CONCLUSIONS
M. Henri Getzeny conclut dans un article paru dans la Sociale Praxis (n° 36, de la XXIXE année) : ME) «81 lon pèse le pour et le contre, on pourra dire que le patron, à la suite de la loi sur les Conseils de d'entreprise, n'a subi ni une diminution ni une privation de ses droits. Le patron est et reste le maître de la direction de son entreprise. L’employeur garde toujours la décision suprême dans. les engagements et congédiements. On ne peut pas parler d’un Etat dans Etat. Néanmoins les relations entre employeurs et salariés subissent un changement qui est conditionné par l’évolution de la société. La monarchie absolue est remplacée dans les entreprises par une monarchie constitutionnelle, mais la constitution règle surtout des questions qui concernent les salariés eux-mêmes. La loi sur les Conseils d'entreprise doit être considérée comme un essai de solution tendant à diminuer la grande tension entre le capital et le travail. Cette lutte ne sera jamais tout à fait close. Elle continuera aussi longtemps que dans notre régime
économique la séparation entre le travail de direc-
tion et d'exécution demeurera liée à une séparation
entre la propriété des moyens de production et
l'absence de cette propriété. Les salariés, formés à une éducation politique et intellectuelle, tâcheront de gagner une influence de jour en jour grandissante dans la direction de l’entreprise et dans la répartition des produits. L'employeur s’efforcera, au contraire, de conserver la liberté de soninitiative et la rémunération qu’il revendique légitimement comme contre-partie du risque. La loi sur les Conseils d'entreprise cherche à restreindre et à pacifier cette lutte d'intérêts inévitable, dont on ne peut prévoir la fin. Le but final de la loi sur les Conseils d'entreprise sera atteint dès que dans les deux parts, aussi bien chez les patrons que chez les salariés, la loyauté sera observée. Si, d’une part, le patronat se décide à renoncer aux principes du patron maître absolu, et si, de bonne volonté, dans la voie d’une réforme sociale équitable et de grande envergure, 1l modifie son attitude à l’égard des salariés ; si, d’autre part, les salariés mettent de côté leur verbiage révolutionnaire et se souviennent que leur bien et leur mal est lié intimement à la situation économique et surtout à l'existence d’un patronat entreprenant, la loi sur les Conseils d’entreprise réalisera, ce qui portera bonheur à notre économie: « la communauté du travail d’en bas ».
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Nous n'avons à ajouter à ces réflexions que nous approuvons pleinement que quelques mots. Les expériences ne font que confirmer le jugement de M. Henri Getzeny. Dans les entreprises où les deux parties sont animées du désir d'appliquer de bonne
foi la loi sur les Conseils d'entreprise, les différends qui s'élèvent sont très rares, tandis que des chicanes interminables se produisent dès que l'employeur et les salariés ne sont pas en bons termes. La loi sur les Conseils d'entreprise portera ses fruits, lorsque le patronat tout entier sera arrivé à comprendre que tout n’est pas pour le mieux et que beaucoup de revendications des salariés sont équitables, et lorsque les ouvriers se seront convaincus par leur éducation économique que les soucis de celui qui dirige et a la responsabilité d’une affaire ne sont
pas à mépriser.
é Vu :
Le Président de la thèse, G. MARTIN.
Vu:
Le Doyen,
F. LARNAUDE. k Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l'Académie de Paris, APPELL.