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connu. Pendant ce temps, les frères se livrent aux •plus pitoyables singeries, aux cérémonies les plus burlesques.
Le président de la loge, qui prend modestement le titre de Vénérable, demande à l'aspirant : — a Etesvous disposé, won frère, h exécuter tous les ordres du Grand-Mattre de la Maçonnerie, quand même vous recevriez des ordres contraires de la part d'un Roi, d'un Empereur, ou de quelque autre Souverain que ce soit? »
Remarquez que cette condition d'obéissance passive est exigée par toutes les secrètes sociétés.
Est-ce qu'un honnête homme peut répondre oui. à ane pareille question ? Or, s'il arrivait à un aspirant de répondre non^ il serait immédiatement menacé d'êlrc égorgé, comme traître, par ces honnêtes philanthropes. Quand il répond out , on lui dit que le secret de la Franc -Maçonnerie consiste en ces mots : (c Egalité et liberté, tous les hommes sont égaux et libres ; tous les hommes sont frères. »
Ensuite le Vénérable lui montre les frères armés de glaives et lui déclare que s'il trahit la Franc- Maçonnerie, il n'échappera pas à la vengeance des .frires.
Après quoi , le Vénérable embrasse le frère égal et libre.
Il est évident que si les Maçons voulaient seulement la liberté dont tout citoyen peut jouir sous l'empire des lois, si par égalilé et fraternité ^ ils entendaient que les hommes , étant tous les enfants d'un Père commun, doivent s'entr'aider et s'aimer comme des frères, il ne serait pas nécessaire de se livrer à toutes ces extravagances ; tout cela est dans l'Evangile, qui se prêche et peut se pratiquer publiquement. Mais c'est que, pour les Maçons des grades supérieurs, ces mots ont une tout autre signification; ils les expliquent d'une façon jacobine, dans le sens révolutionnaire.
Tout, dans la société secrète universelle, appelée la Franc-Maçonnerie , tout est une protestation contre le Christianisme.
La Maçonnerie a un catéchisme à elle, qui n'est pas celui de l'Eglise. Les Maçons s'engagent à initier des adeptes à m lumière, à délivrer les profanes^ c'est-à-dire tous ceux qui ne sont pas Maçons, des ténèbres dans lesquelles ils sont plongés. Il est donc, pour les Maçons, une autre morale, une autre foi, une autre doctrine que celle de Jésus-Christ! L'E-
vangile n'est donc pour eux, qu'erreur, mensonge , ténèbres !
De plus, l'ère maçonnique n'est point la même que rère chrétienne. Les Maçons font dater leur année de lumière des premiers jours du monde. Ils prétendent donc que leur lumière, leur morale, leur science religieuse est antérieure à la révélation évangélîque, et m^me aux prophètes !
Hs déchirent ainsi la Bible et le Nouveau Testament.
Chaque loge est un temple dans lequel on admet indistinctement les juifs, les musulmans, les protestants, les athées. Celte tolérance n'est rien autre que l'indifférence en matière de religion qui précède sa destruction, si c'était possible ! c'est le premier pas vers l'athéisme.
Si la science des Maçons était une science de vertu et d'amour, conforme aux prescriptions du christianisme, ils n'auraient pas besoin do se réunir en sociétés secrètes. On ne se cache que pour faire le mal , que pour se mettre en opposition avec les lois religieuses et civiles; Qu'on juge s'il est besoin de se livrer à de semblables cérémonies quand on a les intentions pures de la fraternité, quand on n'est dévoré que par les sainfes ardeurs de la charité !
Après que le frère égal et libre a reçu Taccolade du Vénérabiey voici comment on procède pour le recevoir tnaître.
