CORRECTIONS HT ADDITIONS
Page 11, ligne 7. Note. La vallée, dans son Histoire des Français, t. III, p. 313, après avoir dit que l'électeur de Brandenbourg, Frédéric III, avait reçu de l'empereur Léopold la promesse d'être reconnu roi de Prusse, ajoutait, en 1841 : < Léopold ne vit pas la portée de cette royauté protestante et militaire créée au nord de l'Allemagne, qui devait refluer l'influence autrichienne au midi, devenir une des grandes puissances de l'Europe en se plaçant comme centre et appui des petits États du Nord, et donner pour ainsi dire au protestantisme son empereur. > < Il faudrait pendre, disait le prince Eugène, les ministres qui ont donné un tel conseil à Léopold. >
P. 11, 1. 19. Lisez: à l'entrée des troupes françaises dans cette cité.
P. 42, 1. 19 et 32 : Guillaume I er , etpassim.
P. 79. Lisez : Je renverrais à certains épisodes bien connus des guerres des Français en Algérie, et aux tableaux...
P. 93, 1. 22. Une Française en séjour à Neuchâtel, dont on a pillé de fond en comble la maison de campagne près de Paris, et qui en accusait les Prussiens avec une amertume que chacun aurait éprouvée à sa place, a été contrainte d'avouer, après de plus amples enquêtes, que les coupables étaient des Français déguisés en soldats allemands. — On m'a cité plusieurs autres faits pareils ; mais je les passe sous silence parce qu'ils me paraissent moins bien avérés.
P. 99, 1. 33. Un de mes jeunes parents, M. de M., qui a passé trois mois à Orléans comme médecin en chef d'ambulances prussiennes, me dit que ce qui Ta le plus, frappé, c'est la confiance que les gendarmes prussiens inspiraient aux Français. Les bourgeois, dans leurs querelles avec leurs hôtes, appelaient immédiatement ces gendarmes, certains qu'ils étaient de leur impartiale justice. On avait même recours à eux, de préférence à tous autres, dans les cas de rixes entre Français. — Appelé par ses fonctions à parcourir la Beauce, qu'on disait à Orléans entièrement saccagée par les Prussiens, il avait vu partout des meules intactes de blé, ou de foin et les basses-cours pleines de volaille. — A Orléans même, pendant l'occupation étrangère, les journaux français n'étaient soumis à aucune censure, et ils racontaient tous les jours les soi-disant victoires de leurs armées. Seulement ils étaient astreints à publier les bulletins officiels allemands.
P. 100 et 101. Un Français m'écrit < que l'histoire du comte de Waldensée est fausse, ainsi que l'a reconnu la Gazette de Brème;— que mon récit de la prise de Rouen (d'après la Décentralisation de Lyon) est plein d'inexactitudes, et que^la ville a été frappée d'une contribution de 13 millions, dont on n'a pas, il est vrai, exigé le paiement immédiat ; — qu'à Châteaudun, 252 maisons ont été brûlées à la main par les Prussiens d'après des documents authentiques, et qu'on peut me citer les noms de ceux qui ont été brûlés vifs avec de la paille mise sous leurs lits. > — Pour Châteaudun, je n'admets pas qu'il y ait de témoins plus irrécusables que ceux que je cite. — Quant à Rouen, si les journaux français ne méritent pas même créance quand, d'après de < nombreux documents, > ils disent du mal des Français et du bien des Allemands, tout autant vaut alors n'en plus lire un seul. — Enfin l'histoire du comte de Waldensée a pour garants la Gazette de Cologne et le Tirnes, et je la retrouve dans Y Histoire de la guerre de 1870 (en allem.) par K. Winterfeld, p. 355. Plus de 70,000 exem-
plaires se sont déjà vendus de cet écrit, et L'auteur, s'il eût eu le moindre doute sur la vérité de ce fait, ne l'aurait certainement pas introduit dans son récit.
P. 101, 1. 33. Les journaux français se sont bien gardés de dire qu'à la capitulation de Paris les premiers vivres fournis à ses habitants affamés ont été soixante mille quintaux de farine, livrés par l'intendance prussienne à prix taxé, et que quinze mille portions ont été données à Saint-Denis par les Tartares de M. Franck.
On lit dans le Journal du Jura : < Immédiat ement après la réception de la convention concernant les préliminaires de paix, l'autorité prussienne a donné l'ordre aux troupes de ne plus faire de manœuvres dans les champs, ni de pénétrer, pour quelque cause que ce soit, sur les terres en culture, sans le consentement des maires. »
Au reste, les accusations de cruautés faites par les Français aux Allemands ont perdu à cette heure toute valeur. Les Prussiens voient les fédérés de Paris causer aux villages inoffensifs de la banlieue, et les troupes de Versailles causer à Paris dix fois plus de dommages que ceux qu'on leur reproche avec tant de violence. < Cette guerre civile devient absolument féroce, > écrit-on de Versailles au Times le 4 mai.... < Brigands, assassins : telles sont les épithètes qu'échangent les deux partis. La haine des Français contre les Prussiens, et le mépris des Prussiens pour les Français, durant la guerre qui vient de se terminer, sont des sentiments doux, à côté de ceux qui animent en ce moment les Français les uns contre les autres. > D'après nos correspondances de France, un grand apaisement s'opère depuis la paix dans les esprits ; on oublie ces Alsaciens qui se sont montrés si prompts à se réclamer de leur nationalité allemande; dans les villes les soldats ennemis se rendent utiles à leurs hôtes et se font aimer d'eux ; dans les villages ils font avec les gens du pays les travaux de la campagne, et deviennent comme des membres de la famille. Le séjour prolongé des troupes allemandes en France
contribuera peut-être puissamment à rapprocher les deux nations qui sont faites pour s'estimer et s'aimer, et non pour s'injurier et se haïr.
P. 116, 1. 20. M. de M. me dit que pendant les trois mois où plus de 150,000 soldats allemands avaient successivement occupé Orléans, ville de 50,000 habitants, il y avait eu deux délits de ce genre, mais que les coupables avaient été très-sévèrement punis par les autorités prussiennes.
P. 122. J'aurais pu citer les nombreux et touchants récits des neutres sur la fête de Noël chez les armées allemandes en France et au milieu des prisonniers français en Allemagne. — On me reproche de n'avoir point protesté contre certaines prédications scandaleuses de flatterie qui ont déshonoré les chaires de l'Allemagne. Mais j'ai pris la plume pour réfuter les accusations injurieuses que les conseillers bénévoles ont faites à l'Allemagne, et non pour reprocher à celle-ci ses péchés. Puis, les serinons allemands que j'ai reçus ou achetés, étaient tous irréprochables. Enfin, il m'eût été impossible de dire, sans une enquête assez difficile, si les pasteurs qui ont fait de Guillaume I un Gédéon, un David, et des Français des Philistins, sont la grande majorité ou l'infime minorité des clergés luthériens et calvinistes d'outre-Rhin. Mais il est telle page de ma brochure qui prouve abondamment que je ne me fais aucune illusion sur l'état religieux de l'Allemagne actuelle.