‹ Les conspirateurs en Angleterre, 1848-1858;Chapitre 8 sur 10 · KOSSUTH · texte numérisé non relu

KOSSUTH

» Londres, février 1853. x)

Quelques jours après la publication, par les journaux protestants anglais, de cette dernière pièce, Kossuth a écrit qu'elle n'émanait pas de lui. Il est fort difficile d'avoir la vérité avec de pareils misérables. Quie^ apocryphe, delà proclamation ou delà lettre? on ne sait. Il se pour?rait fort que Kossuth fût l'auteur de Tune et de l'autre; en ceci, semblable à cet homme qui , pour faire parler de lui, écrivait, sous le nom d'un ami, à un journal qu'il était mort, et, le lendemain, sous le sien écrivait qu'il se portait à merveille.

En tous cas, la lettre et la proclamation semblent émaner de la même plume* Conçoit-on

un désaveu qui contient les mêmes choses que la chose désavouée? C'est maladroit.

Le désaveu ne porte que sur l'opportunité de la lutte. Mais quand arrive-t-il? Le lendemain de la défaite des assassins de Milan , le lendemain du jour où un compatriote de Kossuth a échoué dans la tentative de régicide contre Fem* pereur d'Autriche ! . . .

Ce n'est pas tout encore. Comme il faut que la fraternité démocratique s'affirme toujours, comme il faut donner sans cesse au monde»

entre insui^és et réfugiés, l'exemple de l'aménité, de l'humilité, du renoncement, unegrande partie de l'émigration hongroise en Angleterre n'a pas accepté Kossuth pour chef et a protesté énergiquement contre sa prétention de se poser comme tel. A peine les deux pièces dont il est ici question euient-elles paru, qu elles furent suivies de protestations nombreuses, parmi les-

quelles la plus énergique fut celle de Barthélémy Szemere» ancien ministre de la révolution hongroise, lequel traite fort mal le citoyen Rossuth, qu'il appelle usurpateur, auquel il reproche une grande partie des malheurs de la Hongrie; il déclare qu'il s'est octroyé h lui-même sa propre dictature illimitée, et qu'il n'a pas plus le droit de parler au nom de la nation hongroise que Mazzini au nom de l'Italie. Szemere ajoute, toujours en parlant de Kossuth :

<x Que celui qui serait curieux de le juger comme homme d'État lise avec attention l'histoire de la dernière révolution hongroise; qi^ celui qui voudrait connaître son habileté comme c<^spirateur, jette un coup d'œil rétrospectif sur la malheureuse expédition de Tannée passée; enfin, tout récemment, l'insurrection de Milan» plus désastreuse encore, donpe un éclatant témoignage de son géme. » *

Il termine en disant que, suivre Kossuth, c'est rendre impopulaire et odimse la cause de l'émigration hongroise.

Autre complifiatioB : Kossuth, nprès avoir pmdeniia^t attendu Vmne de la dernière in« sarreetion de Milan, désavoue» comme apo* erypbe, sa signature au bas de la proclamalion révolutionnaire. Alors parait Mazzini, qui offre de montrer cette signature h tout venant dès ' qu'il sera en lieu sûr :

« Monsieur le Rédacteur,

» J'entends parler, attendu que là oit je suis il ne m'est pas permis de la lire, d'une protestation de Kossutb concernant la proclamation hongroise, rendue publique au moment où le peuple courait aux armes à Milan. LaproclamatUm manuscrite, revêtue de la signature autographe de Louis Kossuth, est entre mes mains, et quiconque le voudra pourra, quand je serai sur une terre libre, s'en assurer.

y> Elle a été demandée par moi et elle m* a été envoyée par lui, vers la 6n de sou séjour à Rutaya, dans Thypothèse d'an mouvement insurrectionnel en Italie, au moment où il serait encore prisonnier» et afin de la faire paraître eomme signe derallianee^nf at^in't été jurée entre

nous, comme monument public et efficace, h r effet d'éviter des coUisions entre frères de cœur.

» Prévoyantpourmoilecaspossibledemort ou d'éloîgnement forcé du centre du mouvement, et comprenant toute F importance de ce document, je veillai à ce qu'il en demeurât une copie entre les mains d'hommes du parti, qui pussent, en cag demouvement, et h cette unique condition, s'en prévaloir.

» Entre Kossuth et moi, il n'en fut plus question. C'était un fait accompli. Une autre proclamation, imprimée plus tard dans les deux langues, et portant nos deux noms, annonçait que notre deuxième parole serait une parole d'insurrection, aGn de confirmer les intentions qui avaient dicté la première à Kossuth.

x) Restait la question d'opportunité. L'élément italien pouvait seul en être naturellement juge ; sans cela, l'envoi antérieur de la proclamation n'aurait eu aucun sens. Les hommes qui s'apprêtaient à exposer leurs jours pour l'entreprise patriotique et qui croyaient au succès, jugèrent le moment venu.

» La proclamation fut imprimée secrètement

avec i'ÎBsertionde la date de février et en omettant deux paragraphes qui faisaient ressortir son ancienne date» et qui faisaient allusion à des préparatifs entre les Hongrois, traitant de choses déjà t^mprises dans la proclamation intermécfoire/

T» La mauvaise issue de la tentative peut irriter celui qui comprend tonte la puissance du nom propre et qui la voudrait conserver intacte pour le bien. Mais Rossuth , plus que d'autres, est fait pour comprendra que dans la sphère d^action secrète k laquelle nous condamne la situation de notre patrie, un incident minime en lui, lin acte imprudent, imprévoyant ou oublieux d'un individu, peut quelquefois dire avorter le dessein le mieux ordonné. Les nombreases âmes que la proclamation a conquises ea Italie à Kossuth compensent bien pour lui le blâme de quelques journaux étrangers.

» Votre, etc.

» Joseph Mazzim.

» 22 février 1853. »

Mazzini souffletaot Kossuth, dé^aveuépar la Hongrie et même par les réfagîés hongrms, est àoon tour, lui, Mazzini, désavoué par les réfugiés italiens, comme il l'a été également par ritalie. Un journal démocrate, la Preêse, de Paris, publiait, k la date du 9 mars 1853, les lignes suivantes :

a Tout ce que les journaux de Londres et de Paris ont dit des derniers événements de Milan ne saurait donner une idée de Tétonnement, de la douleur et de Vindignatim que cette nouvelle extfwaganee de Mazzini a soulevés d'un bout de l'Italie à l'autre. Depuis l'expédition de Savoie, en 1883, cet homme /istôf n'avait rien imaginé de plus impardonnable et de plus fou , rien, qui servît mieux etfluê à point les intérêts de l'Autriche \

» On commence à comprendre maintenant tout le mal qu'a fait à la noble et malhenreuse Italie ce mazzinianisme mystique, fanatique et fanfaron, qui depuis vingt ans crie toujours, à contretemps et à contre*sens, aux armes! qu'il

> Un graod nombre de démocrates italiens considèrent, disent-ils, Nazzini comme un faux-frère, comme un agent de la pulice aotrichienne.

nepreiidjumais; et qui Ibit de la politique ivee de la maa^atse poésie orî^Mt^ et dea idées meohérentes qui semblent tirées de rApoealypso. Il est tempseoûnde savoir de qui tient samiêêim ce comité occuJte, m^dtêant européen, et qui ne fait jamais de manifestation sans que le joug de TAutriche ne s'appesantisse plus lourdement sur l'Italie.

» Nous arons reçu de Turin un Appel à la diplomatie européenne, par M. Biandsi Giovini:

C'est Yiae petite brochure extrémem^t remarqaable, comme tout ce qui sort de la plume de CQ jiiblida^te émîn^it, qui^ après avoir, pendant eiM ans, £ik k F Autricbe et à Rome une guerre û pHUante et si rude, s'est condamné k un silence que déplorent tous les admirateurs de son talent. Nous reparlerons de sa brochure.

