IV. — SŒURS DE LA CHARITÉ DE BESANÇON
En 1799, une religieuse de la Cbarité de Paris, rejetée dans sa famille par la tourmente révolutionnaire, continua, dans son pays natal,^ à Sancey (Doubs), à se dévouer à l'instruction des enfants ; mais, forcée de s'expatrier, elle se réfugia au Landrow (Suisse), où elle fit encore la classe aux petites filles. Là, ayant rencontré M. l'abbé Bacofie, curé de Notre-Dame de Besançon, exilé comme elle et animé des mêmes sentiments de zèle et de charité , ils résolurent de fonder, dès qu'ils pourraient rentrer à Besançon, une congrégation de sœurs dites de la Charité, pour instruire les enfants pauvres et soigner les malades. Ce qui eut lieu avec l'autorisation de Mgr l'Archevêque.
Dès 1810, Napoléon, ayant autorisé la nouvelle congrégation, demandait des sœurs pour Naples. Cet établissement a fait et fait encore beaucoup de bien en Italie et en Savoie.
La congrégation des sœurs de la Charité de Besançon possède dans le diocèse de Nevers six établissements de deux ou trois religieuses chacun, fondés : à Tracy, en 1856, par M. le comte de Laubespin ; *- à Saint-Ândelain, en 1857, par M. le comte Lafond ; — à Parigny-les-Vaux, en 1862, par M. Tabbé François Monsinjon, alors curé de cette paroisse; — à Sermages, en 1864, par M. le curé Bergeras, de pieuse mémoire; — à Âlluy, en 1871, par le zélé curé de la paroisse, le même M. F. Monsinjon; — à Isenay, en 1877, par Mme Petit de Touteuille.
'i3i LE8 CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES
V. — SŒURS DE l'instruction CHRÉTIENNE DE L'ENFANT-JÉSUS DU PUY. — SŒURS DU SAINT- ENFANT- JÉSUS DE CHAUFFAILLES. — SŒURS DE LA SAINTE-ENFANCE DE SENS.
!• La pieuse société des sœurs de l'instruction chrétienne de l'Enfant'JésuSy instituée au Puy-en-Velay vers Tan 1668, demeura inconnue dans le Nivernais jusqu'après la Révolution, où elle ne possède aujourd'hui que deux petites communautés dans les paroisses de Maux et de Lanty.
2o Cependant, en 1846, M. l'abbé Lambert, chanoine honoraire d'Autun , curé-archiprétre de Chauffailles , avait appelé dans sa paroisse les bonnes sœurs du Puy pour leur confier le soin d'élever les jeunes personnes. Cette maison prospéra si rapidement, qu'elle devint presque aussitôt un dies noviciats de la société. En 1858, elle avait déjà fondé près de soixante établissements dans les diocèses d'Autun, de Lyon, deBelley, de Nevers et de Moulins, à tel point qu'il parut opportun d'ériger en congrégation religieuse cette portion de la société du Puy, de la séparer de celle-ci pour le spirituel et le temporel , et d*ériger en maison-mère et en chef-lieu de toute la congrégation la maison de Chauffailles.
Ce projet, approuvé par les deux évoques du Puy et d'Autun, fut réalisé l'année suivante, et, en 1865, la nouvelle congrégation du Saint'Enfant-Jèsas de Chauffailles obtenait une autorisation légale.
Cinq maisons, de [trois sœurs chacune, dont deux sœurs pour l'école de filles et une pour la visite des malades, ont été fondées : à Poil, en 1853, par M. le baron'de Galembert ; — en 1858, à Millay, par M. de Laplanche ; — en 1861 , à Glux , par M. le comte d'Aboville ; — en 1876, à Fâchin , par le curé de la paroisse, M. l'abbé Paupert ; — en 1877, à Villapourçon , par M. le curé Goguelat (1).
3^ Les sœurs de la Sainte-Enfance de Sens qui ont aussi pour mission le soin des classes et la visite des malades , possèdent également cinq maisons dans le diocèse : à Charrin, La Nocle, Montambert, Perroy, Saint-Hilaire-Fontaine.
(1) Notes communiquées par Mme la Supérieure de la maison-mère de Chauffailles (Saône-et-Loire).