Le Vénérable le fait approcher du sarcophage hoché sur cinq gradins , et lui raconte Tanecdole suivante, durant laquelle les frères conservent toujours les attitudes douloureuses et vengeresses que vous savez :
— « Adoniraro, choisi par Salomon, présidait au payement des ouvriers qui bâtissaient le temple. Ces ouvriers étaient au nombre de trois mille. Pour donner à chacun le salaire qui lui convenait, Adoniram les divisa en trois classes^ apprentis, compagnons et maîtres. Il donna à chacun son mot de guet, ses signes propres et la manière dont ils devaient se toucher pour être reconnus. Chaque classe devait tenir son signe et son mot extrêmement secrets. Trois com« pagnons voulant se procurer la parole et par là le salaire des maîtres, se cachèrent dans le Temple, se postèrent ensuite chacun à une porte différente. Au moment où Adoniram avait coutume de fermer le Temple, le premier compagnon qu'il rencontre lui demande la parole de maître. Adoniram refuse et reçoit sur la terre un coup de bâton. Il veut fuir par une autre porte, même rencontre, même demande
et même traitement. A la troisième porte enfin, le troisième compagnon le tue pour le même refus de trahir la parole de maître. Ses assassins l'enterrent sous un tas de pierres, au-dessus duquel ils placent une branche d'acacia, pour reconnaître l'endroit où ils ont mis le cadavre.
y> L'absence d'Adoniram désespère Salomon et les maîtres. On le cherche partout; enfin un des maîtres découvre son cadavre et le prend par an doigt, qui se détache de la main ; il le prend par le poignet, qui se détache du bras, et le maître, dans son étonnement, s'écrie : mac benac^ ce qui signifie, suivant les Maçons : La chair quitte les os.
» Dans la crainte qu'Adoniram n'eût révélé leur mot du guet, appelé la parole^ tous les maîtres convinrent de le changer et d'y substituer ces mots de mac benacy mots vénérables que les Francs-Maçons n'osent prononcer hors des loges et dont alors même chacun ne prononce qu'une syllabe, laissant à son voisin le soin d'achever le mot. »
Après ce conte pitoyable, l'adepte apprend que l'objet de son grade est de chercher la parole perdue et de venger la mort d'Adoniram. — ce martyr du secret maçonnique.
Ces jeux ridicules dégoûtent un grand nombre de
Maçons» qui préfèrent en rester \h. Mais ceux qui persévèrent sont appelés à juger encore bien mieux combien, au fond de ces puérilités, il y a une pensée criminelle sérieuse. Les cérémonies pour le grade d*Elu ne laissent aucun doute à cet égard.
En acceptant ce grade on s'engage : 1* à venger Adoniram qui dès lors est nommé Hiram ; 2*» à rechercher la parole perdue et la doctrine sacrée qu'elle exprimait.
Dans une salle éclairée à la façon des scènes où se jouent les mélodrames, les frères sont réunis, portant au côté gauche un plastron, sur lequel on voit une tête de mort, un os et un poignard avec cette devise : Vaincre ou mourir, reproduite sur un cordon qu'ils portent en sautoir.
L'initié a les mains couvertes de gants ensanglantés, et a un bandeau sur les yeux. Un frère^ le poignard levé, le menace de l'égorger s'il ne promet de venger la mort du père des Maçons.
Quand on lui rend la lumière, il se trouve devant une caverne sombre, dans laquelle il doit entrer; on lui crie: — «Frappez ! vengez Uiram ! c'est à ce prix que vous serez élu. Frappez, voilà l'assassin du Maître ! »
L'aspirant est devant un fantôme ; il lai plonge un poignard dans la poitrine; le sang coule....
-«• a Coupez-lui la têtel » s'écrient les frères.
Il obéit ; il saisit par les cheveux la tète du cadavre, et la montre triomphalement à chaque frère. Ce cadavre est un mannequin entouré de boyaux remplis du sang.
Qu'on le dise, quel rapport cette scène de carnage a-t-elle avec la charité dont les Maçons prétendent avoir le monopole ?. . .