» Nous reproduisons aujourd'hui b protesta* Hon suivante, que nous adresse H. J. Ricciardi,

ancien député au parlement de Naples U

eat connu pour l'ardeur de ses opinions démo* cratiqoes;^ il a donc quelque autorité quand il proteste contre les folies du ma%w(iianiB7ne. »

Suit, en eflet, du frère Ricciardi, une protestation énergique contre le frère Mazzini, auquel

il dit, entre autres gracieusetés, que ses efforts mêmes ont clairement démontré, parleurs mauvais résultats, son incapacité comme chef de parti et homme révolutionnaire;

Qu'il n'est nullement fait pour la politique militante, qu'il a manqué sa vocation;

Qu'il ïiàr-absolument rien de ce qui fait le chef de révolution ou le tribun politique^ c'est-à-dire wi le coup d'œil, ni la fermeté, ni V audace, ni le talent oratoire, ni même l'aspect ou la voix!

Le point d'exchmation qui termine la phrase est dans le texte.

Le frère Ricciardi l'engage ensuite à se contenter de manier cette plume, à qui seule, dit-il, Mazxtni doit quelque renom. Il ajoute, après avoir ainsi rapetissé son ami:

— « Des hommes d^une bien autre taille et d^ime bien autre trempe que la vôtre seront nécessaires pour mener k bonne fin le grand œuvre de la régénération italienne. Quant à vous, vons pourriez servir bien plus utilement notre sainte cause si, au lieu dévoua attribuer une mission que personne ne vous a donnée, et d'employer votre tal^it à dicter des proclamations que nul ne lit en Italie^ vousvous occupiez, par des études sé-

rieases, h préparer en quelque aorte le terrain do r avenir, en discutant leg institutions et le système de gouTemement qui devront remplacer un jour Tordre de choses actuel. Si vous faisiez ce que je vous conseille, vous seriez à coup sûr bien plus méritant vis-à-vis de notre pays qu'en vous arrogeanty aitm que vous Vavêz fait jusqu'à présent, le droit de personnifier en vous V Italie, de la même manière que Kossuth a prétendu et prétend encore personnifier en lui la Hongrie. »

Il termine par cette rude leçon, en parlant des devoirs des émigrés :

— « Nous avcms d'«utres devoirs tout aussi nobles à remplir : celui, d'abord, de faire non^ seulement respecter, mais aimer en nous notre pa* trie, grÂce à notre conduite exempte de tout reproche, psr Tétfanger au foyer duquel nous sommes assis; puis de prêcher à nos frères de Fintérieur, surtout par l'exemple de notrci union «...•»

Quelques jours après la pobfication des proclamations de Mazzini et de Kossuth, de ces infamies sans nom» un démocrate hongrois essayait d'assassiner lâchement, par derrière, à Vltalienne, Sa Majesté l'Empereur d'Autriche. Que les réfugiés de Londres, Mazzini, Rossuth et autres, soient les instigateurs de tous ces crimes, c'est ce dont personne ne doutera d'après leurs antécédents, leurs principes et leur propre langage ^

On voit, par les pièces que nous venons de reproduire, on voit que c'est toujours la même chose : des forcenés complètement à l'abri, qui poussent les populations à l'insurrection, à la mort, à la guerre à cmps de couteau, à la profanation sacrilège des croix pour en faire des poignardai. C'est toujours le même langage, les mêmes prédications d'assassinats, les mêmes projets de viol de la propriété, de loi agraire, promesse pour la minorité factieuse, menace pour la minorité honnête.

On ne répond k ces furieux appels au carnage

< Comme on eondaisait le meurtrier en prison, il cria : « Viv Konuth ! » Ceci esl assez significatif.

que par une surveilfaince incessante > et, au moindre mouvement, par le canon.

Voilà ce qu'a produit pourtant l'esprit révolutionnaire depuis soixante ans ; que dîs-je? depuis Luther et Calvin, depuis la défarmaiionàn christianisme par des intrigants ambitieux et sensuels*

Enfin, c'est encore de TAngleferre que sont venus, de 1852 à 1858, les fabricants des machines infernales de la rue de la Reine*Blanche, près la barrière de Fontainebleau ; les assassin» Kelsch, Galli, Rossi, Magen, Carpéza, Pianori, Tibaldi, Grilli, Bortotli ;

C'est de Londres que sont venus les régicides Pieri, Orsini, Gomez et de Audio, coupables de Tabominable attentat du 14 janvier 1858.

C'est à Londres que Simon Bernard a été a»rété comme leur complice ;

C'est à Londres que Félix Pyat a publié ce manifeste :

« En dépit de toutes vos précautions, malgré vos murailles de la Chine, vos lignes de douane, vos cordons sanitaires, nous passons, nous pénétrons, nous arrivons dans la chaumière, aux mains, aux yeux, au coeur des ouvriers et des paysans, et le peuple nous lit quand même.... De Bordeaux à Lille, d'Angers à Lyon s'étendent les silos de la Marianne, ses mines et ses sapes et ses traînées de poudre, que la moindre bluette peut faire sauter Voilà votre souleur I.... Vous savez que notre lettre à la Marianne a été publiée k Londres, que c'est de Lmdres que mus datons nos foudres et noè trombes Oui, les auteurs du mal vivent en Angleterre....* L'Angleterre est la coupable^ la receleuse qui nous abrite^ qui nous imprime ! »

Et cet autre ;

« Quand donc une main héroïque arrêtera-t*

elle le compte de sang ? N'est^t41 pas temps de venger les morts et de sanver les vivants 1 Iiors' qu'un homme s'élève au-dessus de la justice pu** blique, il doit tomber sous la vindicte privée. »

£t cette apologie de l'assassinat :

a Tout citoyen est en droit de courir sus à l'empereur ; chacun a le droit et le devoir de répondre à la force par la force, aux canons par les revolvers, aux boulets par les bombes, à la mitraille par les fulminates, à la garde impériale par les machines infernales.

D Nous ne débattrons pas plus le droit de

régicide. Dans le pays de Charles V\ cest inutile. Là-dessus, les fils de ceux qui ont exécuté le Capety n'ont rien à apprendre aux fils de ceux qui ont exécuté le StuarL Ordinairement on ne discute pas le droit, on le prend quand il faut, on l'exerce comme on peut.

y> Ainsi le Hongrois peut assassiner l'em-

pereurFrançois-Joseph ; le Napolitain, un Bourbon ; le Romain ou le Français, un Bonaparte. . . L'assassinat politique est un fait foreé, fatal, logique, par conséquent nécessaire... r>

Le comité de la Commune révolutionnaire séant à Londres, sous la protection du droit

d'asile et des lois anglaises, se soucie peu des victimes, autres que les rois, faîtes par leurs bombes et leurs machines infernales ;

« Quel grand malheur, vraiment,- que ses complices décorés et salariés, cinq ou six de ses gendarmes et de ses sbires, tombent à ses côtés et gagnent des pensions 1 »

Le comité de la Commune révolutionnaire énumère ensuite des faits qui désignent particulièrement Tempereur Napoléon 111 aux vengeances des Italiens :

c< C'est lui qui leur a rendu de force Pie IX; c'e$t lui qui leur impose pape, cardinaux, jésuites, toute cette peste noire dont TAngleterre s'est purgée comme des bups; c'est lui qui les occupe militairement avec ses bataillons et ses balteries. Est-ce que dix mille fusils et cent ca^ nous ne valent pas quatre bombes ? »

. Enfin, le tout se termine par une invocation aux auteurs de l'attentat du 14 janvier :

« Quant à nous, nous ne pouvons malheureusement prétendre à aucune part dans le mérite de leur action ; nous n'avons pas eu l'honneur de participer è leur entreprise. Mais le coq chanterait trois fois si une voix française ne les

saluait pas en présence de leurs juges. Amis inconnus et non méconnus, nous vous saluons I Vous serez vengés !, etc. »

Ces paroles épouvantables trouvèrent de l'écho en Angleterre, — dans un pays qui so pique d'honneur, — de civilisation et de liberté!...

