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Mazzini, après tout, n'a pas la politique profonde dont il se vante, et que certains lui prêtent , parce que le vice impuni en impose aux esprits faibles, qui prennent souvent le succès pour de rhabileté. Est-ce que Tardente ambi-
tioQ qui lui fit commettre tant de forfaits réussit à r accomplissement de ses desseins? Du tout. Cette ambition ne toucha pas le but qu'elle s'était proposé : V abolition du catholicisme et le triomphe de la démagogie.
Attendons. Au déclin de sa vie, cette âme révolutionnaire ne sera pas assez forte pour éehapper au remords vengeur.
En vain, appellera-t-il à son chevet les magiciens de la philosophie ; ils ne pourront en chasser les ombres sanglantes de ses victimes^ et il mourra, envahi par la crainte du jugement de Dieu!...
Un moment il a pu braver le remords dans Fenivrement du carnage, dans les lâchetés dégradantes de ses complots, dans les vils excci^ de sa lubricité; mais cet esclave de la chair sera assailli par le remords à son heure d^ynière.
Ainsi finissent tous ses pareils.
Devant ces châtiments de Torgneil et du crime, qui ne préfère une destinée obscure et pacifique k ces positions dans lesquelles on se peut si difficilement préserver du mal, dont les punitions sont si terribles?...
Les membres des sociétés secrètes réfugiés en Angleterre, peuvent librement détourner les ouvriers de leur devoir; librement, ils peuvent les empoisonner de leurs doctrines socialistes, de leur propagande athée. Parmi les publications qui circulent à Londres, nous avons vu une pièce de vers, qui se trouve également répandue en Italie, en France, en Suisse et en Allemagne. Elle est due à la plume d'un poète italien de récole de M. Proudhon et a été traduite en diversefe langues par d'autres poètes révolutionnaires. Elle porte pour titre : La prière du soir. Dédiée aux ouvriers. Des compositeurs démo* crates y ont adapté de la musique ; de cette façon les ouvriers peuvent la déclamer ou la chanter h volonté. '^
Non-seulement elle est imprimée sur papier, mais encore sur étofies, comme une foule d'autres publications émanées des sociétés secrètes;
ces étoffes, aux frontières, représentent d'Innonocents mouchoirs de poche ; mais une fois à destination, à Taide d'un procédé fort simple, la couleur disparaît, la chanson, le pamplilet ou la proclamation restent seuls sur la toile, le coton ou la soie. Ce moyen de propagande, important à signaler aux douanes, a eu pendant ces dernières années le plus grand succès ; ainsi l'Europe a été empoisonnée sous des apparences purement commerciales.
Nous avons retrouvé à Turin ^ par exemple, sur des morceaux d'étofle, la prière du soir dont nous venons de parler.
A l'impression, cette pièce a été couronnée de l'épigraphe que voici :
Hamana ante ocnlos fœde qanm vita jaceret '
In terris oppressa gravi sab relligîone
, • • . • Homo mor taies toUere contra ^ ^ Est oculos ausus, primusque obsistere contra.
Qaem nec fama Deum, nec ftilmina, nac minitaotr lIcminiTe eGfmpressît coshm*
Après quoi Tode lyrique atbée, démocratique et sociale, commence ainjsi ; je traduis mot à mot :
« Pourquoi courbes-tu le soir, avec humilité,, ton front livide? Pourquoi blasphèmesAn une prière monotone et mélancolique? A qui adres» ses-tu, prolétaire. Tardent soupir de ton cœur? A qui le souffle puissant de ton amour indompté?
» prolétaire malheureux 1 puisque tu a& dépensé ta journée à fertiliser la terre fécondée par tes bras allourdis par tes longues souffrances?... A Dieu... qui, sourd et immobile», continue à te maudire encore.
» Dans les veilles amères et chargées de chagrins d'un lendemain dans lequel tu n'auras pas peut-être de quoi acheter un morceau de pain à tes enfants, pourquoi t* adresses-tu, sup- ])linnt, à ce Dieu des oppresseurs, qui n'a pas pitié de tes larmes el. t'a candamnè au tiavail ?
» A <ie Dieu, fiction inventée par la férocité
fanatique des tyrans, pour la conflrmation horrible de tes douleurs terrestres; pour que, dans ton extase pour TÉtre que tu implores, tu devinsses oublieux de ces douleurs.
» Que peux-tu espérer d^une prière aride balbutiée, ou d'une sotte litanie marmottée & genoux d'un ton monotone, que tu ne corn* prends pas, et qui te rend brute et machine, et qui tue Thomme en toi?
» Ah f ne dissipe pas par une vaine prière l'aspiration incessante qui t'ouvre un lendemain déridé par la joie et splendide d'amour, oh les malheureux ne croupiront plus ici-bas dans les gémissements et Tesclavage.
» Par suite d'une épaisse trame d'infamies et de douleurs, elle est devenue une vallée de larmes, cette terre, allée de fleurs c[ue fit belle rhaleine infatigable de ton travail, jusqu'à ce que la fable de Dieu fût venue briser ton enchantement.
y> Que n'as-tu réfléchi que, dans son sombre incognito, ce Dieu hypocrite ne travailla jamais, qu'il ne sut pas jusqu'ici essuyer tes sueurs, mais qu'au contraire il te condamna à pleurer quand il t'a maudit 7
D Du haut des sommets ensanglantés où ta prière s'envole, descendit la parole de haine des vieillards bibliques. Cette parole évoqua sur ta tète les foudres de la vengeance, sur ta tête innocente, qui n'avait pas la conscience d'avoir péché.
» Hélas 1 si du moins FEphode prétendu sacré du barbare lévite t'eût rendu T existence plus aimable, si son encensoir avait eu des parfums aussi pour toi, oh ! alors je ne voudrais pas te détourner de ton aveugle foi.
