SCÈNE II
DAMON, LISANDRE, YANTE, MAROT.
DAMON
YANTE.
DAMON
YANTE.
DAMON
YANTE.
DAMON
YANTE.
Ah , ah ! bonjour, Lisnndre :
Je vous trouve avec joye; et vous, mon cher neveu, Que j'aime à voir souvent et que je vois si peu, Pourquoy fuyez-vous tant un oncle qui vous aime Comme sou propre fils, à Pégal de soy-mesme? Vous estes à Paris chez moy, depuis un mois , Et ne crois pas en tout vous avoir veu six fois. Apprenez-moy, de grâce , où vous allez sans cesse. Je suis incessamment auprès de ma maistrcsse : Vous m'avez commandé de Taller souvent voir. Vous pourriez estre icy le malin et le soir. Et, par ce petit soin , me montrer vostre zèle. Ma Séline m'oblige à souper avec elle : Je ne la puis quitter, ny la voir a demy. Le soir, je viens si tard qu'on vous trouve endormy ; Le malin, vous sortez avant que je m'éveille. Faut-il pas qu'un amant ait la puce à l'oreille ! Je ne dis pas cela pour vous rien reprocher, Mais pour vostre intérest que vous tenez peu cher. C'est une étrange chose enfin que la jeunesse ! A vostre sœur et vous pour montrer ma tendresse Je laisse tout mon bien, et veux tout vous donner : La donation est preste, il ne faut que signer ; Depuis un mois entier je veux qu'on vous assemble, Sans avoir jamais pu vous voir tous deux ensemble. Allons chez le notaire , il loge en ce carfour ' , Et ma sœur signera le contrat au retour : Que nous soyons ensemble il n'est pas nécessaire. Je le veux de la sorte, ou je rompray Taffaire ; Ne m'en parlez plus donc, ou craignez mon courroux. Où va tant vostre sœur, où la trouverons-nous ? Au logis de Clindor, à ce que dit Lisandre : Pour visiter Séline elle m'y doit attendre ;
> On voit dans Vaugelas qu^on pouvait écrire indifféremment &\ors carfour ou carrefour ; Molière lui-même a écrit carfour^ comme Gilbert, dans son École des femmes ( III, se. ) ;.
DAMON
YANTE.
DAMON