Nulle part en (lurope, peut-être, on ne trouve tant de contrastes qu'en Angleterre. La plus grande richesse côtoie Textréme misère, la liberté politique sans frein coudoie les préjugés de caste les plus absurdes» le matérialisme le plus brutal se rencontre avec le sentiment romanesque le plus ardent*

io

Mais 011 le scandale dépassa tout ce qu'on avait vu d^bominable en Angleterre, ce fut dans le procès du régicide Bernard, dit le dubiste, complice des assassins Orsini, Piéri, de Rudio etGomez\

L'indignation de l'Europe égala sa stupeur en apprenant cet acquittement.

Sans la prudence et la grandeur d'âme de son gouvernement, la France se fût levée comme un seul homme, Tépée à la main, pour se faire justice elle-même, au nom de Dieu et de la morale si effrontément outragés.

•le

On écrivit de Londres au journal la Patrie.

(X Le procès politique (state trial) y comnoie on rappelle pompeusement et faussement ici, vient de se terminer par un acquittement prévu et prédit de presque tout le monde. Les ma-

1 Voir la note i h la fin d a volume ; c*est le compte renda de ce proct s abominable, tel que Ta donné le journal le Sun,

nifestalions eDthousiastes de la foule qui entourait le prétoire, les hourrahs» les chapeaux des homme», les mouchoirs des femmes frénétiquement agités, révèlent une fois de plus les étranges sympathies chez nous d'un certain parti pour l'assassinat.

» Simon Bernard est à présent un héros; Tex-profeaseur de langiïes, élevé sur un piédestal de bombes fulminantes, va, dit-on, faire de sa personne une exhibition glorieuse et lu* crative. Ne sera-ce pas pour plusieurs un encouragement à rimitation d'un si noble modèle? Les régicides de tous pays n'ont désormais qu'à assurer d'avance leur fuite sur les très-libres rivages d'Angleterre; ils y sont assurés, nonseulement de l'impunité, mais encore d'une fortune dont ils ont, en effet, grand besoin.

» Quand on demande aux Anglais, d'après quels principes, en vue de quels avantages leurs institutions donnent au monde un si lamentable spectacle, leurs réponses ne sont ni d'un peuple ami, ni allié, ni civilisé, ni même chrétien. Il y a certainement ici deux iiH>rales, deux justices, deux raisons, deux religions : l'une pour Tintérieur, l'autre pour

rétranger, et aussi opposées Yune à Tautre que rhonneur l'est à rinfamîe, et la vertu au crime. »

Le journal Y Univers fit ces réflexions sur r acquittement de Bernard ':

a Le jury anglais a acquitté Simon Bernard; le peuple anglais a salué de ses bourrabs le couronnement de la procédure; les juges anglais, forcés de retenir Taccusé, se sont, autant qu'ils l'ont pu, associés au scandale de son acquittement en l'admettant à donner caution. Tout cela est complet et tout cela est cynique. Rien n'y manque. Pendant Tinstraction du procès, Mazzini a publié un écrit, reproduit par plusieurs journaux, où l'insolence et les provocations contre l'empereur surpassent ce que les réfugiés s'étaient jusqu'alors permis de plus révoltant.

» Si le gouvernement anglais n'a pas voulu ce résultat, c'est le Times qui gouverne Topi-

nioo. S'il Ta voulu, alors le Times a été Torgane de sa pensée. Dans les deux cas, la France est éclairée sur le fond du cœur anglais.

» Comme nous ne sommes ni les répondants ni les cbevaliers de la civilisation moderne en général et de la civilisation anglaise en particulier, nous n'avons rien de plus à dire. Entre deux nations puissantes et amies s'élève un dé* bat que l'on peut appeler la question des assassins; Tune de ces deux nations tranche le déhat au détriment de l'autre, en faveur des assassins. VoilÀ le dernier trait et l'un des plus marquants de la politique européenne au XIX* siècle.

y> Soyons sincères, et ajoutons que, dans la situation réelle des choses, les infâmes hourrahs du prétoire de Londres nous paraissent bien préférables aux compliments empesés dont la municipalité de Douvres fatiguait un jour auparavant la franchise du duc de Mala* koff. Dans leur étalage de loyauté, ces compliments étaient sans doute très-anglais ; mais les hourrahs poussés en triomphe autour de Simon Bernard, c'est le cœur de rAngleterre ellemême. »

De son côté, le Constitutionnel s'exprime ainsi :

a L'acquittement de Bernard a causé une profonde indignation en France, et le sentiment si vif, exprimé ce matin par YUnivers^ est compris de tout le monde. Néanmoins, disons-le, pour être juste, ce n était pas Foccasion d'attaquer le Times comme l'a fait YUnivers, puisque le Times a énergiquement soutenu le bill des conspirateurs, flétri les assassins et défendu Thonneur anglais.

y> Quant à nous, nous ne ferons pas de longs commentaires sur un pareil acquittement, exemple inouï de scandale pour la morale publique ; car quel honnête homme en France et en Angleterre pourrait douter de la eulpahi- 11 té de Bernard? Nous dirons seulement à ceux de nos voisins qui désirent le paaintien de bonnes relations entre le^ deux pays, que si, par malheur, on répanc'aH en France, dans

nos vîHes, dans nos casernes, dans nos campagnes, le plaidoyer de ravocat de Bernard, ce plaidoyer qu'on a laissé remplir de tant de . fiel» de calomnies, d'injures contre Tempertur, contre le peuple qui l'a élu, contre l'armée et contre nos institutions, il serait difficile au gouvernement, avec les meilleures intentions, d'arrêter les effets de l'indignation publique. »

Mais, nous Tavons dit, la France doit mettre la main sur son cœur pour comprimer les battements d'une colère trop juste, et imiter la magnanimité de son gouvernement.

Il nous sera pourtant permis de ne pas ou* blier cette nouvelle offense.

Nous voulons pouvoir espérer que la majorité du peuple anglais ne partage pas l'enthousiasme homicide des amis quand même des conspirateurs.

En acquittaol Bernaid, les juges anglais don-' nèrent raison au libelle sanglant de Félix-Pyat.

Cet horrible factum indigna l'Europe civilisée tout entière; — mais il trouva des adhésions et des applaudissements en Angleterre. — non-seulement parmi les réfugiés rouges, mais parmi les tibéraux anglais.

Chose remarquable : Les libéraux se ri^ prêchait des radicaux^ des jaci^im, sur le terrain de l'assassinat politique.

Nous avons rappelé dans notre Étude sur les Régicides, la tendresse professée par M. Bouillet pour tous les Brutu$.

Dans le même Dicl. d*Hiêtoire, en parlant du général corinthien Timoléon, qui fit assassiner son propre frère Timophane, qui voulait s^èmparer du pouvoir h Corinthe, on lit :

— aTimoléon est- regardé comme un modèle de grandeur dame, de $age$te et de mo-

BI^BATION. »

De mène le libéralisme et le protestantisme anglais ne trouvèrent aucune flétrissure h im« primer aux actes et aux discours des assassins démagogue».

Les libéraux protestants de la Grande-Bre« tagne, nous les avons tus par toute l'Europe, en 1848 et années suivantes, attiser le feu de la guerre civile.

Leur conduite, à Rome/i été particulièrement infâme.

Encore aujourd'hui, ils s y conduisent sans le moindre pudeur ^

Il n'est pas permis à ceux (fui parlent aux peuples de garder le silence sur la politique réellement abominable et impie tenue en 1848 par le cabinet britannique.

Il faut flétrir cette politique révolutionnaire, immorale, dont lord Palmerston était alors la plus haute et la plus odieuse personnification.

S'il a consciencieusement changé depuis, comme on le dit, tant mieux pour lui et pour le repos de l'Europe?. . . '

I Voir la Dote 2 à la fin du volume.

^ Voir la note 3 à la fin du volume.

Ëii contemplant U politique étrangère de r^ngleterre en 1848» on voit que cette polili* que continuait à être de plus en plus un scandale dont les gouvernements et les peuples devaient s'alarmer profondément.

Pas une révolte n'éclalA en Europe» pas une conspiration ne s'ourdit sans la complicité audiicieuse et criminelle des agents anglais.