» Si je voyais du moins descendre la fraîcheur, le baume d'une espérance amie sur ton .ancienne plaie, je te laisserais, pauvre proléiaire, avec le pieux et vierge désir dans le cœur de voir révoquer la haine de Dieu et de voir Ion amour pour lui payé de retour*
» Mais ici-bas le brouillard malfaisant d'une colère infinie et une malédiction continuelle pèsent sur l'humanité prosternée ; un Dieu redoutable se tient immobile sur son autel fatal et l'homme dans la poussière pleure,
souffre, travaille et prie.
» Dieu te nia, pauvre ouvrier, toi, renie-le! Qu'ils tombent dans un oubli profond, le mo-
nogramme et le labarum de ce Dieu impitoyable» et les fables psalmodiées de ses inutiles mystères» qui ne donnèrent jamais du pain aux peuples affamés.
» Â bas les mosquées* splendides» les pagodes altières, les coupoles richement peintes des temples où la louange servile monte à ce Dieu avec la fumée des encensoirs ; qu'elles tombent toutes ces églises, marchés infâmes, qui nourrissent seulement les prêtres.
)» De nouveaux apôtres inspirés par un^ chère vertu annoncent un nouveau culte et fon^ dent de nouvelles églises consacrées à Tiudus* trie modeste et à Thumble travail, où Touvrier sera toujours le Pontife suprême.
» Esclave, tu ne le seras plusl oublie le chagrin et la douleur. Déjà ces ateliers retentissent des hymnes d'égalité et d'amour, cantiques so^ lennels de la liberté que les hommes de Fère nouvelle élèvent du profond de leurs cœurs à la nature. Là, tu ne seras plus Fesclave du Dieu barbare et du Capital homicide. Ouvrier, tu ne seras plus exploité par des patrons cruels qui s'enrichissent de tes sueurs, qui boivent tes larmes, pauvre ouvrier I
» Il est enSa vaincu le prédestiné Golgotha I ATrêle4oi, Ashavérus errant, arréte-toi, mode^ martyr, type du prolétaire, tu ne traîneras plus sans relâche tes pieds à travers les siècles chargés de ta douleur, croix pesante, horrible, croix de faim et de travail.
» Prolétaire! Ashavérus^ soulève ton front livide, ouvre tes yeux, c'est à toi qu'appartient d'assumer le sacerdoce sur la terre, que les poètes pressentirent pour la nouvelle foi quand ils te sacrèrent toi seul pour prêtre et pour roi ! Prolétaire! lève-toi, et combats si tu veux être libre I d
Telle est cette pièce.
Et d'abord, disons encore que, afin que personne ne pût se méprendre sur ses intentiaos abominables, son exécrable auteur a ajouté deux notes : Tune à la strophe touchant la substi* tution de la nouvelle religion, strophe commen-
^«t ptr^ses mote : « De nouveaux apôtres inspilés par ttne dbère vertu ; d l'autre, quand il parle d'Ashayéma* Les voici toutes les deux.
1'* note. — ^ Chacun îd comprendra que je TOiHX pailer des r^ormateurs modernes» qui prè(^nt rassociaUon égalitaire du travail et 1 équilibre des puissances économiques de la société, seule religion désormais possible entre nous» qui aura Dieu dans Thumanité, le prêtre dans l'ouvrier, l'église dans l'atelier. »
2* note« — « Asbavérus ici n'est qu'un jmytbe, peut-être ie dernier, mais le plus heufeax, parce qu' il ne mourra jamais. Ici il personnifie, il représente ! humanité tsouifrante tout entière, l'ouvrier fatigué jusqu'ici par un travail péniUe qoi ne lui donne pas un pain suffisant , et traînant la vie Bsns certitude, sans amour et sans pourquoi. »
L'auteur de cette poésie, primitivement écrite en italieaa et tnagnifique par la forme autant
qu'abominable par le fond» après avoir blasphémé Dieu, supprime logiquement les églises» aussi bien celles des protestants que celles des catholiques, que celles des mahométans, etc.^ parce qu'il veut tuer toute manifestation latrique de Dieu» tout culte. Cet athée est si opiniâtre dans sa haine contre Dieu ^ que» voyant que les conceptions jusqu'alors énoncées ne faisaient que le nier» il songe» il Ta dit ingénument»
à composer une Démonolâtrie poétique en Tho»neur de Satan» pour la plus grande édification des honnêtes révolutionnaires socialistes. Cette inversion de culte sera, selon lui» plus avancée encore que l'athéisme ; ce sera une détronisation absolue de Dieu. Les ouvriers de la nouvelle société, les artisans de la nouvelle révolution» les conspirateurs des nouveaux bouleversements pourront marcher déliés de tout attachement à ces idées qui» dit-il» ont créé une fausse morale et dérouté les penchants de l'humanité qui, sans eux» eût toujours vécu dans le bien-être. Il part de ce principe, que si Ton admet le vide absolu dans le ciel» on n'aura pas V anarchie qu'il désire sur la terre» comme son ami et maître Proudhon» mais qu'on aura
seulement et également le vide. Donc^ il fauf, pour obtenir l'anarchie sur la terre, admettre l'anarchie dans le ciel par Satan. On ne peut y arriver que par les contraires, c'est-à-dire par 1» Démonolâtrie ou Religion du malj qui remplacera la Théolâtrie ou Religion du bien. Paradoxe vraiment diabolique, qu'il soutient avec une ardeur a faire frémir.
Et maintenant est-il besoin de faire ressortir la profonde immoralité de ces enseignement»
pour les peuples, et la responsabilité encourue par le gouvernement anglais, par ce gouvernement libéral et protestant, qui souffre la propa-^ gation de pareilles doctrines?