Yl. — SCBURS DE SAINT-JOSEPH DE BOURG. — SŒURS DE SAINT7PAUL DE CHARTRES. -- SŒURS DE LA CROIX. — SŒURS DU SAINT-SACRE- MENT D*AUTUN. — SŒURS DE SAINT-YINCENT-DE-PAUL.
1® C'est à Mgr Dévie, promu à révêché de Belley en 1823, que revient la gloire, sinon de la fondation, au moins de Taccroissement rapide de la congrégation des sœurs de Saint-Joseph de Bourg.
Déjà, les religieuses de Saint-Joseph de Lyon, qui suivaient les règles de la congrégation des sœurs ou des filles de Saint-Joseph , fondée en 1650 au Puy-en-Velay, avaient quelques établissements dans le diocèse de Belley. Le pieux évéque fit quelques articles additionnels à leurs constitutions, établit à Bourg (Âin) un noviciat général, séparé de celui de Lyon; et le noviciat devint bientôt une importante maison-mère dont les filles , franchissant les limites de la France, se sont répandues dans les deux mondes.
Cinq paroisses du diocèse ont des sœurs de Saint-Joseph de Bourg : Mesves , Pouilly , Saint-Léger-de-Fougeret , Raveau et Vielmanay.
2^ La communauté des sœurs hospitalières et enseignantes de Saint'Paul de Chartres (Eure-et-Loir) a pris naissance, avec le dixhuitième siècle, dans un village de la Beauce. Elle eut pour fondateur, en 1700, M. Chauvet, curé de Levéville-la-Chenard , puissamment secondé dans son œuvre par Mlles de Tilly et du Tronchay, qui furent les premières supérieures.
Ce n'est pas en vain que la communauté fut placée sous la protection et le vocable de TApôtre des nations. Dès l'année 1717, quatre sœurs de Saint-Paul étaient installées à l'hôpital militaire de Cayenne ; on en compte aujourd'hui soixante dans cette colonie. En 1775, elles desservaient les principaux établissements de Tlle- Bourbon et de l'Ile-de-France.
Après la Révolution, les sœurs purent se réorganiser, en 1803, et elles furent approuvées par décret impérial en 1811. Indépendamment des maisons qu'elle possèdent à Tétranger, telles que la Guyane française, là Guadeloupe, la Martinique, Hong-Kong en Chine, Macao et Saigon en Cochinchine , ainsi qu'au Japon , elles comptent divers établissements dans plusieurs diocèses de France, dont deux dans le diocèse de Nevers : à Luzy, où elles desservent
l'ancien hôpital Saint- Jacques; à Prye- la-Fermeté^ où elles furent installées d'abord en 1862, près de l'église paroissiale, par la noble famille du Bourgs jusqu'en 1871 ; puis à La Fermeté, chef-lieo de la commune de Prye, où elles demeurent actuellement, avec le concours de la commune et d'un riche propriétaire de Cigogne, M. Ernest Chenest.
3^ Â.vec notre siècle prit aussi naissance la congrégation des FiUeS' de-la-'Croix , dites ^ceur^ de Saint^Andréy dont la maison-mère est à La Puye (Vienne). Un vénérable prêtre du diocèse de Poitiers, Pabbé André Fournet, plus connu sous le nom de Père André, en fut le fondateur avec Mlle Elisabeth Bichier des Ages, en 1804 (1). Bientôt le Poitou , le Berry, la Bourgogne , la banlieue de Paris demandèrent des Filles de la Croix, et le Nivernais aussi ; la communauté de Bazoches, près Lormes, est une des premières fondations de la congrégation. Plus tard, en 1853, deux autres maisons furent établies : Tune à Ânthien , près Corbigny, par la famille de Certaines, la généreuse bienfaitrice du pays; l'autre àPouques, dans le doyenné de Lormes, par le zèle intrépide du curé delà paroisse, l'abbé Monsinjon (actuellement à Âlluy), secondé par les familles de Vibraye et de Certaines. Ces deux petites communautés ont eu la consolation d'être installées par le bon Père Muard, fondateur du monastère de la Pierre-qui-Yire.