^ — « J'ai demandé à plusieurs Maçons, dit M. l'abbé Barruel, si cet apprentissage de férocité ne leur faisait pas au moins soupçonner que la tête à couper était celle des Rois ; ils m'ont avoué ne Vavoir reconnu que lorsque la Révolution était venue leur apprendre à ne pas en douter. »
Voilà pour la partie politique du grade de Maître. — La partie religieuse est tout aussi infâme, et démontre, sans contestation possible, que la Franc-Maçonnerie a pour but l'abolition de la Religion catholique. La cérémonie appelée du sacrifice, dans laquelle les frères sont tous couverts des vêtements sacerdotaux, rétablit, selon eux, légalité religieuse. Tous les hommes, d'après les Maçons, sont également prêtres ; la Religion de la nature est la seule
vraie ; Moïse el notre Seignear Jésus-Christ onê violé les droits nalurels de la liberté et de Végalité ayec leur distioclioD de prêtres et de laïcs.
Ces enseignements sont assez positifs.
— <K II a fallu encore» dit M. Tabbé Barruel, il a fallu encore la Révolution à bien des adeptes» pour confesser qu'ils avaient été dupes de cette impiété» comme de cet essai de régicide dans leur grade à'Elu. »
Avant la révolution, la plupart des Maçons admis à ce grade» ne se préoccupaient pas de sa signiQcatfon; ils regardaient toutes ces cérémonies mystérieuses comme de vieilles coutumes sans importance» et ils ne se donnaient pas la peine de pénétrer le sens vrai de ces secrets.
A beaucoup, ces épreuves semblent tellement répugnantes qu ils restent dans les grades inférieurs.
Mais il est impossible qu'un homme admis dans ^ les hauts grades puisse conserver la moindre illusion sur le but de la Maçonnerie, par rapport à l'abolition de ridée religieuse dans le monde. En effet, pour le grade appelé chevalier du soleil^ grade purement philosophique, et qui ne date que du xviii* *sièclo» — époque de VEncyelopidief — le Frère- Vérité s'exprime ainsi, en s'adressant au nouvel adepte :
« Si vous mo demandez quelles sont les qualités qu'un Maçon doit avoir pour arriver au centre du vrai bien, je vous répondrai que, pour y arriver, il faut avoir écrasé la lôte du Serpent de l'ignorance mondaine; avoir secoué le jmg des préjugés de l'enfanée f eoncematU les mystères de la Religion domi* nanle du pays où Von est né. Tout culte religieux n*a été iwenié que par Vespoir de commander et d'occuper le premier rang parmi les hommes, que par une paresse qui engendre, par une fausse piété, la cupidité d*acquérir les biens d'autrui ; enfin que par la gourmandise, fille de Thypocrisie, qui met tout en usage pour contenir les sens charnels de ceux qui les possèdent, et qui lui offrent sans cesse, sur un autel dressé dans leurs cœurs, des holocaustes que la volupté, la luxure et la parjure leur ont procurés. — Voilà, mon cher frère, tout ce qu'il faut savoir combattre, voilà le monstre, sous la figure du Serpent à exterminer. C'est la pointure fidèle d^ce que Y imbécile vulgaire adore sous le nom de religion !
Ce texte est formel ; il n'y a point à s'y méprendre ; le secret est révélé dans tout son athéisme, dans toute son horreur.
- Le Frère- Vérité ajoute que le Ril Monacal ei Religieux est une hydre àeeni têtes qui trompa et trompe
eneare continuellemeni la hommes qm sont soumis à $on empire f et les trompera jusques au moment ou les vrais éhs parattronî pour la combatêre et la dé' truire entièrement.
Ces preuves de la conspiration des Maçons contre la Religion snfBsent pour éclairer les peQples. Il en est d'autres noD moins cnrieusea.
Pour être initié dans les hauts grades de la Franc- Maçonnerie , il faut que l'homme se dépouille de tous ses sentiments religieux. On lui dit qu'il a vécu jusqu'alors dans la servitude; aussi, pour être admis à l'honneur insigne d'être chevalier de Saint- Andréa on lui passe au cou une corde à quatre nœuds, on le plonge dans un cachot où il doit méditer sur son esclavage 9 et apprendre à apprécier la liberté»
La liberté, pour les sociétés secrètes^ c'est la révolte de l'homme conlre Dieu.