Quoi ! les conjurés ne laissent pas même de repos à l'ouvrier après ses heures de fatigue, après sa journée de labeur! Us ne respectent pas même le recueillement de sa prière qu'il* appellent un blasphème! Ils rampent à ses pîed& comme leserpent, pour soufQcr à son infortune
des paroles de damnés, pour lui enlever la foi et Tespérance; ils égratignent ses douleurs, ils font saigner ses plaies vives ; le son de la clocbe du soir qui inspire de si suaves recueillements, pour eux, c'est le signal dégradant de l'abrutissement et de Tavilissement de l'homme incliné 1 Que veulent-ils? Dépraver, désespérer Tonvrier, pour le jeter éperdu, haletant, furieux, dans ces abîmes de révoltes et de guerres civiles qui ont ensanglanté déjà l'Europe.
L'histoire dira que l'Angleterre protestante a été leur complice et elle en demeurera flétrie!
Ce senties philosophes, ces sophistes de l'impiété, qui ont enfanté les jacobins, lesquels continuent à propager leur conspiration sur toutes les nations.
La révolution n'est pas terminée ; car le mal est dans les âmes par l'indifTérence, par la révolte, par l'athéisme, par le mépris des lois de TEglise instituée par Dieu.
Les richesses des peuples, leur repos, leur bien-être, leur salut, sont toujours en péril;
leurs lois, leurs propriétés, leurs gouvernemeiits, la société civile. Les vœux, les serments, les conspirations des révolutionnaires, de toutes les sectes furieuses conjurées, s'étendent par tout Funivers. Les hommes tranquilles et honnêtes de tous les pays savent que quand la révolution triomphe, les hons sont opprimés par les méchants ; ils savent que leurs maisons, leurs ^champs, leurs chaumières et jusqu'à leurs femmes et leurs enfants, tout cesse alors d'être à eux. Or, le philosophisme est une des formes de la révolution; c'est la révolte, le désordre, l'anarchie dans la vie morale; de là révolte, désordre, anarchie, misère dans la vie matérielle.
L'aholitîonderignoble république en France ; la défaite du parti républicain dans les pays où il a essayé de relever son infâme drapeau Touge; l'horreur du peuple français pour les doctrines du socialisme ; la restauration du principe d'autorité dans presque tous les États de
l'Europe, ces faits éloquents n'ont point arrêté ]es menées de Témigration révolutionnaire, qui a établi son quartier général à Londres • Aucune leçon n'a profité aux meneurs des sociétés secrètes : ils continuent à agiter l'Italie, l'Allemagne, la Suisse et même la France.
Leurs manœuvres consistent d'abord à re^ cueillir de fortes sommes d'argent pour leur propagande infernale et leurs assassinats. C'est ainsi que les réfugiés allemands qui sont en Angleterre, ont, à l'exemple de Mazzini, ouvert un emprunt. L'émigration allemande ne s'est dé* cidée à ce parti qu'après avoir été fraternellement repoussée à plusieurs reprises par Mazzini ; d'abord en lui demandant de convertir l'emprunt italien en emprunt européen, ensuite en sollicitant de lui des titres de ces emprunts pour en essayer le placement en Allemagne.
Dès lors, force hostilités entre les frères réfugiés; force divisions, injures, grossièretés. Les apôtres de la fraternité passent ainsi leur vie, même en exil, à se haïr démocratiquement, à s'insulter réciproquement. Ils s'attaquentles uns les autres avec autant de fureur qu'ils attaquent la société. Autant il y a d'hommes dans le parti
de la fratemiié, autant il y a d'ennemis jurés, autant de sectes.
Depuis que la France respire à Taise» des mesures de prudence ont été prises, parmi lesquelles celle qui consiste à expulser tous les étrangers qui viennent pour s'occuper de politique, pour fomenter des conjurations contre le pays qui leur donne une hospitalité généreuse. C'est tout naturellement à Londres que les Allemands, atteints en France par cette mesure conservatrice de Tordre, ont été chercher un asile. Mais là, ils n'ont pu s entendre avec ceux de leurs compatriotes qui étaient plus anciens qu'eux dans l'émigration, et qui reconnaissaient pour leur chef de Gle Ruge, qui s'in-r titule le Réformateur de V Église catholique; Kinkel, autre conspirateur allemand, s'est mis à la tête des nouveaux venus, qui s'appellent les Parisiens.
Le professeur Kinkel, qui n'est pas moins intrigant que le grand-prêtre Ruge, est devenu président du Comité de l'émigration allemande» de même que Ruge était et est encore président du Comité d'agitation. Or, le Comité d'agitation^ malgré son titre, est beaucoup moins remuant
que Tautre. Tous ces missionnaires de fraternité se sont fort outragés les uns les autres; ils ont épuisé tous les mots de Fargot révolutionnaire pour se flétrir, au grand scandale de la Germanie démocratique. L'avantage, jusquà présent, il faut le dire, est demeuré à Kinkel.
Sa secte, plus active que celle de Ruge, est parvenue à faire dissoudre le fameux comité démocratique européen, qui, avant le 2 décembre 1851, avait tant occupé l'attention publique en Europe.
Le professeur athée, Kinkel, a fait plus encore : il a pris l'initiative d'un emprunt spécial pourFAllemagne.
L'appât de l'argent a immédiatement rangé sous sa bannière une foule d'honnêtes démocrates allemands, de sorte que Ruge en est réduit à un petit nombre de fidèles, qui ont révélé leur douleur et leur indignation dans des lettres cordialement haineuses, écrites par eux aux journaux de la Grande-Bretagne et à ceux de l'Allemagne.
