner dans renseignement ; elle dirigea de ce côté son attention et ses soins ; elle voulut que le mode fût uniforme dans toutes les maisons conûées aux sœurs, ce qui devait profiter aux maîtresses des classes et à leurs élèves. De son côté, Mgr Dufêtre favorisa de tout son pouvoir ce mouvement qui obtenait déjà les plus heureux résultats, quand éclata la révolution de 1848.

c La Congrégation ressentit, comme tous les établissements religieux, la secousse générale, mais elle n'en fut pas ébranlée. La force d*àme et la confiance de la Mère Eléonore donnaient du courage à toutes ses filles. Les jeunes sœurs du noviciat montrèrent la même générosité que leurs devancières de 1815 Au lieu d'accepter la proposition qui leur fut faite de rentrer dans leurs familles, elles demandèrent, avec instance, la faveur d'être admises à prononcer leurs vœux. La Mère Salgues, comme la Mère Àlbouys, ne put que louer et encourager de si nobles sentiments (1). »

n L'esprit de pauvreté se révélait dans cette pieuse religieuse,

dans tout ce qui était à son usage ; son oubli d'elle-même allait jusqu'à la plus entière abnégation. Sa charité pour les pauvres était admirable; elle descendait jusqu'aux moindres détails de leurs besoins, et mettait tous ses soins à les soulager. La plus grande partie des revenus de son patrimoine était employée en bonnes œuvres, et presque tous les biens qu'elle laissa en mourant furent légués à des établissements charitables.

D Elle avait un attrait tout particulier pour l'enfance, dont elle aimait la candeur et la simplicité. Qui ne se rappelle encore la joie dont brillait son regard si expressif quand elle se voyait entourée par les élèves des pensionnats et des écoles de la Congrégation, surtout par ses chères orphelines de Nevers et deVarennes?... On aurait dit que son âme se dilatait pour les réunir toutes dans ses plus tendres affections.

» Mais le plus cher et le plus constant objet de ses soins était le

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noviciat, où son zèle se trouvait si bien secondé par celui de la mal* tresse qui le dirigeait alors. Unies par les liens d'une étroite amitié et d'une confiance réciproque, ces deux vertueuses Hères mettaient tout en œuvre pour inspirer aux postulantes et aux novices Testime et Tamour de la vie religieuse...

1 Elle avait mille industries pour exciter la ferveur des jeunes sœurs et pour soutenir le zèle de celles qui étaient plus avancées. Elle était l'âme des récréations, comme de tous les autres exercices de la Communauté. Tout était vie autour d'elle. Dieu seul peut apprécier le bien qu'elle a fait au milieu de cette grande famille, qui par un suffrage presque général, quatre fois répété, lui confia pendant dix ans ses plus chers intérêts I Rien n'échappait à son active surveillance : des affaires les plus compliquées elle descendait aux plus simples détails. Elle entrait surtout dans l'intime de la vie religieuse, dont la pratique faisait ses délices.

» An mois d'octobre de Tannée 1851 , la Mère Eléonore fit dans les maisons du Midi une tournée qui la fatigua beaucoup, mais qui fut une grande consolation pour son cœur.

> De retour à la communauté, elle voulut s'occuper des jeunes novices et des jeunes postulantes qui, au nombre de cent douze, se préparaient, les unes à la profession, les autres à la véture religieuse. Ce surcroit de travail acheva d'user ses forces. Une fluxion de poitrine se déclara et dégénéra en pulmonie. Le repos absolu fut prescrit à la malade, qui se conforma exactement à l'ordre du médecin, mais qui souffrit plus de son inaction que de sa maladie. Elle supporta tout cependant avec son courage ordinaire, et donna jusqu'à la fin à la Congrégation l'exemple d'une résignation pleine d'amour à la volonté divine. J'aime mes souffrances^ disait-elle, fy tiens beaitcoup ! Que ne lui en coûtait-il pas cependant pour rester sans nouvelles de cette Congrégation qu'elle chérissait si tendrement ! Ah ! disait-elle quelquefois à Monseigneur, veuillez permettre qu'on m'en parle au moins un instant chaque jour,.,

> Cette courageuse Mère, presque mourante, voulut encore présider le chapitre de trente-deux novices qui se disposaient à la profession religieuse. Le chapitre terminé, elle rassembla toutes ses forces pour adresser aux nouvelles élues quelques mots ou se peignait toute son affection pour ces jeunes sœurs et pour la Congrégation.

