‹ Les Conseils d'Usine en AllemagneChapitre 5 sur 44 · LIT · texte numérisé non relu

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seraient administrés par des Conseils économiques.

Ces Conseils économiques assumeraient des fonctions administratives. Leur but est de remplacer l’ancienne division administrative de l'Allemagne, rendue très compliquée par l'existence des Etats confédérés, par une administration basée sur des vues purement économiques. |

Si ce projet marque bien la tentative d’abandonner une démocratie purement politique, autre est celui qui tendrait à introduire la démocratie dans l'usine. L& socialisation de l’industrie, la socialisation dite intégrale, consiste dans la transformation d’un régime économique basé sur la ‘propriété et l'initiative privée en un régime socialisé dans lequel

un organisme central dispose de tous les moyens

de production et réglemente la répartition des pro-

duits parmi les citoyens. La socialisation intégrale aurait entraîné le remplacement du régime dit capitaliste par un régime socialiste.

Les tendances de socialisation sont issues de quatre sources;

19 Le marxisme défini dans le programme d’Erfurt qui exige la transformation de la propriété privée des moyens de production en propriété et gestion collectives. Le programme d’Erfurt n’a pu être appliqué, car d’une part les socialistes ont dû

se résoudre à un compromis avec les partis démo-

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tee

.Cratiques et d'autre part une condition essentielle

pour la mise en vigueur du régime socialiste, la concentration des moyens de production, n’était pas encore assez avancée pour que l’on eusse pu se passer du stimulant « profit ». |

2° Le socialisme de guerre avec son système correctif dans la production et surtout dans la répartition des produits, le socialisme étatique, a abouti à des résultats peu encourageänts.

30 Le socialisme de Gilde (Gilde Socialismus) qui est peut-être à l’origine de toutes les thèses de socialisation émises par des Allemands. Les « Guildsmen» proposent de confier l’administration des branches d'industrie à des guildes ou corporations qui se composeraient de la totalité du personnel travaillant dans l’industrie. La propriété des industries reviendrait à l'Etat ou à la collectivité, les guildes toutefois en seraient concessionnaires à perpétuité. :

40 T’exemple de la Russie avec son système de conseils politiques et économiques. Le système russe a été adopté par les communistes et les socialistes indépendants. Les socialistes majoritaires’ ont repoussé le système de conseils politiques et ne demandent que l'institution de conseils économiques.

On peut dire aujourd’hui que l’effort réalisé par les

socialistes pour transformer le régime capitaliste a

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subi un échec. Les promesses faites au sujet de la

socialisation et les quelques lois votées à cet effet

n’ont presque rien changé à la situation antérieure.”

La révolution allemande est restée avant tout politique. Ce n’est pas en tant que marxistes que les socialistes ont remporté la victoire,mais en tant que parti d'opposition contre l’ancien régime. Lorsque ce dernier a été renversé, le partisocialiste, non sans avoir conclu un compromis avec la gauche des partis républicains, fut naturellment porté à la direction de l'Etat.

Aussi les changements survenus dans la position du parti socialiste depuis 1918 n’ont pas été causés par des circonstances économiques, mais par des circonstances purement politiques.

Si les considérations politiques l’ont emporté sur les considérations économiques dans cette période de trouble, ces dernières n’ont quand même pas été délaissées entièrement. La socialisation intégrale a subi un échec et le mythe qui enveloppait cette expression est tombé. Mais l’idée de la socialisation couve encore sous la cendre et certaines institutions, notamment le système des Conseils économiques prévu par l’article 165 de la Constitution allemande, sont considérées par certains comme une socialisation partielle.

La Fédération allemande des ouvriers mcétallur-

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PARLE de

A A Er

gistes déclare dans ses directives pour les Conseils d'entreprise LÈrS

(Les Conseils d'entreprise devront être des orga- nes du prolétariat, appelés à nous débarrasser du régime capitaliste et à constituer un régime socialiste. » Ensuite :

« Nous demandons le droit de contrôle et la par-

ticipation à la direction dans la production, l’établissement des prix et la recherche des débouchés, etc., pour les Conseils d'entreprise en tant qu'organisation transitoire, préparant l'attribution d’un droit de décision aux seuls travailleurs. »

La même idée a été exprimée, dans les termes suivants, par la Fédération générale des syndicats et la Fédération des unions d'employés :

«En s’appuyant sur la loi des Conseils d'entreprise dont les défauts et inconvénients sont connus par toute la classe ouvrière, il faut entreprendre la lutte pour accéder au plein droit de décision dans les entreprises et à la socialisation de la production. »

Cependant, malgré ces déclarations plus ou moins théoriques, l'acceptation de la socialisation et surtout la collaboration des Conseils d'entreprise avec les patrons, transforme l’attitude antérieure des ouvriers adhérents aux syndicats socialistes. Le principe purement négatif de la lutte des classes cède sa place à un travail constructif d’une nouvelle

RD

société ; les débuts sont pénibles et les partisans d’une lutte des classes sans compromis repoussent les tentatives de ceux qui veulent construire à l’intérieur d’un régime capitaliste. Ces derniers se défendent d’avoir délaissé le terrain de la lutte ; ils expliquent leur acceptation par le manque d'éducation économique de la classe ouvrière qui ne peut prendre le pouvoir que quand elle. sera suffisamment préparée. Quoi qu'il en soit, il faut considérer la tendance de l’article 165 de la Constitution comme un début de socialisation.

L'article 165 est ainsi conçu :

. « Les ouvriers et les employés sont invités à coo-

pérer, sur un pied d'égalité avec les patrons, à la réglementation des salaires et des conditions de travail, ainsi qu’au développement économique et général de l’entreprise.

« En vue de protéger leurs intérêts sociaux et économiques, les ouvriers et les employés seront légalement représentés dans les Conseils de travailleurs créés dans les entreprises particulières, dans les Conseils de travailleurs de district, sroupés selon les industries, et dans le Conseil fédéral des travailleurs.

«Les Conseils de travailleurs de district et le Conseil fédéral des travailleurs coopéreront avec les

représentants des patrons et des autres classes dela

communauté, intéressées à la constitution de Conseils économiques de district et d’un Conseil fédéral économique, à l’exercice de fonctions économiques d’un intérêt général, ainsi qu’à Papplication de lois de socialisation. Les Conseils économiques de district et le Conseil fédéral économique seront constitués de telle sorte que les professions les plus importantes y seront représentées d’après leur importance économique et sociale.

«Tous les projets de loi d’une importance fondamentale ayant trait à des questions de législation sociale et économique seront, avant d’être déposés devant les Chambres par le gouvernement fédéral, soumis à l’examen du Conseil fédéral économique, qui fera connaître son avis. Celui-ci aura, d’ailleurs, le droit de proposer lui-même des mesures législatives similaires. Dans le cas où le gouvernement fédéral ne serait pas d'accord avec le Conseil fédéral sur un projet de législation émanant de ce dernier, il n’en sera pas moins tenu de le déposer devant le Reichstag, en y joignant un exposé de son point de vue personnel. Le Conseil fédéral économique pourra faire appuyer son projet devant le Reichstag par l’un de ses mémbres.

« Le droit de contrôle et d’administration pourra être conféré aux Conseils de travailleurs et aux Conseils économiques sur toutes matières rentrant

dans leur compétence,

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