Le professeur Kinkel s'est joint à deux autres émigrés, Willich etReichenbach, autres Mazzini de l'Allemagne, pour contracter un emprunt de
la modeste somme de deux millions de tbalers, emprunt dit national allemand, qu'ils ont déclaré « avoir pour but de faire avancer la révolution jprocAaine de FÂllemagne. »
Il va sans dire que ces trois honnêtes gens se sont confié à eux-mêmes, dans les statuts, le soin de manipuler cet argent, se réservant « Tinitiatîve et le choix des moyens. »
Ils auront le droit illimité de disposer des sommes perçues* Là est toute la question pour eux.
Ce comité, qui ne déposera ses pouvoirs qu'entre les mains d'un gouvernement révolutionnaire, promet, en outre, aux souscripteurs, un intérêt de 5 pour 100, ce qui ne les engage k rie& du tout.
L'emprunt allemand a eu un piètre succès à Londres, les Anglais pensant avoir déjà assez fait pour Mazzini, dont leurs passions prote^antes se sont servies pour répondre à ce qu'on appelle de l'autre côté de la Tamise, Vinvamn papale.
Ce voyant, Kinkel flt comme Kossuth ; il partit pour les États-Unis d'Amérique, dans le but d'y extorquer, lui aussi, des lauriers et surtout des dollars. Mazzini, de son côté, s'^^mpressa
d'envoyer en Amérique d'autres commis voyageurs de la révolution, pour faire concurrence à Kinkel ; et Ruge, qui n a pas voulu rester en retard, a accompli le même acte de fraternité.
On n'a pas encore de nouvelles de tous ces émigrés, mais ces récits nous paraissent renfermer des enseignements, dont le plus grave est celui-ci, à savoir que si les agitateurs nomades auxquels l'Angleterre donne l'hospitalité, sont divisés par les haines, les jalousies, les passions, toutes les avidités et toutes leâ fureurs de la démocratie, ils sont parfaitement d'accord dans leur hut exécrable : la destruction violente de la sociétéj de Vautorité, de la religion, dans tom les pays civilisés.
Leur moyen le plus actif, c'est l'organisation, dans toute T Europe, de ces sociétés secrètes, dont le comité dirigeant est à Londres. Ce co« mité a ses affiliations partout, nous Tavons dit. L'extrait suivant de la Galette de l'Allemagne du Nord, est venu, en 1852, corroborer nos déclarations :
« Bonn, 22 octobre 1852.
» Le procès des communistes, à Cologne, à
— IZo —
acquis une haute importance par suite des dépositions des témoins, surtout celle du conseiller de police Stieber, de Berlin, et du directeur de Wermuth, de Hanovre. Suivant la déposition de M. Stieber, T association communiste était parfaitement organisée à Paris, Lyon, Marseille, Strasbourg, Valenciennes, Metz, Alger, Dijon, Londres, New- York, Philadelphie, Bruxelles, Liège, Verviers, Genève, Berne, Lausanne, Saint-Gall, La Chaux-de-Fond, Bâle ; et en Allemagne, à Cologne, Berlin, Brunswick, Hanovre, Hambourg, Francfort, Leipsick, Stuttgard, Mayence, Wiesbadep, Hanau, etc. Le directeur Wermuth a déclaré que les communistes de Hanovre ne comptaient que 10 membres; mais par rinfluence secrète qu'ils exerçaient sur l'association secrète des travailleurs, l'association pouvait disposer de 5,370 individus* En raisonnant par analogie, il est permis de supposer que Schàpper et Willich, de Londres^ pouvaient disposer de plusieurs cent milliers d'hommes en France, en Allemagne et dans la Suisse. Ils formaient ainsi une sixième grande puissance en Europe. Ce qui diminue beaucoup le danger, c'est que le nombre des chefe était très-petit.
On a pu aussi s^emparer facilement des arebives à Londres, attendu que les communistes euimêmes les ont vendues pour de l'argent et que les agents de police secrets de Paris et autres villes ont pu se faire recevoir et assister aux délibérations! L'autorité centrale a ainsi reconnu bientôt dans ses émissaires les plus dévoués elles plus ardents des agents de police. Elle menaça à la vérité d'user du poignard, mais elle ne fit rien.
» A Paris, un certain Chairval était le chef des associations r On n'a su qu'en dernier lieu que <3e Chairval était un repris de justice condamné comme faussaire, que M. Marx avait admis dans la société. Chairval reçut des lettres d'un certain Gieberich, dans lesquelles celui-ci dit qu'il faut que les prêtres soient comme des yeaux et des moutons, liés par cinquantaine, conduits à la honr chérie et égorgés J Jïous avons cru devoir donner ces rensei^aemenls à nos lecteurs. »
:yk *>
Le même procès a révélé la doctrine suivante, émanée du comité de Londres aux comités d'Allemagne :
' « Il est important de mettre un peu plus de réserve dans la prédication de l'assassinat politique et dans l'annonce des exécutions en masse. Le principe est bon, mais il ne faut pas trop laisser voir les moyens que nous voulons employer. Attisons la haine contre les réactionnaires, mais ne la {«rêchons pas directement. Noos avons bien ri de la dernière exclamation : La mort, sans fbrase, pour toute la prêtraiUe ! »
Déplus, les hommes de la fraternité, partisans deoe système de mort, n'ont cessé, c'est prouvé, dese&irelesnns aux autres une concurrence adiaraéepourrexploitation des dupes. L'arg^at esenoqué était dissipé dans les plus brutales orgitô, dans lesqudles ces aimables régénérateurs de Vkumamté riaient beaucoup de leurs agréables excIantalioQs dans le goût de celles que nous
Ce procès a encore révélé cet autre fait hon- 4^ix, k savoir que les conspirateurs qui crient si fort au mouekardi se vendent les uns les au-
très au plus juste prix. On a vu des frères livrer des frères pour un petit écu»
Les succursales du comité de Londres se sont montrées dignes de lui.
