RELATIONS AVEC LA FRUCTIFICATION
Il y a parallélisme étroit entre l’état de la fructification et les variations saisonnières de la laminarine. Dans le cas de L. flexicaulis, en 1928, ce glucide apparaît en juillet; en août, à l’époque où l’on commence à trouver sur les algues récoltées, les premières taches de fructification, constituées seulement de paraphyses stériles, l’algue en est abondamment pourvue. En septembre-octobre-novembre, période de sporulation, la proportion de laminarine diminue. Enfin, lorsque les spores se sont détachées, en décembre, on ne trouve plus de laminarine. Dans le cas de L. saccharina, évolution analogue : dès le mois de mai, la quantité de laminarine, partant de zéro, croît lentement. Elle atteint un maximum à l’époque où les spores sont complètement développées ou peu de temps après. Elle décroit ensuite pendant tout le cours de la fructification, puis redevient nulle, soit à la fin de celle-ci, soit lorsque l’algue renouvelle sa fronde, au moment où la partie âgée est sur le point de se détacher.
Un parallélisme aussi frappant doit-il faire conclure que la concentration en laminarine est en relation avec la fructification, le début de celle-ci marquant toujours
l’époque de la plus grande richesse en glucide, alors que l’algue stérile en est dépourvue ?
(1) Tous ces chiffres, ainsi que ceux de la température de la mer, m'ont été obligeamment fournis par le Père C. Burpo, Directeur de l’Observatoire Saint-Louis, à Saint-Hélier (Jersey). Ils ont été publiés dans le Bulletin annuel de la Société Jersiaise,
Cette conclusion paraît déjà improbable pour cette raison que les algues récoltées en automne sont toutes riches en laminarine, qu’elles soient ou non fructifiées. Elle est rendue inacceptable par ce fait que, dans les régions où la sporulation à lieu au printemps, l’algue fertile est, à ce moment, complètement dépourvue de glucide. En effet, l’analyse de plusieurs Laminaires fructifiées, récoltées à Ambleteuse au mois d'avril, montre que l’algue est pauvre en mannitol et ne renferme pas trace de laminarine.
MANNITOL LAMINARINE L. flexicaulis, 30 avril 1930 1,4 0 L. saccharina, 30 avril 1930 traces 0
La laminarine n’est donc pas nécessaire à la sporulation. Le parallélisme constaté vient de ce fait, qu’à Jersey, celle-ci coïncide avec la période de plus forte insolation.