Cette politique 'anticatbolique nous étonne moins qu'elle ne nous afflige ; depuis Henri Yfll» ce prince infâme et libertin, la Grande-Bretagne n'en a pas eu d'autre, mais elle n'avait jamais atteint ce degré de cynisme effronté.

En France, en Belgique, en Suisse, en Piémont, en Allemagne, l'or anglais est encore aujourd'hui répandu pour créer ou entretenir des agitations funestes. ,

Il est prouvé que certains agents anglais ne furent point étrangers à l'odieuse conspiration dirigée contre le Saint-Père, et qui fut bien heureusement découverte dans la ville éternelle.

L'l|istoire à la main, il est facile de prouver que la politique anglaise, logique avec ellemême, comme politique proteslante, est coc-

tomîère da fait. EUe a été pour beaucoup, en S«isse, dans la défaite du Smderbund et dans la victoire exécrable du Radicalisme, qui a réduit ce pays infortuné à Tétat lamentable dans lequel il est plongé.

*Que des protestants agissent ainsi, il n'y a li rien d'étonnant; depuis sa naissance, le protestantisme a proclamé un principe destructif, non-seulement de toute Église, mais de toute Autorité et de toute société humaine.

Les protestants n'ont pas changé depuis Luther, Calvin et autres hérétiques que l'orgueil et la sensualité ont détachés de la sainte Église. Ils ont conservé le même esprit de caste, le même égoîsme, les mêmes erreurs, les mêmes inconséquences. Us ne peuvent pas s'écrier avec Homère :

— « Nous rendrons gràces à Dieu de ce que nous valons beaucoup mieux que nos pères. »

Que la complicité de la Grande-Bretagne prépare de noaveaox triomphes à la démocratie, au socialisme, cela ne nous étonnera pas, si grande que soit la réaction qui éclate présentement en Europe en faveur du principe d'Autorité.

Ces triomphes seront éphémères, et la Grande-Bretagne aura à en souffrir la première.

Les plus grands périls sont pour les complices des révolutionnaires, non pour ceux qui les combattent.

Si dans les fautes de rAngleterre, les sociétés secrètes trouvent encore le succès, ces fautes seront alors bien punies I»..

Les révolutions sont comme les orages qui font sortir de terre les vers, les crapauds, toutes les immondes bétes; de même les révolutions font surgir à la surface politique toutes les vermines sociales.

Voilà ce que la politique anglaise, la politique protestante encourage I...

Elle encourage les sociétés secrètes, les réu« nions.des buveurs de sang; elle souffre, elle protège cette usurpation ténébreuse^, barbare, etécrabloi d'hommes de destruction s'arrogeànt

le droit de vie et de mort, et se permettant de se constituer les juges et les bourreaux de leurs semblables, — au nom de la liberté, déguisement qui leur sert à égarer les consciences.

Et pourquoi la même politique s'acharne-telle sur la pauvre Érin, sur cette Irlande, — mille fois plus à plaindre encore que la Pologne?...

Parce que l'Irlande est catholique.

Le protestantisme anglais y pratique, pour la détacher de TEglise, les moyens les plus odieux, les plus cruels, les plus lâches, les plus vils.

Les protestants de la Grande-Bretagne se sont ligués pour asservir les enfants de Dieu . Qu'ils soient flétris, car ils sont venus /le poignard dans les mains, pour obliger l'Irlande catholique à se faire hérétique, car ils ont acheté les consciences faibles.

Confessez Dieu et son Église, frères d'Irlande,

mais ne confessez pas les bonimes I Vous n avez d'autres maîtres que vos prêtres qui vous aiment comme leurs enfants, et ceux qui oppriment son Eglise blasphèment le Seigneur.

Gomment aimeriez-vous ces protestants, vos tyrans? Ils parlent de l'Évangile, les malheureux I Mais Jésus était doux et humble de cœur ; ils sont durs et orgueilleux; il détestait les hypocrites, ils sont hypocrites ; il était bon, ils sont méchants ; il avait choisi pour apôtres des hommes de paix qui prêchaient l'amour et avaient horreur du sang versé ; vos tyrans, les blasphémateurs, les persécuteurs de l'Eglise de Jésus-Christ ont pour satellites des geôliers et des bourreaux.

Jésus essuyait les larmes, eux les font couler.

Jésus n'a répandu que son sang, eux répandent le vôtre et jamais ne sont rassasiés.....

Ah ! défions-nous surtout de ces protestants qui, au nom de TEvangile, torturent et oppriment son Eglise et ses fidèles 1

Ceux-là, qui sont le plus à craindre, profanent la parole du Christ; ce sont des hommes d'iniquité, de sang, des faux disciples.

Ils marchent selon la chair, non selon l'Esprit.

Comme autrefois les prêtres juifs, ils ont persécuté l'Esprit du Christ, les prêtres de la sainte Eglise; ce sont de ces bux apôtres dont parle saint Paul, de ces ouvriers trompeurs dont il dit que la fin sera conforme aux œuvres.

Tels sont les tyrans du catholicisme.

En vérité, frères, défiez-vous de leurs artifices et de leurs embûches!...

La Réforme a persécuté les nations au nom du Christ; elle est devenue la complice de Satan; son règne a été fatal à Tesprit de TEvangile, qui est l'esprit de l'Eglise romaine, catholique, apostolique, universelle; — les portes du iciel ne s'ouvriront pas pour l'erreur. Malheur, trois fois malheur k ceux qui, pouvant faire le bien, ont fait le mal;, maudits, trois fois maudits seront les bourreaux I . . .

La vérité n'est point une force suffisante aux yeux des méchants, qui sont des êtres corrompus : combien de hardis apôtres de TËglise ont été persécutés par les tyrans des peuples I Mais leur exemple n'a pas amolli les courages; les

martyrs ont des successeurs. Catholiques irlandais , voici ce qu'il faut faire :

Prier pour vos oppresseurs, prier pour leur conversion. La douceur est la loi de la vertu comme la modération est la beauté de la force.

J'ai dit que la misère de l'Irlande était affreuse.

Elle est là, hideuse, envahissante, courbant des milliers d'infortunés sous son inexorable niveau, imposant au misérable des haillons dégoûtants, — et la faim, — cette maladie qui rend fou et qui fait mourir I . . .

Dans ces journées de fièvre, où si lentes sont les heures, si horribles les tiraillements d'estomac, si noires les pensées, c'est surtout le désespoir des mères qui est affreux à voir, quand l'instant fatal arrive où elles n'ont plus ni lait ni pain à donner à leurs enfants, qui leur crient :

— fi J'ai faim! »

Ah I comme elles s'ouvriraient les veines de bon cœur, ces infortunées, si le sang pouvait nourrir leur famille plaintive et désolée L.. Ces enfants, qu'elles ont conçus dans leurs entrailles maternelles, la misère les leur arrache et les tue Malades, les pauvres Irlandais continuent, par le besoin pressé, à travailler jusqu'à

ce qu'ils tombent C'est alors que la philan-

thrùpie protestante les ramasse... par propreté I

Âhl qui pourrait dire toutes les angoisses, toutes les souffrances, tous les désespoirs, tous les dévouements de ceux qui survivent I Mais les bons catholiques restent vertueux, inaccessibles h la tentation; ils ne chancellent pas sur le chemin de la probité et de l'honneur, même quand ils Voient leurs enfants mourants de faim, et leurs femmes couchées sur le grabat de souffrance. Le secret de toutes ces résignations, de tous ces courages, c'est la foi I

Gomment, après cela, s'étonner que le panvre Irlandais regarde le protestant anglais comme son impitoyable ennemi? Comment s'étonner qu'il ne croie pas h sa foi en Dieu quand il voit ce tyran prier Dieu? Il se demande alors,

lui, le paria, si ces protestants ne sont pas aux pauvres Irlandais, leurs frères, ce que les Pharisiens et les princes des prêtres étaient à Jésus et aux disciples. Il sent alors qu'ils ne tendent qu àTopprimer, et qu'ils ne sont que des hypocrites, car s'ils croyaient, ils seraient cbari* tahles. . .

Et ils sont tristes.