9 Mgr Dufétre, qpi suivait avec anxiété les progrès du mal, venait souvent entretenir la fervente Mère des espérances étemelles; car elle

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ne se faisait pas illusion sur son état. Le digne préliat lui avait promis de Favertir quand le moment serait venu pour elle de recevoir les derniers sacrements, et il le fit avec la foi qui le caractérisait. Sa Grandeur voulut assister à cette cérémonie, qui fut des plus émouvantes (1).»

Il n'entre pas dans notre plan de reproduire tous les détails cependant si édifiants des derniers moments de la vénérable Mère Eiéonore ; mais nous devons rappeler que sur la demande expresse de Mgr Dufêtre, qui l'assistait, elle bénit toute la communauté réunie de nouveau autour de son lit, à ce moment suprême.

Ce fut le 12 mars 1852, à huit heures et demie du soir, que cette sainte religieuse consomma son sacrifice et alla se reposer dans le sein de Dieu.

Sous son généralat, la Congrégation prit une extension considérable : cinquante-deux établissements furent fondés et un grand nombre d'autres se développèrent rapidement, sous le zèle dévorant de cette ftme de feu.

Nous avons pu remarquer combien fut laborieux le généralat de la vénérable Mère Eléonore Salgues; on peut s'en faire une idée par le nombre d'établissements qu'elle fonda , sans parler des améliorations qu'elle introduisit dans ceux qui étaient déjà en exercice. Cinquante-deux maisons fondées en dix ans, c'était plus qu'il n en fallait pour afiaiblir une santé déjà bien altérée.

En 1842, elle fondait à Chalon-sur-Saône un établissement pour des

classes et un asile.

La même année Saint-Cirgues (Puy-de-Dôme] confiait aux sœurs de Nevers une miséricorde et un asile.

1843, la même Congrégation était chargée de l'hospice, du pen-

sionnat et de l'externat de Lombez (Gers).

— Labastide (Lot), miséricorde, classes.

— Bourganeuf (Creuse), pensionnat, classes.

1844, Beaumont-sur-Oise (Seine-et-Oise), pensionnat , classes ,

asile.

— Yillefranche (Aveyron), pensionnat, externat.

— Olonzac (Hérault), pensionnat, externat.

(1) Annales de la GongrégaUon.

DANS LG DIOCÈSE DE NBVËR8. 399

En 1844, Mirefleur (Puy-de-Dôme), miséricorde, classe.

— Limoges, hôpital des aliénés.

1845, Arpigon (Cantal), miséricorde, classes.

— Brive (Corrèze), pensionnat, classes.

— Miramont (Lot-et-Garonne), miséricorde, pensionnat,

externat.

1847, Toulouse, pensionnat, externat.

• — Belnave (Allier), miséricorde, classes.

1848, Argentat (Corrèze), hôpital.

— Beaumont-sur-Lëze (Haute-Garonne) , miséricorde, pen-

sionnat.

1849, Saint-Girons (Arriége), hospice.

— Brive (Corrèze), orphelinat de la Providence.

— Tulle, œuvre des prisons.

r- Chambly (Oise), hôpital , classes, asile.

1850, Gignac (Hérault), pensionnat, classes, asile.

— La Cavalerie (Aveyron), miséricorde, pensionnat, externat.

— Mâcon, asile de la miséricorde.

— Mauvezin (Gers), pensionnat, externat.

— Pignans (Var), hospice, classes.

1851 , Bordeaux, asile des sourdes et muettes.

— Bagnères (Hautes-Pyrénées), pensionnat, externat.

— Rive-de-Gier (Loire), asile pour la vieillesse.

1852, Gannat (Allier), classes, asile.

— Giroussens (Tarn), miséricorde, classes.

— Rodez, hospice des aliénés.

— Lembeye (Basses-Pyrénées), pensionnat.

Jusqu'ici nous n'avons fait mention que des établissements fondés dans les diocèses étrangers sous le généralat de la Mère Eléonore. Mgr Dufétre , qui l'avait aidée énergiquement dans ces différentes fondations, ne pouvait oublier le diocèse de Nevers, car il comprenait les avantages qui devaient en résulter pour les paroisses confiées spécialement à sa sollicitude pastorale. Dès son arrivée à Nevers, le zélé prélat porta ses pensées vers les petites orphelines de Nevers, comptant sur les sœurs pour cette œuvre ; presqu'en même temps, il avait jeté ses regards sur l'ancienne maison de Varennes-les-Nevers pour des orphelines d'un âge plus avancé, avec l'intention d'y joindre deux autres œuvres : celle du refuge et

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un pénitencier déjeunes détenues. Un grand nombre de maisom furent encore établies dans diverses localités du diocèse; nous pouvons citer:

En 1842, Ouroux, miséricorde ^ pensionnat, classes* 1844, Chàteau-Chinon, hospice, miséricorde.

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