Pour les chevaliers de la Rose^Croix^ Notre-Seigneér Jésus-Christ est un imposteur.
Ainsi, plus on monte en grade dans la Maçonnerie^ et plus le blasphème augmente, plus le voile tombe, plus le but révolutionnaire s'affirme I
Le mot du guet des chevaliers de Rose-Croix est INHI. Ils se déclarent Us ennemis personnels de Jésus etducliristiaiitsine.
Dans le gracie de Kaàfpêeh ou Ihomme- regénéré, l'assassin d'Âdooiram devient le roi. Il faut le tuer pour venger Tordre des Maçons, successeurs des Templiers. Il faut venger le grand mattre Molay. Il faut détruire la religion de Jésus-Christ et son cuHe, fondé sur la révélation. Il faut renouveler la pùrvk, c'est-à-dire la Liberté et r£j|fah*(e ayant pour but de détruire toute Royauté^t tout culte.
Ainsi le but de la Maçonnerie est fraDchesient avoué : Plus de Royauté, plus de Religion!
Les sociétés secrètes modernes, issues de la Franc- Maçonnerie, n*ont donc fait que continuer son œuvre révolutionnaire de destruction , de même que les Maçons ont continué les Templiers.
Templiers» Maçons, Jacobins, tous ont le même esprit, tous sont animés des mêmes intentions : haine de TËgliseet haine des Rois. Qu'on rapproche leurs dogmes , leurs mystères , leurs symboles, leur langage; les hérésies des Templiers se retrouvent Épns les Maçons et dans les Jacobins. Us se distinguent par la même haine pour le Christ, par leurs serments de révolte contre tout pouvoir spirituel et temporeL
Ces sectaires appartiennent à la grande école révolulionnaîre qui protesta toujours contre la Religion' et
la Société. Celle école a souvcnl changé de nom, mais au fond la doctrine est la même. La tradition révo* lationnaire remonte aux premières hérésies : bien plus, la tradition socialiste remonte au paganisme. Lacédémone et Tlle de Crète vécurent sous cette législation honteuse, et c'est pourquoi ces pays tombèrent dans la décadence. Encore le cotnmunisme n'y put-il yivre qu'à l'aide de Fesclavage. Lycurgue, tant admiré par les universitaires, était un terroriste» Les Spartiates, grâce au socialisme, devinrent des barlMnres, des brigands. Minos, cet autre prétendu sage, établit la même tyrannie en Crète. Il proclamait, bien avant les jacobins, que Yinmrreeiion est le pJm saint des devoirs. Lycurgue et Minos s'étaient inspirés du Traité de la République de Platon, livre odieux, dans lequel la doctrine du communisme est exposée dans toutjQ son horreur : Le Litre des Loû de Platon^ qui vint après le Traité de la République, est dirigé é||lement contre la Famille et la Propriété, surtout contre cette dernière.
L'oBuvre de destruction fut continuée par Luther, par Calvin, par Stork et Munzer. L'Ânabaptisme n'est qu'une conséquence du Protestantisme. El le principe de la révolte une fois admis, il n'est pas de folies auxquelles on ne puisse atteindre.
Il faut lire l'histoire lamentable de ces luttes des sectaires contre Tordre social. Le chef de TAnabaptisme, Munzer, est un type dont Marat, Babœuf, Bianqni et Mazzini ont été les fidèles reproductions. Ce qu'il veut, c'est le triomphe de la Révolution , afin d'être mattre absolu, imperator, roi de la canaille.
Après Munzer, nous trouvons Hutter et Gabriel Scherdingy disciples de Stork, puis Jean de Leyde, et tant d'autres. Que veulent-ils? — Toujours la même chose : Tuer l'Eglise catholique, confisquer la liberté individuelle et la Propriété, abolir la Famille. Pas un seul de tous les réformateurs ne varie dans ses attaques : ils n'ont tous qu'un même but.
Tels furent, dans le monde moral et dans le monde matériel, le résultat de Vidée révolutionnaire dont le Protestantisme fut l'une des phases les plus désastreuses.