Sans larmes, on ne peut contempler les misères de l'Irlande, nobles misères s'il en fut! misères douloureuses et imméritées! Vous ne pouvez la nier, cette misère, hommes d'État dé la Grande-Bretagne; elle est palpable, elle est évidente. Qu* attendez-vous donc pour sortir de cet engourdissement, de cet égoîsme, de cette cruauté qui peuvent vous être plus fatales à la fin que vous ne le croyez? — Vous attendez que l'Irlande soit devenue hérétique comme vous.

N'y comptez pas!... Mais ouvrez l'histoire, et voyez combien sont vains les regrets de ceux qui, pouvant se sauver à temps et conjurer les tempêtes, n'ont pris une résolution dictée par la peur que lorsqu'il était trop lard !

Ne niez pas cette misère de l'Irlande, ne la niez pas! Voyez, malgré vos juges qui condam-

nent la pauvreté et vos geôliers qui la tuent, les journaux sont pleins d'horribles détails. Voyez toutes ces émigrations t Par toute Tlrlande, des pauvres sont trouvés morts de faim dans les rues et sur les chemins. Il y a quelques jours encore, aux environs même de Dublin» un homme est mort d'inanition et de misère. Depuis la veille il mendiait, et plusieurs personnes l'avaient remarqué, mourant de fatigue et de froid. Il se laissa tomber au coin de la route. Vinrent à passer quelques soldats anglais qui se contentèrent de dire : — « Il est ivrel » et le laissèrent sur la terre nue.

Et cela arrive tous les jours, et personne en Angleterre ne s'en émeut I Jésus I L'Angleterre dit qu'elle est une nation chrétienne !

Je lisais tout à l'heure les circonstances d'un vol de pain commis par un enfant pour sa mère affamée, chez un boulanger de Dublin.

La faim mortelle ou le cachot! voilà donc teut ce qui reste aux Irlandais sous l'admirable régime qui les régit !

Chaque jour les journaux sont remplis de semblables faits. Tantôt c'est un vieillard ou une femme qui meurent d'inanition, tantôt

c'est un enfant qui meurt de froid dans une prison» sur un grabat ou dans la rue» — à la porte d'un protestant» — son frère devant Dieu 1

Hier encore on lisait qu'un malheureux enfant de rirlande, un orphelin, se trouvant sans asile, s'était réfugié sur un four à chaux pour y passer la nuit» mais que» en échappant aux atteintes du froid» il n'avait pu se soustraire à celles du gaz délétère qui s'élevait du four à chaux» et qu'il avait été asphyxié.

Cet enfant avait huit ans I

Son père avait succombé» & la suite d'un accident, dans une manufacture; sa mère était morte de faim !

Ces plaintes ne sauraient toucher les hommes d'État de la cruelle et perfide Albion.

Ces protestants ont des entrailles froides.

Et ils parlent de religion» et du haut de leurs chairs les prédicateurs hérétiques outragent rÉglise de Dieu I

En Angleterre» la charité n'existe pas» elle disparait» cette affectueuse vertu catholique» devant la bienfaisancef devant la taxe protestante.

Le monstrueux Malthus, l'inlame Bicardo»

économistes protestants, ont de nombreux disciples sur cette terre hérétique» qui disent comme eux que les pauvres inBrmes et sans ouvrage, ceux qui ont froid et faim, ceux qui n'ont ni asile, ni vêtement étant inutiles à la société et malheureux dans la vie doivent disparaître !

Disparaître !

Ils ajoutent que le suicide est non-seulement leur intérêt, mais leur devoir I

Parmi ceux qui ont écrit ces blasphèmes, il y a des prêtres protestants et des hommes d'État!

Cette doctrine antichrétienne, homicide, fé* roce, a été également prêchée en France, en Belgique, en Piémont, par les hommes d'État et les écrivains du libéralisme, ces. autres ennemis du catholicisme. Et ces malheureux ont une famille, des femmes, des mères; ils ont des enfants; ils disent qu'ils ont une religion, ô Christ!

Christ! vous qui avez bu votre calice, ne boiront-ils pas leur honte, — ces infâmes!

Ces philosophes, ces protestants* ces libéraux, ces matérialistes, ces égoïstes .raisonnent

absolument comme Tibère refusant un morceau de pain au pelit-fils de T orateur Horten^ sius, « pour ne pas éteindre l'industrie et encourager la paresse. » Il disait que a la charité engage Vhomme à attendre les secours d'autim dans une lâche sécurité. » (Tacite, Annales, Mvre II, § XXXVII, xxxvm et xxxix.)

Ces économistes disent que la chanté est une mauvaise chose; qu'il faut «'opposer à V accroissement de la population (surtout en Irlande). Ik disent encore que l'homme fait sa destinée lupmême.

C'est la cruauté greffée sur le matérialisme. Ce matérialisme bourgeois est aussi abominable que le matérialisme communiste ; aussi abominable que réclectisme^ ce plagiat d'Hegel, que le fouriérisme, ce plagiat de Saint-Simon, augmenté de théories infâmes.

Les économistes protestants et les économistes libéraux et philosophes disent que : « il » faut mettre à tout prix un terme à V accroisse- » ment de la population; qu'il ne faut permettre » la vie qu'au nombre exact de pauvres dont » les riches ont besoin pour leur utilité et leurs

)) plaisirs; que, plus la population augmente, » plus elle est malheureuse. »

Ainsi, voyez la double erreur des ennemis de rÉglise qui, elle, aime également tous les hommes comme ses enfants I Les libéraux, les philosophes, les protestants sacrifient les pauvres aux riches ; les démocrates, les socialistes, les révolutionnaires sacrifient avec la même barbarie les riches aux pauvres ! Double erreur et nouveau témoignage rendu à TÉglise catholique par ses ennemis mêmes I nouvelle preuve qu'en deçà, comme au de là de l'Église, il n'y a ni justice, ni vérité!

Sans relever ce qu'il y a d'abominablement cruel et d'odieusement impie à mettre à tout prix un terme à l'accroissement de la population, c'est-à-dire à tuer les pauvres dont on n'a pas besoin, nous dirons que ces économistes se trompent en avançant que plus la population augmente, plus elle est malheureuse. Quand chaque membre de la grande famille fonctionne librement et régulièrement, à l'ombre de l'autorité protectrice, ce n'est pas vrai. •

Je le 3ais, en Angleterre, parmi les prolestanls, et dans le reste de TEurope, parmi les philosophes, les libres-^enseurs^ des hommes prompts à s'appeler eux-mêmes philanthropes^ et jaloux d'acquérir à peu de frais une certaine popularité dans la bourgeoisie libérale et philosophe, ont enfitnté des travaux calqués sur ceux de ce gouvernement anglais si égoïste, qui maintient les peuples dans la servitude hérétique et dissimule cette servitude sous des apparences démocratiques. Je n'examinerai pas ici les travaux de ces autres prétendus amis du peuple, mais, je profiterai de l'occasion, au nom de la charité catholique calomniée, pour exprimer sur eux toute ma pensée. On ne saurait trop se tenir en garde contre les manoeuvres de ces balayeurs de la misère, qu'ils relèguent dans d'impures sentines, sous prétexte de la soulager.

Chez ces tristes charlatans, issus du froid protestantisme; tout est calculé, méthodique; ils ont l'air d'avoir du cœur, et ils n'en ont pas; ils se vantent de purifier les ordures sociales, ils ne font que cacher les plaies, ils ne les guérissent pas plus que les socialistes; comme eux.

ils les enveniment. Chez ces ennemis de rÉgl:^, pas de compassion vraie, pas d'amour ardent pour le pauvre, pas de généreuse pitié» pas d'attendrissement à la Vincent de Paul, fàa un sentiment tendre venu de rame. .

Le philanthrope est le compère de Yécammûtef *- cet autre monstre.