Gomme lui, les comités établis dans le reste de l'Europe ont vécu d'escroqueries, et l'argeut apporté par de crédules adhérents, sous prétexte de former la caisse militaire de la prochaine insurrection, a été dévoré en débauches. Enfin, le cœur se soulève à remuer ce sanglant fumier, mais c'est un devoir devant l'accomplissement duquel il importe de ne pas reculer. Il faut que les peuples sachent bien ce que sont réellement les ennemis de la tyrannie, les apôtres de la fraternité universelle j les soldats de Vidée, etc. De? traîtres, des mouchards, des voleurs et des aS' sassim .
Les peuples sont , je pense , sufûsammeiL édifiés sur le compte de ces chenapans. C'est k
eux, maintenant, à aider les gouvernements à débarrasser la terre de cette vermine que les révolutions font éclore en abondance.
Il faut les livrer à la justice pour n'être ni trahi, ni dépouillé, ni égorgé par eux.
Défîons-nous de ceux qui critiquent les représentants de l'autorité, les prêtres, les rois, les empereurs, les magistrats et les institutions sociales I Ce sont des serpents. Ils lèvent la tête avant de lancer leur venin. Tout mécontent cache un conspirateur. Chaque récrimination dissimule une criminelle intrigue.
Pour nous. Français, acceptons franchement les épreuves que la Providence nous envoie dans son infinie miséricorde. Serrons-nous autour de notre chef auguste; à ses pieds déposons avec nos sincères hommages nos vieilles querelles de parti. Aimons-nous et ne vivons plus divisés ! v
C'est le vœu sincère d'un cœur que les mé-
cfaants ont frappé sans Ta^rir, que les injustices ont percé sans Tempêclier de baitce pour la religion et la patrie»
La triste célébrité de Mazzini et des Allemands empêchaient les réfugiés français de dormir, comme les lauriers de Miltiade troublaient le sommeil de Tbémistocle.
On parlait trop de Mazzini et des Allemands, les Français réfugiés à Londres ont, comme ceux-là, voulu occuper d'eux l'attention publique. Voici comment ils s'y sont pris : Après s'être insultés réciproquement,ils se sont battes; le citoyen Cournet a été tué par un autre frère, le citoyen Barthélémy. Les journaux de Londrcî^ nous ont apporté de curieuses révélations sur la moralité de ces deux hommes et jie leurs amis.
En voici la substance ; nous complétom ces documents par nos propres souvenirs, par des faits acquis à l'histoire par la justice : parmi les
sociétés démoeratiques qui existent à LcmdreSr il en est une composée de deux cents membres environ, qui s'appelle la Paternelle; l'autre, qui en compte à peu près soixantenUx, se nomme la Révolution.
La première prend encore le irtre de Société-' Mère; au commence irjent, eïle se composait des partisans de Ledru-Roïïin et de Louis BTanc ; mais bientôt un scbîsme se déclara : plusieurs orateurs accusèrent Ledru-Rolfin de faux republrcantsme.
Les amis de cefuî-ci prirent sa défense ; il enr résulta des pîcoferîeff, des injures^ des querelleset des voies de fait.
Bi^ftiiélanf y radwfsaire de Gowinef , était le g»nd oraleuf eanani du parti Ledra-Ridlin..
Comme cet onviiet méeanieîien était fort brutal et qu'il jouissait ei^vre d'âne réputation de grande feroeité, justifiée par les antécédents les plasdé{4arables» fort peu de personnes osaient lui faire e||M>6iti0n.
Enfiitj, les dîsc^issions et Tesprit de parti s ^[altèrent à tel point» que les amis de Ledru- EoUin se séparèrent et formèrent une société appelée la Révdution; de leur càtp, les amis de
: Louis -Blanc restèrent dans la Société-Mère^
i Dans les premiers jours de la grande exposi- ' 4ion, Frédéric Cournet, celui qui a succombé ;' dans la lutte, vint à Londres. Entre autres commissions, ce réfugié avait été chargé par un de ises amis de remettre une lettre et un petit paquet contenant des gravures, à Barthélémy, qui se trouvait alors à Londres.
Cournet, qui ne connaissait pas personnellement Barthélémy, demanda à Tus de ses amis de Londres, qui il était. Cet ami était l'adversaire politique de Barthélémy ; aussi lui débitat-il le dossier existant sur son compte.
Il en résulta que, de retour à Paris, Cournet répéta fraternellement à quelqu'un qui était son ami et celui de Barthélémy, ce qu'il avait entendu dirjB sur lui à Londres.
Cet ami commun s'empressa; non moins fraternellement d'en informer aussitôt Barthélémy, qui était alors en Suisse et qui s empressa d'é-^ crire à Cournet pour avoir une explication.
Cette explication ne fut pas nette. Après trois autres lettres, Barthélémy vint en Angleterre pour des raisons particulières. Une rencontre
eut lieu^ dans laquelle les deux frères se battirent avec acharnement. Gournet fut tué*
Le frère Delescluse prononça sur son corps une apologie d'une impudence outrageante. Il représente cet escroc, car ce n'était que cela, — et les preuves en existent, — comme un homme d'honneur et d'une rare délicatesse. Le fait est que Gournet avait été enseigne de vaisseau, mais il avait été chassé de la marine française pour avoir failli à l'honneur.
Tels sont les héros de la révolution.