4fl L'institut des sœurs du Saint- Sacrement doit son existence au zèle d'un ecclésiastique de Mâcon, M. Tabbé Louis Agut. Après avoir fondé, vers 1733, dans un faubourg de la ville, un petit hôpital pour le soulagement des malades abandonnés, ce saint prêtre conçut ensuite le projet de former une société de pieuses filles qui, sous le nom de sœurs du Saint-Sacrement, s'appliqueraient à soulager les infirmes et à instruire les enfants. Dès l'année 1751 , le nouvel institut avait des sœurs hors de maison (2). Larochemillay est la seule paroisse du diocèse de Nevers où les sœurs du Saint-Sacrement soient établies.
5"* Quant aux Filles de la Charilèf instituées par saint Vincent de
(1) Vie du bon Père André-Huberl Fournet, par le R. P. Rigaud. Poitiers, 1873.
(2) Règles des sœurs du Très-Saini-Sacrement, — Notice sur M. Agut. Autun, 186i.
OâNS le OIOGËSE de NEVERS. 437
Paul, dont elles portent si noblement le nom, elles sont si universellement connues qu'il serait superflu de nous y arrêter; elles n'ont, elles aussi y dans le diocèse, qu'une maison fondée en 1869 par Mlle Octavie de Saulieu, à Lurcy-le- Bourg. Les sœurs, au nombre de quatre, outre le soin des classes et la visite des malades , tiennent un ouvroir et un orphelinat.
VII. — SŒURS DE SAINT-FRANÇOIS-D* ASSISE. — SŒURS DE SAINT* FRANÇOIS-DE-SALES, DITES DE L'UNION. — SŒURS DU TIERS- ORDRE DU GARMEL D'AUTUN.
l^Un tout jeune prêtre, mais déjà zélé missionnaire de la maison des Chartreux de Lyon , avait reçu en 1819 le soin de la direction d'une société de jeunes ouvrières dont la maîtresse , Mlle Rollet , éprouvait un vif attrait pour la vie religieuse.
Avec cet instinct des grandes œuvres qui dominait en lui , l'abbé Dufêtre, le futur évêque de Nevers, pressentit le merveilleux développement auquel Dieu appelait cette humble famille. Il s'empressa de resserrer par une règle commune le lien qui unissait déjà ces jeunes ouvrières, et il les forma peu à peu aux vertus de la vie religieuse. Huit ans plus tard , la petite communauté fut affiliée an tiers- ordre de la Pénitence-de-Saint-François ; elle prit dès-lors un accroissement merveilleux, et la congrégation des sœurs de Saini'FrançoiS' d'Assise se répandit dans beaucoup de diocèses de France (1 ). L'instruction des enfants pauvres et la visite des malades , les soins de l'infirmerie, de la lingerie, de la dépense dans les maisons d'éducation dirigées par des ecclésiastiques : tel est le genre de leurs occupations dans leurs divers établissements. C*est ainsi que, dans le diocèse de Nevers, elles furent appelées à Lucenay-les- Âix par M. le curé Gonin, pour les classes et les malades, et qu'elles ont été depuis établies en 1863 au petit séminaire de Pignelin, en 1868 à l'institution Saint-Cvr de Nevers.
2® Les sœurs de Saint- François-de-Sales , établies dans le diocèse
(l) Vie de Mgr Dufêlre, évêque de Nevers^ par Mgr Grosnier (chap. II.; — Paris, 1868.
de Rodez au milieu du diz*septiëme siècle et reconnues par le Gouvernement sous le titre de scsurs de Saint-Joseph^ dites de rUnion^ ont le môme but. Elles ont été appelées à Nevers pour tenir Tinfirmerie du collège, depuis son érection en lycée, en 1862.
30 La petite communauté du tiers-ordre de Notre-Dame du Mont» Carmel d'Autun ne date que d*une vingtaine d'années. D'abord simple association de personnes vivant dans le monde et réunies entre elles par le lien du tiers-ordre du Carmel, elle devint en 1858 une communauté ayant ses constitutions que Mgr de Marguerye daigna revêtir de son approbation. La vie des sœurs devait être une vie de travail manuel, n'excluant pas d'ailleurs les œuvres de charité et de dévouement. Dans cet esprit, les sœurs sont venues en 1877 à Château-Chinon pour y prendre la charge de la sacristie, de l'infirmerie et de la lingerie de l'institution libre de Saint-Romain.