Lephilanthrope connaît son pauvre par cœur; il en a fait sa chose, son exploitation, son usine! 11 est sa réclame, comme le démocrate et le patriote est la réclame de Mazzini et de ses complices*

Le philanthrope sait combien le pauvre mange par jour, ou plutôt combien il ne mange pas I

Il a inventé des moyens d'exploiter le pauvre en le châtiant comme un criminel. Que deviendrait le philanthrope, s'il n'y avait pas le pauvre, — ce grand type douloureux, — type étemel, quoi qu'en disent les socialistes, — éter* nel comme le péché ? . , .

Le philanthrope ne pourrait plus oi^aniser la souffrance et l'embrigader, il ne pourrait plus aggraver et avilir la misère sous le prétexte hypocrite de la soiilager*

En vérité ne me parlez pas des philanthropes, surtout des philanthropes protestants.

J'en sais plusieurs qui osent dire que la corruption est chose nécessaire et qu'il s'agit seulement de la régler, de la soumettre à certaines lois de bien-être, de propreté et d*hygiène publique. Ainsi, j'ai entendu ces Messieurs émettre cette opinion monstrueuse que les voleurs, les assassins, la prostitution, les cabarets, sont les principaux soutiens de la société, qui, sans ces agents, ne vivrait pas un jour !

. Et ici , il est bon de faire la différence bien radicale qui existé entre ces philanthropes ergoteurs et les docteurs catholiques. Tandis que ceux-là disent :

— <( Organisons le vice, la misère, la débauche ; faisons des prisons-modèles. »

Les docteurs catholiques disent :

— a Combattons le vice, la misère, la débauche; ouvrons des hôpitaux aux malades, des refuges aux pauvres, aux pécheurs et aux femmes tombées qui se repentent 1 »

Et ceux-ci seuls sont dans le vrai, parce qu'ils marchent avec la charité apostolique. Eux seuls ont ce qu'il faut pour attaquer le mal

iDs sa racine; ils combattent le vice; ils frap-

^nt l'effet dans la cause» dans le péché.

Comment l'Angleterre protestante aurait-elle

tié de l'Irlande catholique, quand elle n'a pas

pitié de ses propres enfants? En effet, en nul

autre endroit de la terre, les enfants des tra«

vail leurs, des artisans, ne sont aussi malheureux

qu'en Angleterre.

On y emploie dans les fabriques des enfants de trois et quatre ans, qui travaillent avec leurs mères dôme et même quatar%e heures par jour ! Et ce pays se dit chrétien ! et Ton y parle de l'Evangile 1... Ce n'est pas tout. Ces détails authentiques doivent être crus, en dépit de l'horreur qu'ils inspirent à ceux qui ont du cœur. En parlant de la fabrication des lacets par un procédé mécanique qui demande l'attention la plus constante et la plus soutenue, un journal anglais, YAthenœum» après avoir donné sur la condition des enfants pauvres en Angleterre des détails qu'on ne peut lire sans frissonner, s'exprime ainsi :

a Chaque métier fait tourner 1,800 bobines, on emploie à ces métiers des enfants de Set A ans.

» Or, pour obtenir de ces fmuvres petits êtres une tranquillité qui n'est point de leur âge, on leur administre une certaine mixture, ajoutée à la liqueur de Godfrey (Godfrey's cordialj. Un apothicaire de Nottingham a déclaré au coroner qu'il en avait délivré lui seul plus de treize cents potions dans une année. Non-seulement cette mixture est du laudanum , c'est-i-dire de Topium dissous et suspendu d*une façon particulière; mais encore le chimiste ajoutait qu'il était obligé d'employer du laudanum d'une bien plus grande force que la pharmacopée anglaise ne l'indique» et de préparer en outre le cordial beaucoup plus énei^que que celui qu'an vend à Londres, autrement ses pratiques se seraient plaintes.

» Yoici maintenant comment Tempoisonnement s'opère : il doit commencer le plus tôt possible après la naissance. La mère débute par le sirop de rhubarbe et le laudanum mêlés ensemble ; puis elle passe au cordial de Godfrey pur, et ensuite au laudanum pur, è mesure que les effets paraissent diminuer par l'habitude. Une demi-cuillerée à thé du mélange est d'abord donnée à l'enfant, une cuillerée à thé de cor-

dial succède, et finalement on arrive h quinze ou vingt gouttes de laudanum à ]a fois. Quand ]'enfant est suffisamment accable, il tombe immobile, sfupide, sur les genoux de sa mère, qu'il n'empêche alors par aucun mouvement de poursuivre le dévidage des bobines. Les résultats d'un pareil régime ne tardent pas à apparaître. Les petites victimes deviennent pâles, blêmes ; leur face présente un caractère d'émaciation tout à fait particulier ; et la destruction marche assez rapidement pour qu'^n deux ans la mort puisse saisir le plus grand nombre. x>

Ainsi se pratiquent les doctrines do protes^ tant Malthus et de tous les économistes anticatholiques. Après cela, osez dire que le protestantisme est une religion de charité, qu'il a conservé TEsprit de Jésus-Christ t Dites que les Irlandais ont tort de demeurer fermes dans leur foi en la seule Eglise de Dieu I Ces affreux exemples en disent autant contre le protestantisme

que tous nos bons arguments, que Timmortelle tradition catholique.

Tels sont les enseignements du temps présent.

Courage, Irlande! Le catholicisme peut paraître vaincu; mais il n'en est rien. Que tous soyez obligés d'attendre que Toligarchie hérétique qui vous opprinae ait cuvé son triomphe imbécile, n'importe I Le droit ni la vérité ne se prescrivent pas. L'Eglise est immortelle. En vain a-t-on dressé contre elle des échafauds et ouvert des cachots infects. Les persécutions n'ont pas empêché le christianisme de se répandre dans le monde. Les hommes passent, ridée vraie reste, et on ne peut la tuer! Le ciel s'achète par la douleur. C'est à travers les épreuves et les souffrances que l'humanité marche à la vérité, mais elle marche I

Les tyrans, assiégés par les remords, les soucis, les chagrins, les inquiétudes et les terreurs d'une conscience lourde, sont encore plus malheureux que les esclaves.

Irlandais 1 Dieu voit les larmes de ses enfants, et les ci»s des peuples égoi^és montent à lui ! Ceux qui souffrent ressemblent au Christ; ceux

qui soulagent l'infortune ressemblent au Cyro* néen qui aida Jésus à porter sa croix.

Quant à l'Angleterre» il est certain que la persécution religieuse qu'elle fait peser sur Tirlande est en désaccord avec les tendances générales du siècle , en désaccord surtout avec ses protestations en faveur de la liberté.

Nous l'avons dit, elle ferait bien mieux de moins se montrer dure envers l'Irlande et de moins se montrer tolérante envers les révolutionnaires de l'Europe réfugiés chez elle.

D'aucuns disent que c'est par patriotisme, par égoïsme national, qu'elle se rend la complice des démocrates; car plus ceux-ci troublent l'Europe, plus les marchés de l'Europe, occupée à se défendre, non à travailler, seront ouverts aux produits britanniques. A ce compte, les Anglais seraient d'excellents patriotes, d'excellents citoyens, avec ce calcul odieu. Ah I l'homme exclusivement citoyen est nécessaîre-

ment égoïste^ je lui trouve une grande laideur morale; il aime son pays, c'est fort beau, mais il consentirait volontiers à ce que son pays, pour s'agrandir ou s'enrichir, pillât, dévorât, soumit le reste du monde. Je m'incline devant un patriotisme raisonnable, mais j'exècre celui-lè, et je tiens généralement les conquérants en médiocre estime. Je trouve qu'elle était sans entrailles, cette femme de Sparte, qui applaudit à une victoire qui lui avait coûté ses cinq Gis.

Pour moi cette grande citoyenne n'est qu'une abominable marâtre.

Les Bru tus sont de vils assassins.

Les francs-maçons se sont également signalés en Angleterre, par leur complicité impie avec les démagogues émigrés.

Us fraternisent avec eux et leur prêtent leur local et leur influence.

Ceux-là seuls peuvent s'en étonner qui ne

connaissent pas ce que c'est que la franc-maçon-

nerie^.

Cette conduite justifie les mesures prises par rj^lise contre cette association, et généralement contre toutes les sociétés secrètes.

