H. — SŒURS DE LA PROVIDENCE D'ANOERS ET DE SENS
Plusieurs autres congrégations de religieuses dites de la Providence, fondées en divers lieux, dans le but de travailler à Tinstruction des enfants et au soulagement des pauvres malades, ont aussi quelques maisons dans le diocèse :
1® Les sœurs de la Pommeraye (Maine-et-Loire), ainsi nommées du lieu de leur maison-mère, qui est aussi le lieu d'origine de leur fondatrice. Mère Marie-Joseph (Marie Moreau), mais plus connues sous le nom de soèurs de la Providence d'AngerSj parce qu'elles sont sous l'autorité immédiate de Mgr TËvéque d'Angers. Leur existence remonte à Tannée 1811. Ce ne fut qu'en 1845 cependant que Mgr Angebault approuva leurs statuts , et un décret impérial les a légalement reconnues le 25 mars 1852. Trois petites communautés, de deux sœurs chacune, ont été établies : dans la paroisse de Ghevannes-Changy, en 1868, par la munificence des familles du Prat etdeBrézé; — en 1875, àArthel, par M. le vicomte et Mme la
(1) Vie de M. Vabbé Mcye^ de la Société des Missions étrangères, par M. Tabbé. J. Miurehal, vioiiire général de Sainl-Dié. — Paris, 1872.
DANS LE DIOCÈSE DE NEVERS. 43t
vicomtesse de Léautaud ; — en 1876, à Saînt-Germain-des-Bois, par les soins de M. Tabbé Sery, curé de la paroisse.
2* Les sœurs de Ligny-U-Chàtely au diocèse de Sens, pour cette raison aussi nommées communément 5a?tir5 de la Providence de Sens. Elles ont deux maisons : Tune à Alligny, près Cosne, établie depuis trente-sept ans, et qui jusqu'à cette année était communale; Tautre à Couloutre.
m. — SŒUBS DE LA SAINTE-FAMILLE DE BESANÇON.
Une simple femme, Jeanne-Claude Jacoulet, née en la paroisse de Bregille, près de Besançon, en 1772» de parents qui vivaient dans un état voisin de la pauvreté, fut, au commencement de ce siècle, la fondatrice et première supérieure générale de la nouvelle congrégation. Tandis qu'au milieu des ruines de l'Église de France les mains du sacerdoce relevaient le sanctuaire, des mains plus cachées rouvraient l!école et le cloître , renouant les traditions de science solide, de piété forte, de dévouement obscur, plus nécessaires que jamais à l'éducation des Olles. Ce fut le grand mérite de Mère Jacoulet, dit son illustre historien (1), d*avoir été employée à cette restauration et de Tavoir inaugurée, soutenue, consolidée, agrandie, pendant près de quarante ans, non-seulement à Besançon , mais à Lille, à Amiens, à Bourges et à Nevers.
La fin de la petite société, consacrée à Dieu sous le nom et les auspices de la Sainte-Famille, est en effet, disent ses constitutions, de procurer, autant que le peuvent des filles pauvres et simples, la gloire de Dieu et le salut du prochain, en se consacrant entièrement à l'éducation des jeunes filles dans la campagne et dans les villes.
Ce fut en 1827, cinq ans après l'établissement des sœurs de la Sainte-Famille à Bourges, qu'un des vicaires généraux de ce diocèse, M. l'abbé Godin, qui avait habité Nevers pendant plusieurs années, conçut le projet de doter cette ville d'une école dirigée par les sœurs de Mme Jacoulet. Il s'en ouvrit à plusieurs personnes influentes, et
(1) Vie de la Révérende Mère Marie- Joseph ^ fondatrice el première supérieure générale de la congrégation de la Sainie^PamiiU de Besançon, par Mgr Besson, évéque de Nîmes. — Besançon, 1877.
trouva un appui dans les dames de charité, qui s'empressèrent de soumettre ce projet à Mgr Millauz, alors évêque de Nevers. Sa Grandeur ayant accepté avec joie la proposition de ces âmes dévouées , les dames de charité , et à leur tète Mmes Rolland, de Toytot, de Maumigny, de La Rochefoucauld et Lefèvre, s'occupèrent immédiatement du mobilier nécessaire, et dès le mois d'octobre, la bonne Mère Jacoulet envoyait six religieuses, qui furent d'abord installées, le 15 novembre, au coin de la rue Traversière. On Ut dans VAlmanach du département de la Nièvre pour 4830 : « Les leçons données par les bonnes sœurs de la Sainte-Famille , avec un zèle et un esprit de charité que la religion seule peut inspirer, ont déjà produit les plus heureux effets; et» depuis deux ans, de pauvres enfants, dont le grand nombre va toujours croissani, viennent chaque jour se former aux travaux de leur sexe. »
Bientôt le conseil municipal , qui n'avait pas d'école publique de filles f reconnaissant l'habileté des sœurs et leur dévouement, les choisit comme institutrices communales , et dès ce moment leur vota une allocation au budget de la commune, les faisant jouir des autres avantages accordés aux écoles publiques (1).
La maison de la rue Traversière étant devenue insuffisante pour contenir plus de trois cent cinquante enfants , le conseil municipal , à la demande de Mgr Dufétre, mit à la disposition des sœurs une partie de Tancien grand séminaire, où quatre classes furent installées jusqu'en 1879. D'autres classes étaient encore établies près l'église Saint-Ëtienne ou dans les bâtiments de la Manutention, à cet effet concédés aux sœurs par la ville.
Tout récemment, il est vrai, à Nevers, comme en tant d'autres lieux, les écoles communales ont été enlevées aux religieux et religieuses pour être uniquement confiées à des personnes laïques ; mais la confiance des familles n'a point abandonné les chères sœurs si connues , si estimées dans notre ville sous le nom populaire de soeurs blev^Sf qui les distingue de leurs aînées, les sœurs noires de Nevers. Non-seulement la charité publique a su trouver deux maisons nouvelles pour les deux écoles gratuites supprimées, mais l'externat des sœurs et leur pensionnat sont plus florissants que jamais. Dieu
(1) Les Sœurs de la Sainte-FamilU et VÉdilité nivemaise. (Mémoire publié par Mgr Grosnier.)
s'est plu, ce semble, à bénir * ce dernier établissement de Thumble fondatrice des sœurs de la Sainte-Famille. Quatorze maisons se sont successivement formées dans le diocèse de Nevers : en 1834, à Saint-Honoré-Ies-Bains; — en 1838, à Pougues-les-Eaux et à Germigny-sur-Loire ; — en 1840, à Saint-Sulpice ; — en 1841, à Marzy et à Fourchambault, dans la paroisse Saint-Louis. Il y a dans ce dernier établissement, qui compte quatorze religieuses donnant leurs soins à plus de quatre cents élèves, des classes gratuites, des classes ordinaires, une salle d*asile et un ouvroir; — en 1846, à Varennes-les-Narcy ; — en 1851, à Urzy ; — en 1864, à Chaulgnes; — en 1865, à Challuy, près Nevers ; — en 1866, à Montigny-aux- Âmognes; — en 1868, à Gâcogne; — en 1871, à Marigoy-sur- Yonne; — en 1873, à Arleuf, dans le Morvand.