Gournet avait été nommé commissaire général par Ledru-RoUin, en 1848, ce qui n'étonnera personne. G'était un duelliste forcené et un lâche. On cite des traits nombreux qui le montrent sous le jour le plus odieux. Une des sociétés françaises de Londres l'avait, il nW a pas longtemps, déclaré, à l'unanimité, indigne d'être un de ses membres, pour avoir souf-f fleté un de ses compatriotes qui avait un bras* cassé I... ♦
Outre le duel qui lui a été funeste, il avaiti encore sur les bras trois autres affaires sembla-i blés. Ce spadassin était un être cynique et crapuleux, n'en déplaise à Delescluse, ce polichi*.
nelle politique, qui, contre la Belgique, oi^niss l'affaire de Risquons-Tout, comme commissaire général de Ledru-RoUin, k Lille.
Le frère Baronnet, second du frère Coumet, tour à tour notaire obligé de vendre sa charge, puis marchand de tabac failli, avait été également l'un des directeurs de la compagnie d'assurances sur la vie, la Prévoyance, qui a fait banqueroute il y a quelques années.
Le frère Mornay, autre témoin, ancien huis* sier, comme Baronnet, forcé de vendre sa charge ; et le frère Allain, ancien marin de la marine marchande, est maintenant marchand de vin à Londres.
Voilà les acteurs de ce drame.
N'oublions pas de dire que Barthélémy a été condamné, en France, sons le gouvernement de LoQi»-Philippe^ aux travaux forcés à perpétuité, comme convaincu d'avoir assassiné un serg^it de ville en lui tendant un guet-apens. La'révolution de 1848 le rendit à la liberté, et en fit un martyr de Vidée ripvblicame.
Condamné par une cour martiale pour avoir pris part à Tinsurrection de juin, il s'évada de
la prison dm Gha*che-Miâi, à Paris, etse véfagia è Londres.
Voilà les conspirateurs!
Voilà leur moralité et leur vertu !
Voilà les hommes qui, au moyen des sociétés secrètes, veulent s'empai*er du pouvoir en Europe I...
Comment ces hommes comprennent le respect de la liberté, même les uns envers les autres, le voici : On écrivait naguère de I^ondres :
<c Les démagogues réfugiés à Jersey ne laîs^ sent échapper aucune occasion d'afficher leurs détestables théories. Ils viennent de saisir avec empressement celle que leur offrait le décès de l'un d*eux, le sieur Louis-Helin Destaillis, du Mans, dont Tinhumation a eu lieu samedi dernier.
p Dès le matin^ les journaux avaient publié
des articles annonçant que tons les réfugiés, drapeau national en téte^ assisteraient aux obsèques.
Ils se rassemblèrent, en efltet, en assez grand nombre, environ 160 de toutes les nations, à la maison mortuaire où le service funèbre venait d'être célébré. '
)> Là, les plus exaltés commencèrent par ^opposer, avec des menaces abominables, à ce que le prêtre accompagnât le corps, bien que le défunt eût réclamé et reçu les secours de la religion.
» La veuve, profondément blessée dans ses sentiments religieux, céda à la violence et subit la condition qui lui était imposée de force par les hommes de la liberté.
» Le cortège se mit en marche sans être précédé par le prêtre.
» Le drapeau fut alors déployé, et, au lien des couleurs nationales annoncées. Ton vit, et h population en conçut une indignation mêlée de dégoût, Todieux emblème de la démagogie, le drapeau rouge surmonté d'un crêpe noir,
» Arrivé au cimetière, le corps fut inhumé sans cérémonie religieuse d'aucune sorte, par
ces profanateurs sacrilèges qui ne respectent rien, pas même la mort.
» Une allocution des plus violentes fut alors adressée à l'auditoire et terminée par ce cri sinistre : Vive la république universelle, démocror tique et sociale !
D A ce discours en succéda un autre, dans lequel l'orateur, renchérissant sur celui qui l'avait précédé, s'exprima en termes empreints de tels sentiments de vengeance et de haine, que tous ceux qui n'étaient là que par curiosité, s'éloignèrent peu à peu en laissant la place aux seuls acteurs de cette triste manifestation, si bien que l'auditoire leur paraissant trop peu nombreux, les citoyens Victor Hugo et Pierre Leroux, •qui avaient leurs discours tout prêts, renoncèrent à se faire entendre.
» La population de Jersey s'éloigne chaque jour davantage des réfugiés, en reconnaissant dans ces incorrigibles agents de désordre des ennemis de toute société. )»
Oq se rappelle qu'en 185S, la poliee fraaçaise a découvert à Marseille une horrible oomplot. Une machine infernale, aussi redoutable que celle de Fieschi , avait été montée, daos une maison, sur le passage du prince Louis- Napoléon, dans le but de Timmoler, lui et toute son escorte.
Avons-nous tort de déclarer que les révolutionnaires sont des assassins? ... Et oserait-on dire que le comité de Londres n'est pour rien dans cet abominable guet-apens '?.... Ce comité» en effet, a des correspondances partout : Marseille est une des villes dans lesquelles les émigrés de Londres ont des intelligences.
Ces tentatives abominables doivent être réprimées avec la {Jus grande énergie : les méchants ne tremblent pas encore, puisqu'ils continuent à conspirer. Les bons ne seront complé-
1 A son armée à Londres, Gaillard, Fintenr de la madiine infernale de Marseille, a été Tobjet d*ane ovation de la part des réfugiés résidant en Angleterre. Nos démocrates français lui ont fait particalièrement une chaleureuse réception et Toni orgueilleusement présenté aux frères d^Europe, c*est-à-dire aax réfugiés de tous les autres pays. La sympathie des Répablicains n*a jamais manqué aux assassins, ceci en est une preuve douvclîc.
tement rassurés que quand il ne sera plus possible de craindre les conjurations politiques. Que ceux-ci soient donc poursuivis, traqués comme des tigres qu'ils sont ; décimés, exterminés jusqu'au dernier.
U faut que le monde soit enfin purgé de ces incorrigibles conspirateurs ; à tout prix, il le feutl...