Félix Pyat est franc-maçon; Mazzini aussi ; ils s'encouragent mutuellement, comptant sur l'impunité.

De son coté, Mazzini, condamné à mort^par contumace (1858), par le tribunal de Gênes, comme âme de la dernière insurrection, a pu* blié, k Londres, sans courir aucun risque, un

< Voir la note 4 & la fin da volume.

nouveau factum; il y justifie cette insurrection et en prédit de nouvelles. Ses complices sont aux galères; mais que lui importe 1 Que lui importe le sang versé, pourvu qu'il épargne le sien!...

Ce qui fait sa force, comme celle des autres conspirateurs, c'est la sécurité qu'ils ont en Angleterre pour préparer et organiser les complots. Ils n'apporteraient pas cette persistance dans leurs menées révolutionnaires si l'impunité ne leur était pas acquise.

Et pourtant, les Anglais, si forts sur la Bible, à ce qu'ils prétendent, devraient savoir qu'on peut adresser aux conjurés des sociétés secrètes ces énergiques paroles de l'Apocalypse : i J'élèverai contre vous mon témoignage. Vous êtes des Philistins, des Édomites, des léopards, des renards, des loups de nuit qui rongent les os jusqu'au lendemain, de mécbaïUs chiens qui

entourent les élus, de repoussantes bétes h cornes, d* audacieux taureaux de Basan, de subtils serpents alliés par le nom et par la nature avec le dragon rouge. » (Apoc.^ ch. xii, v. 3

Pour qu'une alliance soit fructueuse, il faut qu*elle soit loyale de toutes parts. L'empereur Napoléon III a été pour l'Angleterre un allié loyal et dévoîlé, et Ton peut dire chevaleresque.

Eh bieni c'est de la presse anglaise que sont partis les plus grands outrages contre lui et contre la France qui l'a élu ; ce sont des imprimeurs anglais qui ont publié ces articles de jour-^ naux malveillants et ces libelles infàtnes pré^ chant l'assassinat contre l'Empereur.

Que diraient les Anglais si, sous prétexte de donner l'hospitalité à des proscrits, nous laissions une bande de scélérats conspirer chez nous contre la vie de leur reine et contre leurs institutions?

Ceci est sans exemple dans les pays civilisés, même entre nations ennemies, k plus forte raison qaand on est en paix, quand on est allié.

Il importe donc que TAngleterre] s entende avec tous les autres Etals de l'Europe, pour interdire, non-seulement les conspirations de l'assassinat, mais encore les a{K)logies du crime.

Tolérer ces excitations sanguinaires, ce serait manquer le plus déplorablement à la morale, à la justice et au salut des peuples.

Les méchants ne font que le mal qu'on leur laisse faire.

Voilà les conspirateurs de TAngleterre ! voilà Tusage que font ces réfugiés de Thospitalité qu'on leur donne I

Du reste, l'odieux pamphlet de Félix Pyat a ému la conscience publique en Angleterre, et le gouvernement l'a soumis aux officiers de la couronne. Sera-t-il absous, lui aussi!... Tou-

jours est-il qu'une tolérance exagérée a pu faire croire k ses auteurs qu'ils le pouvaient publier impunément.

Et puis, les attaques du Tmes contre le Gouvernement français leur sont aussi un encouragement; ils ont indigné TEurope; et comme Ta dit le Journal de Francfort, Tattentat du 14 janvier a jeté le trouble dans les esprits et révélé toute la profondeur de la plaie qui afflige, ronge le corps social. La conspiration permanente ourdie dans les antres ténébreux de la démagogie contre tout ce qui présente des garanties de calme et de» stabilité étant avérée, il fallait cependant combattre cette hydre aux cent têtes et obercber k Tenchalner, puisqu'on ne peut par* venir à la détruire.

C'est ce que les journaux anglais, et particu^ lièrement le Times, devraient comprendre, au lieu de s'acharner à déverser sur le gouvernement français des torrents de bile et d'invec-' tives. Les mesures provisoires et exceptionnelles auxquelles l'Empereur Napoléon III a dû recourir, soyons assez juste pour le Reconnaître, ne sont pas prises dans sou seul intérêt, mais ont,

au contraire, pour objet de prémunir l'Europe

contre le renouvellement d'excès qui compromettraient sa sécurité en même temps que celle de la France.

Dans la défense de la cause sacrée de Tordre, tous les pouvoirs sont solidaires; ils demeurent responsables aux yeux dé Dieu et des hommes, de tous les maux qu'une dangereuse incurie, qu'une coupable négligence de leur part attireraient sur les peuples dont le destin leur est confié. Quand le dourerain de la France adjure l'Angleterre, la Belgique, la Sardaigne, la Suisse de renforcer leur législation pénale à l'égard des assassins systématiques qui préparent chez elles, à l'abri du droit d'asile, leurs instruments de meurtre, que fait-il autre chose, sinon donner a ces États, et pour eux-mêmes un salutaire avertissement?

' Quant au présent livre, c'est une protestation do plus, contre la «démagogie et le socialisme.

que les conspirateurs et les sociétés secrètes ont pour but de &ire triompher.

Le socialisme! c'est la contré-partie du christianisme.

Le christianisme, c'est le dévouement, Thu* milité, le renoncement; c'est Tamour;

Le socialisme, c'est l'égoisme, l'orgueil, le culte de la chair; c'est la haine.

C'est le socialisme qui arme contre la société la YÎle multitude en furie, la lie des nations, honte et fléau du peuple. C'est au nom du socialisme que les ravageurs de la civilisation, que les athées révolutionnaires, que les assassins républicains espéraient désoler la France en 1852. Mais si grandes qu'aient été les fautes de la France en laissant faire tant de révolutions et en y prenant part, la Providence a jugé que le châtiment infligé avait été assez sévère, et elle n'a pas voulu qu'elle tombât dans Y anarchie de M. Proudhon, et elle a permis qu'un homme se trouvât là, dont le nom fût à la fois une gloire et une espérance, qui écrasât l'hydre révolutionnaire sous son pied. La France, qui avait peur de 1852, date fatale annoncée telle par tous les triboulets rouges de la tribune, des

clubs, des lieux honteux et des jouraaux, la France a applaudi, de tout son cœur, car une nation fera toujours pour sa conservation suprême les plus grands sacrifices, même ceux de certaines libertés, surtout quand la licence lésa déshonorées.

Le coup d'État de décembre 1851, l'Empire qui en fut le résultat logique et attendu, trouvent leur légitimité, non-seulement dans la tradition napoléonienne et dans les acclamations enthousiastes de tout un peuple, mais encore dans l'attitude tenue par les républicains.

Ce sont les socialistes qui ont mis la couronne impériale sur la tête de Napoléon III, qui a si énergiquement sauvé la patrie qu'ils se préparaient à égorger*

Mais le socialisme désarmé et vaincu n'a pas encore perdu toute espérance , et il en sera ainsi tant que les sociétés secrètes n'auront point été exterminées.

L'esprit révolutionnaire est un préjugé barbare et farouelj6 qui rend les hommes mauvais pèces, mauvais fils, exécrables citoyens , sous prétexte d en faire des patriotes modèles. Il inspire des actes de démence et decrtiauté qui sont

un perpétuel et flagrant attentat au cœur hu^ main. Les axiomes politiques de la révolution sont d'une dureté inflexible; ils sacrifient tout bon élan individuel, tout sentiment d'humanité i la force qui doit rester aux usurpateurs, à ceux qui ont proclamé la république sur les ruines de Tunité gouvernementale, du despotisme, W plus intelligent des pouvoirs.

Les révolutionnaires sont logiquement les ennemis de la religion et de la morale, car ils ne peuvent avoir d'influence que sur les athées et les corrompus.

Fortifier lareligion, livrer à sa direction l'édu* cation des jeunes générations, réformer l'instruction publique d'après ses principes, c'est travailler k la sûreté commune, car c'est élever des digues contre l'invasion des flots révolution* naires.

C'est contenir les méchants comme le doigt de Dieu retient la mer en furie dans ses limites.