Logiquement^ le Protestantisme conduit ThuiiMinité à la révolte contre toute espèce d'autorité, à l'anarchie et à la misère, au communisme et au désespoir. Nous l'avons maintes fois prouvé et sans réplique.
Les philosophes des xvi', xvii* et xvni* siècle continuent l'œuvre de démolition si bien avancée par
les protestants de toutes sectes. A qui en veulent* ils?
Thomas, Morus» Campanella, Morelly, Mably, Brissot, à la Propriété; toute Técole encyclopédique, à la Religion ;'Gampanella, Morelly, Diderot* Brissot de Warwille, à la Famille.
Tous ces voyageurs se jettent avec ardeur dans la Franc-Maçonnerie, cette forteresse de la Révolution où l'oD jure haine à la Religion et à la Royauté; où l'on fait le serment A' étrangler U dernier des rois avec les banaux du dernier des prêtres !
. Dans les papiers trouvés chez ce bon monsieur de Robespierre, on remarque les vers suivants de l'apostat Dom Gerles, qui, comme Maçon, les adressait à la Venté :
Ni culte y ni Prêtres^ ni Roi :
Car la nouvelle EvCy c'est toi.
Ni culte, ni Prêtres, ni Roi, c'est la pensée bien suivie de Y idée révolutionnaire à travers les âges. Au xvui* s ècle, tous les ennemis de l'Eglise et
de la Société se réunirent pour conspirer dans les loges maçonniques. Cette société secrète avait une influence formidable, une organisation complète. Le Grand Orient était la loge directrice. De son sein émanaient tous les ordres pour les Vénérables ou présidents de chaque loge.
Les cotisations étaient très-abondantes et permettaient d'envoyer par toute l'Europe des commisvoyageurs de la Révolution, préchant l'Insurrection.
Généralisée par Sieyès et Condorcet, l'action de la Maçonnerie devint une puissance redoutable pour le ropos public. Ces deux philosophes avaient organisé une propagande active pour jacobiniser non-seulement les loges françaises, mais encore celles de l'étranger.
Aux philosophes et aux Maçons, vinrent se joindre les Illuminés.
La société des Illuminés était une réunion d'athées frénétiques, de Communistes-Matérialistes; comme nos modernes niveleurs démocrates, ils voulaient l'anéantissement de la Religion, de la Famille et de la Propriété ; ils voulaient l'abolition de l'idée même de gouvernement, c'est-à-dire l'Anarchie. C'est le système plus particulièrement préconisé de nos joars par M. Proudhon, qui se fait gloire d'être, lui aussi,
f ennemi personnel de Dieu, de la Propriété et du Principe d'Autorité,
Ces conspirateurs s'appelaient eux-mêmes Illuminés de ïalhiisme^ afin qu'on ne pût pas se tromper sur leurs doctrines.
Us s'intitulaient : Impies^ Anarchistes, Conspirateurs contre toute Religion et contre tout Gouvernement, contre toute société civile et contre toute propriété quelconque.
' Le nom àUlluminés choisi par ces sectaires avait été commun à plusieurs autres désorganisateurs. C'était entre autres, celui de Manèsetde ses disciples.
L'ordre des i//umine« de Weishaupt, l'un des chefs de la Franc-Maçonnerie, avait des loges en Bavière, en Autriche, en Italie, dans le Tyrol, en Hollande, dans la Souabe. Les principaux meneurs de rilluminisme étaient Xavier Zwach, diiCaton ; Hertel, prêtre apostat, dit Marius ; Baader, dit Celse ; Berger, professeur à Munich, dit5cipton; Troponero, marchand hambourgeois , dit Coriolan ; le baron de Bastus, dit Annibal; le marquis de Gonstanga, dit Diomède ; Micht, dit Solon; le baron de Schrœckenstein, dit Mahoinet; Hoheineicher, conseiller allemand, dit Alcibiade; puis un certain Germamcu^, dont on ne sait pas le véritable nom.