Qui reut la fin veut les moyens. Or, la fin que se proposent les honnêtes gens, c'est d'assurer le triomphe suprême et définitif du bien sur le mal. Le mal, c'est la révolution, c'est l'esprit de révolte, de conjuration, de haine, qui ôte tout repos à un pays, qui en alarmant les bons, excite les espérances, les avidités des méchants, joyeux et encouragés. La prudence politique apprend aux gouvernements qu'il faut ~ou gagner les hommes ou s'en défaire. Pour prévoir une objection calomnieuse, il est utile de déclarer que nous n'en fendons pas dire qu'il faut tuer les conspirateurs, mais les mettre dans ^impossibilité radicale de nuire.
La société a le droit de se défendre, comme l'individu, contre ceux qui dressent contre elle des traquenards.
— nota proléger, veiller pour elle, prévenir de nouvelles tentatives de destruction ; attaquée, la défendre, c'est le devoir du gouvernement, et il ne parait pas qu'il soit disposé à y faillir.
S'il n'abaissait pas, s'il ne domptait pas les conspirateurs pour rester seul maître du pays, s'il ne mettait pas tous les moyens en usage pour léguer sans contestation, il perdrait bientôt tout ce qu il a acquis.
Qu'on ne crie pas au despotisme, c'est un nom dont les tyrans républicains se servent contre tout frein moral opposé à leur brigandage. Le pouvoir le plus despotique est celui qui réside entre les mains du plus grand nombre. C'est pourquoi les révolutionnaires sont les pires des oppresseurs.
Les régicides au pouvoir sont bien autrement absolus et liberticides que les rois décapités, assassinés par eux au nom de la liberté!
Ta liberté démocratique, c'est l'anarchie,
sœur du despotisme. Cette propositioD, nous Tavons soutenue maintes fois, nous Tavons démontrée historiquement et preuves en main.
Or, la licence est encore pire que le despotisme. Jamais, au nom du despotisme, au nom d'uij gourernement absolu, au nom d'un prince, d'un roi, d'un empereur, on n'a commis ces crimes sans nom dont se sont souillés les républicains, les régénérateurs de la société^ les amis des peuples, les adversaires de la tyrannie, au nom de la liberté, 4e l'égalité et de la fraternité». •
Fraternité! Liberté! Égalité! République!
paroles menteuses !
Qu'ont-ils fait avec ces mots^là, tous ces charlatans corrompus et imbéciles qui s'en sont servis pour renverser les gouvernements réguliers, sages, amis de l'ordre ?
Ils ont versé le sang à flots ; ils ont écrasé, opprimé^ avili, abruti, démoralisé les peuples ; ils ont essayé de détrôner Dieu. Dieu en a tiré une terrible vengeance : on peut voir sur la terre étrangère, à Ixelles, en Belgique, les os de leurs pères rongés par les pourceaux au bord des grands chemins 1 ... Et, la plus cruelle expia-
tion qu'il ait infligée à œs pères adorateurs de Brut os, à ces monstres sans entrailles, c'est Tabandon et i'ingratttade même de leurs fik.
On connaît ce général républicain, fils d'un régicide, conventionnel féroce, qui a laissé la tombe de son père, enfouie dans les ordures, exposée aux profeinations des animaux, pendant que devenu, pour un nu)ment, maître de la France, il se gorgeait d'or aux Tuileries I...
— « Vous êtes tous des blagueurs, » s'est écrié Proudbon aux déclamateurs de la faction républicaine.
Rien n'est plus vrai que cette pensée , ex*primée d'une façon triviale. Leur patriotisme, mensonge !
Leur amour pour le peuple, mensonge I
Pour la liberté, mensonge I
Pour l'égalité, mensonge I
Pour la fraternité;
Pour la gloire, la charité, rhonneur, mensonge et duplicité, [mensonge impudent et éternel!
A ces ennemie du genre humain, à ces oppresseurs de la terre, il faut arracher leurs masques hypocrites.
II faut opposer à ces types dégrades les types delà religion, types si nobles, si purs, si tou* chants de charité et 4'fitniour, ces chrétiens pleins de douceur et de foi, les saint Vincent de Paul, qui sont les véritables apôtres de la fraternité en ce monde> et les frais» les seuls amis des peuples.
Ge n'était pas assez de démencei?. Assez de provocations, assez de crimes : Mazzini et Kossuth ont encore pris la parole, et les journaux protei^nts anglais, ces insulteors de Tautorité, se sont empressés de publier avec des éloges les deux abominables pièces suivantes :
-«144 — COMITÉ NATIONAL ITAUEN.
a Italiens 1 frères I la tâche du comité national italien est terminée ; la vôtre commence. Aujourd'hui» le dernier mot que nous, yos frères, vous adressons est : Insurrection ! Demain, en nous mêlant aux rangs du peuple, nous vous aiderons à la soutenir.