Combattre l'esprit révolutionnaire par la force, c'est fort bien ; mais il ne sera détruit que par l'éducation religieuse.

L'esprit révolutionnaire a enfanté la répu-

blique avee ses saturnales d'esclaves, et le socialisme avec ses avidités implacables. Qu'est-ce que cette doctrine résumée par ces mots : Répurblique, Socialisme? C'est la haine de toute supériorité morale; c'est le matérialisme dans la société, de même que la monarchie", c'est Tordre et Tunité dans la politique.

Avec la république et le socialisme, on arrive forcément à tous les excès, à Tabobtion de tous les droits et de tous les devoirs, au despotisme oligarchique, à la tyrannie des factions, à Tanarchie, au chaos. Il n'est pas de tyran sans pitié qui ne soit préférable à la république, où le peuple a à subir des milliers de tyrans plus implacables, plus féroces, plus ineptes les uns que les autres, qui flattent Tégoïsme et l'orgueil des masses en se servant du mot égalité. Ce mot n'est, en réalité, et dans leurs bouches mêmes, qu'un leurre impraticable.

L'égalité, comme l'entendent les révolutionnaires, n'est pas dans la nature humaine.

L'inégalité, au contraire, se manifeste partout par la diversité des forcos, des talents, des goûts, des caractères, des passions.

Ce sont les nullités qui demandent le.niveau

par jalousie des supériorités sociales. L'égalité ne peut régner sur la terre.

Ce serait une violence contre nature. Tout s'y oppose : le bon sens, la justice, la raison, la morale, les lois de la Providence.

Ce serait la guerre, la lutte, le carnage entre les hommes.

O peuples ! qui mettez sur vos monnaies le mol de républiquey sachez bien que c'est le synonyme de mkère.

Voilà le revers de la médaille I

C'est en vain que les hommes cherchent à éluder la loi des sociétés, qui est l'unité du pouvoir.

La république comme forme de gouvernement, est une utopie ; elle n'est une réalité que dans le sens de chose publique, de même que le communisme n'est une réalité que comme communauté d'intérêts. Les révolutionnaires torturent étrangement la langue : de chose publique, ils ont fait république; de communauté d'intérêts, ils ont fait communisme.

Or, ce n'est que la forme de gouvernement monarchique et méchamment appelée despotisme qui peut s'occuper fructaieusement de la

chose publique et protéger ïa communauté des intérêts.

Ce pouvoir est de droit divin, en ce sens qu'il lire son type de la Famille instituée par Dieu, — par Dieu qui n'a mis la république nulle part.

Les anarchistes qui veulent l'abolition de l'autorité, qui veulent rayer le mot pouvoir de la langue humaine, méconnaissent les vérités les plus élémentaires de la science politique et sociale; ils ne formeront jamais quune grotesque, qu'une triviale et méprisable minorité.

En effet, le pouvoir est le besoin profond, secret de tous les hommes.

Ceux même qui l'attaquent n'ont d'autres but que de gouverner è leur tour, et les peuples qui renversent un pouvoir, s'empressent toujours de le remplacer par un autre, lequel est d'autant plus vexatoirè et d'autant plus dur qu'il est plus révolutionnaire.

Les exterminateurs de tout pouvoir ne poursuivent, en réalité, que la conquête du pouvoir.

Or, le gouvernement qui ne détruit pas ceux

qui conspirent contre lui, doit s'attendre à être détruit pas eux.

Ce travail ne conttnt-il que cette vérité importante an repos de l'univers, il n*y aurait pas h regretter de l'avoir publié.

Et maintenant, si je les examine devant les gouvernements réguliers, avec cet ordre de choses majestueux qui caractérise ceux-ci, que sontelles, ces sociétés secrètes, ces misérables affiliations du crime et de la démence furieuse?

Bien peu de chose. Elles grouillent dans les bas-fonds de la société, comme dans la bourbe des ruisseaux fangeux grouillent les immondes crapauds.

Sous les gouvernements légitimes et organisés, plus que jamais, ces réunions clandestines ne sont que le réceptable impur des vices, des ignominies, des lâchetés humaines: le résidu infect de tout ce que le corps social contient de matières fétides.

L'histoire ne portera pas d'autre jugement sur ces ramas de misérables, perdus de dettes et de crimes, qui conspirent contre l'ordre social et contre tous les gouvernements. Et ce sera le juste chètiment de l'orgueil de ces drôles qui ont la prétention d'attaquer tout le monde et ne souffrent pas la moindre contradiction; ils la punissent, vainqueurs, par l'échafaud ; vaincus, par le poignard des sociétés secrètes.

Cette infirmité du cœur humain a même atteint souvent des hommes, à d'autres ^ards remarquables , au moins par la forme, dont les démocrates manquent si absolument.

Montesquieu eut, un jour entre autres, un accès déplorable de cette très-fàcheuse maladie.

Le fermier -général Dupin ayant composé, sous le titre de Commentairey une réfutation logique et une rectification de V Esprit des lois de Montesquieu, celui-ci, désespéré, se rendit en toute hâte chez la Pompadour, et la supplia d'en arrêter l'édition, ce qu'il obtint :

— c( Elle fut hachée tout entière, dit Chamfort, et on n'en sauva que cinq exemplaires. )»

Tel est le caractère des démagogues, des philosophes, des anarchistes, des orgueilleux : ils

demandent la liberté pour critiquer les autres et invoquent le despotisme contre ceux qui les critiquent à leur tour.

Tels sont les révolutionnaires, tels sont les conspirateurs. Et ces abominables gens sont ridicules autant qu' ils sont infâmes.

Quand ils galopent ainsi dans la vie, prenant le bruit qu'ils font pour de limportance, se croyant forts et supérieurs parce qu'ils crient, ils sont grotesques, voilà tout. Os sont infâmes aussi, ces scélérats qui se couvrent du prétexte de rintérêt public pour se souiller des plus grands forfaits. Le crime I voilà leur Dieu. Ils lui sont identifiés.

Ils sont attachés à lui comme Ixion à la roue fatale.

Ils sont vaincus; ils sont terrassés, enfin I

Ils ne nous feront plus subir leur grossière tyrannie.

Les bons rassurés n'ont plus à les craindre.

Dieu merci! les ambitieux de la bazocbe et de récritoire, les intrigants du barreau, de la presse et du professorat philosophique ne peu* vent plus déchaîner, au nom du peuple, contre

la société surprise, les héros de la cour d'assises I

Plus de démocrates hurlant des chants de mort et assassinant les soldats de la France derrière des barricades, et les personnes pai»bles dans les rues, et chez elles, pour les détrousser I

Plus de violents gredîns forçant les maisons pour piller, sous prétexte d^obliger, an nom de la libertéy les honnêtes gens à illuminer.

Plus de cabarets de voleurs réunis, où la politesse était proscrite, le titre de monsieur défendu, où Ton était égorgé par les frères, quand, pour se faire servir les charognes par eux dissimulées dans des sauces, on s'oubliait à les appeler gfarçon, au lieu de les appeler ciïot/m/

Plus de brigands au pouvoir, plus de gibiers de potence triomphants, — ce qui faisait désespérer du pays même I

Plus de socialistes osant insulter tout haut la religion , voler la propriété, souiller la famille, comme des démons échappés de Tenfer I Non !

le règne de la canaille est Uni, les coquins sont à Cayenne ; le temps de Torgie républicaine est passé; la France respire à pleins poumons ; elle

prie, elle espère; elle travaille! Béni soit à jamais celui qui nous a fait ce repos I...

Nous conserverons ce bien par notre patriotisme, par notre calme, par notre obéissance, par noire observation de la loi religieuse, par notre respect pour Tautorité, par nos vertus.

Les conspirateurs ont fait leur temps en France, et, espérons-le, en Angleterre et dans toute FEurope.

Les fripons ne trouvent plus de dupes ; les charlatans nesontplusécoutés; et la civilisation, un moment arrêtée par leurs tréteaux, reprend son cours majestueux et inGni, après avoir brisé ces ignobles entraves d'athées et de révolutionnaires conjurés !. ..

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