BALLADE DE CLÉOPATRE
Air : de la Meunière qA HENRY éMARET
Je suis fille d'un Ptolémée ; On m'éleva sous un palmier.
Mon estomac est abîmée; Je bois de l'eau de Saint-Galmier.
Papa disait : ^^ T'auras du vice ! )^ Ce pauvre vieux chou parlait d'or.
J'ai trop cultivé l'écrevisse Aux soupers de la Maison-d'Or.
Ma conduite fut si légère, Qu'au bord du Nil ayant maint fils, Je vins loger place du Caire Dans le grand hôtel de Memphis.
Je sais que je courais des risques; Mais, puisque je venais exprès
' Tirée d'une opérette inédite, intitulée la Dernière fugue de Ciéopatre, et qui sera prochainement imprimée.
Du chaud pays des obélisques Au froid pays des Cocodès, Je me dis, Essayons la veine Et pour dégoter Meyerbeer, Montrons une vraie Africaine Aux gens qu'épate Abd-el-Kader.
Je fis alors, faute bien douce !
La conquête ( c'est renversant ! ) D'un compagnon de Caderousse, Lequel n'était pas chambellan.
J'aurais dépassé Léonide, Cora Pearl et Peau-de-Satin...
Mais, hélas ! sous ce ciel torride Fallut revenir un matin !
Pain d'épice, mais idolâtre, Mon peuple ahuri m'appelait.
Les voyous criaient : Cléopâtre !
Rendez-nous Clé, Clé, s'il vous plaît ! Je quittai les pentes fleuries Qui mènent au quartier Bréda; J'embrassai toutes mes amies, J'inondai de pleurs Thérésa!
Et, mes chers enfants, voilà comme Moi qui sablais si bien ï cliquet, Je vis en bourgeoise économe Dans ce royaume moricaud!..