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Les conseillers bénévoles du roi Guillaume

J'ai mis à profit, pour cette seconde édition, les nombreuses critiques qu'on m'avait faites de vive voix, par lettres ou dans les journaux allemands. Ceux de langue française n'ont dit de mon opuscule ni bien ni mal.

Le très-court chapitre du passé est devenu une première partie de quarante pages. Elles doivent, non point excuser les prétendus forfaits des Allemands par ceux très-réels des Français, mais établir qu'il y a sagesse aux premiers à se fortifier contre les agressions des seconds, et qu'il y aurait sagesse aux seconds à tempérer leurs plaintes contre les premiers.

On m'avait en outre reproché de ne pas oser aborder l'histoire de Guillaume I" antérieure à 1870 : je l'avais fait cependant en dix lignes ; je les ai développées ici en dix pages.

On m'avait accusé de passer sous silence certains actes officiels du Roi. Je les ai donnés en les faisant servir à ma cause.

La Réforme, de Hambourg, notait mes contradictions au sujet de l'annexion de l'Alsace. J'hésitais en effet. Je n'hésite plus.

A propos de Sedau, je me lançais dans des hypothèses, où se perdait le lecteur. Je les ai supprimées.

On me trouvait trop froid et trop réservé dans l'éloge que je faisais des Français. J'ose espérer qu'on sera plus satisfait.

La partie de Y Avenir était à peine ébauchée dans la première édition. La plupart de mes lecteurs s'étonneront et se scandaliseront de mes hardiesses prophétiques. Elles trouvent leur explication dans une étude combinée de l'histoire et de la Bible, d'où est résultée pour moi toute une philosophie, résumée dans mon explication de la Bévélation de Saint Jean. D'ailleurs les vues que j'expose dans la présente brochure sur l'avenir du monde politique sont le pendant et le complément de celles que j'ai déjà hasardées sur celui du monde religieux dans la Chute d'une idole.

Le manuscrit de la première partie était à peine terminé qu'on en commençait l'impression, et j'ai poursuivi mon travail de révision, ou plutôt de rédaction nouvelle, toujours talonné par MM. l'éditeur et les imprimeurs. C'est une mauvaise condition pour faire du bon ouvrage. Aussi les lecteurs voudront bien ne pas juger trop sévèrement les incorrections de style, certaines nuances trop pâles ou trop vives, quelques répétitions inutiles, et une ou deux erreurs que je n'ai pu qu'indiquer à la dernière page.

Neuchâtel, 1 er mai.

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