» Insurrection! Le moment longtemps préparé, attendu pendant trois longues années avec impatience, est arrivé. Profitons-en. Ne vous laissez pas tromper par les apparences, ne vous laissez pas égarer par les lâches sophismes des hommes tièdes. Toute la surface de l'Europe, depuis FEspagne jusqu'à notre pays, depuis la Grèce jusqu'à la sainte Pologne, est une couche volcanique sous laquelle dort une lave qui fera explosion au premier soulèvement de l'Italie. Il y a quatre ans, T insurrection de Sicile a été suivie par dix révolutions européennes ; vingt révolutions suivront la vôtre, toutes se rattachant au même pacte^ toutes dirigées vers le même but fraternel. Nous avons des amis même dans les armées qui nous gouvernent ; il y a des
peuples enliers dont le cri d'alarme répondra au TÔtre. Les démocraties nationales de lEurope forment un seul grand camp organisé ; r^vant-^arde de la grande armée des peuples ne craint pas risolement; l'initiative de Tltalieest l'initiative de l'Europe I
» V insurrection ! Sainte comme la pensée du pays qui la consacre^ forte dans sa volonté et dans son énergie, concentrée comme son but, qui est la justice, l'amélioration et la vie libre, fraternelle pour tous, qu'elle se lève et qu'elle change le martyre en victoire ! Des milliers de victimes qui sont tombées avec le nom sacré de ritalie sur leurs lèvres ont droit à cela de notre part. Qu'elle soît terrible comme la tempête de nos mers, qu'elle soif obstinée, immuable comme les Alpes qui vous entourent. Entre les Alpes et l'extrémité de la mer de Sicile, nous sommes vingt-cinq millions d'un côté et cent mille étrangers de l'autre. Cest la lutte d'un moment : vous n'avez qu'à vouloir.
» Linsuirection! Que ce grand mot coure de cité en cité, de ville en ville, de village en village, comme le fluide électrique! Levez-vous!
levez- vous 1 réveillez-vous pour la fièvre de la
croisade, vous tous qui avez des cœurs italiens et des bras italiens !
» Rappelez au peuple ses souffrances immé* ritées, ses droits méconnus, son ancienne puis* sance et le grand avenir de liberté, de prospérité, d'instruction et d'égalité qu'il peut conquérir d'un seul bond.
«Rappelez à vos femmes, les mères, les sœurs, les amis qui ont péri dans un deuil inconsolé pour robjetde leur amour emprisonné, exilé, massacré parce qu'il désirait une patrie.
» Rappelez aux jeunes gens la pensée outragée et comprimée, le grand passé traditionnel de l'Italie qu'ils ne peuvent continuer que par l'action; l'insîgniQance absolue de leur condition actuelle ; eux les descendants de ces hommes qui ont par deux fois donné la civilisation à l'Europe !
» Rappelez aux soldats de l'Italie le déshonneur de l'uniforme servile dont se moque l'étranger; les ossements de leurs pères laissés sur les champs de bataille de l'Europe pour l'hoaneur de l'Italie et la gloire véritable de celui qui combat pour le droit, la justice et la nationalité.
y> Soldats, femmes, jeunes gens, peuple^ n'ayons pour le moment qu'un seul cœur, qu'une seule pensée, qu'un seul cri sur nos le- Très : a Nous aurons un pays, nous aurons une Italie, et l'Italie serai »
» Attaquez, rompez sur tous les points la longue et faible ligne de l'ennemi ; empêchez-le de se concentrer, en tuant et en dispersant ses soldats, en détruisant les routes et les ponts. DésoTgànisezAe en frappant ses officiers; poursuivex, sims relâche les fuyards; faites la guerre, A COUPS DE COUTEAU; faites-vous des armes des tuiles de vos maisons, des pierres des rues, des outils de vos métiers, du fer de vos croix ! Répandez lalarme en allumant des feux sur toutes les hauteurs I Que d'un bout de l'Italie à l'autre, le tocsin d'alarme du peuple sonne la nmrt des tyrans I Partout où vous serez victorieux, portez-vous à l'aide de ceux qui sont le plus près de vous ; que Vinsuirection grossisse comine mie avalanche. Si la chance tourne contre vous, courez aux gorges, aux montagnes, aux forteresses que vous a données la nature. Par tout où le combat aura éclaté, partout vous trou- Tcrez des frères et, renforcés par les victoires
gagnées sur un autre point, vous redescendrez le lendemain sur le champ de bataille, et vous n'aurez qu'un seul drapeau, le drapeau de la nation 1
» Comme gage de notre unité fraternelle, inscrivez sur votre drapeau : Dieu et le peuple. Ces mots seuls sont puissants pour conquérir; seuls lis ne trahissent pas 1
» C est le drapeau républicain qui, en 1848 et 1849, a sauvé l'honneur de l'Italie; c'est le drapeau de l'ancien ne Venise; c'est le drapeau de Rome, de Rome l'éternelle, la métropole sacrée, le temple de l'Italie et du monde !
)> Purifiez-vous en combattant sous ce drapeau ; que le peuple italien se lève digne du Dieu qui le guide ; que la femme soit sacrée ; que la vieillesse et l'enfance soient sacrées ; que la propriété soit sacrée ; punissez le voleur comme un ennemi * ; servez-vous, pour l'insurrection,
1 Ces paroles (rinpoulées, ces déclarations en faveur de la femme, de la vieillesse, de Tenfance et de la propriété sont d'immenses mystifications, d'odieux mensonges dans de pareilles bouches. On a vu, à Rome, pendant leur dictature sanguinaire et vénale, comment Mazzini et Aurelio Saffi respectent la vie humaine et la propriété. Nous avons compté leurs victimes, nous n'avons pu compter leurs vols« Nous avons dit, dans noire his-
des armes, de la poudre et des uniformes pris sur Fennemi.
» Aux armes 1 aux armes ! notre dernier mot est le cri de guerre. Que les hommes choisis par vous pour vous conduire envoient à l'Europe le lendemain le cri de la victoire.
» Pour le comité italien :
» JOSEPH MAZZINI, ÂURELIO SÂFFI ; MAURIZIO
QUADRio, CESARE A60ST1NI, Secrétaires.
» Londres, février 1853. »
toire de S. S. Pie IX, les Doms des personnes assassinées snr leur ordre, des maisons pillées sur leur ordre. Toutes leurâ proclamations n'empêcheront pas l'histoire de les condamner comme des misérables, pour qui rien n'est sacré. C'est comme quand ils ont l'impudence de parler de Dieu ; leur maître, à eux, leur Dieu, c'est Satan.