L'UIuminisme s'empara iosensiblement des loges maçonniques, dans lesquelles il trouva de puissants auxiliaires et beaucoup d'argent pour entretenir la propagande.
L'illuminisme ne tarda pas à gangrener toute l'Europe.
Frappés d'aveuglement, les gouvernements laissaient faire ces sectaires qui complotaient contre leur existence.
L'électeur de Bavière seul interdit les sociétés secrètes. (Décret du 22 juin 1784.) La justice du pays fut saisie de l'affaire, mais Weishaupt et les principaux meneurs s'étaient enfuis. Les moyens et le but de la société furent révélés ; mais contre une conspiration qui s'étendait sur toute ^Europe, la Bavière était impuissante.
Dans les dépositions qui furent faites par le conseiller aulique TJtzschneider, par le prêtre Gosandey et par l'académicien Grùnberger, à la date du 9 septembre 178S, on lit;
— oc Chez les Illuminés, l'objet des premiers grades est tout à fait de former leurs jeunes gens, et d'être instruit, à force d'espionnage, de tout ce qui se passe.
» Les supérieurs cherchent à obtenir de leurs in-
férieurs de» actes diplomatiques, des documents, des titres originaux. Ils les voient toujours avec plaisir se livrer à toutes sortes de trahisons, partie pour profiter eux-mêmes des secrets trahis, partie pour tenir ensuite les trattres mêmes dans une crainte continuelle, en les menaçant de découvrir leurs trahisons s'ils venaient à se montrer revéches.
Les Ului^^inés de ces premiers grades sont élevés d'après les principes suivants :
-— « i^ L'Illuminé qui veut arriver aux plus hauts grades doit être libre de toute religion;
» 2^ Le suicide est ordonné quand la vie devient pesante cni difficile ;
3^ Le but sanctifie leê moyene; le bien de l'Ordre justifie les ealamnieSy les empoisonnements , les meur^ très, \es parjures, les trahisons, les rébellions; bref, tout ce que les préjugés des hommes qualifient de crime;
)» 4^ Il faut être plus soumis aux supérieurs de rilluminisme> qu'aux souverains ou magistrats qui gouvernent les peuples. Il faut sacrifier aux supérieurs honneur, fortune, vie. Les gouverneurs des peuples sont des députés lorsqu'ils ne sont pas dirigés par nous. Ils n'ont aucun droit sur nous^
homiories libres.
)» Il faut aussi que les souverains passent par les grades inférieurs ^e FOrdre; ils ne doivent être promus aui plus hauts que lorsqu'ils ont bien saisi les bons desseins de l'Ordre, dont tout le but est de délivrer les peuples de l'esclavage des princes^ de la noblesse et du clergé; d'établir l'égalité des conditions, de religions, de rendre les hommes libres et heureux. »
N'est-ce pas là le eode du crime et de l'esclavage? Du crime le plus cynique, de l'esclavage le plus complet? — Accepter un semblable Joug, c'est le comble de la dégradatimi, c'est se plonger dans l'abjection. Et ces malheureux se proclament libres !
En lisant ces théories froidement conçues, mûries , exposées, on se demande où peut s'arrêter la scélératesse du parti révolutionnaire.
Les horreurs commises en 1793 ne furent, on le voit, que l'application des doctrines des sociétés secrètes. Il a fallu les saturnales de cette époque pour qu'on fût bien persuadé que la Maçonnerie et l'Illuminisme n'étaient point des jeux d'enfants, et pour que ces complots abominables ne fussent plus considérés comme des chimères.
La cour de Bavière, avec une vigilance qui l'ho* nore, avait envoyé à toutes les puissances de l'Eu-
ropc un exemplaire imprimé de toutes les pièces rdatives à la conjuration , mais les gouvernements, négligents de leurs devoirs, indifférents au soin de leur propre conservation et du repos des peuples, n'attachèrent pas à ces documents l'importance quo méritait leur criminalité. D'ailleurs, par un aveugle* ment à peine croyable , un grand nombre de mo« narqoes, de princes, de grands de la terre, mar<» chant à leur propre suicide , étaient affiliés à la société !
Et pourtant, l'Illuminisme ne dissimulait pas son but exécrable : Ni Dieu, ni gouvernement, ni propriété !
Les Illuminés proclamaient l'état sauvage, l'état de barbarie comme le seul dans lequel les hommes puissent être vraiment libres. Ils proscrivaient mémo les sciences et les arts. Ils voulaient « subjuguer et étouffer tout citoyen zélé pour la religiony pour le inaintien des lois de la société et des propriétés ; » ils avouaient vouloir a V anarchie y la communauté des femmes et être possédés de la rage de la dévas-» tation. »
Dieu s'était retiré, de ces hommes, et la pauvre France, aSiqiblie par les disseneions intestines^ no pouvait plus offrir de résistance à leurs ravages.
Spartacns WeîshaupI èUtit le chef soprtaie de cette société qui, partout, déclarait ne vouloir au* cuD chef et proclamait la sowoerainité de Vindwidu.
Les autres chefs de liUumiDisme s'exprimaient ainsi en s'adressant aux adeptes. — « Cette société secrète qui vous a conduit ave^ taat d'art, de mystères en mystères ; qui a tant de soins h déraduer dans votre c<Bur tous les principes de la religioB, tous ces faux sentiments d'amour naticmal, d'amour de la patrie, d'amour de la famille ; toutes ces pré« tentions de la propriété et de droits exclusifs à des richesses, à des fruits de la terre ; cette société qui a tant travaillé h vous montrer le despotisme et la tyrannie dans tout ce que vous appeliez lois des empires ; cette société qui vous déclare libre et vous apprend qu'il n'est pour vous d'autre souverain que vous-même, d'autres droits près de» autres que ceux d'une parfaite égalité , d'une liberté abeolue et d'une entière indépendance; cette société n'est point l'ouvrage de la superstitieuse et ignorante antiquité; elle est celui de la philosophie moderne; elle est le nôtre. »
Les Illuminés disaient encore :
— <c Les sauvages sont au suprême degré les plus éclairée des hommes et les plus libres. »
Les grands prêtres de la conjuration donnaient à leurs émissaires les instructions suivantes :
— « Eclaire les nations, c'est-à-dire, Atcz à tous les peuples tout ce que nous appelons préjugés religieux et préjugés politiques; emparez -vous de l'opinion publique, et sous cet empire vous verrez s'écrouler tout celui des constitutions qui gouvernent le monde. »
Et ils ajoutaient ce mot qui dit toute la barbarie de leurs projets: — « Il faut vandalùer l'univers, d
C'était l'anarchie universelle. Pour en arriver là, les membres des sociétés secrètes ont de tous temj^s cherché à pervertir les peuples, à les opprimer, à les détacher de la Religion et des lois morales qui font leur repos et leur bonheur.
Weishaupt et Philon Kingge, agrégèrent les Maçons de France à l'Illuminisme.
L'illuminisme n'eut point de peine à se greffer sur la Franc-Maçonnerie. Les Illuminés ne tardèrent pas à recruter des adeptes importants, entre autres
Mirabeau, Talloyrand et le duc d'Orléans, premier prince du sangl.... Jusqu'où peut faire descendre le mépris de la Religion I Bientôt les chefs du parti Libéral, dont quelques uns devinrent chefs du parti Jacobin y s'enrôlèrent sous la bannière de la Révolution la plus radicale et de l'Athéisme le plus effronté.
Ce sont toutes ces sociétés sectètts réunies» ce sont leurs prédications abominables et leurs manœuvres souterraines qui ont amené la Révolution Française et tous les malheurs » tous les crimes, toutes les démences, toutes les douleurs, tous les martyres qu'elle engendra.
L'histoire fait remonter la responsabilité des larmes et du sang versés à ces conspirateurs ténébreux qui, bien qu'ils fussent plus ou moins avancés les uns que les autres dans la voie du mal, n'en contribuèrent pas moins tous à ébranler l'édifice social, à humilier la Religion, à pervertir la Famille et à compromettre les droits de la Propriété.